«Nore se tait; nul ne disait mot. Tellement bien Nore chantait que les
autres, en même temps, d'un penchement de front l'accompagnaient,
sympathiques, comme les touffes de souchet qui, pendantes et dociles, se
laissent aller ensemble au courant d'une fontaine.»
Et vous, lecteur, que dites-vous de ce chant de Nore? Y a-t-il dans les
ballades de Schiller ou de Goethe une parabole d'amour comparable par sa
candeur et sa gaieté tendre à cette parabole villageoise du berger et du
poëte de Maillane? Cette ballade finit le troisième chant; elle vous laisse
dans le coeur et dans l'oreille un écho de musette prolongé à travers les
myrtes de la Calabre. Et vous êtes tout surpris, avec le sourire sur les
lèvres, de trouver une larme sur votre main. Chantons-nous ainsi dans nos
villes?