XVII

«Nore se tait; nul ne disait mot. Tellement bien Nore chantait que les

autres, en même temps, d'un penchement de front l'accompagnaient,

sympathiques, comme les touffes de souchet qui, pendantes et dociles, se

laissent aller ensemble au courant d'une fontaine.»

Et vous, lecteur, que dites-vous de ce chant de Nore? Y a-t-il dans les

ballades de Schiller ou de Goethe une parabole d'amour comparable par sa

candeur et sa gaieté tendre à cette parabole villageoise du berger et du

poëte de Maillane? Cette ballade finit le troisième chant; elle vous laisse

dans le coeur et dans l'oreille un écho de musette prolongé à travers les

myrtes de la Calabre. Et vous êtes tout surpris, avec le sourire sur les

lèvres, de trouver une larme sur votre main. Chantons-nous ainsi dans nos

villes?

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 260 / 326 题