Quant à sa politique, elle participait de cet éclectisme calme et de cette
superbe indifférence pour le fanatisme de tels ou tels partis monarchiques
ou populaires, aristocratiques ou démocratiques.
Sa véritable théorie, c'était son mépris des hommes et surtout des masses,
incapables, selon lui, de se donner ou de se conserver des institutions
supérieures à leur nature essentiellement versatile. Goethe, en cela,
participait beaucoup du génie de Machiavel, de Bacon, de Voltaire, de M. de
Talleyrand, hommes très-supérieurs en intelligence, très-inférieurs en
conscience, mais professant tout haut ou tout bas, à l'égard des formes
sociales, la politique du mépris; politique selon nous coupable, parce
qu'elle désespère, mais politique bien explicable par le spectacle des
impuissances éternelles des sages à améliorer la condition des insensés.