XXIII

Quant à sa politique, elle participait de cet éclectisme calme et de cette

superbe indifférence pour le fanatisme de tels ou tels partis monarchiques

ou populaires, aristocratiques ou démocratiques.

Sa véritable théorie, c'était son mépris des hommes et surtout des masses,

incapables, selon lui, de se donner ou de se conserver des institutions

supérieures à leur nature essentiellement versatile. Goethe, en cela,

participait beaucoup du génie de Machiavel, de Bacon, de Voltaire, de M. de

Talleyrand, hommes très-supérieurs en intelligence, très-inférieurs en

conscience, mais professant tout haut ou tout bas, à l'égard des formes

sociales, la politique du mépris; politique selon nous coupable, parce

qu'elle désespère, mais politique bien explicable par le spectacle des

impuissances éternelles des sages à améliorer la condition des insensés.

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 242 / 326 题