XIII

Pendant que l'aubergiste, le pharmacien et le pasteur continuent

l'entretien à table, la mère cherche Herman dans les cours et dans l'écurie

de ses chers chevaux favoris; elle le découvre enfin au fond d'un jardin

reculé qui touche d'un côté aux basses-cours, de l'autre aux murs ruinés de

la ville. Il était assis, le dos tourné à la maison, le visage dans ses

mains, sous un débris de treille dont les grappes et les feuilles jaunies

penchaient de la charpente vermoulue de la treille sur son front.

L'entretien de la mère et du fils est aussi familier et aussi pathétique

que celui d'Ulysse dans les cours de son palais d'Ithaque. Herman,

désespéré, veut s'engager comme soldat dans l'armée de l'Allemagne; sa

mère l'en détourne avec des paroles emmiellées d'amour de femme et de

tendresse de mère.

«Mon fils, si tu désires tant conduire dans ta demeure une fiancée afin que

la nuit soit aussi pour toi une douce moitié de la vie, et que le jour tu

trouves le travail plus agréable et plus récompensé, tu ne peux pas le

désirer plus vivement que ton père et que ta mère!--Mais je crois

maintenant que tu as fait un choix! C'est cette jeune fille fugitive,

n'est-ce pas, que tu as choisie?»

Herman avoue son amour.--«Laisse-moi faire, lui dit sa mère attendrie; les

hommes se posent en face l'un de l'autre comme des rochers; ton père est

prompt, mais il est bon et tendre. Une fois le soir venu, quand le feu de

ses paroles avec ses amis est évaporé, il devient doux et maniable, et il

sent ses torts envers les autres. Allons ensemble lui parler; nous mettrons

dans nos intérêts nos deux voisins qui sont à table avec lui, et le digne

pasteur nous secondera.» Elle dit, et ils rentrent en silence à la maison.

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 232 / 326 题