La toile tombe sur l'éblouissement et l'hésitation de la pauvre enfant. La
toile se relève sur Faust et Méphistophélès qui causent ensemble.
--«Pensez donc, dit Méphistophélès avec humeur; la parure que je m'étais
procurée pour _Gretchen_, un prêtre l'a escamotée.» La mère vient à
découvrir la chose; aussitôt un frisson la prend, la pauvre femme. Elle a
toujours son front plongé dans son livre de prières; elle flaire un à un
tous les meubles pour s'assurer si l'objet est saint ou profane; elle
sentit donc clairement que l'objet n'apportait pas grande bénédiction dans
sa maison. «Mon enfant, s'écria-t-elle, bien mal acquis pèse sur l'âme et
brûle le sang. Consacrons ceci à la Mère de Dieu, et la manne du ciel
descendra sur nous.» La petite Marguerite fit un peu la moue. «Il ne peut
être impie, dit-elle, celui qui a si galamment apporté cette cassette ici.»
La mère fait venir un prêtre: il leur promet toutes les joies du paradis et
les laisse tout édifiées.--«Et Gretchen? demande Faust.--«Elle est
maintenant inquiète, agitée, ne sait ni ce qu'elle veut ni ce qu'elle doit,
rêve nuit et jour aux bijoux, et bien plus à celui qui les a
apportés!»--Faust supplie Méphistophélès de lui procurer un autre écrin
plus riche pour remplacer celui que la mère de Gretchen a enlevé à sa
bien-aimée.