Conclusion.
O maison aimable et sainte! On a bâti sur la terre d’augustes
palais, on a élevé de sublimes sépultures, on a fait à Dieu des
demeures presque divines; mais l’art et le cœur de l’homme ne
sont jamais allés plus loin que dans la création d’un monastère.
(LE R. P. LACORDAIRE.)
L’heure fixée pour mon départ ayant sonné, j’embrassai le R. P. hôtelier
en lui déposant dans la main l’offrande du pèlerin. Je quittai
Sainte-Marie du Désert, pénétré de respect et d’admiration.
Maintenant, lecteurs, si nous avons fait une description un peu
détaillée de ce qui se fait dans un couvent de trappistes, c’est que
nous avons travaillé en vue d’une œuvre sainte et afin de rendre plus
fréquentes à la Trappe les visites de ceux qui ne la connaissent pas;
puis nous nous sommes rappelé que chacun se doit à tous, même au prix de
ses répugnances et de son amour pour l’obscurité, et nous avons écrit
sous l’inspiration d’une pensée de foi, de sympathie et d’utilité.
Nous n’avons pas cherché à prouver qu’à la Trappe _seulement_ se trouve
le bonheur; mais nous dirons cependant, avec vérité, que, même quand on
l’habite comme simple voyageur, on y trouve la paix, le repos, de bons
conseils et de bons exemples, _cum sancto sanctus eris_.
Ce livre n’est ni un résumé philosophique, ni une polémique littéraire,
ni une histoire sur l’ordre des Trappistes; nous vous croyons, lecteurs,
trop bons chrétiens, pour en vouloir à de pauvres religieux qui
partagent tout leur temps entre la prière, le travail des mains, l’étude
et la culture des terres, et qui, même en leur qualité d’hommes
inutiles, rendent en réalité plus de services que bien des gens de notre
monde. Notre intention a été simplement de faire connaître les
Trappistes, pour vous rendre plus facile et peut-être plus attrayante
une visite que, dans un de vos moments perdus, vous voudrez bien faire à
l’un de leurs monastères.
_Magnificat anima mea Dominum._