XX

Conclusion.

O maison aimable et sainte! On a bâti sur la terre d’augustes

palais, on a élevé de sublimes sépultures, on a fait à Dieu des

demeures presque divines; mais l’art et le cœur de l’homme ne

sont jamais allés plus loin que dans la création d’un monastère.

(LE R. P. LACORDAIRE.)

L’heure fixée pour mon départ ayant sonné, j’embrassai le R. P. hôtelier

en lui déposant dans la main l’offrande du pèlerin. Je quittai

Sainte-Marie du Désert, pénétré de respect et d’admiration.

Maintenant, lecteurs, si nous avons fait une description un peu

détaillée de ce qui se fait dans un couvent de trappistes, c’est que

nous avons travaillé en vue d’une œuvre sainte et afin de rendre plus

fréquentes à la Trappe les visites de ceux qui ne la connaissent pas;

puis nous nous sommes rappelé que chacun se doit à tous, même au prix de

ses répugnances et de son amour pour l’obscurité, et nous avons écrit

sous l’inspiration d’une pensée de foi, de sympathie et d’utilité.

Nous n’avons pas cherché à prouver qu’à la Trappe _seulement_ se trouve

le bonheur; mais nous dirons cependant, avec vérité, que, même quand on

l’habite comme simple voyageur, on y trouve la paix, le repos, de bons

conseils et de bons exemples, _cum sancto sanctus eris_.

Ce livre n’est ni un résumé philosophique, ni une polémique littéraire,

ni une histoire sur l’ordre des Trappistes; nous vous croyons, lecteurs,

trop bons chrétiens, pour en vouloir à de pauvres religieux qui

partagent tout leur temps entre la prière, le travail des mains, l’étude

et la culture des terres, et qui, même en leur qualité d’hommes

inutiles, rendent en réalité plus de services que bien des gens de notre

monde. Notre intention a été simplement de faire connaître les

Trappistes, pour vous rendre plus facile et peut-être plus attrayante

une visite que, dans un de vos moments perdus, vous voudrez bien faire à

l’un de leurs monastères.

_Magnificat anima mea Dominum._

Une semaine à la Trappe: Sainte-Marie du Désert · 第 26 / 27 题