Quelques détails.
Avant de quitter Sainte-Marie du Désert, j’ai voulu rendre visite au R.
P. dom Marie, premier abbé de ce monastère, et au R. P. Etienne, son
prieur.
Le père hôtelier m’ayant introduit dans la cellule abbatiale, je
m’inclinai profondément devant dom Marie, qui vint à moi en me tendant
les mains. Je voudrais parler du père abbé et vous faire son portrait,
mais il est des personnes difficiles à peindre. On ne dit que le vrai et
on a l’air de louer; la vérité semble de la flatterie. Dût-on m’en
accuser, je rendrai justice et je dirai, que le R. P. abbé est un de ces
hommes rares auxquels le génie de créer et de réparer a été donné.
Pasteur habile, il dirige son troupeau avec une admirable sagesse.
Son visage n’a point la pâleur du cloître, ni celle de la vieillesse. Il
est de taille moyenne, ses gestes et ses mouvements sont animés; sa
physionomie respire tout à la fois la douceur et l’autorité du
commandement. Son humeur m’a paru enjouée. Sa conversation est
intéressante, mêlée d’esprit et de bon sens; il ne dit que ce qu’il doit
dire. L’habitude du silence ne lui a pas ôté l’à-propos de la parole, et
personne ne le possède comme lui. Cet homme, que tout le monde aime à
voir de temps en temps, est aimé et vénéré de tous ses religieux. Au
milieu d’eux, avec sa robe de laine blanche, sa tête chauve, sa croix et
sa crosse de bois, il a toute la bonté d’un père, toute l’autorité d’un
saint.
Quelques livres dans leur rayon, une gravure, deux chaises et un
fauteuil de paille, un prie-Dieu, une table, tel est à peu près le
mobilier de sa cellule[11].
[11] Notre ouvrage était sous presse, lorsque nous avons eu la douleur
d’apprendre la mort du R. P. dom Marie. Voici les quelques
renseignements que nous avons pu recueillir sur la vie de ce saint
religieux:
«Le R, P. dom Marie, connu dans le siècle sous le nom de Bertrand
Daverat, naquit le 8 septembre 1807, à Camarde, dans le département
des Landes. Dès les premières années de son enfance, il donna des
marques très-sensibles de vocation à l’état ecclésiastique. Après
avoir terminé ses études de latinité, sous la surveillance du
respectable M. Castagnon, curé de Vicq, dans le diocèse d’Aire, il
entra an grand séminaire de Dax, pour y suivre les cours de
philosophie et de théologie. Promu à la prêtrise le 5 juin 1830, et
après deux années de vicariat dans la paroisse de Hagetmau, il fut
successivement nommé curé de Biscarosse, de Saint-Vincent de Tyrosse
et de Saint-Pandelon, où il montra le plus grand zèle pour le salut
des âmes, jusqu’à ce que, de vives douleurs le fatigant et le
rendant incapable de remplir les devoirs de son état, il demanda à
se retirer du saint ministère et à se fixer dans le couvent de
Notre-Dame de Buglose. Là, employé comme confesseur des religieuses
qui y sont établies, il édifia tout le monde par la régularité de sa
vie et par sa haute piété. Quelques années après, il conçut l’idée
d’embrasser l’état religieux, et arriva le 27 juillet 1858, au
monastère de Sainte-Marie du Désert, où il est mort.
»Le R. P. Marie fut admis à la profession le 15 août 1859, et
lorsque le monastère de Sainte-Marie du Désert fut érigé en abbaye,
les vertus du nouveau profès le désignèrent à tous les suffrages. Il
fut élu pour gouverner cette communauté, déjà nombreuse, le 19
février 1861, installé le 11 avril, et béni dans l’église de
Lévignac, le dimanche 26 mai, par Mgr l’archevêque de Toulouse.
»Une humilité profonde formait le caractère principal de la piété de
ce religieux. Un témoin de sa promotion à la dignité abbatiale nous
écrit: «Lorsqu’il s’entend proclamer supérieur du monastère, il se
précipite, il se roule aux pieds du président, le supplie, avec
larmes et des cris déchirants, de le dispenser d’accepter une charge
dont il se croit indigne et incapable. Ses instances durent
longtemps, et le président se croit obligé d’user d’autorité et de
vaincre sa résistance en lui commandant au nom de la sainte
obéissance.»
»Plusieurs fois il offrit sa démission avec instance; mais il ne put
la faire accepter qu’un mois avant sa mort.
»C’est le dimanche 2 juin 1867 qu’il a rendu son âme à Dieu. Il n’a
pas eu la consolation de voir achever la belle église dont il a jeté
les fondements, et qui, pour être dans un style simple et sévère, et
déjà construite avec toute l’économie commandée par la faiblesse des
ressources, n’en sera pas moins la plus remarquable du canton,
lorsque les bienfaiteurs auront aidé à la terminer.»
Le R. P. prieur a la tête noble et d’un galbe remarquable; la légère
couronne de cheveux qui part de son large front, en s’arrondissant
au-dessus des oreilles, est d’une finesse admirable et d’un noir
brillant. Le calme et la paix siégent sur son visage; sa marche est
grave, son abord doux et prévenant; tout en lui porte le cachet d’un
vrai religieux; sa tunique blanche et son scapulaire noir rehaussent la
majesté de son port.
Le R. P. Etienne, natif de Bédarieux, appartient au diocèse de
Montpellier, et se nommait dans le monde l’abbé S... Je m’arrête, car à
mon prochain voyage à Sainte-Marie, je ne serais plus si bien reçu, si
l’éloge que je viens de faire venait à y être connu[12].
[12] Le R. P. dom Etienne, actuellement abbé de Sainte-Marie du
Désert, a reçu, le 27 novembre 1867, la consécration des mains de
Mgr l’archevêque de Toulouse.
Chaque semaine a lieu, à la Trappe, une simple et touchante cérémonie, à
laquelle j’ai eu le bonheur d’assister: le samedi, sous les cloîtres,
avant la récitation des complies, deux religieux lavent les pieds à tous
leurs frères, en commençant par l’abbé et en continuant jusqu’au plus
jeune religieux. Il y a dans cette scène presque biblique un charme de
piété dont les étrangers ne peuvent s’empêcher de subir l’influence si
on leur accorde la précieuse faveur d’y assister. Cette parfaite
abnégation d’hommes qui souvent ont été grands dans le monde, la douce
satisfaction qui se peint sur tous leurs visages, la cordialité
affectueuse qui règne entre eux, tout cela touche l’âme et fait
considérer ces hommes avec respect.
Bien des préjugés pèsent sur l’ordre de la Trappe; il suffit de passer
deux jours à un de leurs monastères, pour se convaincre de la fausseté
de ces préjugés. On a dit et répété bien des fois que les religieux, en
se rencontrant, s’adressaient toujours cet avertissement solennel:
_Frère, il faut mourir._ Il n’en est rien, le silence étant absolu et
continuel à la Trappe. Il n’est pas besoin d’ailleurs de cet
avertissement pour faire penser les religieux à la mort: autour d’eux,
tout les y prépare et leur en donne la continuelle pensée.
Il n’est pas vrai non plus que les Trappistes renoncent à recevoir des
lettres de leurs parents; mais elles ne leur sont remises qu’après avoir
été décachetées et lues par le révérend père abbé. Si ces lettres sont
inutiles ou frivoles, il peut les détruire; si elles ont quelque
importance réelle, il les remet aux religieux à qui elles sont
adressées. S’il s’agit de la mort de quelqu’un de leurs proches, il
annonce d’abord le fatal événement à la communauté réunie, afin
d’obtenir, dans l’incertitude, de plus ferventes prières de chacun d’eux
en particulier; plus tard il appelle auprès de lui le religieux que Dieu
a frappé dans ses affections, et il le console.
On a dit aussi que chaque trappiste creusait lui-même sa tombe et qu’il
y couchait; c’est encore une erreur. Il y a, comme nous l’avons dit,
toujours une tombe ouverte à moitié d’avance; souvent les religieux vont
la regarder et sans doute la saluent de leurs désirs.
On croit encore, et cette erreur est presque générale, que les religieux
de la Trappe sont maigres, maladifs, tristes! On reconnaîtra facilement
que ce n’est encore là qu’une erreur. Il y a toujours dans la maison de
l’ordre une infirmerie, et, malgré le profond mépris des Trappistes pour
la vie, les maladies n’en sont pas moins soignées avec la charité la
plus empressée, la plus vive et la plus compatissante. Il est à
remarquer aussi que l’infirmerie est très-souvent vide. Il n’est pas
plus vrai que les moines sont maigres et hâves, comme on se plaît à les
représenter au théâtre ou dans les romans. En arrivant à la Trappe, on
est étonné de trouver sur le visage de ses habitants l’expression d’une
joie ineffable; leur teint est frais et vermeil, et le régime qu’on y
suit n’influe en rien sur le physique ni sur le moral, puisqu’on voit à
la Trappe des hommes d’un âge très-avancé jouissant encore d’une santé
parfaite et d’un caractère heureux. Oh! ne comparons pas ces hommes de
Dieu à ceux du monde, la différence en est trop grande; ils semblent
appartenir à une autre nature, parce qu’ils mènent une autre vie.
Ce ne sont pas là les seules objections contre la Trappe que nous avons
à réfuter. On s’imagine qu’elle ne contient que des grands coupables, et
il s’y trouve une quantité d’hommes que la piété la plus sincère, la
plus dégagée de toute vanité y a seule amenés. On pense également que
pour beaucoup de ces hommes, lorsqu’une fois ils se sont engagés par des
vœux, les règles de l’ordre deviennent accablantes et insupportables.
Ceux qui pensent cela n’ont jamais visité les Trappistes; s’ils
l’eussent fait, ils auraient vu à quel degré est porté l’amour de leurs
règles, et que jamais un religieux ne songe à s’en écarter.
Chaque année, le R. P. prieur change les emplois. Chacun dépose entre
ses mains les insignes de sa charge, qui passe entre les mains d’un
autre religieux choisi par le supérieur. Les trappistes rancéens font
une retraite de dix jours, pendant laquelle ils se livrent à des
exercices de piété d’une austérité encore plus grande que pendant le
cours de l’année. L’abbé de Rancé a fait de cette retraite annuelle un
point essentiel de la règle, observé comme tous les autres avec une
religieuse exactitude.
Les jeûnes sont presque continuels à la Trappe; en effet, les règlements
portent que la viande, les œufs et le beurre demeurent interdits à tous
ceux qui sont en santé; le poisson l’est à tout le monde; l’huile est
permise aux malades et à l’assaisonnement de la salade. Les portions de
la communauté se composent de légumes, de racines, d’herbes et de
laitage, avec cette restriction que, durant l’avent et le carême, tous
les autres jours de jeûne d’Eglise et tous les vendredis de l’année,
hors le temps pascal, on ne sert aucun laitage au réfectoire, et on n’en
met que dans les portions: tout s’assaisonne alors au sel et à l’eau.
Les cuisiniers doivent accommoder les mets le plus simplement qu’ils
peuvent, sans y faire entrer aucune espèce d’épices. Pendant les deux
tiers de l’année, on ne fait qu’un seul repas à la Trappe: il se compose
d’une soupe, d’une portion assaisonnée comme je viens de le dire, de
douze onces de pain et d’une hémine de demi-vin. On ajoute aussi
quelques fruits pour dessert, excepté les jours de jeûne d’Eglise et les
vendredis qui ne tombent pas dans le temps pascal.
Le P. Debreyne, médecin de la Grande-Trappe, dit que cet austère régime,
que l’on croit généralement propre à abréger la durée de la vie humaine
et à détruire les santés les plus robustes, est au contraire un vrai
moyen de santé et de longévité. Il affirme que pendant une période de
vingt-sept ans il n’a pas rencontré chez les religieux de la
Grande-Trappe un seul cas d’apoplexie, d’anévrisme, d’hydropisie, de
goutte, de gravelle, de pierre, de cancer, de scorbut. Le choléra n’a
jamais envahi aucune maison de l’ordre, tandis qu’il faisait de grands
ravages dans les environs. Il est de notoriété, dans le pays, que les
épidémies s’arrêtent au seuil de l’abbaye.
Dans les causes de cette espèce d’immunité contre un grand nombre de
maladies, dont jouissent les religieux de la Trappe, il est sans doute
nécessaire de faire entrer en ligne de compte la vie paisible et calme
que mène le religieux, l’absence des noirs soucis, des passions tristes
et dépressives, des humeurs sombres et chagrines; mais aussi n’est-ce
pas la condamnation la plus éclatante de notre vie sensuelle, de notre
intempérance, de nos désordres, de nos passions, qui détruisent le plus
souvent la vie dans son principe.
«Considérez, dit le docteur Debreyne, chez les amateurs de bonne chère
et les gastrolâtres modernes, ces immenses perturbations physiques;
portez vos regards attristés sur ces corps obèses, blasés et bouffis,
dont les organes digestifs sont brûlés et corrodés par d’incessantes
ingurgitations de viandes et de boissons les plus irritantes et les plus
propres à produire les maux les plus graves et les plus incurables.
Est-il possible que l’organisation humaine la plus forte résiste
longtemps à l’impression délétère et toxique de tous ces principes de
dissolution et de mort, à ces chocs brusques et à ces collisions
violentes d’un sang enflammé et de la mollesse des tissus organiques. On
peut en quelque sorte comparer ces vastes corps-machines qui ne cessent
jamais de fonctionner et de digérer, aux machines si compliquées de nos
usines, que la multiplicité des rouages et la vélocité des mouvements,
dérangent, détraquent et brisent si souvent.»
Qu’on n’aille pas m’accuser de préconiser exclusivement le régime
végétal et me soupçonner d’être un disciple de Pythagore. L’homme est
fait pour une alimentation complexe, la structure de son appareil
digestif est là pour le prouver; mais on peut soutenir qu’il supporte
plus facilement la privation absolue de viande que de végétaux.
A commencer du 14 septembre jusqu’au carême, cet unique repas se prend à
deux heures et demie, c’est-à-dire douze heures après le moment où les
religieux se lèvent; en carême, il est retardé jusqu’à quatre heures un
quart: les troubles de fonctions digestives sont très-rares dans la
communauté. Le reste de l’année est le temps où le trappiste se
restaure; mais on trouvera peut-être le régime que l’on suit alors assez
sévère, car il diffère encore beaucoup de celui que suivent dans le
monde, pendant le carême, les familles les plus régulières; alors le
dîner commence à midi et le soir on sert une collation. Les plus grandes
fêtes ne jouissent d’aucun privilége; elles suivent toutes la loi
commune. Le seul dimanche et le jour de Noël sont exceptés. Il est
expressément défendu de rien servir d’extraordinaire, sous quelque
prétexte et en quelque occasion que ce soit, comme un jour de
profession, bien moins encore les jours qui précèdent l’avent et le
carême.
Le premier jour de la sainte quarantaine, alors que pour le reste du
monde se fait l’ouverture de la pénitence par l’imposition des cendres,
eux aussi procèdent à cette cérémonie, qui est en même temps le
commencement d’observances plus austères. Les religieux s’avancent
nu-pieds, lentement, deux à deux, les yeux baissés, en psalmodiant des
antiennes; leurs bras sont pendants, les manches de leurs coules
abattues, ils viennent successivement, avec de profondes inclinations,
se prosterner devant le révérend père, en qui ils vénèrent le
représentant de la Divinité. Il grave, en caractères de cendres, sur
leurs larges tonsures, l’arrêt de leur dissolution prochaine; c’est une
sentence de mort prononcée sur des morts, puisqu’ils ont renoncé à tous
les avantages de la vie. Aussi ne se préoccupent-ils pas beaucoup des
terreurs que naturellement rappelle la pensée de la mort, mais ils
gémissent pour tant de pécheurs dans le monde qui vivent comme ne devant
jamais mourir.
Ce n’est là que le prélude de toutes leurs expiations, pendant ce temps
des miséricordes du Seigneur. Tous les vendredis, qui sont pour eux des
jours plus spécialement consacrés à des pratiques encore plus pénibles,
ils font, dans leurs cloîtres, la procession des psaumes pénitentiaux.
Les trois derniers vendredis du carême, ils jeûnent au pain et à l’eau;
on n’a pas oublié que durant la sainte quarantaine ils ne prennent leur
unique repas que le soir, vers le coucher du soleil, comme les chrétiens
de la primitive Eglise. Avant de partir, le supérieur dirige l’intention
qu’ils doivent se proposer; ce sont, tantôt les divers besoins de
l’Eglise, tantôt le maintien de la paix, la conservation et
l’augmentation de la foi; quelquefois ils sollicitent des jours
prospères pour les familles, des bénédictions pour les Etats, et
toujours leurs semblables sont intéressés et associés à leurs œuvres.
Le vendredi saint, ils semblent vouloir faire au Ciel une sainte
violence en faveur de tous les coupables; après avoir longuement chanté
leur office de la nuit, vers quatre heures du matin, ils disparaissent
silencieux: il ne nous est pas permis de les suivre dans ces asiles
secrets où Dieu seul est témoin des saintes rigueurs qu’ils exercent sur
leurs corps. Mais on est frappé de les voir redescendre bientôt, graves,
nu-pieds; ils demeurent ainsi presque toute la journée. Il faut les
avoir vus, ces pénitents, car il n’est pas possible de les peindre,
pendant cette longue et fervente récitation de tout le psautier et
pendant l’imposante cérémonie de l’adoration de la Croix!
Indépendamment de ces circonstances particulières, de temps en temps, le
révérend père assigne à tels ou tels religieux le but spécial dont ils
devront s’occuper dans leurs exercices de piété: c’est quelquefois la
conversion d’un tel nombre de pécheurs qu’ils doivent demander à Dieu,
le succès des entreprises qui intéressent la gloire de Dieu et le bien
des peuples. Il y a, sur la porte du chapitre, une pancarte où tous les
religieux sont distribués par séries, et à chaque série correspond une
intention particulière qui devra les préoccuper spécialement dans leurs
prières. Ainsi, la première série est chargée de solliciter les
bénédictions du Ciel pour les évêques, les divers pasteurs des âmes et
pour toutes les communautés religieuses. La seconde a mission de
provoquer les grâces du Seigneur sur toutes les personnes constituées en
dignité ou chargées de quelque partie que ce soit de l’administration
civile, ainsi des autres. Toujours le prochain entre en participation
des œuvres de piété qui se pratiquent à la Trappe.
Il est certaines époques de l’année, plus spécialement marquées dans le
monde par la dissipation. Oh! qu’il est sublime alors, le trappiste qui
s’humilie et prie pour les pécheurs; qu’il est sublime surtout, lorsque,
à l’heure des ténèbres, des orgies et des désordres de toute espèce,
seul, avec ses frères, pendant que tout dort dans la nature, à
l’exception des prévaricateurs, il lève vers le Ciel ses mains
suppliantes et pures, et demande grâce!...»
Il n’y a pas d’âge déterminé pour entrer chez les Trappistes. On
accueille avec charité les personnes qui se présentent, aussi bien à
l’âge de dix-sept ans qu’à l’âge de cinquante ans; on demande surtout de
la bonne volonté à suivre la règle. A l’exemple de Jésus-Christ, les
pères trappistes reçoivent, à la onzième heure comme à la première
heure, ceux qui veulent véritablement travailler à la vigne du Seigneur.
Les charges principales parmi les Trappistes sont: celles d’abbé, de
prieur, de sous-prieur, de cellérier, de maître de novice, et de
portier.