sentiment d'exclusion quand même, à l'égard des procédés du moyen âge,
qui s'est développé depuis lui avec moins de bonhomie. En effet, en
marge du texte que nous venons de citer, il est dit en manière de
vedette: «L'auteur approuver la façon moderne (de l'Orme désigne, ainsi
les voûtes gothiques) des voûtes, _toutes fois_ ne s'en vouloir ayder.»
Pourquoi, puisqu'il les approuve? Il ne nous le dit pas. Quoi qu'il en
soit et bien qu'il ne s'en aidât pas, il construisit, comme tous ses
confrères, des voûtes en arcs d'ogive, et il eut raison, car la plupart
des exemples qu'il donne comme des nouveautés n'ont réellement rien de
pratique ni de sérieux, s'il s'agit de fermer de grands espaces. En ceci
Philibert de l'Orme prélude à la critique (si l'on peut donner ce nom à
un blâme irraisonné) de la structure du moyen âge. Depuis lui, cette
critique, quoique moins naïve, ne raisonne pas mieux; mais elle est plus
exclusive encore, et ne dirait pas, en parlant de la façon des voûtes du
moyen âge, «laquelle véritablement je ne veux despriser, ains plustôt
_confesser_ qu'on y a faict et pratiqué de fort bons traicts et
difficiles». Ce sont choses qu'on ne confesse plus au XIXe siècle, parce
que les esprits logiques de notre temps pourraient répondre: «Si vous
confessez que le mode a du bon, pourquoi ne vous en servez-vous pas?»
Mieux vaut ne rien dire, ou battre l'eau, que de provoquer de pareilles
questions.
La renaissance, quoi qu'en dise Philibert de l'Orme, ne change donc pas
de système de voûtes pour les grands vaisseaux, et pour cause; mais elle
compliqua ce système. Elle multiplia les membres secondaires plutôt
comme un motif de décoration que pour obtenir plus de solidité. Et en
effet les voûtes qu'elle construisit sont en assez mauvais état ou mêne
sont tombées, tandis que la durée des voûtes des cathédrales de
Chartres, de Reims, d'Amiens, défieront encore bien des siècles. Les
voûtes hautes de l'église Saint-Eustache de Paris ne furent faites que
pendant les dernières années du XVIe siècle, elles ne sont pas
très-solides; leurs sommiers ne sont pas combinés avec adresse, les arcs
sont bandés en pierres inégales de lit en lit, ce qui, comme nous le
disions plus haut, est une cause de déformations. Parmi ces voûtes
datant du XVIe siècle, on peut citer, comme remarquables, celles qui
fermaient le choeur de l'église Saint-Florentin (Yonne), et qui dataient
du milieu de ce siècle[413].
Nous donnons (fig. 45) la projection horizontale de la moitié de ces
voûtes, au chevet de l'église. L'arc-doubleau et l'arc ogive composent,
comme dans la voûte du moyen âge, l'ossature principale de la structure;
mais les tiercerons qui partent de la pile pour se joindre au milieu des
liernes n'existent plus ici, et sont remplacés par des intermédiaires
_ab_, qui, s'ils produisent un effet décoratif piquant, ont le tort de
reporter une poussée latérale sur les flancs des formerets, ce qui est
absolument contraire au principe de la structure des voûtes gothiques,
et, qui pis est, au bon sens. Cette poussée est encore augmentée par les
arcs _ad_, qui eux-mêmes contre-butent les liernes _de_. Aussi ces
formerets (rabattus en AA'B) s'étaient-ils inclinés en dehors sous la
pression de ces arcs qui viennent les pousser en _a'a''_, ce qui ne
serait point arrivé si, au lieu de ces arcs _ab_, l'architecte eût posé
des tiercerons A_d_...; mais on n'aurait pas eu ce compartiment en
étoile, et le désir de produire une apparence nouvelle l'emportait sur
ce que commandait la raison. On voit donc que déjà se manifestait cette
tendance, si développée aujourd'hui en architecture, de sacrifier le
vrai, le sage, le raisonné, à une forme issue du caprice de l'artiste.
Bien d'autres entorses à la raison se rencontrent dans cette voûte.
Ainsi, nous avons rabattu l'arc-doubleau en AC, et l'arc ogive A_e_ en
AF; le grand arc AD contre-butant la clef du chevet, en AG. La rencontre
de ce grand arc AD avec l'arc ogive donne la clef H; or, comme cet arc
ogive est tracé, le niveau de cette clef H est donné et se trouve en
_h_. Nous reportons ce niveau en _h'_ sur le rabattemtnt de l'arc AD. Le
niveau de la clef I est donné; il est le même que celui de la clef H,
puisque l'arc ogive AE est tracé. Il faut donc que l'arc KI atteigne ce
niveau I; nous le rabattons en KI_i_, la flèche I_i_ étant égale à la
ligne I_h_. Rabattant sur l'arc de cercle K_i_ la clef O, nous obtenons
le point _o'_, et la hauteur O_o'_ donne, sur la courbe K_i_ aussi bien
que sur celle du grand arc AD, le niveau de la clef O en _o'_ et en
_o''_. Donc il faut que cette grande courbe butante AD passe en G, en
_h'_ et en _o''_. De _o''_ en G, elle se rapproche évidemment trop de
l'horizontale et bute mal l'arrivée des arcs ogives et liernes du
chevet; aussi cette branche d'arc _o''_G s'était-elle tordue et relevée,
par suite le grand arc-doubleau KL s'était déformé.
La clef _b_ étant donnée en projection horizontale, son niveau est donné
sur le rabattement de l'arc ogive en _b'_; la rencontre _a_ sur le
formeret étant donnée en projection horizontale, son niveau est donné en
_a''_ sur le rabattement du formeret, donc la longueur _ab_ en
projection horizontale; l'arc _a''b''_ est connu. Il en est de même pour
l'arc _bm_, rabattu en _b''m'_, puisque le niveau de la clef _m_ est
connu.
Quant aux liernes _de_, elles sont prises sur un arc de cercle qui
réunirait la clef B du formeret à la clef _e_ des arcs ogives. Cet arc
de lierne est rabattu de _n_ en _e_, _n_ donnant le niveau de la clef B
du formeret par rapport au niveau de la clef _e_ des arcs ogives. En M
sont rabattus les arcs ogives _pq_ du chevet (le niveau de la clef étant
celui de l'arc-doubleau), les branches des liernes en _rq_, et les
tiercerons en _ps_. Tous les arcs, liernes, fausses liernes, faux
tiercerons, sont posés dans un plan vertical, quelle que soit leur
position par rapport à la courbure des arcs principaux (voyez en P).
Mais les arcs secondaires, pénétrant plus ou moins obliquement les arcs
principaux, suivant que ceux-ci se rapprochent ou s'éloignent de la
verticale, les joues de ces arcs secondaires, posés dans un plan
vertical, se trouvent l'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'extrados
de l'arc principal; il en résultait une difficulté pour maçonner les
voûtains. Pour sauver cette difficulté, les architectes de la
renaissance tracent une clef pendante à ces points de rencontre (fig.
46)[414]; clef pendante qui se compose d'un corps cylindrique dans
lequel viennent pénétrer les divers arcs[415]. Les arcs secondaires
étant, comme les arcs principaux, posés dans un plan vertical,
l'extrados de la fausse lierne A arrive horizontalement contre le corps
cylindrique, tandis que l'extrados de l'arc ogive B le pénétrerait en
_b_ du côté de sa naissance, et en _c_ du côté de son sommet; il y
aurait donc une différence de niveau entre le point _b_ et le point _c_.
Et de _b_ en _c_, comment poser les moellons de remplissage? Les
constructeurs ont donc augmenté la hauteur des joues de ces arcs
principaux en arrivant près de ces clefs, ainsi que l'indique le
supplément _g_, pour araser le point _e_, et cela en raison du niveau de
ces points d'arrivée des liernes, fausses liernes ou faux tiercerons. Il
y aurait, par exemple, un décrochement en _h_ à l'arrivée de l'arc ogive
B, puisque l'extrados du faux tierceron _l_ n'arriverait pas au niveau
de l'extrados de la fausse lierne A. On voit quelles complications de
coupes produisaient ces fantaisies des architectes de la renaissance,
beaucoup plus préoccupés d'obtenir un effet décoratif que des conditions
d'une sage construction. Si nous ajoutons à ces difficultés gratuitement
accumulées le manque des connaissances du tracé géométrique, qui déjà se
faisait sentir dans les chantiers, nous ne serons pas surpris du peu de
durée de ces voûtes du XVIe siècle. Cependant on reconnaît que
l'habitude de raisonner sur l'application des formes convenables à
l'objet n'est point encore perdue chez les maîtres. Ainsi la forme
allongée de ces clefs pendantes, dont l'axe est habituellement vertical,
est bien motivée par ces pénétrations d'arcs à des niveaux différents.
Ces longues pierres qui semblent à l'oeil des fiches plantées aux
rencontres d'arcs, ne sont pas là par un caprice d'artiste, mais une
nécessité de structure, et les queues tombantes plus ou moins ornées de
sculptures que ces artistes leur donnent en contre-bas des arcs ne font
qu'accuser la fonction de ces clefs de rencontre d'arcs.
Au point de vue de la structure, l'art du XVIe siècle était, pour les
voûtes comme pour le reste, à l'état d'infériorité sur les arts
antérieurs. Les arcs-boutants, par exemple, à cette époque, ne sont plus
disposés conformément aux lois de la statique et de l'équilibre des
forces (voy. ARC-BOUTANT); les archivoltes ne sont plus régulièrement
extradossées, les lits d'assises ne correspondent plus aux membres de
l'architecture; les claires-voies, les meneaux, adoptent des formes
contraires à la nature et à la résistance des matériaux mis en oeuvre.
Il est évident que les architectes, préoccupés avant tout d'appliquer
certaines formes appartenant à un autre mode de structure que celui
adopté en France en raison des matériaux et de leur emploi judicieux,
abandonnent à des mains subalternes le tracé de cet appareil, qui n'est
plus d'accord avec ces formes empruntées ailleurs. Les maîtres du XVe
siècle étaient meilleurs constructeurs, meilleurs praticiens et traceurs
que ceux du XVIe; ceux du XIVe siècle l'emportaient sur les maîtres du
XVe, et peut-être ceux du XIIIe l'emportaient-ils encore sur ceux du
XIVe. Cependant les appareilleurs du XIIe siècle étaient des génies, si
nous les comparons à ceux du XVIIe siècle, car il n'est pas de structure
plus grossière et plus mal tracée en France, à moins de remonter aux
plus mauvaises époques de l'école romane, que celle de ce XVIIe siècle,
que l'on s'efforce d'imiter aujourd'hui.
Les voûtes françaises et anglaises, parties toutes deux du même point au
XIIe siècle, étaient arrivées au XVIe, dans l'un et l'autre pays, à des
résultats très-différents et qui donnent la mesure exacte des aptitudes
des deux peuples. D'après ce que nous avons vu précédemment, on
observera qu'en se perfectionnant conformément à la méthode admise dès
le XIIIe siècle, les voûtes anglaises, malgré leur apparence compliquée,
arrivent de fait, au contraire, à l'emploi d'un procédé très-simple, en
ce qu'une courbe peut suffire à tous les arcs d'une voûte, ou que (si
ces arcs doivent atteindre à la clef un même niveau) les courbes
différentes dans une partie seulement de leur développement, sont
tracées par un procédé très-simple; que tous ces arcs restent
indépendants, et ne sont reliés que par des entretoises d'un seul
morceau, qui n'ont qu'un rôle secondaire et ne peuvent en rien influer
sur la courbe principale admise pour les arcs; que les remplissages ne
sont plus que des panneaux, aussi faciles à tracer qu'à poser. Dans les
voûtes françaises, nous voyons que les constructeurs en viennent à
multiplier les arcs; ils les croisent, de telle façon que la courbure de
ces arcs doit être distincte pour chacun d'eux; que ces courbures sont
commandées par des niveaux donnés par le tracé préalable sur plan
horizontal; que ces arcs sont dépendants les uns des autres, et que, par
conséquent, ces constructeurs ne sont plus les maîtres, ainsi, de donner
à ces courbes les flèches nécessaires en raison de leur fonction, de
leur résistance ou de leur action de poussée et de butée; qu'en un mot,
ces constructeurs français du XVIe siècle abandonnent un système
judicieux et parfaitement entendu (celui du XIIIe siècle), pour se
lancer dans des combinaisons indiquées seulement par la fantaisie. Le
réseau de la voûte anglaise de la fin du XVe siècle est solide,
méthodique: c'est la conséquence d'une longue expérience fidèle au
principe posé. Le réseau de la voûte française au XVIe siècle n'est pas
solide, parce que les arcs qui s'entrecroisent par suite d'un caprice de
l'artiste, sans l'intervention d'une nécessité et de la raison, ont des
actions différentes, les unes molles et faibles, les autres actives et
puissantes. Au lieu de rendre la voûte française en arc d'ogive plus
solide qu'elle ne l'était, par l'adjonction de tous ces arcs
secondaires, les architectes français l'altèrent, lui enlèvent ses
qualités d'élasticité, de force et de liberté. Aussi ces voûtes du XVIe
siècle sont-elles, la plupart, proches de leur ruine, lorsqu'elles ne
sont pas déjà tombées.
Alors, au XVIe siècle, nos architectes cherchent, à l'aide d'un savoir
médiocre d'ailleurs, à faire des tours de force, et notre Philibert de
l'Orme lui-même, malgré son rare mérite, n'est pas exempt de ce travers.
Le pédantisme s'introduit dans l'art, et le vrai savoir, le savoir
pratique, fait défaut. On veut oublier et l'on oublie les vieilles
méthodes, les principes établis sur une longue expérience; méthodes et
principes que l'on pouvait perfectionner sans se lancer dans des
théories enfantines et très-superficielles. Il n'est pas douteux, rien
qu'à examiner les monuments existants, que les maîtres du XIIIe siècle
savaient la géométrie et en comprenaient surtout les applications
beaucoup mieux que les maîtres du XVIe siècle. Mais les premiers ne
s'amusaient pas à la montre, ils se servaient de la science, ainsi que
les vrais savants s'en servent, comme d'un moyen, non pour en faire
parade. Les architectes de la renaissance prenaient déjà le moyen pour
la fin; et, comme il arrive toujours en pareil cas, on possède une
classe de théoriciens spéculatifs passablement pédants, et en arrière
une masse compacte ignorant les procédés les plus simples. Au XVIe
siècle, on faisait des livres dans lesquels on discutait Vitruve tant
bien que mal, où l'on donnait les proportions des ordres, où l'on
couvrait des pages d'épures destinées à éblouir le vulgaire, mais on
inclinait à construire très-mal, très-grossièrement, dans un pays où
l'art de la construction avait atteint un développement prodigieux,
comme science d'abord, puis comme emploi raisonné des matériaux et de
leurs qualités. L'art s'échappait des mains du peuple, de ces
corporations d'artisans, pour devenir l'apanage d'une sorte
d'aristocratie de moins en moins comprise, parce qu'elle laissait de
côté les principes issus du génie même du pays pour une sorte de
formulaire empirique, inexpliqué et inexplicable comme une révélation.
Il était évident que tout ce qui pouvait tendre à discuter ce formulaire
présenté en manière de dogme devait être repoussé par ce corps
aristocratique des nouveaux maîtres, dont l'Académie des beaux-arts
conserve aujourd'hui encore les doctrines avec plus de rigueur que
jamais. C'est pourquoi, de temps à autre, nous voyons, du sein de ce
corps et de ses adeptes les plus fervents, s'échapper une protestation
contre l'étude de notre art français du moyen âge et les applications
étendues qu'on en peut faire. C'est pourquoi aussi nous ne cessons pas
et nous ne cesserons pas de tenter de développer cette étude, de faire
entrevoir ses applications, bien convaincu de cette vérité affirmée par
l'histoire: que les corps ne sont jamais plus exclusifs qu'aux jours où
ils sentent leur pouvoir ébranlé.
[Illustration: Fig. 1.]
[Illustration: Fig. 2.]
[Illustration: Fig. 3.]
[Illustration: Fig. 4.]
[Illustration: Fig. 5.]
[Illustration: Fig. 6.]
[Illustration: Fig. 7.]
[Illustration: Fig. 8.]
[Illustration: Fig. 9.]
[Illustration: Fig. 10.]
[Illustration: Fig. 11.]
[Illustration: Fig. 12.]
[Illustration: Fig. 13.]
[Illustration: Fig. 14.]
[Illustration: Fig. 15.]
[Illustration: Fig. 16.]
[Illustration: Fig. 17.]
[Illustration: Fig. 18.]
[Illustration: Fig. 19.]
[Illustration: Fig. 20.]
[Illustration: Fig. 21.]
[Illustration: Fig. 22.]
[Illustration: Fig. 23.]
[Illustration: Fig. 24.]
[Illustration: Fig. 25.]
[Illustration: Fig. 26.]
[Illustration: Fig. 27.]
[Illustration: Fig. 28.]
[Illustration: Fig. 29.]
[Illustration: Fig. 30.]
[Illustration: Fig. 31.]
[Illustration: Fig. 32.]
[Illustration: Fig. 33.]
[Illustration: Fig. 34.]
[Illustration: Fig. 35.]
[Illustration: Fig. 36.]
[Illustration: Fig. 37.]
[Illustration: Fig. 38.]
[Illustration: Fig. 39.]
[Illustration: Fig. 40.]
[Illustration: Fig. 41.]
[Illustration: Fig. 42.]
[Illustration: Fig. 43.]
[Illustration: Fig. 44.]
[Illustration: Fig. 45.]
[Illustration: Fig. 46.]
[Note 384: Le plâtre a été employé par les Romains dans les
circonstances indiquées ici, notamment au théâtre de
Taormine, en Sicile, et dans les thermes d'Antonin Caracalla,
à Rome.]
[Note 385: Notamment aux voûtes des thermes d'Antonin
Caracalla.]
[Note 386: La voûte du Panthéon d'Agrippa a 43 mètres 36
centimètres de diamètre.]
[Note 387: Il faut dire que ces deux coupoles sont élevées
sur pendentifs; mais la nature des lézardes qui se sont
produites dans la coupole de Saint-Pierre de Rome n'indique
pas que ces désordres soient dus uniquement à des tassements.
Il y a eu ruptures dans la calotte même causées par un léger
relèvement de la zone des reins de la coupole. Les déchirures
causées par des tassements se sont au contraire produites (et
cela devait être) à la base même de la demi-sphère, ce qui
motiva la pose d'un cercle de fer à cette base; ces lézardes
sont suivant les longitudes. Les fissures observées à
l'extrados de la zone en contre-bas de la lanterne sont au
contraire suivant les latitudes, et produisent une pression à
l'intrados qui fit détacher des parties d'enduits et de
mosaïques.]
[Note 388: Un jeune ingénieur français, M. Choisy, va publier
prochainement un travail très-complet sur la structure des
voûtes romaines, d'après les monuments. Ce recueil, que nous
avons eu entre les mains, donne en détail les divers procédés
employés par ces grands constructeurs, et démontre, de la
manière la plus évidente, que l'économie dans la dépense
était une de leurs principales préoccupations. Nous engageons
les architectes qui veulent sérieusement connaître les
procédés employés par les Romains dans les constructions à
recourir aux travaux de M. Choisy sur cette matière.]
[Note 389: Voyez la _Syrie centrale; architecture civile et
religieuse du_ Ier _au_ VIIe _siècle_, par M. le comte
Melchior de Vogüé. Baudry, éditeur.]
[Note 390: Voyez _Entretiens sur l'architecture_.]
[Note 391: Voyez la _Syrie centrale_, pl. xvi.]
[Note 392: L'exemple du temple de Diane de Nîmes est une
exception. Il ne faut pas perdre de vue que les monuments
romains élevés dans la Province sont, beaucoup plus que ceux
d'Italie, pénétrés de l'esprit grec, surtout en se
rapprochant de Marseille. Il est intéressant de constater les
analogies qui existent entre ces monuments antiques de la
Province romaine et ceux de la Syrie centrale.]
[Note 393: Nous expliquerons tout à l'heure en quoi consiste
ce mode.]
[Note 394: Toute cette théorie est développée dans l'article
CONSTRUCTION.]
[Note 395: Voyez CONSTRUCTION, fig. 3.]
[Note 396: Voyez COUPOLE.]
[Note 397: Voyez CONSTRUCTION, fig. 4.]
[Note 398: Voyez CONSTRUCTION, fig. 62 et suivantes jusqu'à
la figure 72 _bis_.]
[Note 399: Voyez les _Annales archéologiques_, t. XXIII, p. 1
à 18 et 115 à 132.]
[Note 400: Voyez CONSTRUCTION, OGIVE, TRAVÉE.]
[Note 401: Aujourd'hui le centre de ces arcs serait en I;
mais il y a eu, après le décintrage, un léger abaissement de
la clef, puis plus tard un faible écartement des murs, qui a
dû déformer quelque peu ces arcs, dont les centres devaient
être posés sur la ligne supérieure des tailloirs.]
[Note 402: C'est grâce à l'obligeance de M. Lance, architecte
diocésain de Sens, et aux sondages intelligents faits par son
inspecteur, M. Lefort, que nous avons pu relever exactement
cette arcature, qui présente une disposition si curieuse.
Dans notre restitution, la forme des fenêtres est seule
douteuse, bien que les pieds-droits de ces fenêtres soient
encore accusés à l'extérieur et coïncident avec les
pieds-droits de l'arcature du triforium. (Voyez TRIFORIUM.)]
[Note 403: Il existe en effet un assez grand nombre de voûtes
des XIIIe et XIVe siècles sans formerets. Les voûtes de la
cathédrale de Clermont (Puy-de-Dôme), par exemple, en sont
dépourvues.]
[Note 404: La construction de cette voûte paraît dater de la
fin du XIIIe siècle, peut-être de 1270. Elle fut réparée en
partie plus tard, assez maladroitement, après l'incendie de
la première flèche; mais il est certain que les tiercerons et
liernes existaient avant cette époque, car les points de
départ sont anciens.]
[Note 405: À l'article CONSTRUCTION, nous avons déjà indiqué
les conséquences tirées par les Anglo-Normands de la voûte du
XIIe siècle.]
[Note 406: Ce travail, inséré dans le premier volume des
_Transactions_ de l'Institut des architectes britanniques, a
été traduit, en 1843, par M. Daly, dans la _Revue
d'architecture_ (t. IV). Le traducteur, dans l'introduction
qui précède le texte de M. Willis, ne fait pas ressortir les
différences profondes qui séparent la structure des voûtes
anglaises de celle des voûtes françaises, et ne semble pas
avoir étudié ces dernières; mais en 1843 personne n'était en
état de se livrer à un travail critique sur cet objet.]
[Note 407: Salle voisine de la cathédrale d'Ely, côté nord,
XIVe siècle.]
[Note 408: 0n a donné à cette forme la qualification de voûte
en éventail; mais un éventail se développe dans un seul plan:
il n'est pas besoin de faire ressortir le défaut de précision
de cette dénomination.]
[Note 409: Voyez le mémoire de M. le professeur Willis, _sur
les voûtes anglaises du moyen âge_, ou, dans le tome IV de la
_Revue d'architecture_ de M. Daly, la traduction de ce
travail et les planches à l'appui.]
[Note 410: Voyez, à ce sujet, à l'article CONSTRUCTION, le
chapitre VOÛTE.]
[Note 411: Voyez CATHÉDRALE, fig. 48. La cathédrale de
Narbonne est singulièrement pauvre en sculptures. Il semble
que le maître de l'oeuvre ait concentré toutes ses ressources
pour obtenir une construction irréprochable comme conception
et comme exécution.]
[Note 412: _L'Architecture_ de Philibert de l'Orme. Paris,
1576, livre IV, chap. VIII.]
[Note 413: Les arcs-boutants qui contre-butaient ces voûtes
étaient mal combinés, comme il arrive à presque tous les
arcs-boutants de cette époque; puis les parements extérieurs
des contre-forts avaient été sapés à diverses époques;
quelques tassements s'étaient produits. Il y a vingt ans, ces
voûtes menaçaient ruine, il fallut les refaire. M. Piéplu,
architecte du département de l'Yonne, s'acquitta de ce
travail avec beaucoup d'adresse, il y a quelques années;
mais, par des raisons d'économie, on se contenta de voûtes
simples en arcs d'ogive. Nous donnons ici les voûtes
anciennes, relevées avant la démolition.]
[Note 414: Nous supposons, dans cette figure, la clef marquée
X dans la figure précédente (45).]
[Note 415: Voyez CLEF.]
Y
YMAGERIE, s. f.--Voyez SCULPTURE.
YRAIGNE, s. f. (vieux mot). Panneau de fil de fer. Voyez GRILLAGE.
YRE, s. f. (vieux mot). Cour, aire.
Z
ZIGZAG, s. m.--Voyez BATONS ROMPUS.
ZODIAQUE, s. m. Zone de l'éther que le soleil semble parcourir dans
l'espace d'une année, et dont l'écliptique est la ligne médiane.
Personne n'ignore que la zone zodiacale, divisée en douze parties, une
pour chaque mois, dès la plus haute antiquité, porte en chacune de ces
parties un signe qu'on appelle les signes du zodiaque. Ces signes sont:
le Bélier (mars), le Taureau (avril), les Gémeaux (mai), l'Écrevisse
(juin), le Lion (juillet), la Vierge (août), la Balance (septembre), le
Scorpion (octobre), le Sagittaire (novembre), le Capricorne (décembre),
le Verseau (janvier), et les Poissons (février). Ces figures
correspondant aux mois de l'année sont souvent représentées sur nos
monuments du moyen âge, et en regard sont figurés les travaux ou
occupations de l'homme pendant chacun de ces mois.
Dès le XIe siècle, les portails de nos églises possèdent des zodiaques
sculptés sur les archivoltes des portes.
Nos grandes cathédrales des XIIe et XIIIe siècles sont toutes pourvues
de ces signes, sculptés toujours d'une manière très-apparente.