[Note 333: Sachant que beaucoup de ces vitraux avaient été

transportés dans les magasins de Saint-Denis, après la

dispersion du musée des Petits-Augustins, nous demandâmes,

dès que nous fûmes chargés des restaurations de l'église

abbatiale, où étaient déposés ces vitraux... On nous montra

trois ou quatre caisses contenant des milliers de morceaux de

verre empilés... À peine s'il en restait trois morceaux unis

par des plombs... Les caisses sont encore à attendre la fée

qui voudra bien débrouiller ce chaos.]

[Note 334: _Diversarum artium schedula_.]

[Note 335: Lib. II, cap. XVII.]

[Note 336: Le diamant remplace avantageusement aujourd'hui le

fer chaud.]

[Note 337: Lib. II, cap. XIX, _De colore cum quo vitrum

pingitur_.]

[Note 338: M. Oudinot, peintre verrier, a fait analyser de

son côté des fragments de verrières des XIIe et XIIIe

siècles, peints; et l'analyse n'a également donné que du

protoxyde de fer. Aujourd'hui cette peinture est obtenue au

moyen de _battitures_ de fer que l'on ramasse chez les

forgerons, que l'on tamise pour en séparer les parcelles

métalliques et que l'on broie avec un fondant. On employait

aussi autrefois et l'on emploie encore un minerai de fer

appelé _ferret d'Espagne_, qui est un oxyde de fer naturel

plus brun que la sanguine. Cette substance donne à la

grisaille un ton plus chaud que la battiture de fer des

forgerons.]

[Note 339: Voyez Théophile, _Diversarum artium sched._, lib.

II, cap VI et IX.]

[Note 340: On fabrique encore à Venise des verres rouges d'un

ton très-doux, teints dans la masse. Ces verres rappellent

beaucoup certains échantillons du XIIe siècle.]

[Note 341: Lib. II, cap. VII.]

[Note 342: Les verres bleus du XIIe siècle possèdent une

qualité particulière et qui les fait reconnaître entre tous

ceux des autres époques: c'est qu'ils paraissent bleus à la

lumière de la lampe, tandis que ceux des époques postérieures

passent au gris laqueux, au vert ou au violet. Cette

observation nous a été suggérée par des peintres verriers,

habiles praticiens, et l'expérience nous l'a confirmée.]

[Note 343: D'un vitrail de la cathédrale du Mans,

commencement du XIIe siècle, représentant l'Ascension.]

[Note 344: Voyez le _Manuel d'iconographie chrétienne grecque

et latine_, avec une Introduction par M. Didron, traduit du

manuscrit byzantin par le docteur Paul Durand, Paris, 1845.]

[Note 345: On peut citer, entre ces _fac-simile_, comme

remarquables: les panneaux des restaurations de la sainte

Chapelle, dus à MM. Lusson et Steinheil; ceux des fenêtres du

XIIe siècle de l'abbaye de Saint-Denis, dus à M. A. Gérente;

des restaurations des vitraux de Bourges et du Mans faites

par M. Coffetier.]

[Note 346: Façade occidentale. Ce dessin est au sixième de

l'exécution.]

[Note 347: Voyez CATHÉDRALE.]

[Note 348: Voyez, entre autres, les verrières occidentales de

Notre-Dame de Chartres; celles de l'église abbatiale de

Saint-Denis, fabriquées sous l'abbé Suger; quelques verrières

du Mans, de Vendôme, d'Angers.]

[Note 349: Voyez, pour la coloration générale de cette

verrière, la _Monographie de Notre-Dame de Chartres_, par J.

B. Lassus. Cette verrière est très-fidèlement copiée par M.

P. Durand. L'exactitude du dessin et du modelé ne saurait

être plus complète, mais la coloration donnée par la

chromolithographie ne peut rendre l'effet des rapports des

couleurs translucides. Ainsi les bleus sont lourds et

sombres, les verts durs, etc.]

[Note 350: Nous avons reconnu la présence de ces patines

factices sur des vitraux qui avaient été enfermés dans du

plâtre peu après leur exécution.]

[Note 351: Les peintres verriers employaient plusieurs

valeurs de chaque ton, comme nous l'avons indiqué plus haut.

Il était facile de désigner chaque valeur par un signe:

ainsi, le B (bleu) pouvait être B 1, B 2, B 3, indiquant

ainsi le bleu limpide, clair, turquoise; le bleu saphir, le

bleu indigo, etc.]

[Note 352: Parmi ces verrières d'une tonalité violacée, nous

citerons l'une de celles de la sainte-Chapelle de Paris (côté

sud, près du sanctuaire), et parmi celles d'une tonalité

froide excessive, la rose du nord de Notre-Dame de Paris.]

[Note 353: Des vitraux légendaires de la chapelle absidale de

l'église de Notre-Dame de Semur (Côte-d'Or).]

[Note 354: Des vitraux du bras de croix nord de l'église de

Notre-Dame de Dijon (1230 environ).]

[Note 355: On sait qu'à la cathédrale de Bourges il existe

encore des fragments importants des sculptures appartenant au

XIIe siècle (porches nord et sud).]

[Note 356: Voyez l'ensemble de cette verrière dans la

_Monographie de la cathédrale de Chartres_, publiée sous la

direction de Lassus (dessin de M. Paul Durand).]

[Note 357: _Diversarum artium schedula_, lib. II, cap. XXI.]

[Note 358: Nos peintres verriers qui ont habilement restauré

des verrières du XIIe siècle, notamment MM. Coffetier et A.

Gérente, ont dû procéder de cette manière. Des fragments de

ces verrières entre nos mains prouvent la double opération de

la cuisson.]

[Note 359: Calque d'un fragment appartenant à M. Oudinot.]

[Note 360: Ces calques nous ont été fournis par M.

Coffetier.]

[Note 361: Ce dernier tracé est moitié d'exécution.]

[Note 362: Ce défaut est bien sensible dans certains vitraux

modernes exécutés comme de la peinture opaque, mais en

forçant les ombres.]

[Note 363: Des panneaux de la sainte Chapelle.]

[Note 364: Comme, par exemple, dans les chapelles absidales

de l'église abbatiale de Saint-Denis, dans les cathédrales du

Mans, de Bourges et de Chartres.]

[Note 365: Aux cathédrales de Chartres, de Bourges, de Tours,

d'Auxerre, de Troyes.]

[Note 366: Voyez l'ensemble de ce fenestrage dans l'ouvrage

du R. P. Martin. Voyez l'ouvrage de M. F. de Lasteyrie.]

[Note 367: Il ne reste plus à Amiens que des traces de ces

verrières dans le triforium du choeur.]

[Note 368: Les calques de ces vitraux nous ont été

communiqués par M. Oudinot.]

[Note 369: Dans le choeur, deux des anciennes verrières ont

été seulement remplacées au XVIe siècle. Ces deux vitraux de

la renaissance sont d'ailleurs d'une excellente exécution.]

[Note 370: Saint Nazaire prend soin des pauvres, des veuves

et orphelins.]

[Note 371: Voyez la _Monographie de la cathédrale d'Auch_,

par M. l'abbé Caneto.]

[Note 372: Voyez la belle verrière de l'arbre de Jessé de

l'église de Saint-Étienne de Beauvais, qui présente un emploi

prodigieusement habile de ces procédés d'enlevure à la

molette.]

[Note 373: Nous avons entre les mains un de ces verres verts,

provenant d'une de ces verrières du XVIe siècle de la

cathédrale de Carcassonne (Saint-Nazaire), qui est composé

d'une assiette blanche verdâtre, d'une couche jaune, d'une

couche blanche, d'une couche bleue, d'une fine lamelle

blanche et d'une couche jaune. Nous inclinons à croire que

ces verres sont de fabrication vénitienne.]

[Note 374: Ces vitraux de la cathédrale de Strasbourg se

voient encore aujourd'hui dans les fenêtres du bas côté

septentrional de la nef, qui date du XIIIe siècle; mais ils

ont évidemment été replacés là et appartenaient à l'église du

XIIe siècle. Le style des figures ne laisse pas de doute à ce

sujet.]

[Note 375: Le fac-simile de ce vitrail nous a été communiqué

par M. Steinheil. La chapelle à laquelle il appartient passe

pour avoir été bâtie sous Charlemagne, et en effet sa

construction peut remonter à cette époque; mais nous ne

pensons pas que la verrière donnée ici puisse avoir été

peinte avant le commencement du XIIe siècle.]

[Note 376: La verrière dont il est ici question a été

fidèlement reproduite dans l'ouvrage de M. J. Gailhabaud,

l'_Architecture et les arts qui en dépendent_, tome II. Mais

cette reproduction donne, avec les griffons et leur entourage

du XIIe siècle, les restaurations sans aucun caractère et

d'une harmonie de ton déplorable qui ont été faites il y a

trente ans.]

[Note 377: À la cathédrale de Chartres notamment, certains

verres sont tellement piqués et recouverts de lichens, qu'ils

ont perdu toute translucidité. Il faut observer que les

verres du XIIIe siècle sont plus altérés que ceux du XIIe, ce

qui ferait supposer qu'au XIIIe siècle déjà on avait cherché

à rendre les verres plus fusibles par des fondants. À ce

compte, les vitraux que nous faisons aujourd'hui seront

perdus dans deux ou trois siècles.]

[Note 378: Nos figures sont au quart de l'exécution. Ces

dessins nous ont été fournis par M. Boeswilwald, qui a dirigé

la restauration de la sainte Chapelle de Saint-Germer.]

[Note 379: Voyez les _Annales archéologiques_, t. X, p. 81 et

suiv.]

[Note 380: Ces plombs non sertisseurs sont marqués par un

trait vidé.]

[Note 381: Voyez _Recherches sur les anciens vitraux

incolores du département de l'Yonne_, par M. Émile Amé

(Didron), 1854.]

VOIRIE, s. f. Sous le régime féodal, les routes et chemins appartenaient

au seigneur sur la terre duquel s'ouvraient ces voies publiques. Le

seigneur avait donc le droit de changer la direction de ces voies et de

percevoir les péages destinés à leur entretien. Dans les villes, la

voirie dépendait, soit de la municipalité, soit du suzerain, soit du

seigneur possesseur de droits féodaux.

À Paris, avant le XIIIe siècle, la voirie ne dépendait que du roi et de

l'évêque dans la circonscription de sa juridiction. Ce n'est qu'à dater

du règne de Philippe-Auguste que la législation de la voirie passe entre

les mains du prévôt.

Dans la plupart des villes du Languedoc qui avaient conservé presque

intactes leurs formes municipales romaines, le droit de voirie

appartenait aux consuls qui, dès lors, exerçaient la police des rues et

places. Souvent la police de la voirie appartenait en commun à deux

pouvoirs dans une même ville. Cette police consistait à empêcher qu'on

ne fît des caves sous les rues, qu'on n'établit des perrons pouvant

gêner la circulation, des saillies d'auvents préjudiciables aux passants

ou aux voisinages, qu'on y déposât des ordures. Les voyers veillaient à

l'entretien du pavage et à l'écoulement des eaux, à la réparation des

puits banals et des fontaines, à la conservation des chaînes. On

comprendra comment les droits de voirie, souvent partagés dans une même

localité entre plusieurs seigneurs, furent l'occasion de nombreux

conflits. Les _Olim_ contiennent en effet bon nombre d'arrêts intervenus

à propos de ces discussions. Nous donnons ici un de ces arrêts datant de

1312, qui explique clairement la nature de ces conflits et comment ils

étaient tranchés par la cour du roi. «Item de l'article ou quel li dit

religieux disoient que li habitant de ladite ville (de Saint-Riquier) ne

povoient edefier, faire, refaire, rapparelier (réparer), ni empeschier

(encombrer) les fros (terrains publics, places, voies) de ladite ville

en faisant, edefiant, refaissant ou rappareillant issues, saillies,

huisseries, huvrelas (auvents), appentiz, estaures (baies) ou manoueles

à puys, ne autres manières de ouvrages ou edefices, viez ou noviaus, es

fros desus diz ne sur yceaus, ne es lieus marchissans (aboutissant) as

diz fros senz prendre congie au froquier (voyer) de ladite eglise (du

monastère de Saint-Riquier); les diz maieur, jurez et commune proposanz

au contraire: Oyes les raisons proposees d'une partie et d'autre, veu et

considere la vertu de leurs privileges, termine est, et par droit, que

li habitant de la dite ville ne povent ne pourront des ore en avant

faire edefier, refaire, ne rapparelier tels manieres de edefices ne de

ouvrages comme desus est dit, senz requerre le congie dou dit froquier;

et se li requis, il n'en woloit donner congie, il le pourront faire,

mais il l'en doivent premierement requerre, excepte que se il avenoit

par aucune aventure que les manoueles des puis, seans es fros de la dite

ville, cheoient ou brisoient, et touz li autres edefices de celluy puis

demourast en son estat, et se aucune des parois des maisons de la dite

ville, tenanz es fros desus diz, estoient percee ou crevee par faute de

closture de verge, de late ou de mortier, le sueil, les potiaus, et

toute l'autre charpenterie et mazçonnerie de ladite paroy demoranz en

leur estat; termine est et esclarci que li habitant de la dite ville

pourront refaire, rapparelier, mettre et remettre les dites manoueles

des puis, et refaire les pertuis des parois et edefices desus diz en la

maniere que il est desus devise, et faire huis et fenestres, senz

requerre le congie dou dit froquier, sauf ce que se toute la

charpenterie et mazçonnerie demouroient en leur estat, et les parois

entre deuz cheoient jusques en la terre, li habitant de la dite ville ne

le povent faire ne refaire sans requerre congie ou dit froquier, en la

manière desus ditez. Et n'est mie oblier que se li mur et les portes

dont la dite ville est fermee, joignanz as fros, depezçoient en aucune

partie ou cheoient dou tout jusques au reys de terre, li habitant desus

dit les porront faire et refaire senz requerre le congie dou dit

froquier, pour ce que la fermete de la dite ville est nostre[382].»

Il résulte de la teneur de cet arrêt que, malgré les prétentions de

l'abbé de Saint-Riquier possédant sur la ville des droits féodaux, les

habitants peuvent réparer les maisons donnant sur les voies et places de

ladite ville, en prévenant le voyer de l'abbaye, à moins d'un cas de

force majeure, tel que la ruine d'un mur, d'une maison, d'une manivelle

de puits, auxquels cas les habitants peuvent immédiatement procéder à la

réédification sans avertissement préalable. En tout état, l'avis donné

au voyer est inutile lorsqu'il s'agit de réparer les défenses de la

ville. C'est ainsi que le pouvoir royal, sans détruire au fond les

droits de voirie des seigneurs féodaux, les annulait de fait en bornant

ces droits à une simple déclaration faite au voyer féodal, déclaration

qui d'ailleurs ne pouvait être suivie d'une opposition aux réparations

déclarées. Quant aux murs de ville, considérés par le suzerain comme lui

appartenant, s'il y avait lieu de les réparer, il n'était même pas

nécessaire de prévenir le voyer du seigneur ayant des droits féodaux sur

les terrains de la cité. Ce n'était que peu à peu que le pouvoir royal

parvenait ainsi à prendre possession de la voirie des routes et des

cités, et les ordonnances des rois de France à dater du XIIIe siècle

sont remplies de décisions qui tendent à centraliser entre les mains du

suzerain les questions de viabilité. Avant cette époque, les charges de

voyers sont créées dans les villes érigées en communes par le seigneur

qui octroie la charte. À Auxerre, par exemple, en 1194, la charte du

comte de Nevers qui institue la commune, crée une charge de voyer et

fixe la juridiction de cette charge[383]. Toutes les contestations

déférées à la cour du roi provoquaient généralement un arrêt qui pouvait

être considéré comme un empiétement du suzerain sur les droits féodaux

ou des communes.

[Note 382: Les _Olim_, publiés par le comte Beugnot, t. II,

p. 562, _Collection des documents inédits sur l'histoire de

France_, 1re série.]

[Note 383: Baluze, _Miscell._, VII, 326.]

VOLET, s. m. Fermeture de bois plein d'une fenêtre posée à l'intérieur

ou à l'extérieur (voyez MENUISERIE).

VOUSSOIR, s. m.--Voyez CLAVEAU.

VOUSSURE, s. f. Rangs de claveaux d'archivoltes qui enveloppent le

tympan d'une porte (voyez PORTE). On donne aussi aujourd'hui le nom de

voussures à des surfaces cintrées qui forment la transition entre les

murs d'une salle et le plafond; mais ce genre de construction n'était

pas admis pendant le moyen âge: il ne date que de la fin du XVIe siècle.

VOÛTE, s. f. Nous avons, dans l'article CONSTRUCTION, expliqué d'une

manière générale comment, du système admis par les Romains pour voûter

leurs édifices, les architectes du moyen âge étaient arrivés à des

combinaisons de voûtes entièrement nouvelles et se prêtant à tous les

plans. Nous n'avons pas à revenir ici sur ce que contient cet article,

sur les moyens employés pour résister à la poussée des voûtes, mais à

développer les divers procédés admis en France du XIe au XVIe siècle

pour tracer ces voûtes et les établir sur leurs points d'appui.

Tout d'abord un fait doit fixer l'attention de l'observateur qui examine

les voûtes construites sous l'empire par les Romains: c'est l'économie

apportée dans la construction de ces voûtes. Si grands bâtisseurs qu'ils

fussent, les Romains apportaient dans leurs travaux des principes

d'économie que nous ne saurions trop méditer. Or, puisqu'il s'agit ici

des voûtes, personne n'ignore que les causes de dépenses les plus

importantes peut-être dans la construction des voûtes, ce sont les

cintrages de bois qui sont nécessaires pour les porter jusqu'au moment

où elles sont fermées et où elles peuvent se soutenir par la

juxtaposition complète des matériaux qui les composent. Quand on examine

quelques-uns de ces grands édifices romains voûtés, tels que les thermes

d'Antonin Caracalla, de Dioclétien, la basilique de Constantin à Rome,

etc., on est tout d'abord disposé à croire qu'il a fallu, pour former

ces vastes concrétions, un énorme cube de bois, des cintrages d'une

puissance prodigieuse; par suite, des dépenses provisoires perdues,

considérables. Cependant une étude plus attentive de ces voûtes fait

bientôt reconnaître qu'au contraire, ces bâtisseurs, pratiques avant

tout, avaient su fermer ces énormes concrétions à l'aide de moyens

économiques et d'une grande simplicité. Si l'on prend la peine

d'analyser ces larges voûtes romaines, berceaux, voûtes d'arête,

coupoles, on constate que ces surfaces courbes, en apparence uniformes

et homogènes, sont formées d'une suite de nerfs et même de cellules de

brique dont les intervalles sont remplis par un blocage composé de

pierres légères et de mortier. Ainsi, pour fermer une très-grande voûte,

suffisait-il de poser un certain nombre de cintres de charpente,

relativement restreints et d'une force médiocre, de les réunir par une

forme de planches sur lesquelles la voûte était construite, ainsi que

nous allons le voir.

Il arrivait même que, pour ne pas faire subir aux cintres légers de

charpente une pression à laquelle ils n'eussent pu résister, les

constructeurs formaient les nerfs principaux de rangs de briques

superposés, le premier servant de cintre à demeure pour les suivants et

déchargeant ainsi le cintre provisoire de charpente. Souvent même le

constructeur bandait sur des cintres très-espacés, réunis seulement par

des planches, une voûte en grandes briques posées à plat, voûte qui

n'avait qu'un poids insignifiant, et sur cette voûte, sur cette coque

légère, mais déjà très-résistante, il formait les nerfs principaux, les

cellules de brique, et remplissait de blocage les intervalles.

Notre figure 1 expliquera cette méthode de construire les voûtes. Soit

un berceau à voûter. Des cintres légers de charpente A, relevés, ont été

posés à intervalles égaux, leurs courbes commençant au niveau de la

portion de voûte qui a déjà pu être élevée sans le secours d'un

cintrage, mais à l'aide d'une simple tige de bois ou de cerces. Ces

cintres ont été réunis par des planches ou couchis B, qu'il n'a pas été

nécessaire de poser jointifs, planches assez épaisses pour ne pas plier

sous la charge d'un homme. Sur ces planches, les maçons ont fait le

carrelage C avec de grandes briques plates, comme on construit encore de

nos jours des voûtes en tuiles ou carreaux de terre cuite, ciment ou

plâtre[384]. Dès lors les ouvriers opéraient sur une croûte solide,

homogène et pouvant résister à une charge. Les nerfs D ont été posés à

l'aplomb de chaque cintre et formés de grandes briques carrées. Ces

nerfs ont été disposés ainsi que l'indique le détail X, avec des doubles

briques _ab_, de distance en distance, de manière à pouvoir couler dans

la rainure laissée entre elles des planches P normales à la courbe. Le

long de ces planches considérées comme dossiers, ont été posées les

entretoises E en grandes briques se chevauchant. Après la prise du

mortier maintenant les briques de ces entretoises, les planches P ont

été enlevées, puis les cellules restant vides ont été remplies d'un

blocage de tuf ou de pierre ponce et de mortier. Il est évident que si,

à partir du niveau N, les maçons avaient dû bander une voûte de 0m,40 à

0m,50 d'épaisseur en briques ou moellons par le procédé ordinaire,

c'est-à-dire en montant peu à peu les rangs de claveaux à partir de ce

niveau N jusqu'à la clef, il aurait fallu des cintres de charpente et

des couchis très-résistants; car, ayant atteint le niveau M de la voûte,

la pression de la bâtisse sur le cintrage eût été très-considérable et

aussi forte sur les couchis que sur les cintres eux-mêmes. D'ailleurs

les cintres de charpente se dessèchent, jouent toujours quelque peu dans

leurs assemblages, et conservent difficilement leur courbure pendant

plusieurs semaines, s'ils sont coupés sur un grand diamètre. Le

carrelage C devant être fait très-rapidement et formant à lui seul un

cintrage, les cintres de charpente pouvaient, sous ce carrelage, se

dessécher et se déformer sans inconvénients. Ils n'étaient plus

maintenus en place avec leurs couchis, que comme un surcroît de

précautions. On voit encore les traces de ce carrelage, simple ou

doublé, dans beaucoup de voûtes romaines[385]. Il recevait les enduits

intérieurs qui adhéraient à sa surface au moyen des bavures du plâtre ou

du mortier qui réunissait les briques posées à plat. Si la voûte était

d'arête, le système employé était le même, et des arcs diagonaux de

brique marquaient la pénétration des demi-cylindres. Ces arcs diagonaux

(fig. 2) ne pouvaient être posés à la fois dans les deux plans courbes,

qui ne donnent un angle droit qu'à la naissance de l'arête. En effet,

lorsque deux demi-cylindres se coupent à angle droit, on sait que

l'angle de rencontre des courbes devient de plus en plus obtus à mesure

qu'on s'approche du sommet ou de la clef de la voûte. Un arc de brique

ne pouvait mouler cette forme, puisqu'il eût fallu autant d'angles

différents qu'il y avait de briques dans une branche d'arc. Les

constructeurs romains posèrent donc les cintres de charpente diagonaux

suivant la ligne vraie de pénétration, puis ils placèrent sur la courbe

des cintres des _veaux_ de bois _b_ (voyez en A), laissant entre eux,

de distance en distance, des intervalles _c_ de moins en moins profonds

à mesure qu'on approchait du sommet de l'arc. Sur ces veaux le maçon

posait alors l'arc diagonal perpendiculaire au plan diagonal (voy. en

B). La section de cet arc est figurée par le carré _efgh_, les veaux

comblant la différence _ij_, et le cintre étant en _k_. Dans les

intervalles _c_, des briques doubles écornées étaient posées, ainsi que

l'indiquent les trapèzes _opqr_, leur bord suivant la direction

horizontale des deux cylindres. On obtenait ainsi la structure indiquée

en E. Deux rangs de ces briques parallèles aux plans des voûtes

permettaient de poser en _l_ les planches qui (comme il a été montré

dans l'exemple précédent) permettaient de bander les entretoises _m_

formant le cloisonnage dans lequel on maçonnait les remplissages de

blocage. Les saillies des briques espacées parallèles aux plans des

voûtes servaient à tracer et à maintenir l'arête, faite en même temps

que l'enduit. S'il s'agissait d'une coupole, ou les nerfs de brique

formaient comme des côtes engagées dans la portion de sphère, ainsi

qu'on peut le voir à la voûte du temple dit de Minerva Medica, à Rome,

ou ces nerfs composaient une suite d'arcs en façon d'imbrication, comme

dans la voûte de la petite salle ronde des thermes de Dioclétien.

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 9 - (T - U - V - Y - Z) · 第 33 / 41 段