ses _Fables_; et Perse, dans le Prologue de ses _Satires_, avait dit,
plus énergiquement encore: _Magister Artis Venter_, «le Ventre est le
maître de l'Art.»]
[137: Où les pauvres, pendant l'hiver, se réfugiaient en foule, et
parfois se brûlaient en se pressant contre le fourneau des bains.]
[138: C'est par ce vers que M. Boissonade répliquait aux hardiesses de
Wolf sur Homère.]
[139: «La pauvreté, féconde en hommes!» LUCAIN.]
[140: «Que d'amis, que de parents naissent, en une nuit, au nouveau
ministre!» LA BRUYÈRE.]
[141: Sorte de proverbe, pour dire: Tout change. Vous fûtes belle
autrefois peut-être; mais la saison des amours est passée.--Milet avait
été longtemps la plus puissante des villes Ioniennes: elle avait possédé
une flotte très nombreuse, et fondé plus de quatre-vingts colonies. Elle
se laissa amollir par le luxe et la volupté, et dégénéra; ce qui est
résumé dans ce vers, réponse rendue par l'oracle à Polycrate, tyran de
Samos. Tombée au pouvoir des Perses, elle essaya inutilement de secouer
leur joug.]
[142: Éleusis, où l'on célébrait les grands-mystères, était à deux
lieues d'Athènes: les femmes élégantes s'y rendaient en char, et
faisaient assaut de luxe. C'était le Longchamp de ce temps là.]
[143: Au second acte de _l'École des Femmes_, Alain dit à Georgette, par
une métaphore semblable:
Dis-moi, n'est-il pas vrai, quand tu tiens ton potage,
Que, si quelque affamé venait pour en manger,
Tu serais en colère, et voudrais le charger?
GEORGETTE.
Oui, je comprends cela.
ALAIN.
C'est justement tout comme
La femme est en effet le potage de l'homme;
Et, quand un homme voit d'autres hommes parfois
Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
Il en montre aussitôt une colère extrême...
]
[144: voir ci-dessus l'analyse de _la Paix_]
[145: Voir la _Revue des Deux-Mondes_ du 1er janvier 1863.]
[146: Au reste c'était aussi pour une heure ou deux qu'un Bossuet
composait ses chefs d'œuvre, l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre,
ou de la duchesse d'Orléans, ou du prince de Condé.--Oui, c'était pour
une heure ou deux, et pour tous les siècles.]
[147: Par la machine suspendue qui roulait les dieux dans les tragédies,
et qu'on appelle chez nous _une gloire_.]
[148: S'ils tombent de là-haut. Allusion au _Télèphe_, au _Philoctète_,
au _Bellérophon_, tous boiteux. Dans _la Paix_ de notre poëte, la fille
de Trygée dit à son père qui monte au ciel sur l'escarbot: «Prends garde
de tomber et de devenir boiteux: ne va pas fournir un sujet de tragédie
à Euripide!»]
[149: _Œnée, Phénix, Philoctète, Bellérophon, Télèphe_, tragédies
d'Euripide, desquelles il ne reste que des fragments fort courts.]
[150: Vers emprunté à Euripide. Il y a dans cette scène un grand nombre
de vers parodiés de la même façon.]
[151: Ces deux vers sont empruntés au _Télèphe_ d'Euripide.]
[152: Autre vers parodié.]
[153: _Idem._]
[154: La mère d'Euripide avait, dit-on, vendu des herbes et des légumes
sur le marché.--Ceci est, du reste, une parodie des vers de tragédie où
l'on disait souvent, par un tour semblable, la pensée contraire:
«Puissent les dieux t'accorder un plus heureux destin qu'à ta mère!»
C'était devenu une formule, comme dans nos mélodrames: _la croix de ma
mère!_ ou: _sauvé! sauvé, mon Dieu!_...]
[155: Encore la même allusion à la mère d'Euripide.]
[156: Nous en avons fait un petit extrait en un seul livre: _le Mal
qu'on a dit des Femmes_.--Mais, avec impartialité, nous avons recueilli
aussi _le Bien_.--_Le Mal_ a eu déjà sept éditions.--On vient de réunir
en un volume _le Mal_ et _le Bien_.]
[157: Ce qui faisait du bruit et allait trahir sa présence. Telle est je
crois, l'interprétation véritable, quoique Artaud, d'après un
scholiaste, en ait adopté une autre, et Poyard à son exemple; comme
j'avais fait aussi d'abord. Mais je me rallie à la version de Brunck.]
[158: Pendant les Thesmophories, les femmes logeaient deux à deux sous
des tentes dressées près du temple de Cérès.]
[159: Voir la note 47.]
[160: _Quo penem trudis deorsum?_ Brunck.]
[161: _Eccum vide: prominet, et optimi coloris est._ Brunck.]
[162: _Isthmum aliquem habes, homo: sursumque et deorsum penem trahis
retrahisque, frequentius quam Corinthii._ Les Corinthiens, pour n'avoir
pas à faire le tour du Péloponnèse, faisaient passer sans cesse leurs
navires d'une mer à l'autre à travers l'isthme, au moyen de machines. On
sait, au surplus, que les vaisseaux grecs étaient de très-petites
dimensions.]
[163: Hercule était Thébain: aussi quelques commentateurs ont-ils voulu
placer d'abord à Thèbes le lieu de la scène où Dionysos frappe à la
porte de ce dieu; mais la supposition est inutile: Hercule avait un
temple près d'Eleusis, et de là aux Enfers l'imagination et la foi
populaires faisaient aisément le chemin.]
[164: Où l'on pilait la ciguë.]
[165: Allusion aux premiers effets de la ciguë. Voir, dans le _Phédon_
de Platon, la mort de Socrate, imitée par Lamartine dans ses premières
poésies.]
[166: C'était au Céramique qu'on célébrait, en l'honneur de Minerve, de
Vulcain et de Prométhée, les _lampadophories_ et les _lampadodromies_,
c'est-à-dire les processions aux flambeaux et les courses aux flambeaux:
dans celles-ci on se passait les torches de main en main, et il fallait
prendre garde de les éteindre en courant! Le beau vers de Lucrèce:
Et quasi cursores vitae lampada tradunt,
est une allusion à cet usage. On donnait aux concurrents le signal du
départ, en lançant une torche du haut de la tour.]
[167: Nouvelle allusion au salaire que recevaient les citoyens pour
aller juger et voter, et dont nous avons parlé plusieurs fois, notamment
à propos des _Guêpes_. Ce salaire varia, à diverses époques, de 1 à 2 et
à 3 oboles.]
[168: Célèbre bataille navale, gagnée par les Athéniens sur les
Lacédémoniens, en 406, quelques mois seulement avant la représentation
des _Grenouilles_. Les Athéniens avaient embarqué sur leur flotte un
certain nombre d'esclaves qui combattirent vaillamment et reçurent la
liberté pour récompense.--D'autre part, les chefs de l'armée navale
furent condamnés à la peine capitale pour n'avoir point enseveli leurs
morts, quoique la tempête les en eût empêchés.--Socrate le juste vota
seul contre ce décret trop rigoureux.
Un passage de M. Grote (_Hist. de la Grèce_, t. XI), achèvera de mettre
ce point en lumière:
Après la bataille des Arginuses, dans l'étourdissement de la victoire,
non-seulement on n'avait pas recueilli pour les ensevelir les corps des
guerriers morts flottants sur l'eau, mais on n'avait pas visité les
carcasses des vaisseaux désemparés, pour sauver les hommes qui vivaient
encore. Le premier de ces deux points, même seul, aurait suffi pour
exciter à Athènes un sentiment pénible de piété offensée. Mais le second
point, ici partie essentielle du même oubli, aggrava ce sentiment et le
transforma en honte, en douleur et en indignation du caractère le plus
violent.» Les huit généraux furent accusés: ils alléguèrent qu'une
tempête les avait empêchés de remplir ce double devoir. Plus de mille
hommes avaient été noyés ainsi. Les huit généraux furent condamnés, et
les six qui se trouvaient alors à Athènes furent exécutés. Au reste,
dans ce jugement rendu par passion, les formes de la justice avaient été
violées, et Socrate, en qualité de prytane (seule charge politique qu'il
ait eue à remplir dans une vie de soixante-dix ans), avait protesté
obstinément contre cette violation.--Plus tard, il eut aussi la gloire
de résister à l'odieuse tyrannie des Trente.]
[169: Bacchus avait, près d'Athènes, un temple situé sur le bord d'un
marais: l'imagination du poëte met à profit cette circonstance.--La
principale fête de Bacchus, nommée _Anthestérie_, se célébrait au mois
Anthestérion et durait trois jours. Le premier jour portait ce nom même
d'_Anthestérie_; le second s'appelait la fête des _Coupes_ ou des
_Conges_, le troisième, la fête des _Marmites_: on faisait bouillir dans
des marmites toutes sortes de légumes, qu'on offrait à Bacchus, à
Minerve et à Mercure. C'était le jour des concours dramatiques. Selon
Théopompe, cet usage remontait au temps du déluge: ceux qui se sauvèrent
des eaux offrirent un sacrifice semblable à Mercure, pour le rendre
favorable à ceux qui avaient péri dans l'inondation.]
[170: Histoire de la Sagesse et du Goût.--Voyez aussi, sur les Mystères,
Ernest Havet, _Le Christianisme et ses Origines_, dans la _Revue
moderne_ du 1er avril 1867.]
[171: La procession des initiés se rendait du Céramique à Eleusis: la
distance était de vingt-cinq stades,--plus de deux lieues.]
[172: Trait lancé contre les chorèges qui avaient lésiné sur les
costumes en montant cette comédie.]
[173: Tartésia était une ville située près des marais de l'Averne,
qu'habitaient, dit-on, des reptiles nés de l'accouplement des murènes et
des vipères.]
[174: Tithrasios était, selon le Scholiaste, un endroit de la Libye
habité par les Gorgones.]
[175: La purée de pois était, à ce qu'il paraît, le mets favori
d'Hercule. Au commencement de cette même comédie, Bacchus, voulant lui
faire comprendre à quel point il désire de revoir Euripide, lui dit: «Un
désir soudain s'est emparé de moi,... avec quelle force!... je vais te
le faire saisir. As-tu jamais eu une envie soudaine de purée?
HERCULE.
De purée? oh! mille fois dans ma vie!
DIONYSOS.
Me fais-je assez comprendre? dois-je en dire davantage?
HERCULE.
Oh! pour ce qui est de la purée, je comprends!
DIONYSOS.
Eh bien! tel est le désir que j'ai d'Euripide!
]
[176: Cf. Don-Salluste disant à Ruy-Blas: «Ah ça, vous vous prenez au
sérieux, mon maître!...» et la suite. Victor Hugo, _Ruy-Blas_, acte IV.]
[177: Théramène n'est pas ici cet honnête homme qui décrit la mort
d'Hyppolyte et le monstre «couvert d'écailles jaunissantes.» Non;
c'était un des _Trente,_ connu par sa versatilité. Aristophane dit:
«C'est agir en sage, en vrai Théramène,»--comme il eût dit de nos jours:
en vrai Dupin, ou quelque autre de cette espèce.]
[178: Comme on faisait pour les enfants. Il excepte ce châtiment trop
doux.]
[179: Bourg de l'Attique, où était un temple d'Hercule.]
[180: Aristophane veut désigner par ces métaphores la poésie sublime,
mais un peu emphatique, du grand Eschyle.]
[181: Le poëte malveillant désigne par ces images dénigrantes les vers
d'Euripide.]
[182: Voyez les vers 76 à 82, et 788 à 794.--Nous avons tout à l'heure
traduit et cité ce dernier passage.]
[183: La Harpe fait ici un contre-sens bizarre. Il met: «C'est par une
tragédie intitulée _l'Accouchement de Mars_.»]
[184: [Grec: Estrateumhenoi gar eiai], «ils ont fait la guerre, ils ont
fait une campagne.» Pour comprendre ce passage, il faut se rappeler que
le jury qui jugeait le concours des poëtes comiques était composé de
cinq personnes prises au sort, indistinctement parmi tous les
spectateurs; tandis que le jury du concours tragique était composé de
dix personnes choisies par l'archonte parmi les citoyens qui avaient
fait le service militaire. Artaud.]
[185: Voir, pour ces divers rapprochements, les excellentes _Études sur
les Tragiques grecs_, par M. Patin, 2e édition. Paris, Hachette.]
[186: À propos du burlesque mêlé à la religion, V. Ernest Renan, _Études
d'histoire religieuse_, p. 65 et 66.--Voir aussi Lenient, _de la Satire
au moyen âge_.]
[187: Voir Sainte-Beuve, _Étude sur le seizième siècle_, de l'esprit de
malice au bon vieux temps; notamment p. 468.]
[188: Ernest Renan, _les Apôtres_, p. 314, 315.]
[189: _Traité des Études_, tome I.--Voir, sur le même point, une
très-bonne thèse de M. Dabas.]
[190: Ch. Benoît, _Cours de litt. grecque_.]
[191: Otfried Müller, _Hist. de la litt. gr._ trad. K. Hillebrand.]
[192: Cette croyance populaire était peut-être venue de l'Orient. Voici
comme parle Azz-Eddin Elmocaddessi, dans son livré intitulé _les Oiseaux
et les Fleurs:_
«Considère la huppe: lorsque sa conduite est régulière et que son cœur
est pur, sa vue perçante pénètre dans les entrailles de la terre et y
découvre ce qui est caché aux yeux des autres êtres; elle aperçoit l'eau
qui y coule, comme tu pourrais la voir au travers d'un cristal; et,
guidée par l'excellence de son goût et par sa véracité: Voici, dit-elle,
de l'eau douce, et en voilà qui est amère.--Elle ajoute ensuite: Je puis
me vanter de posséder, dans le petit volume de mon corps, ce que Salomon
n'a jamais possédé, lui à qui Dieu avait accordé un royaume comme
personne n'en a jamais eu: la science que Dieu m'a départie, science
dont jamais ni Salomon ni aucun des siens n'ont été doués. Je suivais
partout ce grand roi, soit qu'il marchât lentement, soit qu'il hâtât le
pas, et je lui indiquais les lieux où il y avait de l'eau sous terre.
Mais un jour je disparus tout à coup, et, pendant mon absence, il perdit
son pouvoir. Alors, s'adressant à ses courtisans et aux gens de sa
suite: Je ne vois plus la huppe, leur dit-il; s'est-elle éloignée de
moi? S'il en est ainsi, je lui ferai souffrir un tourment violent, et
peut-être l'immolerai-je à ma vengeance, à moins qu'elle ne me donne une
excuse légitime.--Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il ne s'informa
de moi que lorsqu'il eut besoin de mon secours.--Puis, voulant faire
sentir l'étendue de son autorité, il répéta les mêmes mots: Je la
punirai! que dis-je? je l'immolerai! Mais le destin disait: Je la
dirigerai vers toi, je la conduirai moi-même.--Lorsque je vins ensuite
de Saba, chargée d'une mission pour ce roi puissant, et que je lui
dis:--Je sais ce que tu ne sais pas,--cela augmenta sa colère contre
moi, et il s'écria: Toi qui dans la petitesse de ton corps, renfermes
tant de malice, non contente de m'avoir mis en colère en t'éloignant
ainsi de ma présence, tu prétends encore être plus savante que
moi?--Grâce, lui dis-je, ô Salomon, je reconnais que tu as demandé à
Dieu un empire, et qu'aucun souverain n'en possédera jamais un semblable
au tien; mais tu dois avouer aussi que tu n'as pas de même demandé une
science à laquelle personne ne pût atteindre. Je t'ai apporté de Saba
une nouvelle que tous les savants ignorent.--O huppe, dit-il alors, on
peut confier les secrets des rois à celui qui sait se conduire avec
prudence: porte donc ma lettre.--Je m'empressai de le faire, et je me
hâtai d'en rapporter la réponse. Il me combla alors de ses faveurs, il
me mit au nombre de ses amis, et je pris rang parmi les gardiens du
rideau qui couvrait sa porte, tandis qu'auparavant je n'osais en
approcher. Pour m'honorer, il me mit ensuite une couronne sur la tête,
et cet ornement ne sert pas peu à m'embellir. D'après cela, la mention
de mon immolation a été abrogée, et les versets où il est question de ma
louange ont été lus.--Pour toi, si tu es capable d'apprécier mes avis,
rectifie ta conduite, purifie ta conscience, redresse ton naturel,
crains celui qui t'a tiré du néant, profite des leçons instructives
qu'il te donne, quand même il se servirait pour le faire du ministère
des animaux; et crois que celui qui ne sait pas tirer un sens
allégorique du cri aigre de la porte, du bourdonnement de la mouche, de
l'aboiement du chien, du mouvement des insectes qui s'agitent dans la
poussière; que celui qui ne sait pas comprendre ce qu'indiquent la
marche de la nue, la lueur du mirage, la teinte du brouillard, n'est pas
du nombre des gens intelligents.»]
[193: Fils de Térée et de Procné.]
[194: Un siècle avant Cyrano, il y a la _Néphélococcygie_ de Pierre
Le Loyer. (Voir, à ce sujet, le quatrain de Ronsard cité par
Sainte-Beuve, _Étude sur le seizième siècle_ p. 234.)--Passerat, vers le
même temps, célébrait aussi la métamorphose des _hommes-oiseaux_.--Il y
a, dans les fragments laissés par Gœthe, un essai d'imitation, assez
faible, de cette première partie des _Oiseaux_ d'Aristophane, adaptée
avec beaucoup de licence à la scène allemande, ou plutôt au goût des
lecteurs allemands. Deux personnages cherchent en l'air, au risque de se
casser le cou, une espèce de pays de Cocagne; ils vont trouver un vieux
hibou, critique de profession, qui les traite de fous et les envoie
promener. Pendant qu'ils causent entre eux, arrivent les oiseaux, qui
veulent tout simplement les mettre à mort. Discours ronflant de l'un des
deux voyageurs, qui leur fait comprendre qu'ils ne sont pas des hommes,
mais des oiseaux en mue. Il les engage ensuite à établir leur royaume de
manière à se soumettre les dieux et les hommes, en coupant toute
communication entre eux.--Suit un épilogue dans lequel Gœthe promet de
donner la continuation de cette pièce, en cas qu'elle soit goûtée du
public.--Il fallait qu'il comptât beaucoup sur l'ignorance de ce public,
pour piller ainsi Aristophane sans faire la moindre mention de lui ni de
sa comédie.]
[195: Bourg de l'Attique. Le même mot, en grec, signifie tête. De là le
calembour d'Évelpide, qui fait le Lazarille, le _gracioso_, le
commentateur bouffon de Peisthétairos.]
[196: Odin, le Jupiter de la mythologie scandinave, est représenté avec
un casque aux deux côtés duquel sont posés deux corbeaux, qui partent
tous les soirs pour faire en volant le tour de la terre et lui rapporter
le matin ce qu'ils ont appris.]
[197: Allitération sur [Grec: Thon chênha], l'oie, au lieu de [Grec:
Thon Zênha], Jupiter.--Lampon était un des devins envoyés à Sybaris avec
la colonie athénienne qui reconstruisit cette ville sous le nom de
Thurium.--Socrate, respectant les dieux, jurait par _le chien_!--C'est
par un scrupule analogue que les gens du peuple, chez nous, disent
quelquefois: _Nom d'un chien_!--pour ne pas dire: _Nom de D._! De même,
s'il leur échappe de commencer à dire: _Sac... n. de D._! ils changent
et disent: _Sac... rist_! puis _Sapristi_! ou _Sac... à papier_! ou tel
autre achèvement insignifiant.--C'est sans doute dans la même intention
qu'Henri IV avait adopté _Ventre-saint-gris_! pour n'offenser personne
au ciel, quoiqu'il y eût cependant un saint Gris.--Depuis qu'un de ses
prédécesseurs, le dévot roi Louis IX, qu'on appelle saint Louis, avait
promulgué une loi qui ordonnait de transpercer d'une pointe de fer
rougie au feu la langue des jureurs et blasphémateurs, les anciens
jurons s'étaient transformés, de manière à devenir innocents. Ainsi, au
lieu de: _Par la mort de Dieu_, ou _par la mort-Dieu_!--_Par le sang de
Dieu_ ou _par le
sang-Dieu_!--_Tête-Dieu_!--_Ventre-Dieu_!--_Corps-Dieu_!--_Je renie
Dieu_!--_Je maugrée Dieu_! on se mit à dire: _morbieu, morbleu, mordié,
morgué, morguienne_!--_Pa' l' sang-bieu_! _palsambleu_! _Par la
sambleu_!--_Tête-bieu, têtebleu_!--_Ventre-bieu_,
_ventrebleu_!--_Corps-bieu_! _corbleu_!--_Je r'nie-bieu_, _jarnibieu,
jarnidié, jarnigué, jarnigois, jarni_!--_Maugrebieu, maugrebleu_! De
même, au lieu de jurer par le _Diable_, on se mit à jurer par le
_Diantre_; etc.--Dans un sentiment analogue, les gamins, au lieu de _Ma
parole d'honneur_! disent _Ma parole d'onze heures_, pour ôter le
serment donné à faux.]
[198: Allusion malicieuse à ceux qui, en pareilles circonstances,
étaient chargés de distribuer du blé aux indigents, et qui détournaient
une partie de l'argent destiné à ce secours.]
[199: L'arbre de Minerve et d'Athènes.--On peut rapprocher de ces vers
si frais un passage d'une lettre de Luther au comte Palatin sur les
Oiseaux des bois: «Ils tiennent leur séance en plein soleil, l'arche du
ciel pour voûte, les gais feuillages pour draperies, libres et
maîtres... Ils viennent déclarer la guerre à toutes les graines et
semences, au blé, au seigle, aux meilleurs fruits.»--Voir l'intéressante
et piquante étude de M. Philarète Chasles, intitulée: _Luther dans son
ménage_.]
[200: Sophiste, disciple de Protagoras, et célèbre comme lui. Voir
ci-dessus l'analyse des _Nuées_.]
[201:
Premiers-nés de l'Amour, ils ont gardé ses ailes,
Et restent à jamais ses compagnons fidèles.
A. Baron, analyse des _Oiseaux_, en prose mêlée de vers.]
[202: Les Grecs ne naviguaient pas, ordinairement, pendant l'hiver.]
[203: Un voleur de ce temps-là.]
[204: «Chaque animal exerce, pour subsister, une industrie spéciale;
mais souvent il y joint, pour ses moments de loisir, quelque art ou
quelque étude philosophique dont les résultats ne sont pas pour lui sans
utilité pratique. Les oiseaux ont certainement pour étude les phénomènes
atmosphériques; mais ils sont, en outre, d'excellents géographes. Des
siècles avant Magellan, ils pratiquaient, ainsi que certains poissons,
le voyage autour du monde. Ils ont parmi eux des géomètres et des
arithméticiens: on a constaté que la pie, je crois, sait compter jusqu'à
six, et pas au delà. Est-il, même en Allemagne, un plus profond
philosophe que le héron? Ne semble-t-il pas qu'il y ait en lui du
mystique et de l'ascète? et, par son immobilité recueillie, ne
rappelle-t-il pas le vœu étrange de Siméon le Stylite?» Eugène Noel, _la
Campagne_.]
[205: Villemain, _Essai sur la Poésie lyrique_.]
[206: Vers destinés à être chantés par les jeunes filles.]
[207: A. Baron, analyse des _Oiseaux_.]
[208: Eugène Fallex, scènes d'Aristophane traduites en vers français.]
[209: Satrape persan.--Allusion à certains orateurs qui recevaient l'or
de l'étranger pour défendre à la tribune les intérêts des ennemis de la
patrie. Ainsi, Aristophane fait coup double, stigmatisant dans un même
personnage, le fonctionnaire prévaricateur et l'orateur vendu.]
[210: Voir le beau livre de Michelet sur l'_Oiseau_, «bienfaisant
creuset de flamme vivante, où la Nature fait passer tout ce qui
corromprait la vie supérieure.»]
[211: Cette plaisanterie donne à entendre que cette fameuse muraille est
aussi chimérique que les richesses dont se vantaient Théagène et
Proxénide, deux Gascons d'Athènes, dont le premier a déjà été touché
précédemment dans cette même comédie.]
[212: Voir, sur les sycophantes, la note 11.]
[213: «Dans les situations politiques les plus graves, il y a toujours
des idiots comme le Triballe, des gens sensés, mais faibles et débordés
par leur faute, comme Neptune, et surtout des pourfendeurs qui «ne
parlent que d'échiner,» et qui sont les premiers à se vendre et à vous
livrer avec eux, comme Hercule.» Eug. Fallex.]
[214: A. Baron, analyse des _Oiseaux_.]
[215: Otfried Müller, _Hist. de la Litt. gr._, trad. K. Hillebrand.]
[216: Voir Edgard Quinet, _Marnix de Sainte-Aldegonde_, p. 163.]
[217: Livre inspiré peut-être en partie par le curieux chapitre de Ch.
Fourier _sur l'Analogie_. Voir l'_Appendice_.]
[218: Voir dans ce livre _de l'Allemagne_, t. I, p., 16, la légende
chrétienne du _Rossignol de Bâle_, et, t. II, p. 87 à 92, une histoire
dont les personnages sont le passereau, la pie et le hibou.]
[219: Voir le recueil publié sous ce titre par M. de Marcellus.]
[220: Ernest Renan, _Étude sur François d'Assise_.--À l'inverse de cette
pensée, voir dans notre appendice, un joli plaidoyer de Léon Duval, sur
le testament d'un ornithophile.]
[221: On comptait, dans la longue carrière d'Aristophane, une
cinquantaine de pièces; pas même la moitié de celles de Sophocle.
Dindorf en considère quarante-quatre comme authentiques; Bergk,
quarante-trois seulement.]
[222: Sorte de petit autel qui s'élevait à l'endroit où se dresse chez
nous le toit du souffleur.]
[223: παραβασις, de [Grec: παραβαινω, _passer le long de_...]
[224: Primitivement, à Bacchus.]
[225: On trouve de ces sorties dans _les Acharnéens_, vers 1143 à 1174;
dans _les Guêpes_, vers 1265 à 1291; dans _les Oiseaux_, vers 1470 à
1493, 1555 à 1565, 1694 à 1705. Il ne faut pas se donner la peine de
chercher un rapport entre ces vers et le reste de la pièce. Dans le
fait, il n'en existe point. La moindre réminiscence passagère suffit
pour motiver de telles sorties.]