III

Il s’agit donc de savoir comment M. Kahn groupe les périodes de pensée

musicale qu’il appelle les éléments du vers.

Nous avons déjà le vers à nombre décroissant. En voici un à trois

éléments égaux:

Les allégresses | ô sœurs si pâles | s’appellent et meurent.

Un autre, formé encore de trois éléments, six, quatre et quatre, ce qui

donne l’impression d’un alexandrin à deux accents prolongé comme par un

geste qui se maintient.

Les Tigres si lointains | qu’ils en sont doux | aux bras d’Assur.

Dix-sept syllabes bien unies peuvent faire un vers qui réponde encore à

la définition: n’être qu’un seul mot:

Dans les brassées d’épis joyeux et les tapis de fleurs lumineuses.

Mais il est imprudent de dépasser seize syllabes (non compris les

muettes):

Esthétique de la langue française · 第 51 / 62 题