Il s’agit donc de savoir comment M. Kahn groupe les périodes de pensée
musicale qu’il appelle les éléments du vers.
Nous avons déjà le vers à nombre décroissant. En voici un à trois
éléments égaux:
Les allégresses | ô sœurs si pâles | s’appellent et meurent.
Un autre, formé encore de trois éléments, six, quatre et quatre, ce qui
donne l’impression d’un alexandrin à deux accents prolongé comme par un
geste qui se maintient.
Les Tigres si lointains | qu’ils en sont doux | aux bras d’Assur.
Dix-sept syllabes bien unies peuvent faire un vers qui réponde encore à
la définition: n’être qu’un seul mot:
Dans les brassées d’épis joyeux et les tapis de fleurs lumineuses.
Mais il est imprudent de dépasser seize syllabes (non compris les
muettes):