AURÉLIUS ZAMPA.

Un mobilier de police correctionnelle, charade en action par

Gavarni.--(_Voir le dernier Numéro._)

[Illustration: _Commerçante._]

[Illustration: _Artiste peintre._]

[Illustration: _Vingt-six ans et demi._]

[Illustration: _Artiste coiffeur._]

[Illustration: _Artiste dramatique et graveur sur bois._]

[Illustration: _Profils de Témoins._]

[Illustration: _Un Témoin à charge._]

[Illustration: _Un Témoin à décharge._]

[Illustration: _L'Avocat._--Or donc...]

[Illustration: _Profils de Témoins._]

[Illustration: _Profils de Témoins._]

[Illustration: _Autre banc de Témoins._]

[Illustration: Commentaires et rafraîchissements sur le quai aux

Fleurs.]

[Illustration: Commentaires et rafraîchissements.--Pourquoi faire en

République des Procureurs du Roi?]

Épilogue.

Lecteur judicieux, il n'est pas que vous ne parcouriez quelquefois le

récit de ces causes _macaroniques_ dont les détails badins varient

agréablement le fond un peu sombre des journaux consacrés aux matières

de procédure. Vous aurez infailliblement alors reconnu au passage, dans

cette galerie d'originaux que Gavarni vient de faire passer sous vos

yeux, les personnages obligés, immuables de ces scènes populaires dans

lesquelles la gravité du délit disparaît devant les incidents récréatifs

ou grotesques. Ces procès, nous allions presque dire ces

représentations, d'une physionomie allègre, qui empruntent tour à tour

dans leur exposition la verve humoristique de l'homme du peuple, le

langage métaphorique et si vivement imagé des joyeuses commères ou le

babil précieux de la grisette, constituent de véritables tableaux de

moeurs. Nous détestons le paradoxe et la contre-vérité. Nous déclarons

de propos ferme qu'à notre jugement aucune comédie ne pourra jamais

prototyper avec le même relief le caractère français.

Les esprits superficiels pourront seuls se méprendre sur la portée

morale de l'oeuvre de Gavarni. La sottise, la présomption, l'impudence,

tous les travers de l'esprit, le vice même, y sont bafoués et

stigmatisés. Chacun des portraits de cette galerie individualise un

ridicule. L'ensemble de cette étude réalise une conception comique d'un

tour infiniment piquant.

Ce n'est pas tout, cette peinture charmante offre encore l'intérêt et le

mouvement d'une narration attachante et bien faite. Peu de récits

d'audiences fourniraient une pareille abondance de détails, un concours

aussi grand de personnages, une diversité aussi tranchée d'attitudes, de

costumes et de moeurs. On voit se mouvoir, on entend parler chacune de

ces figures. Il est facile de suivre les débats sur ces pages en blanc

où l'artiste a disposé ses acteurs, comme les pièces d'un échiquier dont

la marche, quoique tracée d'avance, doit se prêter à toutes les

combinaisons du joueur. On ne saurait imaginer, dans les conditions du

vrai, du naturel, une action dans laquelle chacune de ces figures ne

vienne s'encadrer d'elle-même; leur réunion résume en effet tous les

éléments de la vie commune.

On pourrait proposer aux moins pénétrants de reconstituer dans son

entier le récit que Gavarni a écrit sous une forme abrégée, mais d'une

manière complète cependant, et ils n'omettraient à coup sûr aucun des

faits, aucune des saillies, aucune des particularités caractéristiques

de cette cause dont on sait le fond par les détails. Ce qui nous paraît

une tâche facile pour les moins déliés ne saurait être qu'un jeu pour le

lecteur de l'_Illustration_, lequel, selon notre estime, doit réunir au

plus haut degré la perspicacité, un jugement prompt et sûr, un goût

éclairé, une imagination fertile. Nous voulons l'essayer sous la forme

d'un défi courtois.

Nous proposons en conséquence à ceux de nos lecteurs qui tiendraient à

justifier la bonne opinion que nous avons conçue d'eux en général, un

concours littéraire dont voici le programme:

Développer dans l'exposé d'une cause judiciaire, d'après le mode adopté

par la _Gazette des Tribunaux_ pour les comptes rendus de ce genre, les

principaux caractères esquissés par l'artiste.

_L'action_ devra comprendre les divers personnages du dessin, et autant

que possible dans l'ordre qui leur est assigné dans la série.

Afin de soumettre à l'uniformité les pièces du concours, nous

indiquerons ici quelques traits qui devront entrer dans la

composition.--L'accusé a quarante ans; la partie civile en a

soixante;--c'est, dit Chicaneau, le bel âge pour plaider.

On ne pourra, même par voie d'allusion, s'écarter du respect dû à la

magistrature; mais il n'est pas défendu de s'égayer aux dépens des

avocats, de ceux dont l'éloquence contribue sûrement à faire condamner

un client débonnaire, mais aussi trop confiant.

Les développements fournis par les témoins devront être renfermés dans

le cercle des convenances, quoique pris dans la nature même du

personnage et dans la vérité.

Telles sont les clauses générales du concours. Nous n'avons rien à

prescrire quant au genre d'esprit qu'il conviendra de faire entrer dans

cette esquisse de moeurs judiciaires. Nous dirons seulement qu'il ne

saurait être ni bas, ni même grossièrement trivial, mais seulement

populaire dans la bonne acception de ce mot.

L'_Illustration_ prend l'engagement d'insérer dans ses colonnes

l'esquisse qui lui paraîtra réunir la plus grande somme de mérites,

après un examen impartial. Aucun de nos rédacteurs habituels ne sera

admis à concourir.

Les auteurs pourront garder l'anonyme, à condition de se renfermer dans

les dispositions de la loi, qui prescrit la signature pour les écrits

publics, en même temps qu'elle laisse circuler dans le monde une foule

de produits sophistiqués, frauduleux, nuisibles même, sans l'étiquette

du marchand.

Enfin nous offrons, moins comme une prime d'encouragement que comme un

témoignage de notre estime et de notre reconnaissance, un abonnement

gratuit d'une année au journal l'_Illustration_, au compétiteur heureux

dont le travail sera agréé par notre conseil de rédaction.

Nous convions à ce concours tous les hommes d'imagination qui nous font

l'honneur de nous lire. Il ne faudrait pas qu'une fausse honte ou qu'une

idée dédaigneuse de l'importance même du sujet proposé arrêtassent les

esprits timides ou présomptueux: bien des académies ont plus d'une fois

proposé des sujets de concours qui, avec des apparences de gravité,

étaient au fond moins sérieux que le nôtre. On ne devra pas perdre de

vue d'ailleurs que nous avons assigné au travail que nous attendons,

toute l'importance d'une oeuvre comique bien faite.

--Quoi! dirent les stoïques avec hauteur, nous ririons et nous ferions

rire!--Eh! messieurs, ne riez point, s'il vous plaît, ou riez avec

gravité,--comme les Espagnols,--si vous le savez. Mais, de grâce,

laissez-nous rire, nous qui tenons, avec un moraliste ingénieux, que la

plus perdue de toutes les journées est celle où l'on n'a pas ri.

L'Illustration, No. 0409, 27 Décembre 1850 · 第 13 / 25 题