Je meurs de ne pouvoir nommer ce que j'adore![7]

Mais cette reconnaissance de notre impuissance implique en nous l'idée

de la Puissance, cet aveu de nos limites, l'idée de l'infini. Plus

encore que l'idée: l'amour et le besoin. Et c'est par où l'homme se

sauve du désespoir. Il comprend que se plaindre de ne pouvoir embrasser

la vérité totale et une, c'est se plaindre de n'être pas Dieu. Du point

de vue divin seul, l'harmonie, qui ne saurait entrer dans nos esprits

étroits, se dégage et apparaît. Pour Dieu le mal n'est pas; la mort,

non plus que la vie, n'a point de sens pour Dieu; de ce point de vue,

où il faut se mettre par un essor de la volonté, les contradictions

les plus scandalisantes se révèlent comme des illusions de notre pensée

infirme, et boiteuse encore de quelque chute peut-être.

Cet acte par lequel l'esprit se situe _extra humanitatem_ est tantôt

la _prière_, tantôt l'acceptation de la douleur purifiante, qui est

prière encore. A cette acceptation, à cette prière, Dieu répond

par l'apaisement ineffable, passager, fragile de sa grâce. Et la

poésie justement a pour objet de fixer, autant qu'il se peut, ces

illuminations soudaines de la grâce. Ici est son rôle révélateur, son

caractère sacré. Le poète est encore à peu près ce que fut le _nabi_ en

Israël.

Au reste il n'est pas d'autre religion vraie, selon Lamartine, que

cette expérience immédiate de l'action de Dieu en nous. La raison,

que le poète, tout mystique qu'il paraisse, ne récuse point, — qu'au

contraire il voudrait porter à son maximum de clarté, car

Plus il fait clair, mieux on voit Dieu[8],

la raison des philosophes se trouve d'accord avec cette expérience de

l'adorateur le plus humble; oui, la raison même donne raison à la foi.

Et la tradition immémoriale de l'humanité ne conclut pas dans un autre

sens. Lamartine ne s'agenouille pas devant les livres sacrés; il a

quelque répugnance pour les Églises, qui fragmentent l'unité; mais il

croit en ce qu'il appelle naïvement «la philosophie antédiluvienne»[9],

révélation primitive dont le Livre de Job nous a transmis l'essentiel,

et dont les prophètes, et Jésus-Christ lui-même ne sont que les

porte-parole.

Cependant tout le sens de cette révélation n'est pas exprimé encore;

nous en sommes un déchiffrement de l'A B C; c'est en avant qu'il faut

regarder avec espoir. Le règne de l'Esprit est à venir; l'homme,

«en qui Dieu travaille», progresse lentement, mais sûrement; nous

balbutions l'Evangile, dont nos descendants feront leur règle. Ayons

donc bon courage et patientons. Chaque Révolution nous avance vers

la Religion vraie. C'est pécher contre l'esprit que de douter de la

destination sublime de l'homme:

Enfants de six mille ans qu'un peu de bruit étonne,

Ne vous troublez donc pas d'un mot nouveau qui tonne,

D'un empire éboulé, d'un siècle qui s'en va;

Que vous font les débris qui jonche la carrière?

Regardez en avant, et non pas en arrière:

Le courant roule à Jéhovah![10].

Toutes les idées de Lamartine sur la chose publique découlent de cette

sagesse religieuse dont je viens de parler.

Il entra dans la politique à plus de quarante ans. Il fut élu député

en 1833, par la petite circonscription de Bergues, dans le Nord, alors

qu'il se promenait en Syrie.

Il avait donc médité déjà sur l'orientation de son époque, sur le sens

des révolutions, sur les étapes nécessaires de la «caravane humaine»

qui chemine guidée par Dieu[11]. Il apporta dans le tumulte des

assemblées une ferme assise d'esprit, gain de la solitude. C'est là une

préparation intérieure que les députés ne possèdent pas fort souvent.

Lamartine amusa la Chambre par l'imprévu de ses principes; cela

tranchait sur les ordinaires disputes d'avocats; ses discours étaient

des intermèdes lyriques. D'ailleurs il se sentait lui-même tombé de

quelque planète lointaine au milieu du marais parlementaire. «Je n'y

resterai donc, si Dieu le permet, dit-il, que le temps strictement

nécessaire pour ouvrir le premier sillon, formuler un symbole de

bonne foi, d'indépendance des partis et de progrès moral; après quoi

je rentrerai dans mon nuage»[12]. Vous savez que, s'il était prêt à

quitter la politique, la politique ne le voulut pas quitter.

Il y fut très original. Indépendant de tout, parcequ'il l'était de sa

propre ambition, il signifia d'abord à ses électeurs qu'il entendait

n'obéir qu'à sa conscience: un mandat lui ajoutait trop peu pour

qu'il eût peur, en le perdant, de retomber dans le néant; les grandes

places le tentaient encore moins: «Faire le serviteur pendant quinze

ans pour obtenir de le faire le reste de sa vie en habit un peu plus

brodé, cela me semble vraie folie»[13]. Il ne se souciait pas davantage

de capter la popularité. «Pour parvenir à me faire comprendre, il

me faut un an d'efforts pénibles et d'impopularité systématique. Je

dois, pour chercher mon point d'appui hors des partis existants, dans

la conscience du pays, commencer par blesser tous les partis en leur

échappant»[14]. Ce n'est pas assez d'avoir l'amour de son indépendance,

il en a l'orgueil. «Je prends en haine les partis après les avoir eus

en mépris, et je veux désormais vivre, penser et mourir seul»[15].

Nul doute, Messieurs, qu'un détachement si évident ne soit la vraie

façon d'imposer aux hommes et de les amener à soi. Citons cet exemple.

En juin 1837, quarante-deux fabricants de sucre, gros électeurs de

la circonscription flamande que Lamartine représente, l'invitent à

conjurer l'impôt dont on menace leur industrie. Que va-t-il faire? «Je

leur ai remis mon mandat de député en leur disant: ma conviction et ma

conscience sont contre l'immunité et le privilège dont vous jouissez

aux dépens du Trésor, des malheureux contribuables cultivateurs et des

colonies. On vous doit un impôt.... — Après deux heures de discussion,

ils en sont convenus et m'ont _à l'unanimité_ signé le mandat formel

de voter et de parler pour un impôt»[16]. Voilà un trait assez rare

dans l'histoire du régime représentatif: cette fois ce ne fut pas le

gouvernement des supérieurs par les inférieurs. Lamartine se rend bien

compte que son abnégation est sa force même. «Je n'aurais qu'à dire

_oui_ pour être chef de deux-cents voix; mais je suis en secret chef

de leur conscience»[17]. Et il s'émerveille de cet ascendant: «Tous les

partis viennent à moi comme à une idée qui se lève»[18].

Il y avait une autre raison encore pour que l'on vînt à lui, c'est que

sa politique était toute positive. Ecoutez-le: il affirme toujours, il

ne réfute presque jamais: cela par principe autant que par tempérament.

«J'adore l'indépendance; je déteste l'opposition. _Faire_ est l'œuvre

du génie; _empêcher_ est l'œuvre de l'impuissance»[19]. Étranges

discours que les siens; il néglige de répondre et de discuter; il passe

au travers de la contradiction sans la voir. C'est qu'il ne l'a pas

écoutée, étant occupé ailleurs, à déchiffrer la volonté actuelle de

Dieu sur son peuple. Cela fait penser à cette inscription qu'on lit

sur les navires: _Défense d'adresser la parole au pilote_. Comment les

simples passagers oseraient-ils troubler de leurs avis celui qui domine

et qui sait? N'a-t-il point une boussole? L'avenir prophétisé dans sa

conscience le guide. Qu'il travaille avec les autres, c'est bien; mais

les consulter sur ce qu'il faut vouloir est folie. C'est à lui de le

leur apprendre.

Ainsi quand le navire aux épaisses murailles

Qui porte un peuple entier bercé dans ses entrailles

Sillonne au point du jour l'océan sans chemin.

L'astronome chargé d'orienter la voile

Monte au sommet des mâts où palpite la toile,

Et, promenant ses yeux de la vague à l'étoile,

Se dit: «Nous serons là demain.»

Puis, quand il a tracé sa route sur la dune

Et de ses compagnons présagé la fortune,

Voyant dans sa pensée un rivage surgir,

Il descend sur le pont où l'équipage roule,

Met la main au cordage et lutte avec la houle.

Il faut se séparer, pour penser, de la foule

Et s'y confondre pour agir[20].

Il continue donc, imperturbable, se réglant sur son itinéraire secret,

entraînant ses compagnons de traversée. Et ceux-ci lui obéissent.

Quelque chose en lui les subjugue. Quoi donc? La force de sa certitude

intérieure. Une personne unifiée au dedans peut tout sur les autres.

Dans les combats politiques, comme naguère dans la recherche de la

vérité, comme jadis dans les déchirements de l'amour, Lamartine a su

s'élever jusqu'à l'harmonie. Il a triomphé des contradictions internes

qui font que les autres hommes sont faibles. J'ai comparé les périodes

de sa vie aux phases d'un astre: chaque phase est complète; il ne

se voue à la philosophie que quand il est quitte de la passion. Il

n'aborde la politique qu'une fois délivré du doute philosophique,

et sûr de ce qu'il croit. Sa conscience réconciliée, où Dieu règne,

est invulnérable aux coups de la place publique, aux cris, aux

mesquineries; il les traverse en souriant. Il s'avance au milieu des

monstres rampants comme un Apollon libérateur, baigné d'une lumière

dont le foyer est en lui.

Joseph Mazzini, en comparaison, semble une divinité sombre et

souterraine.

Il n'est pas, dans Santa Croce, de monument plus austère, plus funèbre,

que la plaque de bronze noir qui le commémore, près du fastueux

cénotaphe de Dante; et c'est bien ainsi. Mazzini fait donc un parfait

contraste avec la nature heureuse de Lamartine.

Au reste, j'ai observé que presque tous les révolutionnaires, en

Italie, ont deux caractères singuliers; ils sont hantés du passé, et

ils sont tristes.

Votre pays, ouvrage des hommes autant que de la nature, est comme

baigné de regrets. Vos paysages sobres et presque intellectuels

semblent se souvenir d'autrefois. Vos arbres mêmes ont une dignité

de monuments. Toute l'Italie est un vaste camposanto; la roue des

voiturins y roule dans l'ornière antique. L'idée même de l'Italie

_une_ est une vieillerie, un legs que vos poètes se transmettent, de

Virgile à Dante, de Pétrarque à Vittorio Alfieri, jusqu'à ce qu'elle

devienne une actualité. Si Mazzini s'émeut jusqu'à défaillir en passant

la _Porta del Popolo_, c'est qu'il entre au sanctuaire même de l'unité

italienne, dans Rome, la capitale promise à l'avenir, qui est aussi

le trésor de tout le passé. Là des fantômes inspirateurs se dressent

de toutes parts: ce sont les tribuns de jadis, en particulier ce Cola

di Rienzo, dont il est le successeur, et qui lui même avait prétendu

relever la république de Brutus. Unité, liberté, voilà le double mot

d'ordre que ces vieux irrédentistes ont imposé à leurs descendants;

après des siècles, l'avocat génois se reconnaît pour leur exécuteur

testamentaire. Pieux envers les ancêtres, il rêve de dresser sur le

Monte Mario une image colossale de Dante, vers laquelle les Romains

lèveront les yeux chaque matin pour faire leurs dévotions filiales.

Ainsi de tout révolutionnaire italien: en même temps que novateur, il

est restaurateur. Et cela nous surprend un peu, nous autres Français,

qui marchons droit à l'avenir sans nous demander de qui nous sommes

fils.

J'ajoute que les révoltés de votre nation paraissent tristes. Comparez,

s'il vous plaît, à la gaillardise de Martin Luther l'âpreté douloureuse

de Savonarole. Vos hérésiarques ont un air prométhéen, tendu et

tourmenté. Mazzini les continue, avec son éloquence chauffée au rouge

sombre, et son visage tel que vous le voyez sur les lithographies,

crispé par l'effort. C'est, je crois, que votre nation étant la plus

sociable de toutes, l'italien isolé se sent arraché à sa nature vraie.

Les visages souriants lui manquent cruellement: il ne se passe pas

volontiers de serrements de mains et d'embrassades.

Les contemporains de Mazzini ont eu de lui l'impression que je viens

de dire. Ils le trouvèrent morose, et avec raison. Mais où ils se

trompèrent, ce fut en le croyant ténébreux par goût, haineux et

démoniaque. Massimo d'Azeglio et Montanelli lui font un autre reproche

encore: ils le regardent comme un déclamateur, un conspirateur d'_opera

seria_, qui se complaît aux intrigues masquées.

Ces deux vues ne sont pas justes. Après sa mort (survenue le 10 mars

1872) on put enfin recueillir sur lui le témoignage décisif, celui de

sa propre correspondance. Cinq recueils en ont été publiés déjà; les

lettres à sa mère, précieuses entre toutes, seront connues bientôt,

j'espère. Eh bien, ces documents sincères dévoilent un autre Mazzini,

aussi grand que celui de la légende, mais déraidi, dont la férocité

recouvre une tendresse franciscaine: un ami des femmes et des enfants,

presque un enfant lui-même, incompris et timide; un bon _frate_

mélancolique sous une cape de brigand.

Il avait authentiquement l'âme grande et pure. Thomas Carlyle,

maître-expert en héroïsme, qui le vit de près à Londres, écrivait dans

le _Times_ du 15 juin 1844: «J'ai eu l'honneur d'être en relations avec

M. Mazzini pendant maintes années, et, quoi qu'il y ait peut-être à

dire à son bon sens pratique et à son jugement dans les choses banales

et de tous les jours, je peux toutefois reconnaître publiquement qu'il

est le seul homme génial et vertueux que j'aie connu, homme vraiment

sincère, noble, humain, comme par malheur il ne s'en trouve guère,

digne enfin d'être appelé âme de martyr.» Ceci est une appréciation

exacte. Mazzini fut un martyr, un héros qui n'a pas donné sa mesure, et

dont la destinée fut constamment étranglée.

Comptez un peu les contradictions qu'il y eut entre sa nature vraie

et le rôle auquel il se condamna, ou fut condamné. J'ai essayé de le

faire, et je me suis senti pris, pour lui, d'une très grande pitié.

D'abord, voici un cœur doux, tendre et enfantin, qui voudrait

sympathiser même avec les passants dans la rue: c'est un excellent

correspondant pour les petites jeunes filles, qui lui brodent des

bourses et à qui il envoie des _vergiss-mein-nicht_; dans ses cadeaux

et ses surprises il met la grâce ingénieuse des Italiens; — et il s'est

dressé comme un dogue de combat; il a l'air de haïr: il prononce du

moins des paroles de haine, et il trempe dans des crimes, par amour.

Deuxième contradiction: il a la fièvre d'agir, il déclare qu'il

donnerait Machiavel, Tacite et tous les livres «pour une ligne

d'action[21],» que l'action seule rend à l'homme son équilibre; il

se donne pour «enseigner le culte déserté de la Sainte Action;» — et

avec cela, il est parfaitement incapable d'agir. (Rappelez-vous la

piteuse expédition Ramorino). Il est en effet doué, à un degré éminent,

du courage de subir, assez commun chez les rêveurs; mais très-peu du

courage d'entreprendre, lequel en est fort différent, au point qu'il

se compose pour une bonne part de l'impuissance de subir. Dès qu'il a

mis la main à quelque entreprise, il se prépare à payer cette audace

en souffrance; on dirait qu'il ne soulève cette croix, de l'action, que

pour rendre son propre calvaire plus méritoire; il n'a ni la confiance,

ni peut-être le très vif désir de réussir,

Autre contradiction: il voudrait conduire les hommes en les aimant et

s'en faisant aimer; or, loin de savoir leur faire épouser sa pensée,

il est dans l'impossibilité de se faire entendre d'eux. Il en gémit:

«_Come poco indovinano gli uomini le condizioni dell'anima altrui!_»

Il faut qu'il renonce à communiquer sa conviction, c'est-à-dire, ou

qu'il doute de lui-même, ou qu'il méprise les autres. Il aime mieux ne

pas voir son isolement; il feint d'être entouré d'un cercle nombreux de

partisans dévoués. Montanelli dit joliment: «Mazzini écrit, au pluriel,

_nous pensons_, _nous croyons_. Qui pense? Qui croit? Mazzini tout

seul.» C'était vrai, et parfois l'apôtre au cœur chaud en était tout

transi. «Mon étoile, dit-il amèrement, c'est Sirius, le grand Chien:

métier d'aboyeur, sans être généralement écouté.»

Vous dirai-je les autres discordances de cette destinée malheureuse?

Il eut, comme nous l'avons noté, l'amour et la dévotion du passé, —

et il dut s'associer avec des révolutionnaires positifs et grossiers,

déracinés de toute tradition; — c'était une âme profondément

religieuse, et il fut conduit à être l'organe d'un parti de complète

négation; il fut accolé même quelque temps avec le grand destructeur

russe Bakounine, dont il avait horreur et qui le raillait comme

un bigot timoré. Enfin il eut le cuisant mécompte que ce défaut de

coïncidence entre l'homme qu'il s'efforçait d'être, et l'homme qu'il

était naturellement, défaut de coïncidence dont il éprouvait un vrai

chagrin, ait été aperçu de ses contemporains, en sorte qu'ils le

soupçonnèrent de jouer un rôle et de viser à l'effet..... Au fond, il

y eut bien quelque chose de cela, vers la fin de sa carrière. Il se

sentait noble et pur, il se voyait méconnu. Il se renferma donc dans

son isolement hautain, ne s'entourant plus que des morts, ou bien

d'enfants qui ne le questionnaient pas. Il renonça sincèrement à tout

bonheur, et, comme il professait d'ailleurs que la vie est une mission

à nous confiée par Dieu, il eut l'orgueil de se répéter qu'il s'en

était acquitté sans salaire, et qu'il le préférait.

Âme candide, âme dolente, dont la très haute vie fut un Purgatoire.

Nous comprenons maintenant combien véridique était son cri: «La

désharmonie entre mon âme et tout ce qui est en dehors m'écrase»[22].

La _désharmonie_; voilà le mot sur lequel il faut rester.

Aucun autre ne marquerait mieux le contraste avec l'esprit de

Lamartine, qui justement, ne pouvant vivre que dans l'harmonie, se

haussa toujours jusqu'à la sphère où elle réside. Cet exemple de

Mazzini montre clairement où en arrive l'homme qui consulte seulement

ce qu'il veut, seulement les ordres de Dieu, et non ce qu'il peut,

selon sa faible et humaine nature.

La vita Italiana nel Risorgimento (1846-1849), parte 2 Terza serie - Storia · 第 53 / 58 题