#Auteur multimédia, créateur du site www.0m1.com, modérateur de la liste
e-critures
Auteur multimédia, Xavier Malbreil est le créateur du site www.0m1.com et le
modérateur de la liste e-critures. Son roman Je ne me souviens pas très bien est
une expérience d'écriture mise en ligne en temps réel. Par ailleurs, certains
des ouvrages de Xavier Malbreil sont publiés par les éditions www.manuscrit.com:
Des corps amoureux dans quelques récits, recueil de quinze nouvelles autour des
nouvelles limites du corps amoureux, et Les prisonniers de l'internet, épisode I
et II, début d'une saga "jeunesse" sur l'imaginaire lié à l'internet.
*Entretien du 28 mars 2001
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je fais plusieurs métiers de plume comme: traducteur, rédacteur publicitaire,
concepteur de sites internet.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
Je suis modérateur de la liste e-critures. Webmaster du site www.0m1.com.
Intervenant sur le site www.e-critures.org. Créateur de plusieurs sites.
= Les possibilités offertes par l'hyperlien ont-elles changé votre mode
d'écriture?
Oui: j'ai développé une écriture hypertextuelle spécifique sur mon site
www.0m1.com dans les rubriques "10 poèmes en 4 dimensions" et "Formes libres
flottant sur les ondes".
Non: mon écriture traditionnelle (roman, nouvelles) n'a pas été modifiée par
l'hyperlien.
= Comment voyez-vous l'avenir?
J'ai plusieurs projets en cours de développement destinés à l'internet.
Concernant l'avenir de l'internet, je le crois illimité. Il ne faut pas
confondre les gamelles que se prennent certaines start-up trop gourmandes, ou
dont l'objectif était mal défini, et la réalité du net. Mettre des gens éloignés
en contact, leur permettre d'intéragir, et que chacun, s'il le désire, devienne
son propre fournisseur de contenu, c'est une révolution dont nous n'avons pas
encore pris toute la mesure.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Dans mon travail d'écriture traditionnelle, je me sers du papier comme d'une
étape intermédiaire. En imprimant ce que j'ai tapé sur l'ordinateur, je
visualise mieux (mets à distance) le premier jet, afin de mieux le retravailler.
Puis retour sur écran, et re-impression sur papier, autant de fois qu'il le
faut.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Il y a beaucoup de choses qui pourront se passer du papier, comme les annuaires,
les guides, etc...
Le livre-papier reste encore un objet désirable (oui, il faut mettre en avant ce
concept d'avoir du désir pour un livre et toujours se poser la question "depuis
combien de temps n'ai-je pas eu du désir pour un livre?"). Par contre, ce qui a
été créé pour et par ordinateur ne gagnera rien à être transféré sur papier. Il
ne sert à rien d'opposer les deux médias. On élève toujours des chevaux, même si
la voiture rend des services plus performants. Feuilleter un livre, c'est une
impression physique, dans laquelle la performance n'a rien à voir.
Explorer ludiquement un écran, c'est une joie également.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Pour l'instant, je trouve ça moche, et peu pratique. Nous n'en sommes qu'au
début. L'argument selon lequel on pourrait disposer de plusieurs livres
simultanément me semble un peu fallacieux. Quand on est un lecteur, on veut lire
UN livre et pas trente-six à la fois. Ce livre, on l'a choisi, on le désire.
Quand on en veut un autre, on en prend un autre. Il y a le cas des expéditions
lointaines. Oui... mais est-ce vraiment un argument? Il ne faut pas se laisser
prendre aux arguments des vendeurs de gadgets électroniques.
= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur
le web?
Il y a deux choses.
Le web ne doit pas être un espace de non-droit, et c'est un principe qui doit
s'appliquer à tout, et notamment au droit d'auteur. Toute utilisation
commerciale d'une oeuvre doit ouvrir droit à rétribution.
Mais également, le web est un lieu de partage. Echanger entre amis des passages
d'un texte qui vous a plu, comme on peut recopier des passages d'un livre
particulièrement apprécié, pour le faire aimer, cela ne peut faire que du bien
aux oeuvres, et aux auteurs. La littérature souffre surtout de ne pas être
diffusée. Tout ce qui peut concourir à la faire sortir de son ghetto sera
positif.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Une interconnexion de tous, partout. Avec le libre accès à des banques de
données, pour insuffler également du contenu dans les échanges interpersonnels.
= Et la société de l'information?
La circulation de l'information en temps réel. La connaissance immédiate.
L'oubli immédiat. L'espace saturé d'ondes nous entourant, et nous, corps
humains, devenant peu à peu un simple creux laissé par les ondes, une simple
interconnexion. Corps humains devenant instants de l'information.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Une rencontre amoureuse. La rencontre de plusieurs communautés d'écrivains.
= Et votre pire souvenir?
Au tout début, ne pas avoir maîtrisé les codes de communication liés à
l'internet. M'être laissé entraîner dans des polémiques vaines.