UNE RÉCEPTION AU «COUARAIL»

Le «Couarail», la vaillante académie de Nancy, continue à entretenir,

dans nos marches de l'Est, le culte des traditions lorraines, et le goût

des manifestations littéraires. Au mois de juillet 1911, elle fêtait, à

l'hôtel de ville, son président d'honneur, M. Maurice Barrés; et nous

avons rendu compte, en son temps, de cette séance solennelle, où furent

acclamés, aux côtés de l'illustre écrivain, les deux artistes alsaciens

Zislin et Hansi.

Le mois dernier, elle faisait appel à M. Stéphane Lauzanne, qui venait

de vivre les premières heures de l'agonie ottomane, et lui demandait,

comme au témoin le plus autorisé, le plus éloquent, de venir dire aux

Nancéens ce qu'il avait vu «au chevet de la Turquie». Enfin, la semaine

passer, le «Couarail» recevait M. Marcel Prévost, de l'Académie

française, et Mme Marcel Prévost, en un élégant thé littéraire; des

poètes y récitèrent leurs ouvres, le directeur du Conservatoire de

Nancy, M. Guy Ropartz, accompagna au piano une charmante cantatrice, Mme

P. Mota, qui interpréta ses mélodies, et l'auteur des _Anges gardiens_

remercia, en une improvisation spirituelle et délicate, le directeur du

Couarail, M. Georges Garnier, et son secrétaire perpétuel, M. Marcel

Knecht. M. Marcel Prévost était invité, le soir même, à faire une

conférence sur «la Femme moderne». Quel sujet, traité par le psychologue

averti des _Lettres à Françoise_, pouvait davantage piquer la curiosité?

Une très nombreuse assistance était venue pour l'entendre, et sa parole

aisée, séduisante, fut vivement goûtée et applaudie.

L'Illustration, No. 3655, 15 Mars 1913 · 第 35 / 45 题