P. 69, l. 2: escriant.--_Les mss. A ajoutent_: tout.
P. 69, l. 3: reversèrent.--_Ms. A 8_: renversèrent.
P. 69, l. 4: riflic.--_Mss. B 3, A 1 à 6_: rifflis.--_Ms. A 7_:
rifllich. Fº 239.--_Ms. A 8_: riffleis.--_Ms. A 17_: riffles. Fº 295.
P. 69, l. 9 et 10: entrepris.--_Ms. B 3_: pressé.
P. 69, l. 11: prisonnier.--_Mss. B 4 et A_: prison.
P. 69, l. 13 et 14: besongne.--_Le ms. A 6 ajoute_: dont vous oyez
compter. Fº 238 vº.--_Les mss. A 7, 8, 15 ajoutent_: dont vous oez
parler.--_Le ms. A 17 ajoute_: que vous oyez compter.
P. 69, l. 14: eurent.--_Le ms. A 7 ajoute_: là.--_Le ms. A 8 ajoute_:
pour lors.
P. 69, l. 14: pieur.--_Ms. A 17_: pis.
P. 69, l. 18: vicontes.--_Cette bonne leçon est fournie par les mss. A
8, 15; tous les autres manuscrits donnent_: conte.
P. 69, l. 20: dur.--_Mss. A 6, 7, 15 à 17_: paine.--_Ms. A 8_: durté.
P. 68, l. 29 à p. 69, l. 25: Et avoient... Pasques.--_Ms. B 6_: Entre
ches compaignons avoit bien mille lanches de ossy bonnes gens et ossy
bien montés et armés que on peuist estre, qui encores estoient tous
fret et tout nouvieaulx. Quant la prumière bataille de l’Archepestre
fu rompue, et s’en vinrent autour de celle montaigne as cours de
chevaulx ferir sur costé sur ches gens d’armes, et en ruèrent jus des
prumiers venans plus de cinq cens. Là eult grant bataille et forte. Et
trop vaillanment s’i portèrent ches Compaignes, et demora la plache
pour euls, et y prirent plus de mille bons prisonniers. Et furent
pris ly Archeprestre, le sire de Tournon messire Robert, messire Lois
de Bieaugeu, le sire de Calençon, messire Renault de Forès, messire
Gerart de Salière, le sire de Benay, le sire de Roussillon, le sire de
Groulée, messire Jehan de Chalon et pluiseurs aultres, et mors messire
Pierres de Bourbon et le jone conte de Forès, et navrés à mort, dont
che fu pitié et damaige, messire Jaques de Bourbon, et fu raportés à
grant meschief à Lions. Ensy obtinrnet ches Compaignes la plache et
leur demora le journée, qui fu l’an mil trois cens soissante et un, le
dix huitième jour en avril. Fº 622.
§ =495=. Trop furent.--_Ms. d’Amiens_: Apriès ceste bataille de Brinay,
où chil qui y furent pour combattre ces Compaingnes, rechurent si grant
dammaige que tout y furent mort ou pris ou en partie, les Compaignes
menèrent bien le tamps à leur vollenté en celi pays, car nus n’alloit à
l’encontre, mès chevauchoient partout où qu’il voulloient, et gastoient
et ranchonnoient tout le pays. Si s’en vint messires Seghins de Batefol
demourer et sejourner à Anse, une ville sus le Sone, à une lieuwe de
Lions, et le fist fortement remparer et fortefiier. Et tenoit ou dit
fort ou là environ, en petis fors qu’il avoient pris, bien trois mille
combatans qui ranchonnoient tout le pays, le terre le seigneur de
Biaugeu, le comté de Mascons, le comté de Forès, le basse Bourgoingne,
l’arceveskiet de Lions et une partie de l’Auvergne.
Or avint, apriès chou, que ces Compaignes eurent rués jus ces gens
d’armes, si comme vous advés oy, et qu’il eurent departi leur butin et
leur conquest et ranchonnet leurs prisonniers, il s’espardirent et
s’avallèrent deviers le chité d’Auvignon, ardant et essillant le pays
partout là où il passoient, pour yaux faire plus cremir, et prendoient
villes et fors et les assailloient et les ranchonnoient as vivres
et as pourveanches, quant il leur besongnoit, ou à grant somme de
florins, quant il avoient pourveanches assés. Si entendirent que, au
Pont Saint Esperit, à sept lieuwez d’Auvignon, il y avoit grant avoir
et grant tresor dou pays d’environ qui là estoit rassamblés et mis sus
le fianche de le fortrèche. Si regardèrent entre yaux, se il pooient
prendre le Pont Saint Esperit, il leur vauroit trop, car il seroient
mestre et signeur dou Rosne et de ciaux d’Auvignon.
Si estudiièrent tant et jettèrent leur advis que, à chou que j’ay
depuis oy recorder, Batillier, Guiot dou Pin, Lamit, Petit Meschin,
le bourch Cammus, Espiote et le bourc de l’Espare, chevauchièrent et
leur routes une nuit toutte nuit bien quinze lieuwez, et vinrent sus le
point du jour à le ville dou Pont Saint Esperit, et l’esciellèrent et
le prissent et tous ceux et touttes celles qui dedens estoient: dont
che fu grans pités, car il y ochirent tamaint preudomme et violèrent
tamainte damme et dammoiselle. Et y concquisent si grant avoir que
sans nombre et grandes pourveanches pour vivre ung an ou deux, et
pooient courir, s’il leur plaisoit et ensi qu’il faisoient, ung jour
en l’Empire, l’autre en Franche, car li ville dou Pont Saint Esperit
siert à deus royaummes. Si se ravalèrent et rassamblèrent là tout li
compaignon, et couroient tous les jours jusquez as portez d’Auvignon,
de quoy li pappes et tout li cardinal estoient en grant angouisse et
en grant paour. Et avoient ces Compaingnes dou Pont Saint Esperit
fait un cappitainne souverain entre lez autres, c’estoit messires
Seghins de Batefol, et s’escripsoit en ses lettres et se faisoit adonc
coummunement appeler: amis à Dieu et ennemis à tout le monde. Fº 126 rº
et vº.
P. 69, l. 29: fremesist.--_Mss. A 8, 15_: fremist. Fº 234.
P. 70, l. 2: moult.--_Le ms. A 8 ajoute_: esbahis et.
P. 70, l. 2: effraé.--_Mss. A 1 à 6, 17_: esbahis.
P. 70, l. 6: et destourbé de le navrure.--_Ms. A 8_: de la destourbe.
P. 70, l. 8: bellement.--_Ms. A 8_: doucement.
P. 70, l. 9: estoit.--_Ms. A 8_: estoient.
P. 70, l. 10: siècle.--_Le ms. A 6 ajoute_: en l’autre.
P. 70, l. 12: nient.--_Ms. A 6_: mye.--_Mss. A 8, 15 à 17_: guerres.
P. 70, l. 12 et 13: puissedi.--_Mss. A 6, 17_: après.--_Mss. A 8, 15_:
depuis.
P. 70, l. 21: comme en.--_Les mss. A ajoutent_: raençons de.
P. 70, l. 30: part.--_Mss. A 6, 7, 15_: route.--_Mss. A 8, 17_:
compagnie.
P. 71, l. 1: remparer.--_Mss. A 8, 17_: reparer.
P. 71, l. 2: environ celle marce.--_Mss. B 3, 4 et mss. A_: là environ
sus celle marche.
P. 71, l. 4: le Sonne.--_Ms. B 1_: le Loire.
P. 71, l. 6 et 7: Marcelli.--_Ms. A 15_: Marsilly. Fº 256 vº.
P. 71, l. 9 et 10: Bernardet.--_Mss. A_: Bernart.
P. 71, l. 10: Lamit.--_Ms. A 15_: La Mite, Maleterre, breton. Fº 256 vº.
P. 71, l. 11: Lespare.--_Le ms. A 15 ajoute_: Bataillié.
P. 71, l. 15: en ce contour.--_Ms. A 8_: entour.
P. 71, l. 28 et 29: li compagnon.--_Ms. A 8_: les Compaignes.
P. 71, l. 30: vaurroit.--_Ms. A 8_: vaudroit.
P. 72, l. 1 et 2: Batillier... Meschin.--_Ms. A 15_: Bataillié, le
breton, Guiot du Pin, La Mitte, Maleterre, aussi breton, et le Petit
Meschin.
P. 72, l. 14: ens ès.--_Ms. A 8_: aux.
P. 72, l. 18: souverain.--_Le ms. A 15 ajoute_: auquel trestouz
obeissoient.
P. 72, l. 20: monde.--_Les mss. A 20 à 22 ajoutent_: telz noms et
autres semblables qu’ilz trouvoient sur leurs mauvaistiés donnoient ilz
à leurs capitaines.
§ =496=. Encorres avoit.--_Ms. d’Amiens_: Encorres avoit adonc grant
fuisson, en France et en pluisseurs marces, de ces pilleurs englès
et autres qui volloient, ce disoient, vivre, et tenoient encorres
grant fuisson de castiaux et de forterèches qu’il avoient gaegniet,
et desroboient fortement le pays où il converssoient meysmement en
Campaigne et en Brie, et entre Paris et Orliiens, et entre Paris et
Cartres, et en le comté de Blois, en Ango, en Mainne et en Tourainne,
coumment que bonne pais fust faite, et coumment que li roys de Franche
et li roys d’Engleterre s’appellaissent frerre, et que li comte et li
baron et les bonnes gens de l’un pays et de l’autre fuissent tout amit
enssamble. Mais, quant chil pilleur et chil robeur, qui se tenoient en
diviers lieux ou royaumme de Franche, entendirent que leur compaignon
avoient ruet jus monseigneur Jaquemon de Bourbon et bien deus mil
chevaliers et escuiers, et pris tamaint bon et riche prisonnier, de
recief pris et concquis le ville dou Pont Saint Esperit et si grant
avoir dedens que sans nombre, et qu’il penssoient qu’il conquerroient
assés tost Auvignon et toutte Prouvenche, chacuns eut en proupos
d’aller celle part, en convoitise de plus gaegnier. Si laissièrent
li plus les fors qu’il tenoient et les vendoient à bon marchiet, ou
il les rendoient parmy tant qu’il pooient segurement, yaux et le
leur, cevauchier parmy le royaumme de Franche. Enssi s’aroutèrent et
s’asamblèrent et s’acompaignoient, et tout s’avallèrent viers Auvignon,
sus l’esperanche de plus pillier. Fº 126 vº.
P. 72, l. 24: quoique.--_Mss. A 8, 15_: combien que.
P. 72, l. 24: commis.--_Le ms. A 15 ajoute_: depputez. Fº 257.
P. 72, l. 28: pillars.--_Mss. B 3, 4, et mss. A_: pilleurs.
P. 73, l. 4: Avignon.--_Ms. A 15_: la bonne cité d’Avignon.
P. 73, l. 7: en convoitise.--_Ms. A 15_: en convoitant tousjours de
plus mal faire. Fº 257.
P. 73, l. 7: pluiseurs maulz.--_Mss. A_: plus mal.
§ =497=. Quant li papes.--_Ms. d’Amiens_: Quant li pappes Ynocens
VIme et li collèges de Romme se virent enssi vexé et gueriiet par ces
maleoittez gens, si en furent durement esbahi et ordounnèrent une
croiserie sour ces mauvais crestiiens qui destruisoient crestienneté
enssi que les Wandres fissent jadis, et gastoient tous les pays
sans cause et roboient sans deport quant qu’il pooient trouver, et
violloient femmes vielles et jonnes sans pité, et tuoient hommes,
femmes et enfans sans merchy, qui riens ne leur avoient meffait; et
qui plus de villains fès y faisoit, c’estoit li plus preus et li mieux
parés. Si fissent li pappes et li cardinaux sermounner de le croix
partout publiquement, et absolloient de painne et de couppe tous chiaux
qui prendoient le croix et qui s’abandonnoient de corps et de vollenté
pour destruire celle mauvaise gent et leur compaignie.
Et fissent monseigneur Pierre, cardinal d’Arras et d’Ostie,
cappittainne de celle croiserie, qui assés tost se trai hors d’Auvignon
et s’en vint demourer et sejourner à Carpentras, à quatre lieuwes
d’Auvignon, et retenoit touttes mannierrez de gens et de saudoiiers qui
venoient deviers lui et qui volloient sauver leurs anmes et acquerre
les pardons de celle croiserie. Pluisseurs gens allèrent celle part,
chevaliers et escuiers et autres, qui quidoient avoir grans biensfais
dou pappe avoecq les pardons deseure dis, mès on ne leur volloit riens
dounner. Si s’en partoient et s’en alloient li aucun en Lombardie,
li autre retournoient en leur pays, et li autre se mettoient en le
mauvaise compaignie qui toudis acroissoit de jour en jour; et se
departirent en pluisseurs Compaignies et fissent otant de cappitainnes
comme de Compaigniez. Fº 126 vº.
P. 73, l. 13: maleoites.--_Mss. A 1 à 7, 17_: maudites.
P. 73, l. 14: croiserie.--_Mss. A 6, 17_: croisiée, croisée.
P. 73, l. 15: crestienneté.--_Mss. A_: crestienté.
P. 73, l. 16: Wandeles.--_Mss. A 7, 17_: Wandes.--_Mss. A 8, 15_:
Wandres.
P. 73, l. 28: eslisirent.--_Ms. A 7_: eslirent.--_Mss. A 8, 15 à 17_:
esleurent.
P. 73, l. 29: dou Moustier.--_Mss. A 7, 8, 15_: du Monestier.
P. 74, l. 1: quatre.--_Ms. A 6_: six.--_Mss. A 2, 17 à 19, 23 à 29_:
sept.
P. 74, l. 4: acquerre.--_Ms. A 8_: acquerir.
P. 74, l. 9: pays.--_Ms. A 8_: hostelz. Fº 235.
P. 74, l. 13: comme.--_Le ms. A 15 ajoute_: ilz estoient. Fº 257 vº.
§ =498=. Ensi herriièrent.--_Ms. d’Amiens_: Enssi heriièrent il
et gheriièrient le pappe et les cardinaus et les marchez d’entour
Auvignon, et y fissent mout de maux jusques bien avant en l’estet
l’an mil trois cens soissante et un, et que li pappez et li cardinal
s’avisèrent d’un moult gentil chevalier et bon guerieur, le marquis de
Montferrat, qui avoit grant temps tenu gerre contre les seigneurs de
Melans et encorrez faisoit. Si le mandèrent, et il vint en Auvignon. Si
y fu moult festiiés et honnourés dou pappe et de tous les cardinaux. Là
fu traitiet deviers lui que, parmy une grande somme de florins qu’il
devoit avoir, il metteroit hors de le terre dou pappe et de là environ
les Compaignes, et les enmenroit en Lombardie. Si traita li dis marquis
de Montferrat devers les cappitainnez des Compagnes, et les amena ad ce
que, parmy soissante mil florins qu’il eurent pour departir entr’iaux
et ossi grans gaiges que li dis marquis leur dounnoit ou devoit
dounner, il s’acordèrent à chou qu’il yroient en Lombardie, et, avoecq
tout chou, il seroient absols de painne et de couppe. Tout ce fait,
acompli et acordé et les florins pris, il rendirent le ville dou Pont
Saint Esperit et laissièrent le marche d’Auvignon et passèrent oultre
avoecq le dit marquis, dont li roys de Franche et tous li royaummes
furent durement resjoys, quant il se virent quitte de telx gens.
Enssi fu li royaummes plus à pais, ce fu bien raisons, quant ces
Compaignes en furent parties par le pourkach dou Saint Père et des
cardinaus et dou marquis de Montferrat, qui en fist trop bien se
besoingne sus les seigneurs de Melans, et concquist villes et castiaux
et pays sus yaux, et eut pluisseurs rencontres et escarmuchez contre
yaux pour lui. Et le missent ces Compaignes dedens un an ou environ
tout au dessus de sa guerre, et li fissent avoir sen entente des
seigneurs de Melans, qui pour le temps regnoient, messire Galeas et
messire Bernabo. Et quant il li eurent sa guerre achievée, il revinrent
par routtes et par petittes compaignies par dechà les mons. De quoy li
pluisseur, qui avoient assés gaegniet et qui estoient tout soellé de
gueriier, se retraioient en leur pays et en leur marches, et li aucun
se rassambloient comme devant et faisoient guerre.
Dont il avint que messires (Segins[481]) de Batefol prist, embla et
esciella une bonne chité en Auvergne c’on dist Brude, et siet sour le
rivierre d’Allier. Si se tint là dedens plus d’un an, et le fortefia
tellement qu’il ne cremoit nul homme; et couroit tout le pays d’environ
jusques au Puy, jusquez à le Casse Dieu, jusquez à Cleremont, à
Montferrant, à Rion, à le Nonnette, à Blière, à Oudable, à Cillach et
toutte le terre le comte Daufin, qui estoit pour le temps hostagiiers
en Engleterre, et y fist trop durement de grans dammaigez. Et quant il
eut honny et apovri le pays de là environ, il s’en parti par accord
et en mena tout son pillage et son grant tresor, et se retraist en
Gascoingne, dont il estoit. De lui ne sai je plus avant, fors tant
que jou oy depuis compter qu’il morut assés mervilleusement. Dieux li
pardoinst tous ses meffaix! Fº 127.
[481] _Le manuscrit porte_: «Gobins.» _Mauvaise leçon._
P. 74, l. 14: herrièrent.--_Mss. A 8, 15_: guerrioient.--_Ms. A 17_:
herioient.
P. 74, l. 20: Melans.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Milan, Millan.
P. 74, l. 26: menroit.--_Mss. A 7, 8_: enmenroit. Fº 240.
P. 74, l. 30: ordonna.--_Mss. A_: donna.
P. 75, l. 10: cose.--_Ms. A 8_: paix. Fº 235 vº.
P. 75, l. 14: Pieumont.--_Mss. A 8, 17_: Piemont.
P. 75, l. 18: à sen... pourfit.--_Ms. B 4 et mss. A_: à l’onneur et
prouffit de lui. Fº 237.--_Ms. A 17_: à l’onneur et prouffit d’eulx et
de lui. Fº 297.
P. 75, l. 30: esciella.--_Ms. A 8_: exilla.
P. 76, l. 5: l’Arsis.--_Ms. A 17_: l’Assis.--_Ms. A 8_: Laisis.--_Ms. A
6_: Lasis.--_Mss. B 3, 4_: Darsis.
P. 76, l. 10: grant tresor.--_Ms. B 6_: et avoit bien de finanche chil
messire Seghins trois cens mille frans. Fº 624.
P. 76, l. 11: dont il... issus.--_Mss. A_: dont il s’estoit partis et
issus.
P. 76, l. 14: meffais.--_Le ms. A 15 ajoute_: se il lui plaist. Fº 258.
§ =499=. En ce temps.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps trespassa li dus de
Lancastre.
En ce tamps trespassa li jones dus de Bourgoingne, qui s’apelloit
messires Phelippes, par laquelle mort vaqièrent pluisseur pays, car il
estoit grans sirez durement: premierement, ducs de Bourgoingne, comtes
de Bourgongne, comtes d’Artois et de Boulongne, palatins de Brie et
sirez des foires de Campaingne, et avoit à femme une jone dammoiselle,
fille au comte Loeys de Flandrez, de l’une des filles le duc Jehan de
Braibant. Dont il avint que, par proïsmeté, madamme Margerite, mère au
comte de Flandrez dessus dit, se traist à le comté d’Artois et à le
comté de Bourgoingne, et en fist foy et hoummaige au roy de France.
Ossi messires Jehans de Bouloingue se traist par droite hoirie à le
comté de Bouloingne et en devint homs au roy de Franche.
Avoecq tout ce, li roys Jehans de Franche, par proimetet, retint et
prist le duché de Bourgoingne et tous les drois de Campaingne. Dont il
avint que li roys Charles de Navarre se traist avant par mannierre de
callenge, et dist et proposa que la ducé de Bourgoingne par proïsmeté
li estoit esceuweet devolue, mès ses moustranches ne peurent y estre de
nulle valleur: dont il et si frerre deffiièrent le roy de Franche et
le royaumme, et le coummenchièrent à gueriier fortement et durement,
et missent à Mantes et à Meulent grans garnisons qui guerioient et
travilloient malement le Normendie. Et n’osoit nuls aller entre Paris
et Roem, ne entre Roem et Kem, ne entre Kem et Ewrues, ne entre Ewrues
et Chierebourcq, ne partout sus le marinne. Et d’autre part li rois de
France tenoit contre lui, sus le marce de Normendie et d’Ewrues, grant
fuison de gens d’armes qui deffendoient le pays contre les Navarrois.
Fº 127.
P. 76, l. 19: Mehaut.--_Mss. A_: Mahaut, Mahault.
P. 76, l. 22: Haynau.--_Le ms. A 17 ajoute_: sa femme.--_Ms. A 7_: sa
fame.
P. 76, l. 22: la mainsnée.--_Ms. A 8_: l’autre. Fº 235 vº.
P. 76, l. 26 et 27: et monsigneur... poursievir.--_Ms. A 17_: d’ore en
avant entendrons à poursuivir le traittié.
P. 77, l. 5: vaghièrent.--_Ms. A 8_: escheirent. Fº 236.
P. 77, l. 9: et.--_Ms. A 8_: lequel.
P. 77, l. 10: damoiselle.--_Ms. A 8_: dame.
P. 77, l. 19: proismeté.--_Mss. A 8, 15_: prouchaineté.--_Ms. A 17_:
proximité.
P. 77, l. 20: Campagne.--_Ms. A 8_: Champagne.
P. 77, l. 20 et 21: desplaisi.--_Mss. A_: despleut.
P. 77, l. 24: nulle cose.--_Mss. A_: riens.
§ =500=. En ce temps.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps vint en pourpos et
en devotion au roy Jehan de Franche qu’il yroit en Auvignon veoir le
pappe et les cardinaux, tout jeuant et esbatant et visetant le ducé de
Bourgoingne, qui nouvellement li estoit esceue. Et fist li dis roys
faire ses pourveanches, et se parti de Paris environ le Saint Jehan
l’an mil trois cens soissante deus, et laissa monseigneur Charlle,
son aisnet fil, le ducq de Normendie, regent et gouvrenneur dou
royaumme de Franche. Si enmena li dis rois avoecq lui monseigneur Jehan
d’Artois, comte [d’Eu[482]], son cousin, et que moult amoit, le comte
de Tamkarville, le comte de Dammartin, monsigneur Bouciqau, monsigneur
Ernoul d’Audrehen, monseigneur Tristran de Maignelers, le grant prieur
de Franche et pluisseurs autres. Et chemina li roys à petittes journées
et à grans sejours, de bonne ville en bonne ville, et vint environ le
Nostre Damme en Auvignon, où il fu grandement conjoïs et festiiés dou
pappe et de tout le collège. Si se tenoit li roys et tous ses hostelx
à Villenove dallés Auvignon. Là fu li roys de Franche tout le temps de
l’ivier enssuiwant et le quaremme.
[482] _Le manuscrit porte_: «de Deu.» _Mauvaise leçon._
Car le Noël, li pappes Ynocens trespassa. Si furent li cardinal en
grant discort de faire un pappe entre yaux et ne l’i peurent trouver
ne acorder; car il en y avoit pluisseur de quoy chacuns tiroit à estre
papes. Par cel discort fu esleus li abbes de Saint Victor de Marselle,
qui estoit moult sains homs et de belle vie, grans clers, et qui moult
avoit travilliet pour l’Eglise en Lombardie et ailleurs. Si eut à nom
cilz papes Urbains li cinqimes, et regna noblement et puissamment tant
qu’il vesqui, et tint l’Eglize en bonne prospérité.
Assés tost apriès se creation, entendi li roys de France que messires
Pierres de Luzegnem, rois de Cippre et de Jherusalem, devoit venir en
Auvignon. Si dist li roys de France qu’il atenderoit sa venue, car
moult grant desir avoit de lui veoir, pour les biens qu’il en avoit oy
recorder et le guerre qu’il avoit faite as Sarrazins; car voirement
avoit li roys de Cippre pris nouvellement le forte chité de Satalie sus
les ennemis de Dieu, et ochis tous ceux et celles qui dedens furent
trouvet. Fº 127.
P. 78, l. 8: regent... de France.--_Mss. A 8, 15_: et le fist son
lieutenant par tout le royaume de France. Fº 236.
P. 78, l. 10: germain.--_Ms. A 8_: bien prouchain.
P. 78, l. 14: Maignelers.--_Ms. A 8_: Maglers.
P. 78, l. 18: [la feste de Noël]. _Cette bonne leçon est fournie par
le ms. A 8_, fº 236, _et par le ms. A 15_, fº 258 vº. _On lit dans les
mss. B et les mss. A 1 à 7, 11 à 14, 17 à 19, 23_: la Saint Michiel.
P. 78, l. 22: pape.--_Le ms. A 8 ajoute_: Urbain.
P. 78, l. 26: le.--_Ms. A 8_: ce.
P. 78, l. 32: se misent et arrestèrent.--_Ms. A 8_: se mist et arresta.
P. 79, l. 5: eslisirent.--_Mss. A 8, 15 à 17_: esleurent.
P. 79, l. 7: travilliet.--_Mss. A 7, 15 à 17_: traveillié. Fº
241.--_Ms. A 8_: travaillié.
P. 79, l. 9: vint.--_Les mss. A 7, 8 ajoutent_: en Avignon.
P. 79, l. 15: Lusegnon.--_Ms. A 8_: Lusignen.--_Ms. A 17_: Lunon.
P. 79, l. 16: apassé.--_Mss. A_: passé.
P. 79, l, 23: y.--_Mss. A_: dedens.
§ =501=. En ce mesme.--_Ms. d’Amiens_: En ce meysme tamps et en cel
yvier, eult grant parlement en Engleterre sur les ordonnances dou pays
et especialment sur les enfants du dit roy englès, car on regarda que
li princhez de Ghalles tenoit grant estat et noble; et bien le pooit
faire, car il estoit vaillans homs durement, mès il laissoit ce bel et
grant hiretaige d’Aquitaine où tous biens et toutte plenté estoit. Se
lui fu remoustret et dit que il volsist traire celle part, car il y
avoit bien terre en la duché pour tenir si grant estat qu’il vorroit.
Ossi li baron et li seigneur dou pays le volloient avoir dallés yaux,
et bien appertenoit qu’il y fuist et qu’il en ewist les prouffis, car
il avoit rendut graint painne à gaegnier.
Li prinches s’i acorda assés legierement, et fist faire ses
pourveanches et ordounna son arroy pour venir en Gascoingne. Encorres
fu ordounné en Engleterre que messires Lions, frères secons dou prince,
qui s’appelloit et escripsoit comtes de Lunester, de par madamme sa
femme, laquelle avoit grant droit au royaumme d’Irlande, fust dus de
Clarenche noummés en avant. Adonc fu ossi ordonnés et creés messires
Jehans, li tiers des enfans apriès, à estre dus de Lancastre, qui
devant s’appelloit comtes de Richemont; car la ditte duché lui estoit
esceuwe l’année devant par le mort dou duc Henry de Lancastre, qui
fu pères à madamme Blanche, femme au ducq Jehan dessus dit, et ossi
à madamme Mehaut, qui fu comtesse de Haynnau et eult à mari le comte
Guillaumme, filz à le comtesse Margerite et frères à monsigneur le duc
Aubert et à monsigneur le duc Oste.
Et encorres fu adonc proposet entre les sages d’Engleterre et regardé
que, se messires Ainmons, quars filz dou roy d’Engleterre, pooit venir
ad ce grant marriaige de le fille dou comte de Flandres, qui estoit
atendant de très grant hiretaige, ce seroit ungs grans sires et dont
li Englès poroient avoir ung grans confors par dechà le mer, s’il leur
besongnoit. Mais, quoy qu’il le proposaissent, il n’en traitièrent mies
si trestost. Ains regardèrent li roys et ses conssaux couvertement
coumment ne par qui il en poroient faire traitier et atraire le conte
de Flandres à amour. Si laissièrent ceste cose reposer encorres un
petit.
Si entendirent à faire l’obsecque de madamme la royne Ysabiel, mère dou
roy englès, qui estoit nouvellement trespassée. Et fu ensevelie as
Cordeliers, à Londres, et ses obsèques fais moult honnorablement. Et là
furent tout li baron de Franche qui ostagier estoient pour le roy de
Franche, avoecques les seigneurs et les prelas d’Engleterre. Fº 127 vº.
P. 79, l. 30: laioit.--_Ms. A 6_: laissoit. Fº 240 vº.--_Ms. A 7_:
leuoit. Fº 241 vº.--_Mss. A 8, 15_: avoit. Fº 236 vº.--_Ms. A 17_:
aroit. Fº 298 vº.
P. 80, l. 15: le Rocelle.--_Mss. A_: la Rochelle.
P. 80, l. 16: Nous.--_Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent_: nous.
P. 80, l. 20: Lyonniaus.--_Ms. A 7_: Leonniel.--_Mss. A 8, 15 à 17_:
Leonnel.
P. 80, l. 22: de Dulnestre.--_Mss. A 8, 15_: de Duluestre.--_Ms. A 17_:
de Luestre. Fº 299.
P. 80, l. 32: veve.--_Ms. A 7_: veuve.--_Mss. A 8, 15 à 17_: vesve.
P. 81, l. 12: ains.--_Ms. A 8_: avant. Fº 237.
§ =502=. Sitost que.--_Ms. d’Amiens_: Assés tost apriès, se departi
d’Engleterre li prinches de Galles et de son hostel de Berkamestede, à
vingt lieuwes de Londres, où il s’estoit tenus tout le temps en grant
reviel avoecquez madamme la princhesse sa femme, qu’il avoit par amours
prise à espeuse et à compaigne, de se vollenté, sans le sceu dou roy
son père, laquelle damme avoit estet fille dou comte Ainmon de Kent,
oncle dou roy englès. Et avoit la ditte damme estet mariée en devant
à che bon chevalier monsigneur Thummas de Hollande, de qui elle avoit
des biaus enfans. Si vint madamme la roynne d’Engleterre, environ le
Noël, à Berkamestede prendre congiet à son fil le prinche et à sa fille
le princesse, et fu layens avoecq yaux environ cinq jours, puis s’en
retourna à Windesore et tint là son Noël. Et tantost après les festes,
li princes et li princesse et tous leurs arois vinrent à Hantonne et
entrèrent là ens ès vaissiaux appareillés pour yaux. Si nagièrent tant
et singlèrent avoecq le conffort dou vent qu’il arivèrent à le bonne
ville de le Rocelle, où il furent recheu à grant joie, moult festiiet
et bien honneré; et leur dounna on et presenta grans dons et biaux
jewiaux.
Si tost que messires Jehans Cambdos, qui grant tamps avoit gouvrenné le
duché d’Acquittainne et touttes les terres appertenans et respondans à
celle, sceut la venue dou prinche et de la princesse, qu’il estoient
avenut et arivet à le Rocelle, il en fu durement joieans et se parti de
Niorth, où il se tenoit, et s’en vint à belle compaignie de chevaliers
et d’escuiers deviers monseigneur le prinche. Si se conjoïrent et
festiièrent grandement, quant il se trouvèrent et encontrèrent. Assés
tost apriès, vinrent veoir et conjoïr le prinche li signeur de Poito
et de Saintonge qui estoient ou pays, et par especial chilx bons
chevaliers messires Guichars d’Angle, qui avoit juret et voet, ou kas
que li roys de Franche l’avoit rendu au roy d’Engleterre et quitté de
foy et d’oummaige, qu’il seroit ossi loyaux au roy d’Engleterre qu’il
avoit estet au roy de France; et bien le moustra depuis voirement, si
comme vous orés avant en l’istoire.
Je ne vous puis mies tout dire, ne recorder les festez, les honneurs,
les gistes, les sejours, les alers ne les venirs dou prinche, qu’il
fist et c’on li fist ossi, à ce donc, quant venu fu en Acquittainne,
comme sires et souverains, pour mettre et pour oster senescaux,
bailliux et tous offisciiers à se vollenté, car trop y fauroit de
parolles; mès ad ce commencement, il y fu durement ammés d’uns et
d’autres, et aprist à connoistre les gentilz hommes et le pays. Si
s’esbatoit et jewoit avoecq yaux, et petit acroissoit et montoit son
estat, et le tint dedens l’année si grant, si noble et si puissant
que on se pooit esmervillier où on prendroit ce que on fretioit en
son hostel, tant de par lui que de par madamme la princesse. Et fist
monseigneur Jehan Cambdos connestable et regart souverain apriès lui
de toutte la duché d’Acquittainne, liquelx tenoit ossi grant estat et
bien estoffet. Et avoit li princes, pour son hostel et à se delivrance,
toudis dou mains vingt huit chevaliers et bien troix tans d’escuiers.
D’autre part, la princesse estoit bien acompaignie de dammes et de
dammoiselles.
Si venoient veoir le prinche en Angouloime, où il se tenoit le plus,
li baron et li chevalier de Gascoingne, li comtes d’Ermignach, li
sires de Labreth, li sires de Pummiers, li sires de la Barde, li sires
de Courton, li comtes de Pieregorth, li comtes de Cominignez, li
viscomtes de Quarmaing, li captaux de Beus, li sirez de Muchident et
li autre, dont grant fuison en y avoit qui tout estoient si homme de
foi et d’ommaige parmy le tretiet de le pais. Et il les conjoïssoit et
requeilloit liement et doucement, et faisoit tant à che coummenchement
que tout l’amoient et honnouroient comme leur seigneur, et li disoient
que sans royaumme c’estoit li plus grans du monde, et qui plus pooit
mettre de bonnes gens d’armes enssamble. Or lairons dou prince et
revenrons au roy de Franche. Fºs 127 vº et 128.
P. 81, l. 19: et.--_Mss. A 7, 15 à 17_: de.--_Ms. A 8_: a.
P. 81, l. 23: ilz.--_Mss. A 8, 15_: eulx.
P. 81, l. 24: se.--_Ms. A 17_: le.
P. 81, l. 24: se cognissoient.--_Ms. A 15_: s’entrecognoissoient.
P. 81, l. 26: chevalier.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: et escuiers.
P. 81, l. 30: dou.--_Ms. A 8_: de.
P. 82, l. 1: tout dis.--_Mss. A 8, 15 à 17_: tousjours.
P. 82, l. 3 et 4: s’acointa.--_Mss. B 3, 4 et mss. A_: s’acquitta.
P. 82, l. 8: fais.--_Le ms. A 8 ajoute_: capitaine. Fº 237.
P. 82, l. 10: Guiçars.--_Ms. A 15_: Guichart. Fº 259 vº.
P. 82, l. 13 et 14: ces seneschaudies.--_Mss. A 8, 15 à 17_: ses
seneschaucées, ses seneschaucies.
P. 82, l. 17: aloit.--_Mss. A_: ala.
§ =503=. Environ le Candeler.--_Ms. d’Amiens_: Environ le Candeler,
l’an de grasce mil trois cens et soissante deus, vint li roys de
Cippre en Auvignon, de laquelle venue li cours fu durement resjoïe,
et allèrent pluisseurs cardinaux contre lui et l’amenèrent au palais
deviers le pappe Urbain, qui liement et doucement le rechupt. Ossi fist
li roys Jehans de Franche, qui là estoit presens. Et quant il eurent
là estet une espasse et pris vin et espisses, li doy roy se partirent
dou pappe, et se retraist chacuns à son hostel. Che tierme pendant, se
fist uns gages de bataille devant le roy de Franche à Villenove, dehors
Auvignon, de monsigneur Ainmenion de Pumiers et de monsigneur Fouque
d’Archiac. Quant il se furent combatu bien et chevalereusement assés
enssamble, li roys de Franche fist tretier de le pès et les acorda. Or
se tinrent chil doy roy dessus noummet tout ce quaresme en Auvignon, et
visetoient souvent le pappe.
Si avint pluisseurs fois en ces visitations que li roys de Chippre
remoustra au pappe, present le roy de Franche et les cardinaux,
coumment, pour sainte chrestienneté, che seroit noble cose et digne,
qui ouveroit le saint voiaige d’outre mer et qui iroit sour les ennemis
de Dieu. Dont sachiés que li roys de Franche y entendoit vollentiers,
et en conssienche s’en sentoit chargiés et tenus pour le cause que li
roys Phelippes, ses pères, emprist et encharga jadis le crois, et voa
à faire le voage, et point ne le fist; car les gherres d’Engleterre
li vinrent si sur le main qu’il lui couvint cesser sa devotion. Or à
maintenant che proposoit li roys Jehans de Franche pais au roys englez,
et li seroit chilx voiaiges bien seans pour acquitter l’ame dou roy son
père et pour aidier à sauver le sienne, et ossi pour delivrer la sainte
chrestienneté de ces mannierres de gens d’armes qui s’appelloient
Compaingnes, qui destruisent, gastent et des robent tout sans droit et
sans raison; et, se chilx voiages estoit ouvers, touttes mannierrez de
gens le sievroient et yroient.
Che bon pourpos garda et reserva li roys de Franche jusquez au jour du
Saint Venredi, que pappes Urbains precha en sa cappelle en Auvignon,
present les deus roys de Franche et de Cippre et le saint collège.
Apriès le predication faite, qui fu moult humle et moult devote de le
souffrance Nostre Signeur, li roys Jehans de Franche emprist le croix
et le voa, et requist au pappe que il li volsist confremer et acorder,
et li pappes li comfremma. Ossi là presentement le prissent messires
Talerans li cardinaulx de Pieregorth, messires Jehans d’Artois, comtes
d’Eu, li comtes de Tankarville, li comtes de Dammartin, li grans
prieux de Franche, messires Ernoulx d’Audrehen, messires Bouchicau et
pluisseur bon chevalier qui là estoient. Dont li roys de Cippre fu
moult liez, et en regracia grandement Nostre Signeur de ce qu’il avoit
si grant conffort que dou roy de France et de ses barons pour aller en
Surrie. Fº 128.
P. 82, l. 21: le Candeler.--_Mss. A_: la Chandeleur.--_Ms. B 4_: le
Chandelier. Fº 238 vº.
P. 82, l. 23: moult.--_Mss. A 7, 8_: durement.
P. 83, l. 2: Fouque.--_On lit dans le ms. B 1_: Huge.
P. 83, l. 5: rihote.--_Mss. A_: riote.
P. 83, l. 8: recueilloit.--_Mss. A_: recevoit.--_Le ms. A 17 ajoute_:
et liement.
P. 83, l. 29: moult.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: douce et. Fº 237 vº.
P. 84, l. 8: regratia.--_Ms. A 8_: remercia.
P. 84, l. 9: mistère.--_Le ms. A 15 ajoute_: divin. Fº 260.
§ =504=. Tout ensi.--_Ms. d’Amiens_: Tout enssi que vous me poés oïr
recorder, emprissent et enchargièrent, dessus le deseurain vestement,
le vremeille croix li roys Jehans de France et li dessus noummet.
Avoecq tout chou, nos Sains Pères li pappez le comfremma et l’envoica
prechier par universe monde là où Dieux est servis et creus. Si
l’emprissent et enchargièrent pluisseur seigneur, baron, chevalier et
escuier, de grant vollenté.
Tantost apriès Pasques, li roys de Cippre parti d’Auvignon et dist
qu’il volloit aller veoir l’empereur et lez seigneurs de l’Empire, et
puis revenroit par Braibant, par Flandrez et par Haynnau en France. Et
ordonneroient et regarderoient adonc li roy enssamble, à son retour,
quant il se partiroient, et de leurs pourveanches coumment il en
useroient, et auquel lés en mer il monteroient. Si se partirent chil
doy roy auques en un tierme: li roys de France prist le chemin de
Montpellier pour venir en le Langhe d’Ock, et li roys de Cippre le
chemin de l’Empire, liquelx chemina tant par ses journées qu’il vint
en Alemaigne, où il trouva monseigneur Charle de Behaingne, empereur
de Romme, à Convalence, qui le rechupt liement et grandement. Et paya
li dis emperères tous les frès et despens dou roy de Cippre, enssi que
ses empirez estendoit, et li donna encorres grans dons et grans jewiaux
pour lui plus honnourer et festiier. Et quant il se parti de lui, il le
fist conduire et acompaignier par les plus grans de se court.
Si vint li roys de Cippre en Jullers, où li dus le rechupt et festia
liement, et de là en Braibant, où il trouva à Brouxellez monseigneur
Winchelin de Behaingne, duch de Luxembourc et de Braibant et frère à
l’empereour dessus noummet, et madamme la duçoise, sa femme, qui le
rechuprent et festiièrent grandement et honnerablement en disners, en
souppers, en joustez, en festez et en reviaux, car bien le savoient
faire; et li donnèrent au departement grans dons et biaux jewiaux. Puis
s’en parti li rois de Cippre et s’en alla en Flandres veoir le comte
Loeys, qui ossi le festia mout grandement. Et trouva à ce donc le roy
de Dannemarche, qui estoit nouvellement venus à Bruges et apassés le
mer pour lui veoir. Si y eut à Bruges grans festes et grans joustez à
le venue dou roy de Cippre. Che fu environ le Madelainne l’an mil trois
cens soissante trois.
Enssi en celle saison, ala veant et visetant li roys de Cippre les
seigneurs de l’empire dessus noummés. Fº 128.
P. 84, l. 11: leur deseurain vestement.--_Ms. A 8_: leur derrain
vestement. Fº 237 vº.--_Ms. A 17_: leurs souverains vestemens. Fº
300.--_Ms. A 6_: leur souverain vestement.--_Ms. A 15_: leur derrenier
vestement. Fº 260.
P. 84, l. 13: nos.--_Mss. A_: nostre.
P. 84, l. 15: universe.--_Mss. A 8, 15 à 17_: universel.
P. 84, l. 16: istance.--_Mss. A 8, 17_.--_Mss. A 7, 15_: entencion.
P. 84, l. 19: signeurs.--_Mss. A 8, 15 à 17_: barons.
P. 84, l. 20: les.--_Le ms. A 8 ajoute_: haulx. Fº 238.
P. 84, l. 20: des.--_Les mss. A ajoutent_: grans.
P. 84, l. 28: travel.--_Ms. A 8_: travail.
P. 84, l. 29 et 30: avanceroit... coers.--_Ms. A 17_: il auroit plus
tost les cuers.
P. 84, l. 31: hors dou.--_Ms. A 8_: ou.
P. 85, l. 7: cas.--_On lit dans le ms. B 1_: estas.
P. 85, l. 12 et 13: il... esté.--_Ms. A 8_: il de grant temps n’avoit
point esté.
P. 85, l. 13: grant.--_Ms. A 17_: trop grant.
P. 85, l. 15: Il chemina.--_Ms. A 8_: et chemina. Il erra.
P. 85, l. 23: deffretiier.--_Mss. A 8, 15 à 17_: deffrayer.
P. 85, l. 24: li dus.--_Les mss. A ajoutent_: le conjoy et.
P. 85, l. 32: à ce donc.--_Ms. A 8_: lors.
P. 86, l. 13: fesist.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: et acompleist.
§ =505=. En ce temps.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps avoit li roys
d’Engleterre fait grasce à quatre dus qui estoient hostagier en
Engleterre pour le roy de France, c’est assavoir: le duc d’Ango, le
duc de Berri, le duc d’Orliiens et le ducq de Bourbon. Et se tenoient
chil quatre seigneur à Callais, et pooient chevauchier quel part qu’il
volloient, trois jours hors de Callais, et au quatrimme, dedens soleil
esconssant, retourner. Et l’avoit fait li roys englès en espesse
de chou qu’il fuissent plus prochain dou consseil de Franche, et
qu’il mesissent cure et dilligensce à leur delivranche, enssi qu’il
faisoient, car il envoiièrent pluisseurs fois souflissans messaigez
deviers le roy de Franche et le ducq de Normendie qu’il vosissent
entendre à yaux et on leur tenist les couvens telx c’on leur avoit
proummis, ou il ne se tenroient mies pour prisonniers ne hostagiiers,
mès se deliveroient au plus tost qu’il poroient.
Or estoit adonc li royaummes et li conssaux dou roy et dou ducq de
Normendie durement cargiés et ensonniiés, tant pour le croix que li
rois de Franche avoit encargie, que pour le gerre dou roy de Navarre,
qui guerioit et herioit fortement le royaumme de Franche, et avoit
remandé les Compaingnez en Lombardie pour mieux faire se guerre. Se
n’estoient mies respondu ne delivret li messagier des quatre dus
deseure dis, qui se tenoient à Callais à leur vollenté, dont moult
leur en desplaisoit et plus à leurs seigneurs, quant il ooient conter
le deluement dou consseil le roy et des ordonnanches de Franche, mès
amender ne le pooient. Si leur couvenoit atendre et souffrir que aucune
bonne aventure et grasce dou roy englès leur venist. Fº 128 vº.
P. 86, l. 19: quel part qu’il.--_Mss. A 8, 15_: quelque part qu’ilz. Fº
238 vº.
P. 86, l. 22: en istance de bien.--_Mss. A 8, 15_: en bonne entencion.
P. 86, l. 24: songnassent.--_Le ms. A 8 ajoute_: et entendeissent.
P. 87, l. 2: quoique.--_Mss. A 8, 15_: combien que.
P. 87, l. 4: promoteur.--_Mss. A 8, 17_: prometteurs.
P. 87, l. 4: n’estoient.--_Mss. A 8, 15_: ne povoient estre.
P. 87, l. 7 et 8: s’en presist.--_Ms. A 8_: en peust avenir.--_Ms. A
15_: en deust advenir. Fº 261.
P. 87, l. 10: ensonniiés.--_Mss. A 8, 15_: embesoingniez.
P. 87, l. 11: encargiet.--_Mss. A 8, 15_: prise et enchargiée.
P. 87, l. 13: avoit.--_Les mss. A ajoutent_: adonc.
P. 87, l. 16: entendre.--_Ms. A 17_: mettre remède, c’est assavoir. Fº
301.
§ =506=. Quant li rois.--_Ms. d’Amiens_: Quant li roys de Cippre eut
visetés et veus les seigneurs et le pays dessus noummés, il retourna
en Franche et trouva à Paris le roy Jehan et le duc de Normendie et
grans fuison des seigneurs, barons et chevaliers de France, que li roys
y avoit mandés pour lui mieux festiier et honnourer. Si y eut grans
festes, grans reviaux et grans esbatemens, et ossi grans parlemens et
grans conssaux comment ceste croiserie se poroit parfurnir à l’honneur
dou roy de Franche et de son royaumme. Et li sage homme de Franche
veoient encorres le royaumme durement grevé et pressé de guerres et de
compaignez de pilleurs et de robeurs qui y descendoient et venoient de
tous pays. Si ne sambloit mies bon as pluisseurs que chilx voiaiges se
fesist jusquez à tant que li royaummes fuist en milleur estat ou à tout
le mains on ewist pais au roy de Navarre. Non obstant ce et touttez
guerres, nulx ne pooit abrissier ne oster le devotion dou roy Jehan
qu’il ne fesist le pellerinage, et l’acorda et jura au roy de Cippre à
estre à Marselle dou march qui venoit en ung an, que on compteroit l’an
mil trois cens soissante quatre, et que, sans faulte, il passeroit et
liveroit passage et pourveanches à tous ciaus qui passer vorroient.
Sus cel estat se parti li roys de Cippre dou roy de France, et dist
qu’il avoit bon terme de retraire encorres en son pais et de faire ses
pourveanches. Si volloit aller veoir le roy de Navarre, son cousin,
et mettre pès, s’il pooit, entre lui et le roy de Franche. Si se
parti de Paris et aqueilla son chemin vers Normendie, et fist tant
par ses journées qu’il vint à Chierebourch, où li roys de Navarre se
tenoit et messires Loeys, ses frerres; car messires Phelippes, leurs
frerrez, estoit nouvellement trespassés. Chil seigneur de Navarre
rechurent le roy de Cippre liement et grandement et le festiièrent
moult honnerablement, car bien le pooient et savoient faire. Et quant
li roys de Cippre eut estet, ne say deux jours ou trois, avoecq yaux,
il coumencha à traitiier moult gratieusement et à parler de le pais
entre les roys dessus dis; car, au veoir dire, il estoit sages sirez et
bien enlangagiés. Si l’oy li roys de Navarre parler moult volentiers,
mès oncques à nulle pès ne se vot descendre ne encheir, pour cose
que li roys de Cippre seuist faire ne priier, non s’il n’avoit tout
plainnement se demande, et il n’en estoit mies dou roy de France
cargiés si avant. Si demoura la cause sus cel estat enssi que devant.
Et se parti li rois de Cippre dou roy de Navarre, et dist qu’il s’en
iroit en Engleterre veoir le roy englès et madamme la roynne et leurs
enffans, et ossi lez seigneurs de Franche qui là estoient ostagiier.
Li roys de Cippre prist congiet dou roy de Navarre et de monseigneur
Loeis, son frère, liquel li donnèrent bellement et courtoisement, et
le convoiièrent plus de trois lieuwes, puis s’en retournèrent il en
Chierebourch. Et li rois de Cippre esploita tant par ses journées
qu’il vint au Pont de l’Arche, et là passa le Sainne et puis chevaucha
deviers Pontieu, et vint passer le Somme à Abbeville où li senescaux de
Ponthieu, messires Gerars de Baudresen, estoit de par le roy englès: si
le festia et honnoura dou mieux qu’il peut. Puis s’en parti li roys,
et chevaucha che jour à Saint Esperit de Rue et puis à Moustroeil et
puis à Bouloingne. Là fu il un jour, et l’endemain il vint à Callais.
Si y trouva encorrez le duc d’Orliiens, le ducq de Berri et le duc
de Bourbon, qui le rechurent liement, enssi que seigneur qui sont en
prison et en hostage. Fº 128 vº.
P. 87, l. 23: li rois.--_Les mss. A ajoutent_: Jehans.--_Le ms. A 15
ajoute_: qui nagaires estoit venu d’Avignon et de Languedoc son pais
visiter, si comme j’ay devant dit. Fº 261.
P. 87, l. 27: croiserie.--_Ms. A 17_: croisée. Fº 301 vº.
P. 87, l. 27: poroit.--_Le ms. A 8 ajoute_: perseverer et.
P. 87, l. 31: reubeurs.--_Mss. A_: robeurs.
P. 88, l. 5: nulz.--_Ms. A 8_: on.
P. 88, l. 6: abrisier.--_Mss. A 8, 15 à 17_: brisier.
P. 88, l. 8: dou march.--_Ms. A 8_: du moys de mars.
P. 88, l. 20: Roem.--_Mss. A_: Rouen.
P. 88, l. 32: termine.--_Mss. A_: terme.
P. 89, l. 5: enlangagiés.--_Le ms. A 8 ajoute_: et moult amez. Fº
239.--_Les mss. A 6, 7, 15 à 17 ajoutent_: et moult amez de tous. Fº
242 vº.
P. 89, l. 13: trettiés.-_-Ms. A 17_: traitteurs. Fº 302.
P. 89, l. 28: estat.--_Le ms. A 15 ajoute_: ou quèle condicion. Fº 262.
§ =507=. Cil troi duch.--_Ms. d’Amiens_: Et sejourna li dis roys à
Calais bien quinze jours, atendans bon vent, car li mers estoit adonc
moult tempestée par heurez. Au seizime jour, ses nefs furent cargies.
Si entra en son vaissiel et touttez ses gens ens ès autrez, che fu
environ heure de mienuit et demy, [et demoura] à l’ancre devant Callais
toutte le nuit. A l’endemain, à heure de nonne, il ariva à Douvrez. Si
se reposa et rafreschi là par deus jours, entroes que on descarga tout
bellement ses vaissiaux, et mist hors les chevaux. Puis chevaucha li
roys de Cippre à petittes journées et à sen aise deviers Londres. Quant
il y vint, il y fu durement bien festiiés et conjoïs des seigneurs
de Franche et d’Engleterre qui chevauchièrent contre lui, et fu à
grant solempnité de trompes et de tous autres instrummens amenés et
aconvoiiés à son hostel.
Je ne vous poroie mie compter en un jour les nobles disners, les
souppers, les festiiemens et les conjoïssemens, les dons, les presens,
les jouiaus c’on fist, dounna et presenta, especialment li roys
d’Engleterre et medamme le roinne Phelippe, au jentil roy de Cippre.
Et bien le devoient faire, car il les estoit venus veoir de loing et
à grant fret, et tout pour enhorter et enditer le roy que il volsist
prendre le vremeil crois et aidier à ouvrir ce passaige sus les
mescreans. Mès li roys s’escuza bellement et sagement et dist qu’il
estoit mès trop viés et trop foibles pour aller gueriier si lonch,
et qu’il avoit assés affaire à garder son pays et tenir en pès; mès
il n’escu[s]oit mie jones chevaliers et escuiers de sa terre, s’il y
volloient aller. Si demoura la cose enssi. Pluisseurs parlemens, le
tierme d’un mois que li roys de Cippre fu en Engleterre, eut entre le
roy englès et le roy de Cippre et leurs conssaux sus l’estat de le
croisserie et dou voiaige qui se devoit faire; mès toudis trouvoit il
les Englès auques sus uns pourpos si sagement dis et moustrés, qu’il en
estoit tous comptens.
Quant il vit qu’il n’en aroit autre cose, il prist congiet au roy, à
madamme la roynne et à leurs enffans, qui bellement et doucement li
dounnèrent. Et fist li roys englès, par ses offisciiers, paiier et
deffretiier le roy de Cippre de tout ce que il et ses gens en menus
frès avoient despendut à Londrez; et li dounna une très grosse nef
c’on appelloit Catelinne, qui estoit ou havene de Zandvich, et avoit
cousté au roy englès plus de dix mil florins au faire: dont li roys
de Cippre l’en remercia grandement. On ne sai de ceste nef qu’il en
avint, car, depuis, deux ans apriès le departement dou roy de Cippre,
je le vi à Zandvich. Si croy mieux que li roys de Cippre le laissa pour
l’ensonniement qu’il ewist eut dou mener c’autre cose. J’en demanday,
quand je fui là, pourquoy c’estoit, mès nulx ne m’en savoit le voir à
dire. Fº 129.
P. 89, l. 31: s’acointa.--_Mss. B 3, 4 et mss. A_: s’acquitta.
P. 90, l. 11: d’Engleterre.--_Mss. A_: Edouart.
P. 90, l. 25: enditter.--_Ms. A 8_: enduire. Fº 232 vº.--_Ms. A 15_:
induire.
P. 90, l. 30: en avant.--_Mss. A 8, 15_: d’ores en avant.
P. 91, l. 6: traveillent.--_Mss. A 8, 15_: travaillent.
P. 91, l. 18: se prist.--_Mss. A 8, 15_: se pena.
P. 91, l. 29: edefiier.--_Mss. A 2, 18, 19_: crestienner.
P. 91, l. 31: douze mil.--_Ms. B 6_: dix mille. Fº 629.
P. 91, l. 31: havene.--_Mss. A 6, 8, 15 à 17_: havre.
P. 92, l. 4: deffretia.--_Mss. A 8, 15 à 17_: deffraia, deffrea.
P. 92, l. 8: Zanduic.--_Ms. B 6 ajoute_: et le rendy à madame la royne
d’Engleterre. Fº 629.
P. 92, l. 9: à l’ancre.--_Mss. A 6, 17_: et ancré.
§ =508=. Or se parti.--_Ms. d’Amiens_: Or se parti li roys Pières de
Cippre, d’Engleterre, et rappassa le mer à Bouloingne. Si entendi
que li roys de Franche, li dus de Normendie, li dus d’Ango, messires
Phelippes leurs frères et tous li grans conssaux de Franche devoient
y estre à Amiens. Si tira li roys de Cippre celle part et y trouva le
roy de Franche nouvellement venu et une partie des seigneurs dessus
dis. Si en fu grandement conjoïs et festiiés et leur compta une partie
de son voiaige, et ossi il leur dist qu’il s’en yroit en Poito deviers
le prince de Gallez son cousin, pour mieux acomplir son voiaige. Si fu
là, ne say quans jours avoecq le roy et ses enffans, et puis s’en parti
et prist son chemin deviers Paris, et s’adrecha pour aller en la duché
d’Acquittainne et deviers le prinche qui se tenoit à Niorth. Et devoit
avoir dedens bref terme, en le chité d’Angouloime, une très grosse et
noble feste de jouste de quarante chevaliers de dedens et de quarante
escuiers, que li prinches y devoit tenir à le relevée de madamme la
princesse sa femme qui estoit acouchie d’un biau fil que on appelloit,
enssi que son père, Edouwart, à laquelle feste li roys de Cippre
volloit y estre, s’il plaisoit à Dieu.
Or revenrons au roy de Franche et à ce grant parlement qui fu à
Amiens. Je fui adonc enfourmés, et voirs estoit, que li rois Jehans
avoit proupos et affection de aler en Engleterre veoir le roy englès,
son frère, et madamme la roynne, sa soer, enssi s’appeloient il par
le tretiet de le pès, et ordounnoit touttes ses pourveances et ses
besoingnes à Boulloingne. Se li consseilloient bien li aucun de Franche
qu’il n’y volsist mie aller, et que c’estoit ungs grans perils sus
le veu et proummesse qu’il a fait, et que on le poroit là detenir,
pour le somme de se redemtion qui estoit encorres à parpaiier. Mès li
roys Jehans respondoit qu’il avoit trouvet ou roy d’Engleterre, en
madamme le roynne, en tous leurs enffans et ens ès barons d’Engleterre
tant d’onneur, d’amour, de courtoisie et de loyaulté, qu’il ne s’en
doubtoit en riens et qu’il ne cesseroit jammais, si y aroit esté et
yaux veus, et ossi ses amis qui là estoient ostagiier pour lui. Quant
on vit que chilx pourpos li demouroit, se li fu demandé qui garderoit
Franche jusqu’à son retour, et il ordounna Carlon, son ainsnet fil,
regent et souverain deseure tous. En apriès, monseigneur Loeys, dus
d’Ango et du Mainne, son autre fil, il l’estaubli à aller en Normendie
contre le roy de Navarre, car bien savoit qu’il ne l’ainmoit point. Et
monseigneur Phelippe, comte adonc de Tourainne, il l’ordounna à aller
en Bourgoingne, pour bouter hors les Compaingnes qui y estaient et qui
gastoient et essilloient le pays.
Quant il eut tout fet et ordounné, il prist congiet à ses enffans et
à son consseil, et se parti d’Amiens et s’avalla vers Hedin, le comte
d’Eu avoecq lui, le comte de Tankarville, le comte de Dammartin, le
grant prieur de Franche, monseigneur Bouchighau, monseigneur Tristran
de Magnelers, monseigneur Jehan d’Anville, messire Pierre de Villers:
che sont chiaux qu’il en mena avoecq lui pour aler en Engleterre. Si
vint li roys de Franche à Hedin trois jours devant le feste dou Noël.
Si y sejourna et demoura là, et dist qu’il y tenroit sa feste. Se
vint là à lui li comtes Loeis de Flandres, ses cousins, qui durement
l’ainmoit, et que li roys vit vollentiers, et le rechupt liement, et
tinrent là leur Noël enssamble. Le jour des Innocens, s’en parti li
roys et prist son chemin vers Bouloingne, et li comtez de Flandre vers
Saint Ommer, pour revenir arrierre en son pays. Fº 129.
P. 92, l. 13: ses mainsnés frères.--_Mss. A 8, 15_: ses enfans. Fº
240.--_Ms. A 17_: le mainsné filz du dit roy de France. Fº 303.
P. 92, l. 28: couvent.--_Mss. A 8, 15 à 17_: couvenant.
P. 92, l. 29 à p. 93, l. 14: Si se parti... voiage.--_Ms. B 6_: Sy se
departy le dit roy de Calais et vint à Boulongne, et puis à Monstreul
et puis à Rue, et passa le Somme à Abeville et entra en Vimmeu et
vint passer la Saine au Pont de l’Arche et s’en alla tout droit en
Constentin et à Chierbourc veoir le roy de Navarre qui le rechut
liement. Et euist adonc le dit roy de Chippre vollentiers accordé le
roy de Navarre au roy de Franche, se il peuist; mais il n’en peult
à chief venir. Sy passa oultre et fist tant par ses journées qu’il
vint en Poito et droit en Angolesme où il trouva le prinche et madame
la princhesse qui nouvellement estoit relevée d’un biel filz qui
s’appelloit Edouart: à laquelle relevée de madame la princhesse eult,
en la chité d’Angolesme, moult grant feste et grans joustes de plus
de deux cens chevaliers, et fut la dite feste moult renforchie pour
l’amour du roy de Chippre. Fºs 629 et 630.
P. 93, l. 4: que... devoit.--_Ms. A 17_: qui debvoient.
P. 93, l. 13: nulle part.--_Ms. A 17_: nullement.
P. 93, l. 13: sus.--_Mss. A 8, 15 à 17_: en.
P. 93, l. 16 et 17: en quel istance.--_Mss. A 8, 15_: pour quelle
cause.--_Ms. A 17_: à quelle instance.
P. 93, l. 23: ce.--_Mss. A 8, 15_: son.
P. 93, l. 26: ou.--_Ms. A 8_: en.
P. 93, l. 32: loyal.--_Les mss. A 15 à 17 ajoutent_: doulx.
P. 93, l. 32: ami.--_Mss. A 8, 15_: aimables.
P. 94, l. 10: ahireteroit.--_Mss. A 8, 15_: heriteroit.
P. 94, l. 20: en son pays.--_Ms. A 17_: en Flandres. Fº 304.
§ =509=. Tant esploita.--_Ms. d’Amiens_: Quant li roys de Franche fu
venus à Bouloingne, il y sejourna tant qu’il eult vent à vollenté,
et entra en son vaissiel le jour devant le nuit de l’Apparition des
Trois Roys. Si y fu ce jour toutte jour jusques au soir, car il y
faisoit mout quoit et mout cler, et avoit vingt vaissiaux parmy ses
pourveanches. Si ariva à Douvrez, et y fu deus jours, tant c’on eut
descargiet tous ses vaissiaux et que li cheval furent rafresci, puis
s’en parti et vint à Cantorbie. Là fu il ossi deus jours, et dounna
à monseigneur saint Thumas un mout riche jeuiel et de grant pris. Et
là vint ses filz li dus de Berri contre lui, et li dus d’Orliiens
ses frères. Et ossi y envoiea li roys englès, pour lui festiier
et requeillier à l’entrée de son pays, quatre de ses chevaliers:
monseigneur Bietremieu de Bruech, monseigneur Gautier de Mauny,
monseigneur Richart de Pennebruge, monseigneur Alain de Boukesel.
Chil vinrent deviers le roy de Franche à Cantorbie de par le roy
d’Engleterre, et le conjoïrent et bienvegnièrent grandement, et li
dissent que li roys, leurs sires, estoit moult liés de sa venue. De
tout chou le crut li roys de Franche moult bien. Si les fist disner
dallés lui, et apriès disner il montèrent et s’en retournèrent deviers
le roy englès qui se tenoit à Eltem, et madamme le roynne, à sept
lieuwes de Londres, pour là atendre le roy de Franche, liquelx se
partit de Cantorbie et vint à petittes journées celle part. Et quant
il fu venus à Eltem, en l’ostel dou roy englès, il y fu rechups à
grant joie, che puet on mout bien croire, et tout chil qui avoecq lui
estoient, pour l’amour de lui. Là eult grans festes, grans sollas,
grans esbatemens, belles dansses et belles carolles de signeurs, de
dammes et de dammoiselles, et s’efforchoit chacuns de festiier et de
jeuer pour le cause dou roy de Franche.
Quant il eut là estet, je croy deux jours, il s’en parti et vint
à Londrez, où il fu requeilliés mout honnourablement et menés et
aconvoiiés de ses cousins les enfans dou roy englès, jusques à l’ostel
de Savoie qui estoit ordonnés pour lui, qui siet sus le Tamise au
dehors Londres: là le laissièrent il. Et là se tint li roys Jehans et
tout son hostel. Si avoit dallés lui chiaux de son sanch, le ducq de
Berri, son fil, le ducq d’Orliiens, son frère, le comte d’Allenchon,
Robert d’Alençon et Ghui de Blois, ses cousins, qui adonc estoient
jone damoisel, ossi le ducq de Bourbon et le comte de Saint Pol et les
seigneurs qu’il avoit là amenés de Franche. Si tenoit là li dis roys,
et tint là l’ivier grant estat et grant hostel, et estoit souvent
visetés dou roy englès et de ses enffans.
Si donnoient chil roy grans disner et grans convys li un à l’autre, et
jewoient et esbatoient enssamble et parloient et conssilloient de leurs
besoingnez. Et regretoit souvent li roys englès monsigneur Jaquemon
de Bourbon, son cousin, car moult l’avoit amet. Et disoit au roy de
Franche que c’estoit grans dammaiges de lui; car bien affreoit à estre
entre telx seigneurs qu’il estoient, et mieux s’i avoit sceu avoir que
nulx autres. Li roys de Franche li acordoit et disoit que c’estoit
verités, et que moult li avoit despleut la mort et l’aventure de lui.
Enssi passoient li roy le temps, et veoient souvent l’un l’autre, et
donnoient et envoioient li uns à l’autre grans dons, biaux jewiaux et
riches presens, pour nourir entr’iaux plus grant amour. Fº 129 vº.
P. 94, l. 22: l’abbeye.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: en la ditte
ville. Fº 240 vº.
P. 94, l. 27: Tristrans.--_Mss. A 8, 15_: Tristan.
P. 94, l. 28: Pierres.--_Les mss. A 11 à 14 ajoutent_: et messire Jehan.
P. 94, l. 29: de Ainville.--_Mss. A_: Dainville.
P. 94, l. 31: maronnier.--_Mss. A_: mariniers.
P. 95, l. 2: ens ès.--_Mss. A 8, 15_: dedens les.
P. 95, l. 17 et 18: bienvegnièrent.--_Mss. A 8, 15_: honnourèrent.
P. 96, l. 2: caroles.--_Mss. A 8, 15_: esbatemens.
P. 96, l. 6: affreoit... faisoit.--_Ms. A 8_: afferoit à faire tout ce
qu’il faisoit.
P. 96, l. 8: com.--_Mss. A 8, 15_: comment.
P. 96, l. 10: vuidièrent.--_Mss. A 6, 8, 17_: vindrent, vinrent.
P. 96, l. 13: en.--_Mss. A 15 à 17_: à.
P. 96, l. 16: ostagier.--_Ms. A 17_: hostages.
P. 96, l. 18: si.--_Mss. A 7, 15_: son. Fº 245.--_Mss. A 8, 17_: ses.
Fº 241.
P. 96, l. 32: affreoit.--_Ms. A 15_: lui advenoit. Fº 264.
§ =510=. Nous lairons.--_Ms. d’Amiens_: Entroelx que li roys Jehans
reposoit en Engleterre, si comme vous poés oyr, fist li roys de Cippre
son voiaige et vint en Poito et droit en Angouloime deviers le prinche
de Galles, son cousin, qui le rechupt liement. Ossi fissent tout li
baron et li chevalier de Poito et de Saintonge qui dallés le prinche
estoient, li viscontes de Touwars, li jones sires de Pons, li sires de
Partenay, messires Loeys de Halcourt, messires Ghuichars d’Angle; et
ossi des Englès: messires Jehans Camdos, messires Thummas de Felleton,
messires Noël Lorinch, messires Richars de Pontchardon, messires Simons
de Burlé, messires Bauduins de Fraiville, messires d’Agorisses et li
autre. Si fu li roys de Cippre moult festés et bien honnourés dou
prinche, de le princhesse, des barons et des chevaliers dessus dis,
et se tint illuecques plus d’un mois. Et puis le mena messires Jehans
Camdos jewer et esbattre parmy Poito, parmy Saintonge et en le Rocelle
et tout sus le marinne.
Et quant il eut là estet ung grant temps et qu’il eut remoustré au
prinche et as chevaliers de son hostel et as autres pourquoy il estoit
venus et sour quel estat il avoit empris le croix, et que li signeur li
eurent respondut moult courtoisement que c’estoit ungs voiaiges où tout
gentil homme par raison devoient vollentiers entendre, et que, s’il
plaisoit à Dieu, il ne le feroit mies seux, mès en aroit de chiaux qui
se desirent à avanchier, il prist congiet dou prinche, de madamme la
princesse et de tous les seigneurs. Si s’en revint à petittez journées
et à grans despens arrierre par deviers Franche, atendans qu’il oyst
nouvelles dou roy Jehan qu’il fust rapassés le mer, et qu’il pewist
encorres parler à lui et puis si se retraire viers Lombardie et à
Venisse pour raller en Cippre. Bien entendi sus son chemin que li roys
de Franche estoit acouchiés malades en l’ostel de Savoie en Engleterre,
et empiroit tous les jours, et estoient repasset le mer et revenu en
Franche li comtes de Tankarville et messires Bouchicaus, marescaux de
Franche. Fº 129 vº.
P. 97, l. 6: Touwars.--_Mss. A_: Touars, Thouars.
P. 97, l. 12: Fraiville.--_Mss. A 8, 15_: Frainville.
P. 97, l. 18: fist.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: grant chière et.
P. 97, l. 25: pourquoi especialment il portoit.--_Ms. B 4 et mss. A_:
sus quel estat il avoit empris à porter... qu’il portoit.
P. 98, l. 12: istance.--_Mss. A 8, 15_: entencion.
P. 98, l. 13: ce que.--_Ms. A 6_: cuidier. Fº 244 vº.
P. 98, l. 13: pour.--_Ms. B 4_: de. Fº 242.
P. 99, l. 19: moustré.--_Le ms. B 6 ajoute_: sy fu le corps du roy
Jehan de Franche enbausmé et mis en ung sarcus et convoiés des signeurs
de Franche jusques à Douvres et là fu mis en ung batiel. Fº 631.
P. 99, l. 23: se tenoit à Paris.--_Mss. A 8, 15_: estoit au Goulet lez
Vernon. Fº 241 vº.
P. 99, l. 26: se.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: se tenoit et.
P. 99, l. 26: successères.--_Mss. A 8, 15_: heritier.
P. 100, l. 1 et 2: françois.--_Ms. A 17_: pour la couronne de France.
P. 100, l. 2: uns.--_Le ms. A 15 ajoute_: vaillant. Fº 264 vº.
P. 100, l. 3: li.--_Le ms. A 15 ajoute_: grant.
P. 100, l. 6: l’antoient.--_Ms. A 7_: l’avoient. Fº 245 vº.--_Mss. A 8,
15_: le hantoient.--_Ms. A 17_: qui se tenoient entour lui.
P. 100, l. 9 et 10: ewireus.--_Mss. A 6, 15_: eureux. Fº 245.--_Ms. A
8_: envieux. Fº 242.--_Ms. A 17_: entr’eulx.
P. 100, l. 11: le grasce.--_Ms. A 15_: l’amour et grace.
P. 100, l. 12: ooit.--_Le ms. A 15 ajoute_: souvent. Fº 265.
P. 100, l. 19: prendés.--_Mss. A 8, 15_: tenez.
P. 100, l. 29: manière de.--_Ms. A 17_: certaines. Fº 306.
§ =511=. Roleboise.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps seoient devant le
castiel de Rolleboisse li dus d’Ango, messires Bertrans de Claieckin
et li comtes d’Auçoire et grant fuison de bonne gent d’armes, et
constraindoient moult chiaus qui dedens se tenoient. Or avint,
che siège pendant, que monsigneur Bertrans de Claiekin, li comtez
d’Auchoire, messires Boucighaus, qui nouvellement estoit revenus
d’Engleterre, li sires de Biaugeu, qui s’appelloit messires Anthonnes,
et pluisseur aultre chevalier et escuier de Franche fissent sus un jour
deus chevauchies et moult pourfitables pour le royaumme de Franche; car
il prissent le ville de Mantes et le ville de Meulent, qui se tenoient
pour le roy de Navarre, et dedens grant fuison des ennemis au royaumme
de Franche: dont li dus de Normendie, qui se tenoit à Paris, fu moult
resjoys, car ces deux villes sont clefs de Normendie. Fºs 129 vº et 130.
P. 100, l. 31: biaus.--_Mss. A_: bon.
P. 101, l. 7: retenoit.--_Ms. A 8_: recevoir. Fº 242.
P. 101, l. 14 et 15: otant bien... ruoient il jus.--_Mss. A 8, 15_:
autant chier... à ruer jus.
P. 101, l. 17: constraindoient.--_Mss. A 8, 15_: contraingnoient.
P, 101, l. 24: le cité.--_Mss. A 8, 15_: la ville.
P. 101, l. 32: certain lieu.--_Mss. A_: chemin.
P. 102, l. 12: porte.--_Mss. A 8, 15_: ville.
P. 102, l. 24: desroutèrent.--_Ms. A 8_: deffrontèrent. Fº 242 vº.
P. 103, l. 1: mourdreours.--_Mss. A 8, 15_: murtriers.
P. 103, l. 1: pillars.--_Ms. A 17_: larrons.
P. 103, l. 2: encaucent.--_Ms. A 8_: enchacent.--_Mss. A 15 à 17_:
chacent.
P. 103, l. 7: li larron.--_Ms. A 8_: les barons.
P. 103, l. 9 et 10: remanant.--_Mss. A 8, 15_: demourant.
P. 103, l. 10: le.--_Mss. A_: vostre.
P. 103, l. 20: entente.--_Mss. A 8, 15_: entencion.
P. 103, l. 21: comment.--_Mss. A 8, 15_: combien.
P. 103, l. 24: ens.--_Mss. A 8, 15_: dedens.
P. 103, l. 31: apaisier.--_Ms. A 8_: asseurer.--_Ms. A 15_: decevoir.
Fº 266.
P. 104, l. 6 à 9: Dont... assés.--_Mss. A 11 à 14_: Dont entrèrent
Bretons par ces hostelz, et se saisirent de la ville sans riens piller,
mais ilz pristrent des prisonniers desquelz qu’ilz vouldrent qui depuis
furent delivrez sans riens paier, car messire Boucicaut et messire
Bertran ne le vouldrent point souffrir, car depuis le dit messire
Boucicaut fut capitaine et garde de Mante.
P. 104, l. 22 et 23: portes.--_Les mss. A 6 à 8 ajoutent_: tost et
apertement.
P. 104, l. 24: saint Yve.--_Ms. A 17_: Nostre Dame. Fº 307.
P. 104, l. 25: occire.--_Mss. A 8, 15_: tuer.
P. 104, l. 31: joians.--_Mss. A_: joyeux.
P. 105, l. 2: partout.--_Mss. A_: par toutes.
P. 105, l. 3 à 5: Mantes... France.--_Ms. A 15_: la perte qu’il avoit
faicte de Mante et de Meulant. Fº 266.
§ =512=. En celle.--_Ms. d’Amiens_: Quant li roys de Navarre entendi
ces nouvelles qu’il avoit perdu Mantes et Meulent et grant fuison de
ses gens par dedens, si en fu durement courouchiés, et regarda et avisa
coumment il se poroit contrevengier et grever le royaumme de Franche.
Si escripsi et pria moult chierement et amiablement devers che hardi
chevalier monsigneur le captal de Beus, que il volsist venir parler
à lui en Normendie et qu’il amenast chou qu’il poroit avoir de gens
d’armes, et que moult bien les paieroit. Li captaus se pourvei de
compaignons et vint deviers le roy de Navarre, et se mist et otria dou
tout en son service, dont li roys de Navarre fu moult liés. Se le fist
souverain et gouvreneur deseure tous ses chevaliers et escuiers, et lui
delivra touttes ses gens d’armes.
Li dus de Normendie fu emfourmés de ceste armée que li roys de
Navarre mettoit sus, et si entendi d’autre part que li roys, ses
pères, agrevoit durement de se maladie, et que li saige fusisiien
n’y retenoient point de retour. Si ne volloit point li dus, en se
nouveleté, qu’il receuvist blamme ne dammaige contre les Navarois. Si
se pourveoit grandement de gens d’armes à l’autre lés, et avoit mandés
et retenus grant fuison de bons chevaliers et escuiers de Gascoingne,
et si largement les paioit, qu’il le servoient vollentiers; car c’est
bien chou qu’il aimment, large et secq paiement. Si avoit li dis dus
atrait deviers lui et mis en se chevauchie sus les camps, une partie
des gens le seigneur de Labreth, dont li sires de Mouchident estoit
chiés et conduisièrez, et encorres monsigneur Ainmon de Pumiers et
monsigneur le soudich de Lestrade; chil estoient bien six vingt lanches
de Gascons.
Encorres avoit li dus de Normendie remandé son frerre monsigneur
Phelippe en Bourgoingne, et monsigneur Regnaut c’on dist l’Arceprestre,
qui se tenoit en Bourgoingne, car il estoit sires de Castielvillain
de par le damme se femme, qui avoit estet femme du signeur de
Castielvillain, mort à le bataille de Poitiers. Et l’avoit messires
Phelippes, qui bien esperoit à estre dus de Bourgoingne, car li roys
ses pères li avoit proummis, retenu de son conseil, et estoit ses
compères, et li avoit tenut à fons ung biau fil qui eut nom Phelippes
contre lui. Fº 130.
P. 105, l. 11: on.--_Mss. A 8, 15 à 17_: il. Fº 243.
P. 105, l. 16 à 19: li rois... painne.--_Ms. A 15_: le duc de Normandie
ira briefment à Reims pour lui fere couronner du royaume de France; si
lui yrons à rencontre et lui porterons et ferons ennui et dommaige. Fº
266.
P. 105, l. 17 à 19: est mors... painne.--_Mss. A 7, 8_: ira temprement
à Rains; se l’irons à l’encontre et li porterons et ferons anoy. Fº 246
vº.--_Ms. A 6_: se ira couronner à Reims; si lui yrons à l’encontre et
luy porterons et ferons dommaige et ennuy. Fº 246.
P. 105, l. 21: temprement.--_Mss. A 8, 15_: briefment.--_Ms. A 17_:
tantost.
P. 105, l. 23: pooit.--_Les mss. A 8, 15 ajoutent_: trouver et.
P. 105, l. 28: deux cens ou trois cens.--_Ms. A 17_: quatre cens.
P. 105, l. 30: remeriroit.--_Mss. A 8, 15_: reguerredonneroit.
P. 106, l. 1 et 2: apertement.--_Mss. A 6, 7, 15_: hastivement.
P. 106, l. 15 et 16: Bertrans.--_Le ms. A 17 ajoute_: et monseigneur
Olivier de Mauny son nepveu. Fº 307 vº.
P. 106, l. 16: Bretons.--_Les mss. A 11 à 14 ajoutent_: qui estoient
hardiz et courageux.
P. 107, l. 11: A ce donc.--_Mss. A 8, 15 à 17_: A ce temps, en cellui
temps.
P. 107, l. 19: Evous venu.--_Ms. A 15_: Atant va venir. Fº 267.
P. 107, l. 28 et 29: se consievirent.--_Ms. A 8_: se
aconsuivirent.--_Mss. A 15 à 17_: s’aconsuirent. Fº 308.
P. 107, l. 29: ravine.--_Mss. A 15 à 17_: manière.
P. 108, l. 2: tamaint.--_Mss. A_: maint, mains.
P. 108, l. 14: d’Evrues.--_Le ms. A 15 ajoute_: Et, au voir dire, les
Bretons se portèrent vaillamment, car ilz n’estoient que une poignie de
gens au regart des Navarrois qui tousjours croissoient. Fº 267.
§ =513=. Auques en ce temps.--_Ms. d’Amiens_: En ce tamps que ces
semonsces et ces assamblées se faisoient, tant de l’un lés comme de
l’autre, les nouvellez vinrent au duc de Normendie que li roys, ses
pères, estoit trespassés de ce siècle, et l’en escripsoit le verité
messires Jehans, ses frères, dus de Berri.
Quant li dus de Normendie entendi chou, que li roys ses pères estoit
mors, si en fu moult courouchiés: che fu bien raisons. Si le senefia
tantost au duch d’Angho et as pers et as barons de France. Si se
traissent à Paris deviers le duc de Normendie, enssi que drois estoit,
et s’ordonnèrent pour aller contre le corps dou roy, leur seigneur, que
li comtes d’Eu et li comtes de Dammartin et li grans prieux de Franche
ramenoient et raconduisoient. Si fu li corps dou roy Jehan embaummés
et, mis en ung sarku, raportés à Paris. Assés tost apriès, li dus de
Normendie li fist faire son obsèque en l’abbeie de Saint Denis, et fu
portés mout solempnelment parmy le chité de Paris à grant pourcession
et à plus de mil torsses, à viaire descouvert, si troi fil derierre
lui, vesti de noir, et li roy de Cippre ossi. Et fu enssi aportés moult
bellement à le grant abbeie de Saint Denis en Franche. Si en chanta
la messe et fist l’offisce li arcevesques de Sens, ungs moult doulx
prelas, et fu ensepvelis li dis roys Jehans en le ditte abbeie de Saint
Denis, où grant fuison de ses ancisseurs gissoient.
Apriès le obsèque fait et le disner qui fu moult grans et moult nobles,
li signeur et li prelat retournèrent tout à Paris. Si eurent parlement
et consseil enssamble que on se trairoit vers Rains pour courounner le
ducq de Normendie, car c’estoit ses drois, et que on s’en deliveroit.
Si y fist on appareillier moult grans pourveanchez et moult grosses,
et fu li certains jours arestés, que ce devoit estre droit au jour de
le Trinité. Si le segnefia li dus et en escripsi as pluisseurs grans
seigneurs, les uns prioit et les autres mandoit, et par especial
il en pria son bel oncle le ducq de Braibant, liquelx s’ordounna
et appareilla pour estre y en grant arroy et bien accompaigniés de
chevaliers de Braibant et de Luxembourch dont il estoit sirez. Fº 130.
P. 108, l. 18: A ce donc.--_Mss. A 8, 15_: Pour lors. Fº 244.
P. 108, l. 25: arrierés.--_Ms. A 8_: arrestez.--_Ms. A 15_: rompu et
arresté.
P. 108, l. 27: embausumés et mis en un sarcu.--_Ms. A 15_: enbasmé et
mis en un sarcueil.
P. 108, l. 29: Dammartin.--_Le ms. B 6 ajoute_: le conte de
Tancarville. Fº 631.
P. 109, l. 1: vuidièrent.--_Ms. A 8_: vindrent.
P. 109, l. 2: Cipre.--_Le ms. B 6 ajoute_: vestus de noir avoecq les
enfans du roy et les prochains du linage. Fº 631.
P. 109, l. 8: retournèrent.--_Ms. A 8_: vindrent.
P. 109, l. 24: Entrues.--_Mss. A 8, 15_: Pendant.
P. 109, l. 31: qu’il eurent.--_Mss. A_: qui fu.
P. 110, l. 2: l’eglise cathedral de Rains.--_Ms. A 15_: la grant eglise
cathedral de Nostre Dame de Reins. Fº 267 vº.
§ =514=. Quant messires.--_Ms. d’Amiens_: Entroez que ces besoingnes
s’ordounnoient et aprochoient, envoyoit toudis li dus de Normendie gens
d’armes deviers le comte d’Auçoire et monsigneur Bertran de Claiekin,
et bien besongnoit, si comme vous orés chy apriès. Si y furent envoiiet
li Arceprestrez et messires Loeys de Chalon et leur routtes.
Messire Jehans de Ghailli, qui s’appelloit captaus de Beus, qui pour
le temps estoit conduisièrez et souverains de touttes les gens le
roy de Navarre, dont il y avoit bien huit cens lanches, trois cens
archiers et cinq cens autrez hommes aidablez, et tous les jours li
croissoient gens, chevauchoit en Normendie et desiroit moult à trouver
lez Franchois, car on lui avoit dit qu’il estoient sour les camps.
Si estoient de le routte le dit captal uns bons chevaliers englès
et fors guerrières, qui s’appelloit messires Jehans Jeuil, messires
li bascles de Maruel, messires Pierres de Sakenville et pluisseur
autre, pour leurs saudées gaegnier et leurs corps avanchier, et s’en
venoient droitement vers le Pont de l’Arche, car bien penssoient que li
Franchois passeroient là le Sainne, ensi qu’il fissent.
Et advint que, droitement le merquedi de le Pentecouste, si comme li
captaux et se routte chevauchoient au dehors d’un bois, il encontrèrent
le Roy Faucon, un hiraut qui s’estoit au matin partis de l’ost des
Franchois. Si trestost que li captaus de Beus le vit, bien le recongnut
et li fist grant chière, car il estoit hiraus au roy d’Engleterre, et
li demanda tantost dont il venoit et s’il savoit nulles nouvellez des
Franchois: «En nom Dieu, monsigneur, dist il, oil. Je me parti hui
matin d’iaux et de leur routte, et vous quèrent ossi et ont grant desir
de vous trouver.»--«Et quel part sont il? ce dist li captaux; sont il
dechà le Pont de l’Arche?»--«En nom Dieu, sire, dist Faucons, oil. Il
ont passet le Pont de l’Arche et Vrenon, et sont maintenant, je croy,
assés priès de Passci.»
«Et quelx gens sont il, dist li captaux, et quelx cappittainnes?
Ja di le moy, je t’en pri.»--«En nom Dieu, sire, il sont bien mil
et cinq cens combatans et toutte bonne gens d’armes. Si y sont:
messires Bertrans de Claiequin, li comtez d’Auchoire, li viscomtes de
Biaumont, messires Loeys de Chalon, li sirez de Biaugeu, li mestres
des arbalestriers messires Bauduins d’Annekins, messires Loeys de
Haweskierkes, messires Oudars de Renti, messires li Arceprestrez,
messires Engherans d’Uedins. Et si y sont de Gascoingne: les gens le
seigneur de Labreth, li sires de Mouchident, messires Ammenions de
Pumiers, li soudis de Lestrade.»
Quant li captaux oy noummer les Gascons, si fu trop durement
esmervilliés, et dist si comme en lui ariant: «Par le cap saint
Anthonne, Gascons à Gascons s’espourveront.» Or le disoit il pour lui,
car il estoit gascons. Adonc appella il de rechief Faucon et li demanda
s’il ne savoit plus nullez nouvellez, et Faucons li respondi: «Oil,
sire, li dus de Normendie se devoit partir ier ou huy pour aller vers
Rains; car, à dimence qui vient, doit il y estre couronnés.» Adonc dist
li captaux: «Faucon, se Dieux et saint Jorge nous volloient aidier, je
poroie bien estre au devant de son couronnement.»
Adonc parla Faucons pour Prie, un hiraut que li Archeprestres envoyea
là avoecq lui, et li dist: «Sire, assés près de chy m’atent ungs
hiraux franchois que li Arceprestrez envoie deviers vous, liquelx
Arceprestrez, che dist Prie li hiraux, parleroit vollentiers à vous.»
Dont respondi li captaux et dist: «Faucon, dittes au hiraut qu’il n’a
que faire plus avant et qu’il die à l’Arceprestre que je ne voeil nul
parlement à lui.» Adonc li demanda messires Jehans Jeuiel et dist:
«Sire, pourquoy? Espoir es chou pour vo prouffit.»--«Jehan, Jehan,
non est, mès est li Arceprestres si grans bartères, que, s’il venoit
jusquez à nous, en nous comptant gengles et bourdes, il aviserait et
ymagineroit no force et nos gens; si nous porroit tourner à grant
contraire. Si n’ay cure de ses parlemens.»
Adonc retourna Faucons li hiraux deviers Prie, son compaignon, qui
l’atendoit au coron d’une haie, et escuza le captal bien et sagement,
tant que li hiraux en fu tous comptens, et raporta arrierre à
l’Arceprestre chou que Faucons li eut dit de par le captal; mès, dou
couvenant des Navarois, ne quel somme de gens d’armes il estoient,
ne seut il nient recorder à ses mestres, car il n’avoit mies esté
jusqu’yaux. Fº 130 vº.
P. 110, l. 7: cité.--_Mss. A 6, 7_: ville et cité.--_Mss. A 8, 15 à
17_: ville.
P. 110, l. 8: Legiers.--_Mss. A_: Michiel.
P. 110, l. 13: combatre.--_Mss. A_: trouver.
P. 110, l. 18: li sires de Saus.--_Ms. A 17_: monseigneur Jehan de
Saulx. Fº 308.
P. 110, l. 25: d’encontrer.--_Mss. A 8, 15 à 17_: de rencontrer.
P. 111, l. 23: Renti.--_Le ms. B 6 ajoute_: le Bèghes de Velaines. Fº
633.
P. 111, l. 26: Aymenions.--_Ms. A 8_: Aymons.
P. 111, l. 29: rougia tous de felonnie.--_Ms. A 15_: rougit tout de
grant felonnie. Fº 268.
P. 112, l. 9: cap.--_Mss. A 8, 15 à 17_: chief.
P. 112, l. 11: Prie.--_Mss. A 8, 15_: Pierre. Fº 245.--_Ms. A 17_:
Henrri. Fº 309.
P. 112, l. 23: baretères.--_Mss. A 7, 15 à 17_: barateur.
P. 112, l. 24: bourdes.--_Le ms. A 15 ajoute_: dont il est bon ouvrier.
Fº 268 vº.
P. 112, l. 26: contraire.--_Mss. A 8, 15 à 17_: dommage.--_Le ms. A 15
ajoute_: et à moult grant contraire.
P. 112, l. 27: ses.--_Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent_: grans.
P. 112, l. 28: Prie.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Pierre.
P. 112, l. 28: coron.--_Ms. A 17_: bout.--_Ms. A 15_: coing.
§ =515=. Ensi eurent.--_Ms. d’Amiens_: Enssi eurent li Franchois et li
Navarrois connissance li ung de l’autre par le raport des deus hiraus.
Si eurent avis et consseil li Franchois que ce merqedi, pour ce qu’il
estoit tart, il se logeraient illuecq. Et se logièrent seloncq une
rivierre, ensus un village que on appielle Koceriel, ens uns biaux
plains, et ossi li Navarois se tinrent assés priès de là.
Quant ce vint le joedi au matin, que solaus fu levés et que li jours
estoit appairans d’estre biaux et clers et sieris, li Navarois et li
Englès, tous d’une alianche, chevauchièrent enssi que Franchois; li
hiraus les menoit tout serré et tout rengiet. Si vinrent environ primme
sus les plains de Koceriel, et virent les Franchois devant yaux qui
ordonnoient leurs batailles, et estoient par samblant bien tant et
demy plus qu’il ne fuissent. Si s’arestèrent tout quoy au dehors d’un
bosquetiel qui là estoit, et puis se traissent avant les cappittainnes
et se missent en ordounnance. Premierement, il fissent trois batailles
bien et feticement tout à piet, et envoiièrent les chevaux, leurs males
et les gharchons ens ung bois qui estoit dallés yaux, et establirent
monseigneur Jehan Jeuiel en la premierre, et li ordounnèrent tous
les Englès, hommes d’armez et archiers. La seconde eut li captaux,
et pooient estre en se bataille environ quatre cens combatans, uns
c’autres. La tierche eurent troy autre chevalier: li bascles de Maroel,
messires Pières de Saquenville et messires Bertrans dou Franch, uns
bons chevaliers prouvenchiaux, et estoient ossi environ quatre cens
armures de fier.
Quant il eurent ordonné leur bataille, il ne s’eslongièrent point
trop loing de l’un l’autre, et prissent l’avantaige d’une montagne
qui estoit à le droite main entre le bos et yaux, et se rengièrent
tout de froncq sus celle montagne par devant leurs ennemis, et missent
le pignon dou captal en ung fort buisson espinerech, et ordonnèrent
soissante armures de fier autour pour le garder et deffendre, car tout
se devoient là raloiier et affiier bien entre yaus les cappittainnes,
que de là ne se partiroient nullement, pour cose qui avenist, se
seroient leurs ennemis tous desconfis et mis en cache. Et tout ce
veoient li Franchois coumment il s’ordonnoient, et ossi coumment
il avoient pris le montaingne: se ne les en prisoient mies mains.
Tout enssi ordounné et rengiés se tenoient Navarois et Englès sus le
montaingne que je vous di. Fº 130 vº.
P. 113, l. 3 et 4: se radrecièrent.--_Mss. A_: s’adrecièrent.
P. 113, l. 7: quinze cens.--_Le ms. A 15 ajoute_: combatans.
P. 113, l. 23: une.--_Le ms. A 17 ajoute_: petite.
P. 113, l. 26: uns biaus prés.--_Mss. A 8, 17_: deux beaux prez. Fº 245.
P. 114, l. 4 et 5: heure de prime.--_Ms. A 17_: midi.
P. 114, l. 5: Coceriel.--_Ms. A 8_: Coucherel.--_Mss. A 15 à 17_:
Cocherel.
P. 114, l. 18: li captaus.--_Les mss. A ajoutent_: de Beuch.
P. 114, l. 22: banière.--_Le ms. A 15 ajoute_: devant lui. Fº 269.
P. 115, l. 1: espinerés.--_Mss. A 8, 15 à 17_: espineux.
P. 115, l. 2: armeures de fier.--_Ms. A 15_: hommes d’armes.
P. 115, l. 8: querre.--_Mss. A 8, 15 à 17_: querir.
§ =516=. Tout ensi.--_Ms. d’Amiens_: Endementroes, li Franchois
ordonnèrent ossi leurs batailles, et en fissent trois et une arrierre
garde. La premierre eut messires Bertrans de Claiequin à tous les
Bretons, et fu ordonnés pour assambler à le bataille dou captal.
La seconde eult li comtez d’Auçoire et li viscomtes de Biaumont et
messires Bauduins d’Enekins, et eurent avoecq yaux les Franchois,
les Normans et les Pickars, monsigneur Oudart de Renti, monsigneur
Engherant du Edin, monsigneur Loeis d’Aveskierke et les autres. La
tierce eut li Arceprestres et les Bourghignons avoecq lui, monseigneur
Loeys de Chalon, le seigneur de Biaugeu, monsigneur Jehan de Vianne,
monsigneur Gui de Frelay, monsigneur Huge de Vianne et pluisseurs
autres. Et devoit s’asambler ceste bataille au bascle de Marueil et
à se routte. Et l’autre bataille, qui estoit pour arrierre garde, fu
des Gascons: monsigneur Aimmenion de Pumiers, le soudich de Lestrade,
le signeur de Mucident et pluisseur aultre. Et pour ce quil veoient
le pignon le captaul mis et assis en ung buisson et en faisoient li
Navarois leur estandart, il ordonnèrent leur bataille des Gascons à
adrechier ceste part. Fº 130 vº.
P. 115, l. 11: Entrues.--_Ms. A 6_: Entrementres. Fº 248 vº.--_Mss. A
8, 15 à 17_: Pendant ce.
P. 115, l. 14: Bretons.--_Le ms. A 15 ajoute_: dont je vous en nommeray
aucuns chevaliers et escuiers: premierement monseigneur Olivier
de Mauny et monseigneur Hervé de Mauny, monseigneur Eon de Mauny,
frères, et nepveux du dit monseigneur Bertran, monseigneur Geffroy
Ferron, monseigneur Allain de Saint Paul, monseigneur Robin de Guité,
monseigneur Eustace et monseigneur Allain de la Houssoye, monseigneur
Robert de Saint Pern, monseigneur Jehan le Voier, monseigneur Guillaume
Bodin, Olivier de Quoyquen, Lucas de Maillechat, Gieffroy de Quedillac,
Gieffroy Paien, Guillaume du Hallay, Jehan de Parrigny, Sevestre Budes,
Berthelot d’Angoullevent, Olivier Ferron, Jehan Ferron son frère et
pluseurs autres bons chevaliers et escuiers que je ne puis mie tous
nommer. Fº 269.
P. 115, l. 17 et 18: d’Anekins.--_Mss. A 18, 19_: de Meleun.
P. 115, l. 18 à 21: mestres... Haveskierkes.--_Ces lignes manquent dans
les mss. A 15 à 17._
P. 115, l. 20: d’Uedin.--_Mss. A 7, 18, 19_: de Hedin. Fº 249.
P. 115, l. 26: Hughe.--_Mss. A 15 à 17_: Jehan.
P. 116, l. 1: purainne.--_Ms. A 6_: entière. Fº 248 vº.--_Mss. A 8,
15_: pure. Fº 245 vº.
P. 116, l. 7: lés.--_Mss. A 8, 15 à 17_: costé.
P. 116, l. 8: un.--_Le ms. A 15 ajoute_: hault. Fº 269 vº.
§ =517=. Assés tost.--_Ms. d’Amiens_: Et (ordonnèrent les Gascons)
trente hommes des leurs, fors et appers, montez chacuns sus bons fors
courssiers et delivrés, et aler concquerre ce pignon et combattre au
captaul, et rompre se bataille quant elle seroit entamée, et à riens
entendre fors tant seullement au captaul, et lui prendre par forche et
toursser sur leurs chevaux et porter ent à sauveté; car qui l’aroit
pris, fust li journée pour yaux ou non fust, il aroit bien esploitiet,
et tenroient leurs ennemis pour tous desconffis. Fº 131.
P. 117, l. 3: entrues.--_Ms. A 7_: entrementres.--_Mss. A 6, 15 à 17_:
pendant.
P. 117, l. 7: tourseront.--_Mss. A_: trousseront.
P. 117, l. 8 et 9: où que soit.--_Mss. A 6, 15 à 17_: quelque part.
P. 117, l. 20: rades.--_Mss. A_: roides.
P. 117, l. 24: estre.--_Le ms. A 15 ajoute_: pour faire et acomplir
l’entreprinse que tous ces seigneurs de France et de Gascongne avoient
parlé et ordonné entr’eulx. Fº 269 vº.
§ =518=. Quant cil.--Ms. d’Amiens: Quant li Franchois se furent enssi
ordonné, ainchois que li signeur se trayssent en leurs bataillez où
il estoient estaubli, il regardèrent entre yaux et pourparlèrent
à lequelle bannierre ou pignon il se retrairoient et quel crit il
criroient. Si fu de premiers acordé entre yaux qu’il criroient: «Nostre
Damme! Auchoire!» Mès li comtez, qui là estoit presens, y refuza et
s’escuza et dist que il estoit li ungs des jonnes chevaliers qui là
fust, et la premierre besoingne arestée où il avoit estet, si ne
volloit mies que on lui fesist celle honneur, mes fust baillie à un
autre où elle fuist mieux emploiiée c’à lui. Dont fu regardé d’un
coumun acord c’on crieroit: «Saint Yve! Claiequin!» et pour yaux mieux
recongnoistre: «Nostre Damme! Claiequin!»
Ensi tout rengiet et ordonné et avisé quel cose il devoient faire et
yaux maintenir, se tenoient tout quoy sus les camps et regardoient
leurs ennemis, qui nul samblant ne faisoient dou descendre. Si se
traissent enssamble li chief des routtes environ yaux vingt cinq, et
parlementèrent ung grant temps. Et volloient li aucun, especialment
messires Bertrans de Claiequin, que on les allast combattre. Et li
aucun, mieux avisés, le debatoient et disoient que, se il faisoient
enssi, il feroient ung grant outraige, mès souffresissent encorres
et regardaissent le couvenant de leurs ennemis: «Sachiés, disoient
messires Oudars de Renti et messires Bauduins d’Ennekins, que, se nous
avons grant desir d’iaux combattre, ossi ont il nous: si nous tenons en
nos batailles bellement et quoiement. S’il descendent, bien nous les
combaterons; et s’il ne descendent dedens le soir, nous arons autre
advis.»
Chilx conssaux fu tenus, et se tinrent li Franchois tout quoy, chacuns
sirez desoubs se bannierre ou desoubs se pignon, enssi qu’il estoit
ordounnés. Et tant atendirent qu’il fu haux midi et que li jours
estoit si escauffés que li pluisseur en estoient tout afoibli, car il
n’avoient avoecq yaux nulles pourveanches pour boire ne pour mengier,
se petit non. Et toudis se tenoient li Navarrois et li Englès en leur
fort, sans yaux bougier ne faire samblant de descendre. Quant ce vint
sus l’eure de nonne et que li sollaux tourna dou tout au contraire des
Franchois, et que de trop junner li pluisseur estoient mout foullé,
si se coummenchièrent enssi que tout à descoragier, et dissent li
aucun que li heure passoit pour combattre. Si se fuissent par samblant
volentiers retret, et fu priesque tout conssilliet dou retraire et dou
niens combattre.
Or vous di qu’il y avoit là aucuns gentilz hommes de Normendie qui
cevauchoient de l’un à l’autre, sans get et sans regard, qui ne se
pooient armer, car il estoient prisonnier as Navarois et recreus
sus leurs fois. Si disoient bien as chevaliers franchois: «Signeur,
advisés vous, car, se li journée se depart sans bataille, vostre ennemy
seront demain deus tans qu’il ne sont hui, et toudis mouteplieront en
puissanche; car messires Loeis de Navarre doit venir à plus de mil
combatans.» Si que ces parolles atraioient durement les Franchois à
combattre. Fº 131.
P. 117, l. 25: eurent.--_Les mss. A 6, 17 ajoutent_: tout.
P. 118, l. 6: dou.--_Le ms. A 17 ajoute_: noble.
P. 118, l. 8: bellement.--_Mss. A 8, 15 à 17_: doucement.
P. 118, l. 12: journée.--_Ms. A 15_: besongne. Fº 270.
P. 118, l. 13: de.--_Ms. A 8, 15 à 17_: que.
P. 118, l. 16: le Mestre.--_Ms. A 15_: Baudequin d’Annequins, maistre
des arbalestriers.
P. 118, l. 27: vos compains.--_Mss. A 6, 7, 15 à 17_: vostre compaignon.
P. 119, l. 13: tierne.--_Mss. A_: tertre.
P. 119, l. 21: vin.--_Le ms. A 17 ajoute_: ne baril.
P. 119, l. 23: flaconciaus.--_Ms. A 7_: flaconniaus. Fº 249 vº.--_Mss.
A 8, 15 à 17_: flacons, petiz flacons.
P. 119, l. 28: soutilleté.--_Ms. A 17_: subtilité. Fº 311 vº.
P. 119, l. 29: remontière.--_Mss. A_: remontée.
P. 120, l. 1 et 2: couvenant.--_Mss. A 8, 15 à 17_: couvine.
P. 120, l. 6: requerre.--_Mss. A 8, 15_: requerir.
P. 120, l. 16: frefel.--_Ms. B 3_: desir.--_Ms. B 4_: frestel.--_Ms. A
6_: fresel.
P. 120, l. 20: paisieulement.--_Mss. A_: paisiblement.
P. 120, l. 24: nostre.--_Mss. A_: vos.
P. 120, l. 27: trois cens.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19_: quatre
cens.
P. 120, l. 30: ahati.--_Ms. A 17_: hastiz.--_Ms. A 15_: atiz.