P. 53, l. 26: de le cancelerie.--_Ces mots manquent dans le ms. A 8._

§ =487=. P. 53, l. 28: si bien.--_Le ms. A 17 ajoute_: faictes.

P. 54, l. 2: se deuist brisier.--_Ms. A 7_: ne se deust briser. Fº 235

vº.--_Ms. A 8_: seroit tenue sanz briser. Fº 230.

P. 54, l. 6: paisieulement.--_Mss. A_: paisiblement.

P. 54, l. 9: en son.--_Ms. A 7_: ens ou.--_Mss. A 8, 15_: ou.--_Ms. A

17_: dedens le.

P. 54, l. 10 et 11: si enfant.--_Ms. A 15_: ses trois filz.--_Ms. A

17_: les enffans du dit roy.

P. 54, l. 15: vigile.--_Ms. A 8_: veille. Fº 230.

P. 54, l. 18: en istance que pour.--_Ms. A 8_: en entencion de.

P. 54, l. 26: deuement.--_Ms. A 8_: devotement.

P. 54, l. 27: tournèrent.--_Ms. A 8_: retournèrent.

§ =488=. Or est raisons.--_Ms. d’Amiens_: Or vous voeille noummer tous

lez nobles seigneurs de Franche qui furent hostage pour le roy Jehan

de Franche et qui vinrent demourer pour lui à Londres: premierement li

dus d’Ango, li dus de Berri, li dus d’Orliens, li dus de Bourbon, li

comtez d’Allenchon, messires Guis de Blois pour le comte Loeys de Blois

son frère, li comtes de Saint Pol, le comte daufin d’Auvergne, le comte

de Halcourt, le comte de Porsiien, le comte de Brainne, monsigneur

Jehan d’Estampes, monsigneur Engheran signeur de Couchi, le seigneur de

Montmorensi, le signeur de Prayaux, le signeur de Clères, le seigneur

de Fontenielle, monsigneur Jehan de Lini, castelain de Lille, le

signeur de Saint Venant, le signeur d’Englure, le signeur de Trainiel,

le signeur de Malevrier, le signeur de Latour, le signeur de Roye,

le seigneur de Bourbercq, le signeur d’Andresel et les autres barons

dont je nay mies bonnement le memore. Ossi de le bonne cité de Paris,

de Thoulouse, de Roem, de Rains, de Lions sus le Rosne, de Bourges en

Berri, d’Orliiens, d’Amiens, de Tournay, de Chaalons en Campaingne, de

Troies, d’Arras, de Saint Omer, de Lille et de Douai, de chacune de

ces cités et de ces villes, deux bourgois. Si passèrent tout le mer

ensi que je vous di, et s’en vinrent amaser et amanagier en le chité de

Londres, chacuns sires par lui avoecquez ses gens et sen ordounnanche

et tinrent bon estat et grant et noble. Et ossi li roys les tenoit

liement; et quant il venoient deviers lui, il les festioit et veoit

vollentiers et leur demandoit des nouvelles et les laissoit, sus le

recreance de leurs fois, aller et venir, chevauchier et esbatre, voller

et cachier parmy le royaumme d’Engleterre. Fº 124 vº.

P. 55, l. 14: Lini.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Ligny.

P. 55, l. 14: Brainne.--_Mss. A 8, 15_: Brianne.

P. 55, l. 18 à 21: d’Auvergne... d’Andresel.--_Ces trois lignes

manquent dans le ms. A 17_, fº 290.

P. 55, l. 22: Ossi.--_Ms. B 6_: et de dix neuf chités et bonnes villes,

de chascune deus bourgois, et de Paris quatre. Sy jurèrent tout chil

signeur et bourgois solempnellement de aller tenir prison à Londres, en

Engleterre, et là où au roy plairoit, jusques adonc que on les aroit

racheté de vingt quatre cens mille francs. Fº 616.

P. 55, l. 27: Kem.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Caen. Fº 230 vº.

P. 55, l. 28: çascune.--_Les mss. A 7, 15 à 17 ajoutent_: cité.

P. 55, l. 30: amanagier.--_Mss. A 15 à 17_: amenasgier.

P. 55, l. 31: recarga.--_Mss. A 7, 8, 15_: recharga.--_Ms. A 17_:

charcha.

P. 56, l. 1: enjoindi.--_Mss. A_: enjoingni.

P. 56, l. 7: rihote.--_Mss. A_: riote.

P. 56, l. 8 et 9: cachier.--_Mss. A_: chacier.

P. 56, l. 11: ne furent.--_Mss. A_: n’y furent.

P. 56, l. 14: Boulongne.--_Les mss. A 1, 17 ajoutent_: et estoit party

de la ditte ville de Calays.

§ =489=. Li rois.--_Ms. d’Amiens_: Si vint li rois Jehans à grant

compaignie en le bonne ville de Saint Omer, où il fu grandement

festiiés et conjoïs, et li dounna on et presenta des biaux presens,

puis s’en parti et vint à Teruane et puis à Arras. Là vint li dus de

Normendie, ses filx, contre lui, qui le conjoï et requeilli liement, si

comme il estoit tenus dou faire. De touttes les gistes, les visitations

que li roys fist par son royaumme, me voeil je briefment passer; mès

il alla tant de chité en cité, de bonne ville en bonne ville, qu’il fu

li Noëlx ainsçois qu’il revenist à Paris; et quant il y rentra, on ne

vous poroit mies deviser com noblement et puissanment il y fu rechups,

car moult y estoit desirés. Et li donna on des biaux dons et des grans

presens, et le vinrent veoir et viseter li prelat et li seigneur de son

royaumme. Si les recevoit li rois bellement et sagement, ensi que bien

le savoit faire. Fºs 124 vº et 125.

P. 56, l. 21: vint.--_Ms. A 17_: revint. Fº 290 vº.

P. 56, l. 26: le roy.--_Ms. A 17_: lui.

P. 56, l. 27: devisé.--_Ms. A 8_: raconté. Fº 230 vº.

P. 56, l. 27: com.--_Ms. A 8_: comment.

P. 56, l. 28: recueilliés.--_Mss. A_: recueillis, recueilli.

P. 56, l. 28: ce.--_Ms. A 8_: son.

P. 56, l. 30 et 31: biaus... presens.--_Ms. A 17_: beaulx jouaulx et de

grans dons, et fist on de rechief presens.

P. 57, l. 3: recevoit.--_Ms. A 17_: receut moult.

P. 57, l. 3 et 4: et bellement... faire.--_Ces mots manquent dans les

mss. A._

§ =490=. Assés tost.--_Ms. d’Amiens_: Si envoya li dis roys monsigneur

Jakemon de Bourbon, son cousin, en le Langhe d’Ock, pour viseter le

pays et mettre en saisinne et en possession des villes et des castiaux

et des pays les gens le roy d’Engleterre, qui y devoient venir, enssi

que couvens se portoit...

En ce tamps fu advisé et regardé de par le consseil d’Engleterre, que

chils bons chevaliers messires Jehans Cambdos venroit en Acquittaine

prendre le possession des cités, des villes et des pays que li roys

englès y devoit tenir, car il avoit mis grant painne au concquerir,

tant à le bataille de Poitiers comme ailleurs; et si estoit frans

et gentilz de corraige et bien acordables à touttez gens d’onneur,

sages et advisés durement: pour chou y fu il envoiiés. Si passa le

mer messires Jehans Cambdos et vint en Acquittainne en grant arroy,

et prist le possession de toutes les terrez devisées et dittez en le

cartre de le pès. Et quitta li dis rois de France à tous seigneurs,

barons, chevaliers et escuiers, fois, hommaiges et services, et remist

tout en le main dou roy d’Engleterre qui y entra, voirs messires Jehans

Cambdos procureres pour lui, ossi purement, ossi quittement que li

roys Jehans les tenoit: dont moult despleut à chiaux de le Rocelle,

de Saint Jehan, de Poito, de Saintonge, que il les couvenoit y estre

englès. Ossi fist il à chiaux de Pontieu, ouquel pays li roys englès

envoya monsigneur Gerar de Baudresen, qui fu senescaux de Pontieu et le

gouvrenna ung grant tamps. Fº 125.

P. 57, l. 7: prendre.--_Les mss. A 15 à 17 ajoutent_: la possession et.

P. 57, l. 13: obeir ne yaus rendre.--_Ms. A 17_: obeyr à eulx ne rendre.

P. 57, l. 14: quoique.--_Ms. A 8_: combien que. Fº 231.

P. 57, l. 15: venoit.--_Mss. A 7, 17_: sembloit. Fº 236 vº.

P. 57, l. 15: grant.--_Le ms. A 8 ajoute_: dommage et.

P. 57, l. 17: le conte.--_Ms. A 8_: de la conté.

P. 57, l. 19 et 20: le signeur de Taride.--_Ces mots manquent dans les

mss. A._

P. 58, l. 1: Jakemon.--_Mss. A 8, 15 à 17_: Jaques.

P. 58, l. 21 et 22: que donc que il fuissent.--_Mss. A 8, 15 à 17_: que

ce qu’ilz feussent.

P. 58, l. 24: escusances.--_Ms. A 8_: excusacions.

P. 58, l. 27 et 28: enfrainte et brisie.--_Ms. A 17_: en France brisée.

P. 58, l. 28: par lequel coupe.--_Ms. A 17_: laquelle chose.

P. 58, l. 30 et 31: moustrances.--_Ms. B 3_: remoustrances. Fº 246

vº.--_Mss. A 8, 15 à 17_: paroles.--_Le ms. A 7 ajoute_: ne paroles.

P. 58, l. 32: à trop grant dur.--_Ms. B 3_: bien enviz.

P. 58, l. 32: dur.--_Mss. A_: dureté.

P. 58, l. 32: disent.--_Ms. A 8_: disoient.

P. 59, l. 1: aourrons.--_Mss. A 7, 8, 15_: aourerons.--_Ms. A 17_:

adourerons.

P. 59, l. 2: lèvres.--_Ms. A 17_: mains.

P. 59, l. 2 et 3: li coers ne s’en mouvera.--_Mss. A_: les cuers ne

s’en mouveront.

P. 59, l. 23 et 24: onques... de li.--_Ms. B 3_: et mieulx que

chevalier qu’on sceust trouver de son temps.

P. 59, l. 24: mieus de li.--_Ms. A 8_: ne y sceut mieulx estre de lui.

Fº 231 vº.--_Mss. A 15 à 17_: ne fist mieulx de lui. Fº 253.

§ =491=. Entrues.--_Ms. d’Amiens_: Assés tost apriès le revenue dou

roy Jehan, envoyea li roys englès souffissans hommes de par lui

ou royaumme de Franche pour faire wuidier et partir des garnisons

touttes mannierres d’Englès qui les tenoient. Et leur commandèrent

li dit coummis, de par le roy englès, que, sus à perdre le royaumme

d’Engleterre et lez vies, s’on les y tenoit, il se partesissent des

fors et des castiaux et remesissent en le main dou roy de Franche et

de ses gens. Ceste ordonnanche fu moult griefs pour les pluisseurs qui

avoient apris à pillier et à rober, et qui estoient tout amonté et fet

de le guerre, et qui, en devant çou, estoient povre garchon et varlet.

Si leur ressambla que, s’il retournoient, il ne saroient vivre seloncq

l’usaige dont il estoient parti, dont li pluisseur ne veurent mies si

tost obeir, et fissent moult de maux ens ou royaumme de Franche, si

comme vous orés chy apriès. Et chil qui obeissoient, vendoient les

fors qu’il tenoient, as gens dou pays d’environ. Bien est voirs que

li chevalier et bon escuier, gentil homme d’Engleterre, obeirent et

partirent des villes et des fors qu’il tenoient; mais il avoit Alemans,

Flammens, Braibenchons, Haynuiers, Bretons, Bourghignons, mauvais

Franchois, Normans, Pickars et Englès de basse venue, qui s’estoient

amonté de le gherre et qui n’avoient riens à perdre, fors chou qu’il

tenoient. Chil parseverèrent en leur mauvaistié et dissent qu’il les

couvenoit vivre. Si se queillièrent et assamblèrent de diviers lieux,

et gueriièrent le royaumme ossi fort que devant: dont meismement moult

desplaisi au roy d’Engleterre...

En ce tamps estoit li grande Compaigne en Bourgoingne et en Campagne,

que on clammoit les Tart Venus, et avoient gaegniet de force le fort

castel de Genville et si grant tresor que on avoit dedens assamblés

et mis en garde sus le fianche dou fort castiel, que on ne le pooit

numbrer, et fu environ le Noël, l’an mil trois cens soissante. De quoy

li compaignon qui avoient tout celui pays gastet et exilliet, ars et

desrobet, departirent entre eux leur gaaing et leur pillage en grant

reviel, et dissent entr’iaux qu’il ne cesseroient jammès de guerriier,

car, sans ce, il ne saroient vivre. Si entrèrent en Bourgoingne et y

fissent moult de maux, car il avoient de leur acord aucuns chevaliers

et escuiers dou pays qui les menoient et conduisoient. Si se tinrent

ung grant temps environ Digon et Biaune, et robèrent tout celui pays,

car nuls n’alloit au devant; et prirent le bonne ville de Givri en

Biaunois et le robèrent et essillièrent toutte, et se tinrent là ung

grant temps et entours Vregy, pour le cause dou cras pays. Et toudis

acroissoit leurs nombres; car cil qui se partoient des fortrèches et

qui leur mestre donnoient congiet, se traioient tout de ceste part.

Si furent bien dedens le quaresme quinze mil combatans. Si fissent et

eslisirent entr’iaux pluisseurs cappitainnes à qui il obeissoient et se

tenoient dou tout.

Si vous en voeil noummer les aucuns: li plus grans mestres entre

yaux estoit uns chevaliers de Gascoingne, qui s’appelloit messire

Segins de Batefol. Chils avoit de se routte bien deus mil combatans.

Si estoient touttes cappitainnes et meneurs des autres, Talebart et

Talebardon, Guios dou Pin, Espiote, le Petit Meschin, Batillier,

Hannekin Franchois, le bourcq Camus, le bourcq de Bretoeil, le bourcq

de l’Espare, Lamit, Naudon de Bagerant, Hagre l’Escot, Albrest,

Bourduelle, Carsuelle, Briquet, Ammenion de l’Ortighe, Garsiot dou

Castiel et pluisseur autre. Si s’avisèrent ces compaignons, environ le

my quaremme, qu’il se trairoient viers Avignon et venroient veoir le

pappe et les cardinaux. Si le senefièrent enssi li uns à l’autre par

routez et par compagnies, et se devoient tous trouver en Bourgoingne,

entre Lions sus le Rosne et Mascons, sus le rivière dou Sone et en ce

bon cras pays. Fº 125.

P. 59, l. 27 et 28: de trettié et de pais.--_Ms. A 8_: et traittié de

paix. Fº 231 vº.

P. 59, l. 28: commis.--_Le ms. A 15 ajoute_: et ordonnez. Fº 253.--_Le

ms. A 17 ajoute_: et depputez. Fº 291 vº.

P. 60, l. 3: sus à perdre.--_Ms. B 3_: à peine de perdre. Fº 246

vº.--_Ms. A 7_: sus paine à perdre. Fº 237.--_Mss. A 8, 15 à 17_: sur

peine de perdre.

P. 60, l. 12 et 13: d’estragnes nations.--_Ms. A 17_: d’estrangiers.

P. 60, l. 17: des.--_Mss. A_: par les.

P. 60, l. 17: au.--_Ms. A 15_: à.--_Ms. A 17_: et.

P. 60, l. 20: oultre.--_Ms. A 17_: contre.

P. 60, l. 25: à pillier.--_Ms. A 17_: et à pillagier.

P. 60, l. 26 et 27: pourfitable.--_Ms. B 6_: car telz aloit à dix ou à

vingt chevaulx que, se il fust à son ostel, il n’aroit point puissanche

de luy monter. Fº 617.

P. 60, l. 28: cueilloient.--_Mss. A 8, 15 à 17_: recueilloient.

P. 61, l. 4: prisent.--_Le ms. B 6 ajoute_: en chel yvier. Fº 618.

P. 61, l. 5: Genville.--_Ms. A 8_: Joinville.

P. 61, l. 12: Vredun.--_Mss. A_: Verdun.

P. 61, l. 14: vendirent.--_Ms. A 8_: rendirent.

P. 61, l. 17: Bourgongne.--_Ms. B 6_: sy en avoit ossy grant route et

grant flote en Bourgongne, que on nommoit les Tart Venus. Fº 618.

P. 61, l. 24: Givri.--_Ms. A 8_: Gyvré. Fº 232.--_Ms. A 17_: Givrey.

P. 61, l. 26: Vregi.--_Mss. A_: Vergi, Vergy.

P. 61, l. 30: quinze mil.--_Mss. A 2 à 6, 18, 19_: seize mil.--_Ms. B

6_: trente mille. Fº 618.

P. 62, l. 4: Segins.--_Mss. A_: Seghins, Seguins, Seguin.

P, 62, l. 6: Espiote.--_Ms. A 15_: Lespiote.

P. 62, l. 7: Batillier.--_Ms. A 15_: Bataillé, breton. Fº 253 vº.

P. 62, l. 7: Hanekin.--_Mss. A_: Hennequin.

P. 62, l. 9: Lamit.--_Le ms. A 15 ajoute_: Maleteire, Hamée, Lescot,

bretons.

P. 62, l. 10: Bourduelle.--_Ms. A 7_: Borduelle.--_Ms. A 8_:

Berduelle.--_Ms. A 15_: Bourdille.--_Ms. A 17_: Bourdouelle.

P. 62, l. 12: dou Chastiel.--_Le ms. A 15 ajoute_: breton.

§ =492=. Li rois.--_Ms. d’Amiens_: Li roys de Franche entendi ces

nouvelles que cez Compaingnes mouteplioient enssi, qui gastoient et

essilloient son royaumme. Si en fu durement courouchiés, car il li fut

dit et remoustré par grant especialité que ils feroient plus de maux

et de villains fès ou royaumme de Franche, enssi que ja faisoient, que

li guerre des Englès n’ewist fait. Si eult avis et conseil li rois

de France que d’envoiier contre yaux et combattre. Si en escripsi li

roys de France especialment et souverainnement deviers son consseil

monseigneur Jaquemon de Bourbon, qui se tenoit adonc à Montpellier,

et avoit mis nouvellement monseigneur Jehan Camdos en le possession

de toutte la ducé d’Acquittainne, si comme chi dessus est contenu. Et

li mandoit li dis rois qu’il se feeist chiez contre ces Compaignes et

presist tant de gens d’armes de tous costés qu’il fuist fort assés

pour yaux combattre. Quant messires Jaquemes de Bourbon entendi ces

nouvelles, il s’avalla deviers Avignon et puis deviers Lion sus le

Rosne, pour venir au devant contre ces malles gens qui faisoient tous

les maus dou monde là où il converssoient. Et pria et manda li dis

messires Jaquemes tous les seigneurs, barons, chevaliers et escuiers

de là entours. Chacuns y obei vollentiers pour aidier à destruire ces

Compaingnes. Fº 125.

P. 62, l. 21: Compagnes.--_Ms. A 17_: compaignons.

P. 63, l. 9: vers Avignon.--_Mss. A 1 et 2, 4 à 6_: dever la cité

d’Angiers.--_Ms. A 3_: devers la cité d’Agen.

P. 63, l. 14: maies gens.--_Ms. A 17_: gens mauvaiz. Fº 292 vº.

P. 63, l. 27: Forès.--_Ms. A 8_: Foix. Fº 232 vº.

P. 63, l. 30: Renaulz.--_Ms. A 8_: Raoul.

P. 63, l. 31: la conté.--_Ms. A 8_: la contesse.

P. 64, l. 3: bellement.--_Mss. A 8, 15_: liement.--_Ms. A 17_:

doulcement.

P. 64, l. 5 et 6: car... part.--_Ms. A 17_: contre les Compaignes.

§ =493=. Quant ces routes.--_Ms. d’Amiens_: Quant ces Compaignes

entendirent ce, qui se tenoient vers Mascon et vers Chaalons et vers

Tournus et en le terre le seigneur de Biaugeu, que li Franchois

s’asambloient pour yaux combattre, si se traissent les cappitainnes

tous enssamble et eurent avis et consseil comment il se maintenroient.

Si nombrèrent entr’iaux leurs gens et leurs routtes, et regardèrent

qu’il estoient environ seize mil combatans, uns c’autres. Si dissent

enssi entre yaux: «Nous nous meterons as camps et atenderons

l’aventure, et combaterons ces Franchois qui s’asamblent contre nous.

Se fortune donne que nous les poons desconfire, nous serons tout riche

homme et recouvrerons, tant par bons prisonniers que nous prenderons,

que par ce que nous serons si doubté et cremus en ce pays et là où

nous vorrons aller, que nus ne s’osera mettre contre nous; et, se nous

sommes desconffi, nous serons paiiés de nos gages.»

Chilx pourpos fu entre yaux tenus: ils se deslogièrent et montèrent

amont deviers les montaignes pour entrer en le comté de Forès, en ce

bon cras pays, et s’en vinrent deviers Chierleu, qui est de le comté

de Mascons, et assaillirent un jour toutte jour la ditte ville, mais

il ne le peurent gaegnier. Puis passèrent oultre et chevauchièrent

vers Montbrigon en Forès, gastant le pays, ranchonnant gens et villes

à grant fuison et conquerant vivrez à grant plenté; car li pays y

est bons et cras et durement plentiveux. Ad ce donc estoit messires

Jaquemes de Bourbon en le comté de Forès, car il le tenoit en bail et

en gouvernement pour la cause de ses nepveux, enffans dou comte de

Forrès qui estoit nouvellement trespassés, qui avoit eu sa serour à

femme, laquelle damme vivoit encorres.

Si estoit li dis messires Jakemes durement courouchiés sus ces

Compaignes, parce qu’il gastoient et essilloient enssi le pays de sa

soer et de ses nepveux, et fist ung très grant mandement auquel vinrent

li Arceprestres à bien deux cens lanches, li sires de Grantsi, messires

Jehans de Chaalons, messires Robers de Biaugeu, li sires de Villars

et de Roussellon, li sires de Tournon, li viscontes d’Uzès, messires

Ansseaux de Sallins, messires Jehans de Vianne, messire Hughes de

Vianne, messires Jaquemes de Vianne, messires Guillaummes de Toraisse,

messires Jehans de Rie, messires Jehans de Montmartin, li sires de

Montmorillon, li sires de Gonssaut, li sires de Calençon, messires

Henri de Montagut et grant fuison de bons chevaliers et escuiers de

Bourgongne, de Savoie, de le daufinet de Vianne, d’Auviergne et des

marches là environ, tant à le priière et mandement messire Jaqueme

de Bourbon que pour ruer ces Compaingnes jus, qui enssi roboient et

essilloient le pays sans title de nulle gherre, fors que par pillage et

roberie. Fº 125 vº.

P. 64, l. 9: en.--_Ms. A 17_: entour.

P. 64, l. 15: uns c’autres.--_Ms. A 8_: que uns, que autres. Fº 232 vº.

P. 65, l. 6: maulz.--_Ms. A 17_: dommaiges.

P. 65, l. 8: cheminoient.--_Mss. A_: chevauchoient.

P. 65, l. 12: trois.--_Le ms. B 3 ajoute_: petites. Fº 247 vº.

P. 65, l. 12: liewes.--_Les mss. A 7, 15 à 17 ajoutent_: près.

§ =494=. Ces gens.--_Ms. d’Amiens_: Ces gens d’armes assamblés

avoecq monseigneur Jaqueme de Bourbon, qui se tenoient à Lion sus

le Ronne et là entours, entendirent que les Compaingnes aprochoient

[d’iaux] durement et avoient pris le ville et le castiel de Brinay,

à trois lieuwes de Lyons, et encorres des autres fors, et gastoient

et essilloient tout le pays. Si despleurent moult ces nouvelles à

monsigneur Jaquemon de Bourbon et à tous les autres. Si partirent hors

de Lions touttes gens d’armes et se missent as camps et prissent le

chemin par deviers les ennemis, et envoiièrent leurs coureurs devant

pour savoir où il se tenoient. Chil chevauchièrent si avant qu’il

trouvèrent les Compaignes rengies et ordounné[es] sus une montaingne.

Or vous di que mal[i]cieuzement ces Compaingnes avoient ordonné leur

affaire, car il avoient enssi d’iaus repus ou fons d’une montaingne une

grosse bataille, et de toutte le mendre et les pis armés il avoient

fait moustre et visaige. Dont li coureur des Franchois raportèrent

enssi à leurs maistres et seigneurs qu’il avoient veu les Compaignes

rengiez et ordounnées sus un terne, et bien aviset; mès, tout

conssideret, ils n’estoient non plus [o]u de six mil et cinq cens ou

sept mil hommes, et encorres en estoit li droite moitiés moult mal

armés.

Quant messires Jacquemes de Bourbon oy che raport, si dist à

l’Archeprestre: «Archeprestre, vous m’aviés dit qu’il estoient bien

quinze mil combattans, et vous oés tout le contraire.»--«Sire, respondi

li Arceprestres, encorres n’en i quide jou mies mains, et s’il n’y

sont, c’est tout pour nous. Si regardés que vous vollés faire.»--«En

nom Dieu, dit messires Jaquemes de Bourbon, nous les yrons combattre

ou nom de Dieu et de saint Gorge.» Là fist arester sus les camps li

dis messires Jaquemes de Bourbon touttez ses gens et ses bannierres,

en chacune avoit six mil hommes. Et là fist son ainnet fil chevalier,

monsigneur Pierre de Bourbon, et son nepveult le jonne comte de

Forrez et pluisseurs autres jonnes chevaliers. Et estaubli monsigneur

l’Arceprestre en le première bataille, et puis fist chevauchier

bannierrez et pignons areement et ordonneement avant par deviers les

ennemis. Si n’eurent gairez alet quant il les virent et trouvèrent, et

s’enbatirent en un plain où, par desus en le montaingne, li bataille

des Compaingnes estoit, dont je parloie maintenant.

Si trestost que chil seigneur de Franche virent le bataille de ces

malles gens qui estoit rengie et ordounnée sus le tierne d’encoste

yaulx, si n’en fissent que gaber et dissent: «On devoit bien faire si

grande assamblée de gens d’armes pour telx gens; toutte li mendre de

nos bataillez lez deveroit desconffire.» Lors regardèrent comment il

poroient venir jusques à yaux, car grant desir avoient dou combattre.

Il leur couvenoit costoiier celle montaingne et passer par dessous

assés priès des Compaingnes, s’il volloient venir sus ung estault et

ung grant pendant qui ouvroit le chemin de le montaingne. Si prissent

li Franchois che chemin, et par especial li bataille l’Arceprestre et

monsigneur Jehan de Chaalon et monsigneur Robert de Biaugeu.

Enssi qu’il chevauchoient pour venir à leur avantage, les Compaingnes

qui estoient ou terne dessus yaux, [estoient avisées de leur fait]. Il

n’en y avoit nulx, quelx qu’il fust, grans ne petis, armés ou desarmés,

qui ne fuist pourveus de caillues ou kokus, car la terre où il estoient

en estoit toutte plainne. Dont, si trestost qu’il virent venir leurs

ennemis, ils s’eslargirent et coummenchièrent à jetter de ces pierrez

si dur et si roit sus ces gens d’armes, que nulz n’osoit aller avant

s’il ne volloit estre tous confroissiés, et moult de bons chevaliers

et escuiers, par leur jet, missent à grant meschief, car chil cailliel

agut ou cornut effrondroient bachinès ou cappiaux de fier, con fort

qu’il fuissent. Avoec tout chou, en jettant il juppoient, et huioient

si hault et si cler quil sambloit proprement que tout li diauble

d’infier y fuissent.

Adonc vint leur grosse bataille qui bien estoit rengie et ordounnée, et

où toutte li fleur de leurs gens d’armes estoient: messires Segins de

Batefol, Petit Mescin, Naudon de Bagerant, le bourcq Camus, Espiote,

Batillier, le bourcq de l’Espare, Lamit, Guiot dou Pin, le bourch de

Bretuel et pluisseur aultre, tout appert compaignon as armes et fors

et durs guerieurs. Evous vinrent sus costé à le seniestre main sus

ces Franchois, en escriant leur cri et leurs ensengnes, et crioient:

«Aye Dieux, aye as Compaingnes!» Là coummenchièrent il à entrer entre

lez Franchois et à ruer jus de cours de chevaux et de cops de glaivez

et mettre à grant meschief; car, avoecq tout chou, chil qui estoient

en le montaingne, jettoient si ouniement et si vertueusement pierres

et caillaus, que li Franchois ne pooient aller avant ne reculler, mès

estoient si entrepris de tous lés qu’il ne se pooient aidier.

Là fu très bons chevaliers li Arceprestrez, et moult vassaument se

combati, et chil de se route; mès finablement se bataille fu toutte

rompue, se bannierre jettée par terre, et chils qui le portoit, mors,

et plus d’iaux vingt cinq dallés lui. Et fu li Archeprestres abatus

et fianchiez prisons, avoec ce, durement navrés. Là furent pris

messires Jehans de Chaalons, messires Robiers de Biaugeu, li sirez de

Roussellon, messires Gerars de Salière, li viscomtes d’Uzès; et ochis,

li sires de Tournon et li sirez de Montmorillon et pluisseur chevalier

et escuier de Bourgoingne, d’Auvergne et des marches de là environ. Là

fu navrés à mort chilz gentilz chevaliers, dont ce fu pités et grans

dammaigez, messires Jaquemez de Bourbon et fu raportez à Lions, et

messire Pierre de Bourbon, ses aisnés fils, ossi navrez à mort, et

li jonnes comtes de Forès, ses nepveulx, ossi ochis, et tamaint bon

chevalier et escuier de leur route.

Briefment li Franchois furent tout desconfis, et obtinrent les

Compaingnes le journée, et prissent ou ochirent à leur vollenté les

plus grans de l’ost, dont il eurent puis tamainte bonne raenchon, et

moult en adammagièrent le royaumme de France à cel lés, si comme vous

orés chi apriès. Ceste bataille fu assés priès de Brinay, à trois

lieuwez de Lion sus le Rosne, l’an mil trois cens soissante et un, le

douzième jour d’avril. Fº 126.

P. 65, l. 17: se tenoit.--_Ms. B 4 et mss. A_: se tenoient. Fº 234 vº.

P. 65, l. 19: pris.--_Les mss. A ajoutent_: et conquis de force.

P. 65, l. 19: le ville.--_Les mss. B 3, 4 et les mss. A ajoutent_: et

le chastel.

P. 65, l. 23: gouvrenance.--_Mss. A_: gouvernement.

P. 65, l. 26 et 27: et chevaucièrent... ennemis.--_Ces mots manquent

dans les mss. A._

P. 65, l. 28 et 29: pour... trouveroient.--_Mss. A 15 à 17_: pour

savoir et advisier combien vrayement ilz estoient ne que ilz

trouveroyent. _Ms. A 17_, fº 293 vº.

P. 65, l. 28: savoir.--_Les mss. A 7 et 8 ajoutent_: et aviser

vraiement. Fº 238.

Chroniques de J. Froissart, tome 06/13 · 第 29 / 43 题