On n'a pas encore trouvé le microbe du cancer, mais tout porte à croire
que le cancer est une maladie microbienne et le fait que, chez certaines
espèces, on voit se produire de véritables épidémies de cancer est une
preuve suffisante de la nature animée de la cause du mal.
Dans l'espèce humaine, la contagiosité du cancer n'est encore que
soupçonnée, en dépit de l'existence indiscutable des «maisons à cancer»
et surtout de l'expansion du mal dans les grandes villes. Ainsi, à
Paris, chaque année, les cas de cancer sont plus nombreux.
Mais il est une espèce, la souris, où le cancer est très fréquent et où
l'on observe de véritables épidémies de cancer.
Trois de ces épidémies viennent d'être observées, dont l'une à
Buenos-Ayres, par M. Linière, et deux à Paris, par M. Giard et par M.
Borel.
Au cours d'une de ces dernières, 20 souris sur 200 furent atteintes.
Comment se transmet la maladie? C'est ce qu'il a été impossible aux
observateurs de déterminer.
Il y a quelque dix ans, un expérimentateur, M. Morau, avait pu démontrer
que ce cancer des souris est transmissible par des piqûres de punaises.
Mais, dans le dernier cas dont il s'agit, ni la nourriture avec des
produits cancéreux ou avec des excréments de souris cancéreuses, ni les
piqûres d'acariens parasites n'ont paru avoir la moindre influence dans
la transmission du mal.
Le problème de la cause du mal et de ses modes de transmission est donc
encore sans solution.