Cy gist qui peu dormit et beaucoup travailla{a}
Pendant son fâcheux ministère{b};
Que ne fit-il tout le contraire,
Et que ne dormit-il tout le temps qu'il veilla?
{a} M. Colbert étoit l'homme du monde le plus laborieux (Note du Recueil
Maurepas).
{b} Le ministère de M. Colbert fut très-fâcheux pour la réforme qu'il
fut obligé de faire dans les finances, attendu le mauvais estat des
affaires du Roy qui estoient obérées lorsqu'il en prit connoissance; car
sans parler de la Chambre de justice qu'il fit établir pour juger M.
Fouquet, et qui ruina aussi un grand nombre de particuliers, il obligea
Sa Majesté à faire banqueroute à tous ses créanciers qui luy avoient
presté de l'argent de bonne foi dans les désordres et les pressantes
nécessitez de l'État. Il fut l'auteur de l'imputation, c'est-à-dire que
le Roy à qui on avoit presté de l'argent à un denier plus haut que le
denier vingt imputoit sur le capital ce qu'il avoit payé d'intérest plus
haut que le denier 20. Il fit faire une déclaration qui portoit que le
Roy seroit toujours le premier créancier partout où il auroit intérest.
Il créa un grand nombre de nouveaux droits, augmenta les anciens, et se
rendit ainsy l'exécration du royaume au point que, lorsqu'on le porta
enterrer à Saint-Eustache, sa paroisse, où l'on voit son tombeau, le
peuple de Paris l'auroit déchiré en pièces si l'on n'eût eu la
précaution d'assembler tous les archers de la ville pour garder son
corps. Au surplus, il était laborieux, pénètrant, hardy, vif,
clairvoyant, et le meilleur serviteur et le plus fidelle qui ait jamais
esté.....(Note du Recueil Maurepas).
[582] «C'est un Sully, faisons-en un Biron,» disaient les paysans à ce
sujet (_Journal de l'Estoile_). Le même auteur parle de plusieurs
caricatures qui furent faites contre Sully lorsqu'il tomba en disgrâce
après la mort de Henri IV, et ajoute que «cette disgrâce fut plainte de
peu de personnes.»
[583] Ceci est une grave erreur de Thomas. Non-seulement on ne peut
reprocher à Colbert de n'avoir pas assez ménagé le crédit, c'est-à-dire
d'en avoir abusé, mais ce ministre tomba dans l'excès contraire.
Forbonnais, M. Bailly, M. d'Audiffret, tous les écrivains financiers
sont d'accord à ce sujet. Si, pendant les nécessités de la guerre, au
lieu d'établir, comme on l'a vu, des impôts odieux, Colbert eût emprunté
quelques millions de plus, il se fût épargné, il le savait très-bien,
les malédictions que ces déplorables expédients lui attirèrent. Ce qui
le retint, sans doute, c'est la crainte que, de la part de Louis XIV, la
facilité de se procurer des ressources momentanées par la voie beaucoup
plus facile, mais ruineuse des emprunts, ne dégénérât en habitude. On
peut désapprouver la marche que Colbert a suivie, mais on ne saurait
disconvenir que les deux milliards de dette laissés par louis XIV
n'aient que trop bien justifié ses appréhensions. Dans tous les cas, le
reproche fait par Thomas à se ministre porte complètement à faux.
[584] Il ne faut pas oublier, pour être dans le vrai, la funeste
augmentation du tarif en 1667, augmentation qui ruina l'agriculture
française et fut une des causes principales de la guerre de 1672.
[585] _OEuvres de Thomas_; _Éloge de Sully_, cité dans l'_Histoire de
Colbert_, par M. A. de Serviez.
[586] _Mémoires_, etc., liv. II.
[587] _OEuvres de Lemontey_, t. V: _Notice sur Colbert_.
[588] Extrait des volumes 17, 18 et 19 du _Recueil général des anciennes
lois françaises_[*], par MM. Isambert, Decrusy et Taillandier. Cette
collection donne le préambule et les dispositions des édits ou arrêtés
les plus importants. Quant aux autres, elle renvoie avec toutes les
indications nécessaires, soit aux Archives du royaume, soit aux divers
recueils spéciaux.--Un grand nombre d'autres édits, notamment en ce qui
concerne la marine, furent rendus pendant l'administration de Colbert et
sont mentionnés dans la _Collection des anciennes lois françaises_. J'ai
seulement indiqué ici les principaux.
[*] C'est par erreur que, dans le cours de ce volume, cet ouvrage a été
désigné sous le titre de _Collection des anciennes lois françaises_.
[589] Autrement dits les carrosses à cinq sols. Leur organisation était
la même que celle de nos omnibus sauf la fréquence des départs. M. de
Monmerqué a publié, chez M. Firmin Didot, une brochure curieuse sur
l'établissement de ces carrosses.
[590] La ville de Dunkerque fut rachetée des Anglais par traité des 17
et 27 octobre 1662, moyennant 4,674,000 fr. Voir, quant au chiffre du
rachat, qui est communément porté à cinq millions, aux _Archives du
royaume_, carton K. 123.
[591] Il parut postérieurement, sous l'administration de Colbert,
plusieurs autres règlements concernant les tailles.
[592] Cet édit, un des plus importants rendus pendant l'administration
de Colbert, ne fait pas partie de la _Collection des anciennes lois
françaises_. On le trouve en entier dans les _Recherches sur les
finances_, par Forbonnais, et dans l'_Histoire du tarif de 1664_, par
Dufresne de Francheville.
[593] Cet édit, au bénéfice duquel les protestants ne participèrent pas,
fut révoqué en 1683. Le même édit accordait en outre mille livres de
pension aux gentilshommes qui auraient dix enfants «nés en loyal
mariage, non prestres, religieux et religieuses;» deux mille livres à
ceux qui en auraient douze, et moitié somme aux habitants des villes
franches, bourgeois non taillables ou à leurs femmes.
[594] Cette ordonnance, dit le président Hénault, fut préparée et
discutée dans un conseil composé comme il suit: Le chancelier Seguier,
le maréchal de Villeroi, Colbert, d'Aligre, d'Ormesson, de Lézeau, de
Machault, de Sève, Menardeau, de Morangis, Poncet, Boucherat, de La
Marguerie, Pussort, Voisin, Hotman, et Marin. Les séances commencèrent
le jeudi 28 octobre 1666 et continuèrent toutes les semaines,
quelquefois plusieurs jours, jusqu'au 10 février suivant.
Le 24 janvier 1667, louis XIV écrivit au premier président et au
procureur général, avec ordre au premier président et aux autres
présidents, à quatre conseillers de la grand'chambre et aux cinq anciens
présidents de chambres des requêtes, avec les doyens des mêmes chambres,
à l'ancien président des requêtes du palais, au doyen de la première
chambre et aux avocats et procureurs généraux de s'assembler
incessamment chez le premier président pour conférer avec lui et les
commissaires du Conseil sur les articles préparés par ces commissaires.
Les conférences s'ouvrirent le 28 janvier 1667, et se terminèrent le 17
mars suivant après avoir occupé quinze séances.
L'ordonnance civile de 1667 a été en vigueur jusqu'à la promulgation du
code de procédure actuel.
[595] Cette ordonnance, a dit M. Roy, dans son rapport à la chambre des
Pairs sur le code forestier (1827), fut modifiée et préparée pendant
huit années par Colbert et par les hommes les plus habiles que l'on put
réunir dans toutes les parties du royaume.
[596] Cette déclaration ne se trouve pas dans la _Collection des
anciennes lois françaises_. Voir Forbonnais, _Recherches sur les
finances_, année 1670.
[597] Les commissaires du Conseil et les députés du Parlement qui
prirent part à cette ordonnance, sont: le chancelier Séguier, d'Aligre,
de Morangis, d'Estampes, de Sève, Poncet, Pussort, Voisin et Hotman,
conseillers d'État; le premier président de Lamoignon et les présidents
de Maisons, de Novion, de Mesmes, de Coigneux, de Bailleul, Molé de
Champlâtreux, de Nesmond; les conseillers de la grand'chambre de
Catinat, de Brillat, Fayer, de Refuges, Paris, Roujault; les députés des
enquêtes, Potier de Blanc-Mesnil, de Bragelogne, de Fourcy, Lepelletier,
Maupeou et Charton; les conseillers de Bermond, Mandat, Faure,
Levasseur, Malo et Leboult; Talon, premier avocat général; de Harlai,
procureur général, et Bignon, second avocat général.
[598] Le préambule de cette déclaration porte que la même défense avait
été faite par édit du mois d'avril 1667 «laquelle grâce avait produit un
grand fruit dans le public.» Cet édit n'est pas cité dans la _Collection
des lois anciennes_. La même déclaration fut renouvelée le 6 novembre
1683, quinze jours après la mort de Colbert, et sans contredit d'après
des ordres qu'il avait lui-même donnés.
[599] Cet édit portait que les généraux, lieutenants généraux, maréchaux
de camp, intendants et autres officiers, même volontaires, de quelque
condition et qualité qu'ils fussent, ne pourraient avoir plus de deux
services de viandes et un de fruits qui feraient trois services en tout;
qu'il n'y aurait nulles assiettes volantes, que les plats d'un même
service seraient de pareille grandeur et qu'il n'y aurait en aucun
d'iceux, soit de viande ou de fruits, des mets différents, mais
seulement d'une même sorte, à la réserve des plats de rôts où il
pourrait être mis différentes espèces de viandes, pourvu qu'il n'y en
eût point qui fussent l'une sur l'autre.--Ainsi, au ministère de la
guerre, comme dans toutes les autres branches de l'administration, la
manie des règlements était la même, et on la retrouvait jusque dans les
détails qui semblaient le plus devoir y échapper.
[600] Cette déclaration, dit d'Aguesseau (_OEuvres_, t. 14, p. 145 et
155), réduisit les Parlements à ne pouvoir faire éclater leur zèle par
leurs remontrances, qu'après avoir prouvé leur soumission par
l'enregistrement pur et simple des lois qui leur seraient adressées.
Les remontrances que le Parlement essaya à cette occasion furent
regardées alors, dit d'Aguesseau, comme _le dernier cri de la liberté
mourante_...
[601] Cet édit fut révoqué au mois d'avril 1674.
[602] Biblioth. roy., Mss. _Collection de Genée de Brochot_; 3e
carton.--Mémoire _original_ de Colbert, contenant 14 feuillets, grand
papier, écrits en entier de sa main, à mi-marge, au _recto_ et au
_verso_. Ce mémoire est écrit extrêmement serré, par abréviations, d'une
écriture très-difficile à lire, et l'on n'y avance en quelque sorte que
mot par mot. C'est avec une peine infinie que je suis parvenu à en
reproduire les extraits qui suivent, non sans être obligé de laisser,
par intervalles, quelques lacunes qu'il m'a été impossible de
combler.--J'ai eu soin, d'ailleurs, de faire imprimer en _italique_ les
mots douteux ou remplacés par d'autres, et d'indiquer par quelques
points les membres de phrase qui ont été omis. Ce mémoire a dû être
écrit par Colbert pour Louis XIV. C'est le manuscrit le plus
considérable de ce ministre et son premier jet, ainsi que l'indiquent
quelques ratures et des renvois en marge. Il comprend l'histoire des
finances et de l'administration depuis 1648 jusqu'au commencement de
1663; mais il renferme surtout des renseignements très-étendus sur les
opérations financières et les réformes administratives, effectuées dans
les années 1660, 1661, 1662 et 1663.
[603] Peut-être n'y a-t-il que 8 millions. Le chiffre est très-douteux.
Dans son réquisitoire, le procureur-général Talon, porta les dépenses
faites à Vaux à 9 millions.
[604] Voir, à ce sujet, les justifications de Fouquet; p. 56 de ce
volume.
[605] Si les choses se passèrent exactement comme le dit Colbert, il
faut avouer que l'intrigue fut ourdie de main de maître. Il est curieux
de lire, après ce passage, le texte même de la nomination de Fouquet.
Voir p. 4 et 5 de ce volume.
[606] La lettre que Mazarin écrivit à Colbert à cette occasion ne dit
rien de tout cela. (Voir page 14 de ce volume.) Il est très-important
d'opposer cette lettre, dont l'original existe à la Bibliothèque royale,
à la version de Colbert. Ces deux pièces se contrôlant l'une par
l'autre, et la lettre de Mazarin, méritant plus de confiance que le
mémoire de Colbert, il s'en suivrait qu'il y a beaucoup de passion et
d'animosité dans les assertions de ce dernier en tout ce qui concerne
Fouquet.
[607] Quelque bienfaisants que dussent être les résultats de la chute de
Fouquet, il n'en est pas moins étrange de voir Colbert faire intervenir
le doigt de Dieu pour le succès de l'intrigue à laquelle des raisons
d'État obligèrent d'avoir recours.
[608] On accusa en effet Fouquet d'avoir entretenu des agents secrets
dans les principales cours de l'Europe. L'envoyé à Rome dont il est ici
question, était l'abbé de Maucroix, ami de La Fontaine.
[609] Le chef naturel de la Chambre de justice était M. de Lamoignon, en
sa qualité de premier président du parlement de Paris; mais bientôt, il
cessa d'y aller, et toutes les affaires importantes, notamment celle de
Fouquet, furent dirigées par le chancelier Séguier. Il est curieux de
comparer le portrait du premier président fait par Colbert à celui que
M. de Lamoignon a laissé de ce ministre. Voir, page 151 de ce volume,
_Histoire de Colbert_, chap. V. De son côté, le _Journal d'Ormesson_,
accuse durement M. de Lamoignon d'un excès de faiblesse à l'égard de
Colbert.
[610] Biblioth. roy.; département des imprimés. _Chambre de justice de
1661_. F. 2,953. B, sous chiffre.--Cette curieuse parodie des stances du
_Cid_ est manuscrite. Elle est intercalée entre des pièces imprimées. Je
ne pense pas qu'elle ait jamais été publiée, Le P. Lelong; dans sa
_Bibliothèque historique_, l'indique comme existant en manuscrit dans
une bibliothèque particulière de Dijon, sous le titre de _Colbert
enragé_. J'en ai supprimé cinq stances tout à fait insignifiantes.
[611] Vers le milieu du procès, M. de Chamillart avait remplacé M.
Talon, que l'on accusait de ne pas pousser l'affaire assez vivement.
[612] Sainte-Hélène, qui espérait être nommé premier président du
parlement de Rouen.
[613] Biblioth. roy., Mss. Mélanges du cabinet du Saint-Esprit. Notes et
pièces concernant Fouquet, prisonnier d'État.--Ces pièces proviennent
d'un registre in-folio, ayant appartenu à la bibliothèque de l'ordre du
Saint-Esprit. Leur pagination dans ce registre était de 2,169 à 2,191.
Elles renferment:
1º _La copie figurée de l'escrit trouvé dans le cabinet appelé secret de
la maison de Monsieur Foucquet, à Saint-Mandé_, écrit que j'ai donné en
entier dans l'étude sur Fouquet.
2º Un monitoire lu dans toutes les églises de Paris, après la
condamnation de Fouquet pour inviter les fidèles à dénoncer _tous ceux
qui retiennent et dissimulent des biens_ qui lui appartenaient.--C'est
une pièce originale et signée.
3º L'analyse sommaire, manuscrite, _des Ordres du Roy et lettres de M.
Louvois à M. de Saint-Mars concernant la prison de M. Fouquet dans la
citadelle de Pignerol_.--Ces ordres et ces lettres dont j'ai donné
quelques extraits existent aux Archives du royaume, section historique,
carton K, 129, et ils ont été publiés postérieurement par M. Delort,
dans son _Histoire de la détention des philosophes et des gens de
lettres, précédée de celle de Fouquet, de Pélisson et de Lauzun_.
4º Enfin, le psaume de David, traduit par Fouquet, que je donne
textuellement. Cette pièce, de trois pages in-4º, est écrite en entier
de sa main. Seulement, on lit dans la marge gauche de la 1re page,
ces mots d'une autre main et d'une écriture plus récente: «Par M.
Fouquet, surintendant des finances, prisonnier à Pignerol où il mourut.»
Il y a, en regard de chaque verset, dans la marge gauche du manuscrit,
également de la main de Fouquet, le texte latin que je n'ai pas cru
nécessaire de reproduire en entier.
[614] On lit en regard du titre, à droite, de la main de Fouquet:
«J'ay mis isy quelques nottes pour ceux qui n'entendent pas le latin
auquel je me suis assujetty, réduïsant chaque verset latin du pseaume à
4 vers sans mesloigner du sens du prophète.
«Dans les 1ers versets il exhorte tout le monde à louer la
miséricorde de Dieu, et comme il repète la pluspart des mesmes mots,
j'ay creü au moins debvoir repéter le mot de bonté.
«Il convie dans le 1er verset indifféremment tout le monde.
«Dans le 2e il descend en particulier au peuple d'Israël qui estoit
la fin de leglise et comprend tous les chrestiens.
«Dans le 3e il passe aux prestres et gens deglise exprimés par la
famille d'Aaron.
«Dans le 4e il excite ceux qui font profession plus particulière de
la perfection à louer la bonté divine.»
[615] Voici le texte latin de ce verset: _Dominus mihi adjutor, non
timebo quid faciat mihi homo_.
[616] Texte latin: _Meliùs est confidere in Domino quàm confidere in
principe_.
[617] Texte latin: _Meliùs est sperare in Domino quàm sperare in
principibus_.
[618] Note marginale de la main de Fouquet: «Je me suis assujetty à
répéter le mesme vers dans les deux versets suivants pour imiter le
latin ou ces mesmes termes sont aussy répétés trois fois.
[619] Note marginale de Fouquet: «Ces deux comparaisons des mouches et
du feu despine estant dans le latin, on n'a pas pu les supprimer.»
[620] Le texte latin est beaucoup plus sobre de mots: _Non moriar, sed
vivam et narrabo opera Domini_.
[621] Note marginale de Fouquet: «On n'a pu changer cet endroit sans
oster le sceau de la prophétie de la venue de Nostre Seigneur qui est la
pierre angulaire de l'Église.--Tous les versets sentendent de luy.»
[622] Texte latin: «_O Domine salvum me fac, ô Domìne bene prosperare:
Benedictus qui venit in nomine Domini_.» Il est probable que Fouquet
s'est trompé en copiant et qu'il a mis: _vous soit prospère_, au lieu
de: _me soit prospère_.
[623] Note de Fouquet: Ce verset et le suivant sont répétés comme dans
le latin.
[624] Ces vers m'ont été adressés de Grenoble.--La personne qui a bien
voulu me faire cette intéressante communication ne s'étant pas nommée,
je la prie de recevoir ici mes remerciements bien sincères pour sa
bienveillante attention.
[625] Cette pièce, après la lecture de laquelle toute incertitude sur la
profession des ascendants de J.-B. Colbert, doit cesser, est extraite,
presque littéralement, des _oeuvres inédites de P.-J. Grosley, de
Troyes_, vol. 1er, p. 258 et suiv.--J'ai déjà cité plusieurs pièces
de vers faites par des contemporains de Colbert, dans lesquelles ce
ministre est désigné comme appartenant à une famille de marchands. Il y
a dans le _Recueil manuscrit de chanson, vaudevilles, sonnets,
épitaphes_, etc. (_Recueil Maurepas_, Biblioth. roy., Mss. 35 vol.
in-4º), d'autres pièces qui confirment cette opinion. Dans l'une d'elles
on invite le marquis de Seignelay, très-connu par son faste, à porter
_de ses pères la bure_; vers auquel correspond la note suivante: «J.-B.
Colbert était fils d'un payeur des rentes de l'hostel-de-ville de Paris
et petit-fils d'un marchand de Reims.» On lit en outre dans une chanson
de 1681, faisant partie du même recueil, que les filles, de Colbert les
duchesses de Chevreuse et de Saint-Aignan avaient fait faire le tabouret
qu'elles avaient chez la reine, _chez leur cousin, le tapissier_.
[626] Odart, prononciation vicieuse d'Edouard (Note de P.-J. Grosley).
[627] Des Mascrani et des Lumagna furent plus tard employés par J.-B.
Colbert. (Voir _les registres concernant le commerce, de 1669 à 1672_,
Bibliothèque du Roi et Archives de la marine).
[628] C'était la marraine de J.-B. Colbert. (Voir la pièce précédente.)
[629] Ce Largentier était de Troyes et appartenait à une ancienne
famille de négociants. En 1594, il s'était prononcé fortement pour Henri
IV, l'avait suivi à Paris et s'était mis dans les fermes où il avait
fait fortune. Sully raconte de lui un mot d'une rare impertinence qui
donna lieu plus tard à une très-piquante et spirituelle remarque de
Henri IV. Un jour Largentier dit au roi qu'un voyage à Fontainebleau lui
avait coûté 10,000 écus.--Ventre-saint-gris! s'écria le roi--Oui, Sire,
mais c'est que j'ai fait prendre le modèle des frontispices de votre
maison pour en faire de pareils à une des miennes que j'ai en Champagne.
Peu de temps après; Largentier fut arrêté, pour quelque opération de
finance un peu trop irrégulière sans doute, et on l'envoya au Châtelet.
«Comment, dit le Roi, à cette nouvelle, est-ce qu'il veut prendre aussi
le modèle des frontispices du Châtelet?»
[630] On trouve dans _les lettres adressées à Colbert_, un grand nombre
de lettres de M. Lecamus, chargé de la police de Paris, conjointement
avec M. La Reynie, et sous ses ordres. (Bibliothèque du Roi, Mss.) Il
est probable qu'elles sont de ce dernier.
[631] Biblioth. roy., Mss. _Registres concernant le commerce, année.
1669_, nº 204.
[632] Arch. de la mar. _Extrait des despesches et ordres du Roy
concernant la marine, sous le ministère de M. Colbert, depuis l'année
1669 jusques et y compris l'année 1685_, 1 vol. in-folio, manuscrit, p.
424 et suiv.--Le 20 septembre 1669, Colbert avait donné à l'évêque de
Béziers, nommé ambassadeur à Madrid, une _Instruction sur le fait de
commerce_. Cette instruction est beaucoup moins complète que celle-ci.
On la trouve, à sa date, dans _le Registre des despesches, de 1669_, et
dans les _Recherches sur les finances_, par Forbonnais, année 1669.
[633] Ce mémoire a été publié par Forbonnais, avec l'orthographe de son
époque, dans ses _Recherches et considérations sur les finances de
France_, année 1670.--J'ai donné quelques extraits de ce mémoire, p. 297
et 298.
[634] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_, t. IV, cote 16, pièce
I.--La même pièce se trouve aux Archives de la marine, _Registres
concernant le commerce_, année 1671, vol. 1erer, p. 59 et suiv.--J'ai
donné quelques extraits de cette pièce, p. 299 de ce volume.
[635] Cette dernière phrase a été ajoutée de la main de Colbert sur la
copie de l'instruction qui fut envoyée à son fils et qui appartient à la
Bibliothèque royale. Elle ne se trouve pas sur la copie qui existe aux
Archives de la marine.
[636] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_, t. IV, cote 16, pièce
nº 17.--J'ai donné, dans le corps de l'ouvrage (chap. XIV et XIX, page
299 et 386), des extraits assez étendus de cette instruction, mais en
raison de son importance, et afin de montrer la filiation et l'ensemble
des idées de Colbert, je crois devoir reproduire ici en entier ce
remarquable document.
[637] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_, t. IV, cote
16.--Cette pièce a été publiée par M. Eugène Sue.
[638] Colbert attachait une grande importance à la fidèle transcription
de ses dépêches. Les _Registres des despecsches concernant le commerce
pendant les années_ 1669, 1670, 1671, 1672, portent en regard de chaque
lettre, un _vu_ de sa main.
[639] Les lettres qui suivent sont tirées des Archives de la marine.
Celles de l'année 1670, des _Registres des despesches concernant le
commerce_; celles des années 1672, 1675 et 1680, des _Extraits des
despesches et ordres du Roy concernant la marine sous le ministère de M.
Colbert, depuis l'année 1667 jusques et y compris l'année 1683_; celle
de l'année 1679, des _Expéditions concernant le commerce, de 1669
jusqu'à 1683_.
[640] Entrepôt.
[641] Note de l'_Extrait des despesches_.--«Cette lettre n'a été
transcrite que pour faire voir avec quelle force et quel ménagement en
même temps, M. Colbert écrivait aux plus grands seigneurs, et à ceux
même qui étaient le plus en faveur auprès du Roy.»
[642] Arch. de la mar.--Cette lettre, écrite en entier de la main de
Colbert, fut sans doute recopiée à cause de quelques surcharges qu'il y
avait faites. Le manuscrit original a été intercalé dans les registres
des _Expéditions concernant la commerce, de 1669 jusqu'à 1683_, t. II.
[643] Biblioth. roy., Mss. Fonds dit _Suite de Mortemart_, no 34. Gros
volume in-folio.--Ce volume, à l'aide duquel on pourrait reconstruire en
quelque sorte l'hôtel de Colbert, contient l'inventaire général et
estimatif de tous les objets qui s'y trouvaient au moment de sa mort,
depuis les plus précieux jusqu'aux plus insignifiants. Je me suis borné
à en transcrire ici quelques articles.
[644] J'ai renvoyé aux notes pour les manuscrits et ouvrages imprimés au
sujet desquels il y a eu lieu de donner quelques indications
particulières.--Les ouvrages imprimés et recueils sans noms d'auteurs
ont été classés d'après l'ordre alphabétique.
[645] Je crois devoir, en raison de l'importance historique de cette
précieuse collection, donner la table des cotes dont elle se compose.
[646] C'est par erreur que ces lettres sont indiquées _Arm. XI_ dans la
note 1 de la page 91 de ce volume.
[647] Il y aura deux volumes. Le second n'a pas encore paru.
[648] J'ai omis de citer cet ouvrage dans les trois premières pages de
l'_Étude sur Fouquet_. M. Gozlan a recueilli dans les romans de
mademoiselle de Seudéry de curieux détails sur la fête de Vaux, et c'est
d'après lui que j'ai reproduit une partie des particularités qui se
rattachent à cette fête.
[649] Le titre de l'ouvrage ne porte pas le nom de l'auteur.
[650] Ce volume ne porte pas de nom d'auteur; il est attribué à
Lethinois par M. Blanqui, dans sa _Bibliographie des principaux ouvrages
d'économie politique_ (_Hist. de l'Économie politique_, t. II).
[651] Ces deux ouvrages ne portent pas le nom de l'auteur.