Id. les importations à 38,936,000

Excédant, à cette dernière époque, des importations

sur les exportations 19,297,000

(_De la Balance du Commerce_, etc., t. III, tableau nº xi.)

[375] C'était en général et principalement par les draperies que la

France payait ses achats de denrées du Levant. Châlons rivalisait avec

les villes du Languedoc; Provins était renommée pour ses couvertures[*];

Reims pour ses toiles et ses serges; Paris et Saint-Denis avaient leurs

fabriques et leurs dépôts de draperie, dont les assortiments entraient

également dans les cargaisons pour les pays d'outre-mer, etc., etc.

(_Histoire du Commerce entre le Levant et l'Europe, depuis les croisades

jusqu'à la fondation des colonies d'Amérique_, par M. G.-B. Depping, t.

I, p. 311.)

[*] Au XIVe siècle, Provins avait jusqu'à trois mille deux cents

métiers en draperie. Voyez le règlement de Charles VI de l'an 1399.

(_Ordonnances des rois de France_, t. VIII.)

[376] Encyclopédie méthodique, _Finances_, art. _Offices_.--_Collection

des édits et arrêts sur les parties casuelles_. 1 vol,

in-4º.--_OEconomies royales_, par Sully.

[377] _Esprit des Lois_, liv. V, chap. XIX.

[378] _Recherches sur les finances_, années 1614 et 1615.

[379] On lit dans le même chapitre qu'il ne faut point de Censeurs dans

les monarchies, parce qu'elles sont fondées sur l'honneur et que la

nature de l'honneur est d'avoir pour Censeur tout l'univers. Pourquoi

craindre alors que _l'indigence et l'avidité des courtisans fissent

profit des emploi_? Tout cela est bien spécieux.

[380] _Recherches sur les finances_, année 1664.

[381] _Collection des anciennes lois françaises_,

etc.--_Supernuméraires_, au-dessus du nombre.

[382] _OEconomies royales, etc._, par Sully.--_Recherches sur les

finances, etc._, années 1601 et 1602.

[383] _Ibidem_, année 1634.

[384] _Ibidem_, année 1665.

[385] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.

[386] Dans le Dauphiné, province de taille réelle, les propriétés

étaient évaluées à cinq mille feux, dont quinze cents étaient exempts

des tailles: c'est près d'un tiers. (_Note de M. de Montyon.

Particularités_, etc., etc.)

[387] M. de Montyon fait toutefois au sujet de cette opération une

observation fort juste. La généralité de Montauban était un _pays

d'élection_. On nommait ainsi les pays qui n'avaient pas d'assemblée

provinciale pour consentir ou discuter les impôts qu'il plaisait au roi

d'y établir. A ce titre, elle se trouvait très-surchargée d'impôts, et

l'établissement de la taille réelle, au moyen du cadastre, vint ajouter

encore à ceux déjà fort lourds qu'elle avait peine à payer. M. de

Montyon fait connaître aussi que Colbert avait demandé aux intendants

des provinces de _taille réelle_ un projet de reconstitution de cet

impôt, projet qui allait être mis à exécution lorsque ce ministre

mourut. Il n'en fut plus question depuis.

[388] _Recherches sur les finances_, année 1664.

[389] Encyclopédie méthodique: _Finances_, art. _Cadastre_.

[390] Biblioth. roy., Mss. _Registre des despêches_, etc., année 1669,

nº 204.--_Recherches sur les finances_, année 1664.

[391] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, etc., année 1670.

[392] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.

[393] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1671.

Lettre du 30 novembre.

[394] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.

[395] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.--On lit dans une

lettre de Louis XIV à Colbert, du 7 mars 1669: «Je fais état d'envoyer

le sieur de Garsaut en Angleterre, non-seulement pour y acheter quelques

chevaux pour moi, mais encore pour y observer tout ce qui se pratique

dans les haras de ce royaume, etc., etc.» (_L'Ombre du grand Colbert_,

par Lafont de Saint-Yonne, p. 100.)

[396] En 1665, le sel fut diminué d'un écu par minot (100 livres); en

1667, on exempta de l'impôt vingt-deux greniers (arrondissement

comprenant plusieurs communes); en 1668, autre diminution; en 1674,

augmentation de 30 sous à cause de la guerre; en 1678, diminution de ces

30 sous; en 1680, ordonnances sur le fait des gabelles qui remédièrent à

un très-grand nombre d'abus, abrégèrent les procédures et firent cesser

presque entièrement les procès tant en première instance que d'appel.

Quoi qu'il en soit, l'impôt du sel n'en était pas moins très-élève, car

il rapportait à cette époque près de 24 millions. En 1668, le prix du

minot fut fixé à 30, 35, 37, 38, 40, 41 et 42 livres, suivant la

position des greniers à sel, ce qui faisait de 6 à 8 sous la livre. Et

il ne fallait pas songer à échapper à cet impôt, _même en se privant de

sel_; car dans les pays dits de _grande gabelle_, qui comprenaient les

neuf dixièmes de la France, la loi fixait la quantité que chaque

individu devait en consommer! On lit dans un mémoire au roi, écrit de la

main même de Colbert: «Si Sa Majesté se résolvoit de diminuer ses

dépenses et qu'elle demandât sur quoi elle pourroit accorder des

soulagements à ses peuples, mon sentiment seroit:

«De diminuer les tailles et de les mettre en trois ou quatre années à 25

millions;

«_De diminuer d'un écu le minot de sel;_

«Abolir la ferme du tabac et celle du papier timbré, qui sont

préjudiciables au commerce du royaume;

«Diminuer le nombre des officiers autant qu'il sera possible, parce

qu'ils sont à charge aux finances, aux peuples et à l'État, etc., etc.»

(_Recherches sur les finances_, année 1683.--Encyclopédie méthodique,

art. _Gabelles_.)

[397] _Notice sur la vie de Colbert_, par M. le marquis d'Audiffret.

[398] _Recherches sur les finances_, année 1683; _Mémoire au roi_.

[399] Voici ce qu'on lit à ce sujet dans l'_Histoire de l'Administration

en France_, par M. Costaz, t. I, p. 62: «Avant Colbert, la plupart des

grandes routes étaient impraticables; après les avoir fait réparer, il

en fit ouvrir de nouvelles. Ce n'est point lui qui a imaginé les

corvées.... Loin de là il a manifesté plusieurs fois l'intention de les

abolir aussitôt que les circonstances le permettraient.... Bien que le

canal de Bourgogne n'ait été commencé qu'après sa mort, on lui doit

néanmoins l'idée de le construire. Il établit au Roule une pépinière

pour les parcs et jardins des maisons royales. Des encouragements qu'il

a accordés ont fait multiplier les mûriers.» A l'exception des grandes

routes, je n'ai rien trouvé dans mes recherches qui soit relatif aux

divers objets mentionnés par M. Costaz, sans indication des sources

historiques où il a puisé; mais le champ de l'administration de Colbert

est si vaste et les documents qui s'y rapportent sont si éparpillés, si

nombreux, qu'il y aura longtemps encore à découvrir et à glaner.

[400] _OEuvres de Louis XIV_, t. I, p. 150.

[401] _Histoire de l'économie politique_, par M. le vicomte A. de

Villeneuve-Bargemont; t. 1, chap. XV, p. 418.

[402] _Lettre de M*** sur l'imputation faite à M. Colbert d'avoir

interdit le commerce des grains_; Paris, 1763.--Cette lettre, curieuse

par les recherches auxquelles l'auteur s'est livré, est signée

_d'Éprémesnil_. Biblioth. roy., F, 1125--D. 3.

[403] Contenance du muid: 18,72 hectol.

[404] Biblioth. roy. Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année

1677.--Édit du 6 octobre.

[405] Dans ses _Recherches et considérations sur les finances_, année

1662, Forbonnais avait d'abord nettement blâmé le système de Colbert sur

les grains. Plus tard, ce système ayant été attaqué avec beaucoup de

violence dans l'_Encyclopédie_, Forbonnais, sans revenir tout à fait sur

sa première opinion, se montra beaucoup plus disposé à excuser l'erreur

de Colbert. Voir ses _Principes et observations économiques_, IIIe

partie. Dans cet ouvrage, Forbonnais abandonne ses propres chiffres sur

le prix des blés, conteste absolument ceux de Boisguillebert, et adopte

ceux donnés par Dupré de Saint-Maur dans son _Essai sur les monnaies_.

Ces derniers sont en effet un peu moins défavorables à l'administration

de Colbert. Postérieurement, l'auteur _de la Balance du Commerce_ a

relevé le prix du blé de première qualité, en s'appuyant, d'un côté, sur

les chiffres de Dupré de Saint-Maur, de l'autre sur ceux de Messance,

dans ses _Réflexions sur la valeur du blé en France_, qui font suite à

ses _Recherches sur la population_, et il est arrivé aux résultats

suivants. Le calcul a été fait par lui d'après la valeur du prix de

l'argent en 1789, soit environ 54 livres le marc.

Prix moyen du blé de première qualité de 1643 à 1652 35 liv. 14 s. 1 d.

-- de 1653 à 1662 31 12 2

-- de 1663 à 1672 23 6 11

-- de 1673 à 1682 25 13 8

-- de 1683 à 1692 22 0 4

-- de 1693 à 1702 31 16

-- de 1703 à 1712 23 17 1

du Commerce_, etc. t. III, tableau XVI.)

Il ne sera pas inutile de rappeler à cette occasion que le prix du marc

d'argent a été

de 1641 à 1678 de 26 liv. 10 s.

de 1679 à 1689 de 29 6 11 d.

de 1690 à 1714 de 30 10 11

de 1714 à 1772 de 31 18 3

de 1775 à 1794 de 53 9 5

de 1803 à 1834 de 53 fr. 57 cent.

de 1835 à 1845 de 83 84

(_Précis historique de la marine française_, par M. Chassériau, t. I;

pièces justificatives.)

[406] Biblioth. roy., Mss. _Registre des despesches_, etc., année 1669,

nº 204.

[407] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1670.

[408] Biblioth. roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année 1675.

[409] Biblioth. roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_; année 1675, à

sa date.

[410] _Recherches sur les finances_, etc., année 1681.

[411] Cependant en Angleterre, vers la même époque, c'est-à-dire de 1689

à 1764, non-seulement la loi permit l'exportation des grains, mais elle

accorda une prime d'exportation de 5 schillings par _quarter_ (un peu

moins de trois hectolitres). Voici comment un écrivain anglais

contemporain, John Nichols, décrit les résultats de cette mesure: «Tant

que l'Angleterre n'a songé à cultiver que pour sa propre subsistance,

elle s'est trouvée souvent au-dessous de ses besoins, obligée d'acheter

des blés étrangers; mais depuis qu'elle s'en est fait un objet de

commerce, sa culture en a tellement augmenté qu'une bonne récolte peut

la nourrir cinq ans.» (_Revue des deux mondes_, 1er décembre 1845;

_Question des céréales_, par M. C. Coquelin.) Toutefois, cette

exportation avec prime n'était autorisée, en Angleterre, que lorsque le

prix des grains avait atteint un chiffre déterminé par la loi. (_Théorie

du Commerce_, par Ustaritz, chap. XXVIII.)

[412] Vauban, _la Dîme royale_, p. 34 et 35 des _Économistes financiers

de XVIIIe siècle_; édition Guillaumin.

[413] _Lettre à M..., sur l'imputation faite à M. Colbert_, etc., etc.

[414] _Arch. curieuses de l'hist. de France_, par MM. Cimber et Danjou.

Ire série; t. XIV; Règne de Henri IV.--Voici le titre de la brochure

qui renferme le procès-verbal très-sommaire de cette assemblée: _Recueil

présenté au Roy de ce qui s'est passé en l'assemblée du commerce, au

Palais, à Paris_; faict par Laffemas, controlleur général du dit

commerce. Paris, 1604.--Il y a dans le même recueil plusieurs autres

opuscules de Laffemas sur le commerce.

[415] _Recherches sur les finances_, etc., années 1607, 1626 et 1700.

[416] _Recherches sur les finances_, etc., année 1670.

[417] Biblioth. roy., Mss. _Registre des despesches_, année 1669, nº

204.--_Recherches sur les finances_, année 1669.

[418] _Esprit des Lois_, liv. XX, chap, xxi.

[419] _Recherches sur les finances_, années 1669 et 1701.--_Collection

des anciennes lois françaises_, etc.

[420] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, année 1670.--On a dû

trouver étrange de voir Colbert écrire à des premiers présidents, à des

archevêques, à des évêques, pour des affaires purement commerciales. Ces

renversements d'attributions se présentent très-fréquemment lorsqu'on

parcourt sa volumineuse correspondance. Sans doute, Colbert choisissait

dans chaque province, dans chaque localité, le fonctionnaire le plus

intelligent, le plus dévoué, et c'est à lui qu'il s'adressait pour

toutes les affaires, quelle qu'en fût la nature, au succès desquelles il

portait un intérêt particulier.

[421] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.

[422] _Recherches sur les finances_, années 1673 à 1678.--_Histoire

financière de la France_, par M. Bailly, année 1666.

[423] _Recherches sur les finances_, années 1673 à 1678.

[424] _Histoire financière_, etc., année 1666.

[425] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1670.

[426] _Ibidem._

[427] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, année 1670.

[428] Voir, pour le commerce de la France avec l'Espagne, une

instruction de Colbert, du 29 septembre 1681, à M. de Vauguyon,

ambassadeur extraordinaire à Madrid. _Pièces justificatives_; pièce nº

IX.

[429] Rien de plus variable, au surplus, que les évaluations de ce

genre. Ainsi, dans la _Statistique de la France_, M. Moreau de Jonnès a

estimé le numéraire actuel de la France à 2,860,000,000, dont un tiers

en or, deux tiers en argent, et 52 millions de francs en cuivre. J'ai

adopté le chiffre de 4 milliards, parce qu'il m'a paru se rapprocher

davantage de la vérité. C'est Forbonnais qui a évalué le capital

circulant de la France en 1683 à 500 millions. En 1690, le financier

Gourville l'estimait dans ses Mémoires à 400 millions seulement. Suivant

lui, il y avait aussi à cette époque pour 100 millions de vaisselle et

d'orfévrerie dans Paris et autant dans les provinces. Il paraît

qu'anciennement, et même encore vers le milieu du XVIIe siècle, la

monnaie d'or était très-abondante relativement à celle d'argent. Un des

articles de l'édit sur les _carrosses à cinq sols_, rendu en janvier

1662, invita le public à ne pas payer avec de l'or, afin de ne pas

retarder le service par l'obligation de changer. Il est vrai que la

pistole valait alors 11 livres et l'écu d'or 5 livres 14 sous. On lit en

outre dans une lettre de l'ambassadeur de Hollande à Paris, du 3 avril

1663, à Jean de Witt; «Il y a ici un grande disette d'espèces, surtout

de celles d'argent, _en sorte que l'on ne paie qu'en or_.» (_Lettres et

négociations entre Jean de Witt_, etc.) On expliquait cette abondance

par la faiblesse du titre de la monnaie d'or.

[430] _Dictionnaire de la noblesse_.--_Histoire de la Marine_, par M.

Eugène Sue.--Biblioth. roy., Mss.

[431] C'est, celui qui avait d'abord été chevalier de Malte, puis

grand'croix de l'ordre et général des galères. Suivant Sandraz de

Courtilz, «il aurait mal rempli les devoirs de cette dignité; car, un

jour, ayant trouve en calme trois vaisseaux de Tripoli, il n'osa les

attaquer avec sept galères qu'il commandait; ce qui l'aurait perdu, si

le crédit du marquis de Seignelay, son frère, ne l'eût tiré d'affaire.

Il quitta depuis le service de mer et tâcha si bien de réparer cet

affront qu'il se fit tuer à la tête du régiment de Champagne dont il

était colonel.» (_Vie de J.-B. Colbert._)

[432] _Dictionnaire de la noblesse_; article _Colbert_.

[433] _Histoire de la Marine_, etc.--Biblioth. roy., Mss, _Inventaire

fait après le décedz de monseigneur Colbert_, Fonds dit _suite de

Mortemart_, 34.--_Mémoires de l'abbé de Choisy_; liv. II.

[434] Dans ses _Recherches sur les finances_, année 1670, Forbonnais a

publié l'instruction pour le voyage de Rochefort et celle que le marquis

de Seignelay rédigea pour lui-même avant d'entreprendre le voyage

d'Angleterre et de Hollande. De son côte, M. Eugène Sue a publié, dans

son _Histoire de la Marine_, l'instruction de Colbert à son fils _pour

bien faire la commission de sa charge_. L'_Instruction pour le voyage en

Italie_ est inédite. Elle se trouve à la Biblioth. roy., Mss. _Colbert

et Seignelay_; cote 16, pièce 1, et aux Archives de la marine, _Registre

des despesches_, etc., année 1671, t. I, p. 59 et suiv., à la date du 31

janvier.--Le mémoire pour le voyage de Rochefort est reproduit en entier

aux pièces justificatives; pièce nº X.

[435] En même temps, Colbert lui remit un mémoire, dont l'original

existe à la Bibliothèque royale. Il est intitulé: _Mémoire pour mon

fils, à son arrivée en Angleterre_. Il se compose de 6 pages

manuscrites, en entier de la main de Colbert. (_Colbert et Seignelay_;

cote 16, pièce 6). Le mémoire, très-détaillé, contient l'énoncé de tous

les différents points relatifs à la marine qui devaient fixer

l'attention et l'examen de son fils, tant sur le personnel que sur le

matériel.

[436] L'instruction pour le voyage en Italie est reproduite en entier

aux pièces justificatives; pièce Nº XI.

[437] Colbert entendait par là les diverses fonctions dont il était

chargé, celles de contrôleur général exceptées. On verra un peu plus

loin en quoi elles consistaient.--Cette _instruction_ appartient à la

Bibliothèque royale; Mss.; _Colbert et Seignelay_, _côte_ 16, pièce nº

17. C'est un cahier de douze pages très-serrées, écrites en entier à

mi-marge de la main de Colbert et d'une écriture extrêmement difficile à

lire. M. Eugène Sue a donné cette pièce avec l'orthographe actuelle. Je

rétablis ici textuellement l'orthographe du manuscrit.--Cette

instruction est reproduite en entier aux pièces justificatives; pièce nº

XII.

[438] M. de Marca était un prélat très-savant, fort estimé de Colbert,

qui le fit nommer de l'archevêché de Toulouse à celui de Paris, où il

mourut peu de temps après.

[439] C'est toujours la même préoccupation et la même erreur. Colbert

voulait que la France produisît _absolument tout ce qui lui était

nécessaire_, qu'elle n'eût besoin de personne. Rien de mieux sans doute

pour les manufacturiers privilégiés. Mais que devenaient, à ce compte,

les propriétaires, principalement ceux des pays de vignobles? Ils furent

ruinés, et avec eux, par suite des représailles et de la guerre qui s'en

suivit, la France entière. Il en est des peuples et des royaumes, comme

des individus; les uns et les autres ont leurs aptitudes, leurs facultés

naturelles. Demander à _tout_ peuple, indistinctement, qu'il suffise à

_toutes_ ses consommations, c'est vouloir en quelque sorte que _tout_

homme puisse être également bon médecin, géomètre, statuaire,

mécanicien, etc., etc., à volonté. En résumé, Colbert a sacrifié, sans

le vouloir, les manufactures naturelles de la France, c'est-à-dire ses

terres à blés et à vignes, à un certain nombre d'industries parasites,

artificielles, dont l'acclimatation dans le royaume, à grand renfort de

tarifs, fut cause que les États d'où nous tirions précédemment, avec des

avantages réciproques, les produits de ces industries, ne voulurent plus

ni de nos blés ni de nos vins, ou les frappèrent, à leur tour, de tarifs

à peu près prohibitifs.

[440] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay; cote 16, pièce 20_. Ce

mémoire a été aussi publié par M. Eugène Sue, mais avec l'orthographe

actuelle. Quelques mots, très-difficiles à lire, avaient été mal rendus;

je les ai rétablis conformément au manuscrit, sauf deux passages

complètement illisibles (_Voir plus bas_).

[441] M. de Terron (Colbert de Terron) était cousin du ministre et

intendant de marine à Rochefort.

[442] Il semble résulter de cette pièce que, postérieurement à

l'instruction de Colbert, et dans l'intervalle du temps où elle fut

rédigée à l'époque où fut fait le mémoire du marquis de Seignelay, le

travail avec le roi pour les affaires qui concernaient la marine, aurait

eu lieu deux fois par semaine, le lundi et le vendredi.

[443] Lorsqu'une lettre était écrite par Colbert lui-même, on

l'indiquait sur les _Registres des despesches_ par les mots en marge:

_De la main de Monseigneur_. Tous ces registres portent également, en

marge de chaque lettre, le visa de Colbert ou de son fils.

[444] Ce ne sont pas les mots textuels; mais il est impossible de rendre

de cette phrase autre chose que le sens.

[445] Même observation que pour la note précédente; seulement, ici, le

sens même n'est pas très-clair.

[446] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, 1672.

[447] Biblioth. Roy., Mss. _Colbert et Seignelay_; cote 17, pièce

7.--Cette lettre n'est pas de la main même de Colbert, mais elle est

signée de lui.--Il y a, dans la cote 17 et dans les suivantes, plusieurs

autres lettres sur le même objet.

[448] Manuscrit autographe de Colbert, cité en entier dans un travail

intitule _Cromwell et Mazarin_, par M. P. Grimblot; _Revue nouvelle_,

numéro du 15 novembre 1845.--J'en reproduis ici les passages les plus

importants.

[449] _Recueil des traités de commerce et de navigation_, etc., etc.,

par MM. de Hauterive et de Cussy, t. II; _France--Angleterre_, p. 9 et

suiv.

[450] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1672, p.

93 et suiv.

[451] _Lettres et négociations entre J. de Witt_, etc., etc., t. III, p.

71.

[452] Biblioth. roy., _Registre des despesches concernant le commerce_,

année 1669, nº 204. Les autres lettres dont il est question un peu plus

haut se trouvent dans le même registre, aux dates indiquées.

[453] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1670.

[454] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, année 1671, t. II, p.

50 et suiv., année 1672, t. 1, p. 93 et suiv. _Mémoire du Roy servant de

réponse au projet de traité de Commerce entre la France et l'Angleterre,

mis entre les mains du sieur Colbert, ambassadeur de Sa Majesté près du

Roy de la Grande-Bretagne, par milord Arlington.--Éclaircissements sur

les demandes faites par les commissaires du Roy de la Grande-Bretagne

pour le traicté de commerce, du 4 avril 1672._

[455] Biblioth. roy., Mss. _Mémoires sur le commerce et les finances de

la France, des Colonies, de l'Angleterre et de l'Espagne_. 1 vol.

in-fol. suppl. fr., nº 1792.--Voir, au sujet du ce manuscrit, la note 2

de la p. 136, chap. IV.

[456] Relativement à cette conséquence naturelle et pour ainsi dire

forcée de l'augmentation des droits, on trouve dans la correspondance de

Colbert les assertions les plus contradictoires. Je me bornerai à en

signaler quelques-unes.

Le 30 août 1669, Colbert écrit à l'intendant de Rochefort: «_Il ne faut

pas estre trop exigeant avec les Anglois, au sujet des droits sur les

marchandises. Il ne faut pas obliger les étrangers à chercher les moyens

de se passer de nos vins_.»

Le 13 septembre 1669, à M. de Pomponne: «_La diminution du commerce dont

se plaint M. de Witt est la même partout_.»

Le 19 décembre 1669, au même: «_Il s'est plus enlevé de vin que jamais

dans le mois de novembre_.»

Le 27 décembre 1669, au même: «_A l'égard du commerce, je ne trouve

point qu'il diminue en France, en sorte que je vois clairement la

diminution de celui de Hollande, ce qui est une matière de

consolation_.»

Le 19 mars 1671, au même: «_Les efforts des États pour se passer de nos

vins et eaux-de-vie n'ont eu d'autre effet que de faire enchérir de 10

livres, depuis un mois, la barrique d'eau-de-vie, c'est-à-dire qu'avant

leurs défenses on ne la vendait que 46 livres et qu'elle en vaut 56, et

même il s'en charge beaucoup plus, avec cette différence que les

vaisseaux sont anglois, danois ou hambourgeois_.»

Puis, huit jours après cette lettre, le 27 mars 1671, Colbert écrit à un

de ses agents à Bordeaux: «_Pourvu que la diminution qu'il y a cette

année de l'enlèvement des vins et eaux-de-vie ne provienne que de la

stérilité de la dernière année, il y a lieu de s'en consoler... J'ai

peine à croire que les Hollandois se puissent passer de nos vins et

eaux-de-vie, ni puissent en diminuer l'achat_.» (Biblioth. roy. et Arch.

de la mar., _Colbert et Seignelay_, cote 7, pièce 27; _Registre des

despesches_, etc., années 1669 et 1671.) Convaincu de la bonté de son

système, Colbert se débattait contre les faits qui le contrariaient, les

attribuait à d'autres causes; à plus forte raison cherchait-il à faire

prendre le change aux instruments de ses desseins, afin qu'ils le

servissent mieux. On a déjà vu plusieurs preuves du cette tactique; ici,

la contradiction est patente et résulte du texte même de sa

correspondance. D'ailleurs, il est évident que l'élévation des droits

d'entrée dont les draps de Hollande et d'Angleterre avaient été frappés

en 1667 ne pouvait avoir pour résultat, comme il l'assurait à M. de

Pomponne, d'augmenter le débit de nos eaux-de-vie et de nos vins.

[457] Biblioth. roy. Mss, _Mémoires sur le commerce_, etc.

[458] Ces idées de liberté dataient, au surplus, de beaucoup plus loin.

On en jugera par le titre d'une brochure publiée, il y a plus de deux

siècles, sous ce titre: _le Nouveau Cynée ou Discours des occasions et

moyens d'establir une paix générale et la liberté du commerce par tout

la monde_, Em.Cr.P. Paris, 1623. (Biblioth. roy., Mss.) Cette brochure,

très-curieuse, se trouve dans le _Portefeuille Fontanieu_, nos 580 et

581. L'extrait suivant de la table des matières donnera une idée de la

tournure d'esprit de l'auteur, dont l'abbé de Saint-Pierre n'a fait, en

quelque sorte, que développer le thème principal.

«Assemblée générale de tous les souverains nécessaire pour maintenir la

paix.

«Guerriers sont d'un naturel turbulent; il est plus dangereux de les

trop estimer que de les abaisser.

«Vanité de l'homme des armes reconnue enfin par ceux qui en font

profession.

«_Justice vaut mieux que vaillance_.

«_Labourage est un mestier honorable_; idem, _Marchandise et trafic_.

«_Mariages doivent estre recommandez_.

«_Médecine et mathématiques plus nécessaires que toute autre science_.

«_Monnoye doit estre partout d'une mesme loy et poids_.

«Paix générale ne peut abastardir la valeur.

«Pauvres doivent estre nourris aux dépens du public.

«Punir les meschants; appointer honorablement leurs parents.

«Religion gist principalement en la recognoissance d'un Dieu.

«Rois tyranniques ne peuvent estre attaqués légitimement par leurs

subjects.

«Sauvages doivent estre tenus comme des bestes.

«Soldats se glorifient de peu de chose; de tout temps ont esté plus

estimez que le reste des hommes; ne doivent estre trop honorez.

«_Tuer et nuire sont choses faciles_.

Que l'on écarte quelques idées déraisonnables, absurdes, et l'on sera

forcé de convenir qu'il y avait tout à la fois bien de la hardiesse et

de la justesse dans ce penseur de 1623.

[459] _Histoire de la Marine_, par M. Eugène Sue, 1re édition en 5

volumes. Voir aux pièces justificatives, t. II, p. 264 et 265, le traité

secret signé, à cette occasion, entre Louis XIV et Charles II par

l'influence de Madame, soeur de Charles II, et de Mlle de Kerouel, une

de ses demoiselles d'honneur, qui devint maîtresse de Charles II sous le

titre de duchesse de Portsmouth. Par ce traité, signé à Douvres le 22

mai 1670, Louis XIV donnait à Charles II: 1º 2 millions de livres, et il

s'engageait en outre à lui fournir six mille hommes de pied pour lui

faciliter les moyens de _se réconcilier avec l'Église romaine aussitôt

que le bien des affaires de son royaume le permettrait_; 2º 3 millions

de livres pour faire la guerre à la Hollande avec au moins cinquante

gros vaisseaux et dix brûlots, afin, dit l'article V du traité, _de

mortifier l'orgueil des états généraux et d'abattre la puissance d'une

nation qui s'est si souvent noircie d'une extrême ingratitude envers ses

fondateurs, laquelle même a l'audace de se vouloir ériger en souverains

arbitres et juges de tous les autres potentats_, etc., etc. Telles

furent les principales conditions du traité secret de Douvres. En 1671,

il y eut ce qu'on appelle un traité _simulé_, en tout conforme au traité

de Douvres, sauf la clause dite de _Catholicité_, qui demeura secrète

entre les deux rois, et dont ni leurs ambassadeurs, ni le Parlement

anglais n'eurent connaissance.

[460] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II.

_France-Angleterre_.

[461] _Recherches sur les finances_, année 1683.

[462] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II; _France-Hollande_.

[463] _Siècle de Louis XIV_, chap. X.

[464] _Siècle de Louis XIV_, chap. X.

[465] Biblioth. roy. Mss. _Lettre de M. Conrard Van Beuningen à M. de La

Volpilière, docteur en théologie_. Après la campagne de 1672, ce dernier

avait publié un recueil d'odes intitulé: _La Hollande aux pieds du Roi_.

Voici le titre et le premier vers de la pièce qui ouvre le volume: _La

Hollande aux pieds du Roi. Elle lui demande la paix, et, se confessant

coupable, tâche de rentrer en grâce auprès de lui_.

_Ce ministre orgueilleux qui m'attire la guerre_, etc...

Ce ministre est Van Beuningen, qui fit peindre un soleil avec cette

parole de Josué: _Sta, sol_. (_Note de La Volpilière._) Le même poëte

traitait Van Beuningen d'_orgueilleux Phaéton_, de _faux Josué_, de

_faux devin_, etc. La lettre de celui-ci, dans laquelle respire d'un

bout à l'autre une ironie froide, calme, et en quelque sorte

diplomatique, réduit à leur juste valeur ces sottes accusations.

(_Manuscrit des Blancs Manteaux_, nº 63; _Histoire de la marine_, par M.

Eugène Sue; pièces justificatives.)

[466] _Dictionnaire des finances_, article _Tarif_. Au surplus, je dois

dire que l'_Encyclopédie_ désapprouve les Hollandais d'avoir élevé les

droits d'entrée sur nos vins et eaux-de-vie, alors que, de 1664 à 1667,

Colbert avait presque triplé les droits sur leurs draps.--_Histoire de

l'économie politique_, par M. Blanqui; t. II, chap. XVI.

[467] _Siècle de Louis XIV_, chap. IX. Voilà du moins ce que raconte

Voltaire, et il date cette fière répartie du 2 mai 1668. On remarquera

qu'une telle réponse n'eût pas été seulement impertinente, mais

très-maladroite, surtout à la cour de France, avec le caractère que l'on

connaissait au roi. Évidemment, un apprenti diplomate n'eût pas commis

la faute reprochée à cet ambassadeur. Qui sait, au surplus, si, dès que

la ruine de la Hollande fut résolue, on n'exagéra pas, pour faire sa

cour au roi, _l'inflexibililé républicaine_ qui l'avait choqué en lui.

Il suffit, d'ailleurs, de lire la correspondance de Van Beuningen pour

se convaincre qu'il était incapable de la maladresse et de la

grossièreté qu'on lui attribuait.

[468] Lettre de M. d'Estrades au roi, du 17 septembre 1665, citée dans

l'_Hist. de la Mar_., etc.

[469] _Lettres et négociations entre M. Jean de Witt_, etc., t.

IV.--Voir, pour les trois lettres suivantes, le même volume aux dates

indiquées.

[470] Biblioth. roy. Mss. _Registre des despesches_, etc., nº

204.--Voir, pour les lettres suivantes, ce volume ou ceux des Archives

de la marine, aux dates indiquées.

[471] Biblioth. roy. Mss. _Registre des despesches_, etc., année 1669.

Lettre à M. de Pomponne, du 21 mars 1669.

[472] Biblioth. roy. et Arch. de la mar. Lettres au même du 25 nov. 1669

et du 30 janvier 1671.

[473] Huit mois auparavant, le Parlement anglais avait augmenté les

droits sur nos vins, et la Hollande s'en était réjouie en attendant

qu'elle suivit cet exemple. Il est curieux de lire ce que Colbert

écrivit à ce sujet à M. de Pomponne, le 28 mars 1670: «La joie que l'on

tesmoigne en Hollande des nouvelles impositions que le Parlement

d'Angleterre a mis sur nos vins ne sera pas de longue durée, parce que

tout ce qui en peut arriver est que, dans le commencement de cet

establissement, il pourra causer quelque diminution dans la consommation

qui s'en fait, mais il y a bien de l'apparence que dans la suitte elle

sera considérablement augmentée, _veu que nous trouvons partout que le

vin ne se consomme avec tant d'abondance en aucun lieu qu'en ceux où il

est le plus cher_, estant d'ailleurs bien difficile, voire mesme

impossible, que les Anglois se passent de boire nos vins; néanmoins, il

faut laisser repaistre les Hollandois de ces apparences, tandis que nous

jouissons en effect d'une augmentation considérable de commerce.»

(Archiv. de la mar., _Registre_, etc. année 1670.)

[474] _Siècle de Louis XIV_, chap. X et XI.--_Docum. inéd. sur

l'histoire de France; Documents relatifs à la succession d'Espagne;

Guerre et négociations de Hollande en 1672_, par M. Mignet, t. III. «Cet

homme (Louvois) sans mesure et sans habileté, qui, malgré l'avis de

Turenne et de Condé, avait fait commettre la faute militaire de

disséminer l'armée et de ralentir l'invasion, fit alors commettre,

malgré l'avis du ministre des affaires étrangères, la faute politique de

refuser d'aussi belles offres et de compromettre cette fois, non plus le

moyen, mais le résultat même de l'invasion.»--Une histoire de

l'administration de Louvois écrite d'après les documents que possèdent

sans doute les Archives du ministère de la guerre et d'après les

ouvrages spéciaux, jetterait probablement beaucoup de jour sur un grand

nombre de décisions importantes se rattachant à cette époque, et

rectifierait peut-être sur quelques points les opinions émises sur le

caractère de ce ministre, par le duc de Saint-Simon, appréciateur

souvent très-partial et très-passionné.

[475] _Recueil des traités de commerce_, etc., t. II, _France-Hollande_.

[476] _Ibidem_.

[477] _Recherches sur les finances_, etc., année 1672.

[478] Ces trois sommes étaient le prix de l'appui que nous prêtaient

plusieurs princes d'Allemagne, l'Angleterre et la Suède. Tant que Louis

XIV eut des alliés, il les paya, et fort cher.

[479] Dix ans après, en 1682, ces dépenses avaient plus que doublé.

Voici les chiffres:

Comptant ès mains du roi 2,217,000 liv.

Ordonnances de comptant pour gratifications 1,972,147

Affaires secrètes 2,267,787

Bâtiments 5,987,926

Récompenses 137,613

[480] Colbert aurait désiré pouvoir affecter à quelques parties de ce

budget des allocations plus importantes. Les observations qui suivent

font connaître ses vues à ce sujet: «Pour la marine, 10 millions... Pour

soutenir la Compagnie des Indes orientales, il faut dépenser 8 millions

(sans doute en quelques années); elle ne peut subsister sans des secours

d'argent et sans une escadre dans les Indes; ainsi, il convient de

destiner au commerce 500,000 livres... Il n'y a plus que le roi en

France qui fasse travailler les sculpteurs, peintres et autres ouvriers

habiles. Si Sa Majesté ne les occupe, ils iront chercher ailleurs de

quoi gagner leur vie. Il faut mettre le Louvre en état de ne pas périr,

fermer les Tuileries, couvrir l'Observatoire.» (_Recherches sur les

finances_, année 1672.) Ces dernières observations prouveraient que

Colbert n'a pas toujours apporté des obstacles à la passion de Louis XIV

pour les bâtiments.

[481] D'après Voltaire, la campagne de 1672 avait coûté 50 millions,

_monnaie de son temps_, soit environ 28 millions, en tenant compte du

prix du marc d'argent aux deux époques. Cependant, on voit, d'après ces

chiffres, extraits des documents officiels; que la différence entre le

projet de dépense et la dépense réelle n'aurait été que de 18,500,000

livres, _monnaie du temps_. Il est vrai que l'on doit comprendre dans

les dépenses de la guerre les 6,668,000 livres payées cette année à

l'Allemagne, à l'Angleterre, à la Suède. Enfin, on peut croire qu'il y

eut aussi quelques virements de fonds; dans tous les cas, le chiffre

donné par Voltaire n'a rien d'exagéré.

[482] Arch. du roy, carton K, 123. _Estat par abrégé des receptes,

dépenses et maniement des finances pendant que MM. Colbert, Le Peletier

et Pontchartrain ont été controlleurs généraux des finances_.

[483] _Recherches sur les finances_, etc., années 1672 à 1678.

[484] _Recherches_, etc. «A la même époque, dit Forbonnais, on défendit

de teindre ni de fabriquer aucun demi-castor, renonçant ainsi à en

vendre à ceux qui veulent en porter.»

[485] _De l'Origine des Postes chez les anciens et chez les modernes_,

par Lequien de La Neuville.--C'est un recueil, incomplet toutefois, même

dans la période qu'il embrasse, des édits et arrêts qui ont paru sur les

postes. Il en existe deux éditions, l'une de 1708, l'autre de

1730.--_Recherches sur les finances_, etc., année 1654.--_Histoire

financière de la France_, etc., année 1672.--_Dictionnaire du Commerce

et des Marchandises_, publié par Guillaumin, article _Postes_, par M.

Dubost.--Voici un échantillon des conséquences fiscales du tarif de

Colbert et du tarif actuel, comparés, il est vrai, à leur point de

dissemblance le plus élevé.

Tarif Tarif

de Colbert. en vigueur

depuis 1827.

Prix d'une lettre simple de Dunkerque à Marseille. 5 s. 1 fr. 20 c.

Prix de la même lettre pesant 10 grammes 6 s. 2 40

Prix de la même lettre pesant 50 grammes 10 s. 4 80

[486] _Recherches sur les finances_, etc., année 1683.--_Histoire

financière_, etc., année 1674.

[487] _Mémoires de Gourville_, t. LII de la collection Petitot; p.

529.--_Particularités sur les ministres des finances_, etc.

[488] _Collection des anciennes lois_, etc., arrêt de décembre 1673.

Forbonnais blâme cette disposition que M. Bailly approuve au contraire

très-fortement et avec beaucoup de raison.

[489] _Recueil des arrêtés de M. le président de Lamoignon_, t. I, p.

XXXIX de la vie de M. de Lamoignon. Après les mots que j'ai cités M. de

Montyon ajoute ceux-ci: «_Vous en répondrez à la nation et à la

postérité_,» que l'on rappelle toujours après lui. Cette phrase n'est

pas dans la _Vie de M. de Lamoignon_.

[490] _Recherches sur les finances_, etc.--_Histoire financière_, année

1682.

[491] _Recherches_, etc.--_Comptes de Mallet_.--_Histoire financière_,

etc., année 1682.

[492] _Particularités sur les ministres des finances_, p. 33.--Voici ce

que Colbert répondait, le 26 octobre 1669, aux échevins de Lille, qui

lui avaient adressé une réclamation à ce sujet: «Les maximes des

finances ne permettent pas de laisser aucun droit en régie.» Bibl. roy.,

Mss. _Registre des despesches_, etc. nº 204. En 1698, quinze ans après

la mort de Colbert, on mit les postes en régie; mais il paraît que cet

essai ne fut pas heureux, car on revint bientôt au système des fermes.

[493] _Recherches sur les finances_, etc., année 1715.--_Histoire

financière_, etc., année 1715.

[494] _Une Province sous Louis XIV_, etc. _Le Parlement_, p. 370 et

suiv.

[495] _Une Province_, etc. _Les États généraux_, p. 37 et suiv. Dans une

autre lettre du premier président sur le don gratuit, en date du 13

janvier 1668, on lit ce qui suit: «Assurément la pauvreté est grande, et

le vil prix du blé et du vin, qui sont les seules ressources d'argent de

cette province, met les Estats en peine de pouvoir exécuter ce qu'ils

promettront. _Le vil prix du blé et du vin!_ tristes conséquences des

mesures de Colbert sur les grains et de l'augmentation du tarif!

[496] Biblioth. roy. Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année

1671.--Les États de Provence se tenaient dans la petite ville de

Lambesc.

[497] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1671.

[498] _Lettres et négociations entre Jean de Witt_, etc., etc., lettre

du 18 février 1656. La lettre ajoute qu'un avocat du roi au Parlement,

M. Bignon, fut vivement réprimandé de ce que, cette défense du roi ayant

été rapportée au Parlement, et son avis demandé, il avoit dit «qu'il

fallait faire comme le père Jacob, qui, luttant avec Dieu, quoique

blessé à la hanche, ne laissa point pourtant de combattre toujours,

jusqu'à ce qu'il eût obtenu la victoire et la bénédiction de Dieu même.»

[499] _OEuvres de Louis XIV_, t. V, p. 495 et 496.

[500] _Une Province sous Louis XIV_, etc. _Le Parlement_, p. 376.

[501] _Collection des anciennes lois françaises_, etc. Note.

[502] _Testament politique de M. Colbert_, chap. IV.

[503] _Vie de J. B. Colbert_, etc.--_Recherches sur les finances_,

années 1672 à 1678.

[504] _Documents inédits sur l'histoire de France_, etc., par M.

Champollion-Figeac, t. III.

[505] _Abrégé chronologique de l'histoire de France_, par Mézerai, t.

III, p. 109. Il y eut quelque chose de sauvage dans la manière dont le

connétable de Montmorency remplit sa mission. Ce connétable, connu

d'ailleurs par son caractère violent, et parent d'un lieutenant du

gouverneur de la province qui avait été massacré par les révoltés,

désarma la ville, la condamna à une forte amende, suspendit le Parlement

pour un an, et força les _jurats_, assistés ce cent notables bourgeois,

_à déterrer avec leurs ongles le corps de son parent_. Plus de cinq

mille bourgeois durent se trouver, cierge à la main, à la translation de

ce corps dans l'église Saint-André, et, arrivés devant la porte du

connétable, s'y arrêtèrent en criant miséricorde et confessant qu'ils

avaient mérité une plus rude punition. Le connétable avait en outre

ordonné que l'hôtel-de-ville serait rasé et que l'on élèverait à sa

place une chapelle expiatoire; mais Henri II épargna ces dernières

humiliations aux Bordelais.

[506] Biblioth. roy. Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année 1675.--Le

receveur général dont il s'agit s'appelait Lemaigre et son commis

Fevrant. Aussitôt après avoir reçu cette lettre, M. Lemaigre dut

s'empresser d'en donner une copie à Colbert, et c'est ce qui explique la

présence de ce document au milieu des dépêches adressées au

ministre.--Cette pièce est inédite. Qu'il me soit permis de faire

remarquer à ce sujet que, jusqu'à présent, aucun des biographes de

Colbert n'avait constaté l'opposition que ses édits financiers

rencontrèrent à Bordeaux.

[507] M. le maréchal d'Albret, gouverneur de la Guyenne. Il était malade

au moment où la révolte éclata. On lit dans une autre relation:

«Monseigneur le mareschal a forcé son indisposition, au hasard de sa

personne. Malheureusement il avoit été attaqué, le jour d'auparavant,

d'une espèce de paralysie ou goutte remontée dans la teste, laquelle par

viollence de l'humeur l'empeschoit de parler aysément et lui faisoit

tourner la bouche et un oeil.» (_Lettre du 30 mars 1675, des maires et

jurats gouverneurs de Bordeaux à Colbert signée Dubosq_.)

[508] Les _jurats_ remplissaient alors les fonctions déléguées

aujourd'hui aux adjoints des mairies.

[509] Une autre relation rapporte que la foule voulut le forcer à crier

_Vive le roi sans gabelle_. Sur son refus, il fut massacré.

[510] Le dommage occasionné chez ce Taudin fut évalué à 40,000 livres

dont l'intendant de la province demanda, quelque temps après, le

remboursement à Colbert.

[511] Je suppose que cela veut dire: _un pouilleux_.

[512] _Saint-Michel_. On voit que le narrateur a voulu reproduire le

patois bordelais.

[513] Biblioth. roy., Mss, _Lettres adressées à Colbert_, année

1675.--Tous les extraits de lettres qui suivent sont aussi tirés de

cette précieuse collection, qui renferme sur la seule révolte de

Bordeaux une centaine de pièces où les écrivains désireux de connaître

les détails de cette affaire trouveraient une foule de particularités

curieuses et de documents du plus grand prix. La collection des lettres

adressées à Colbert est véritablement une des mines historiques les plus

riches qu'il y ait en France, et je ne sais pas de province qui ne soit

intéressée à ce que ces richesses soient mieux connues. La société

fondée pour la publication des _Documents inédits sur l'histoire de

France_ rendrait un immense service aux saines études en chargeant un de

ses membres d'enrichir cette collection déjà si remarquable d'un résumé

analytique de toutes les lettres adressées à Colbert qui offrent un

intérêt réel.

[514] Biblioth. roy., _Mss. Lettres adressées à Colbert_; à sa date

[515] Biblioth. roy., Mss. _Abrégé des registres secrets de la Cour de

Bretagne_, de 1659 à 1679. Suppl. F, nº 1597.--La lettre de Mme de

Sévigné citée plus haut est du 1er janvier 1674.

[516] Biblioth. roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_.

[517] Biblioth, roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_; année 1675, à

sa date.

[518] Lettre du 24 septembre 1675.

[519] «M. de Chaulnes n'oublie pas toutes les injures qu'on lui a dites,

dont la plus douce et la plus familière était _gros cochon_.» (Lettre de

Mme de Sévigné du 16 octobre.)--On trouve dans les _Lettres adressées

à Colbert_ un grand nombre d'autres pièces relatives au soulèvement de

la Bretagne; je me suis borné à donner quelques extraits des plus

importantes. Il y avait eu aussi au Mans, à la même époque, un

commencement de révolte. Aussitôt, on écrasa la ville au moyen d'une

garnison considérable qui fut logée chez les habitants et nourrie par

eux. A ce sujet, l'évêque du Mans écrivit à Colbert vingt lettres des

plus pressantes pour se plaindre de ce qu'on avait exagéré ce mouvement

et pour lui exposer l'état de détresse où se trouvait la ville par suite

des mesures de rigueur qu'on avait prises contre elle. Mais ces lettres

demeurèrent pendant longtemps sans résultat. (Biblioth. roy., Mss.)

[520] _Lettres du cardinal d'Ossat_, p. 202, 560 et 617, citées dans le

_Précis hist. de la marine française_, par M. Chassériau.

[521] _Précis histor. de la marine_, etc.

[522] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., janvier 1671.

[523] _Collection des anciennes lois françaises_, etc.-_Code maritime,

ou Lois de la marine marchande_, par Baussant, t. I, p. 27 et 28.

[524] _Précis histor. de la marine française_, etc., annexes, p. 637.

Voici, d'après le même ouvrage, le tableau de la population maritime du

royaume à diverses époques:

En 1793 ...... 95,716 En 1830 ...... 74,917

En 1818 ...... 74,436 En 1840 ...... 87,545

En 1826 ...... 76,257 En 1845 ......101,106

Le développement des armements de l'État et du commerce, ainsi que le

système de la levée permanente, explique la différence qui existe entre

les deux derniers chiffres.

(_Note de M. Chasseriau._)

[525] _Histoire de la marine française_, par M. E. Sue.--_Lettres de

négociations entre J. de Witt, etc._ On lit dans une lettre de Van

Beuningen à J. de Witt, du 30 janvier 1665: «Tout ce que je puis

apprendre des forces marines de ce royaume et de ses armements, c'est

que la couronne a trente-deux vaisseaux de guerre, parmi lesquels il n'y

en a point au-delà de cinquante pièces de canon... L'intention du roi

est de les porter jusqu'à cinquante, _soit en louant_, soit en faisant

bâtir....»

[526] _Histoire de la marine_, etc., etc.--_Précis histor. de la

marine_, etc. L'auteur du _Précis_ donne aussi le tableau numérique des

bâtiments de la marine royale aux principales époques, depuis 1671

jusqu'en 1845. Ce qui suit en est extrait:

AUTRES

ANNÉÉS. VAISSEAUX. FREGATES. BÂTIMENTS. TOTAL. OBSERVATIONS.

1671 119 22 55 196 Guerre maritime et

continentale.

1678 113 29 69 211 Paix de Nimégue.

1685 121 23 50 194 Soumission de Gênes soutenue

par l'Espagne.

1692 131 133 101 265 Bataille de La Hougue.

1741 51 15 35 101 Guerre de la succession

autrichienne.

1779 68 69 117 264 Guerre d'Amérique.

1795 78 101 551 730 Dont 276 bateaux de

flottille.

1805 49 34 424 507 Plus 15 vaisseaux et 11

frégates en construction,

non compris la flottille.

1811 57 39 922 1018 Y compris la flottille,

plus 56 vaisseaux et frégates

en construction.

1815 55 31 306 392 Plus 25 vaisseaux et

frégates en construction.

1830 33 40 213 286

1845 23 30 246 299

Enfin, dans la séance de la Chambre des Députés du 3 janvier 1846, M. le

ministre de la marine a demandé un crédit de 135 millions pour porter,

en sept années, à partir du 1er janvier 1847, le chiffre de nos

bâtiments à voiles à 270, dont 40 vaisseaux et 50 frégates, et celui des

bâtiments à vapeur à 100, dont 30 de première classe (_de 400 à 600

chevaux_) et 70 de seconde classe (_de 90 à 300 chevaux_); total 370

bâtiments.

[527] _Lettres et négociations entre Jean de Witt_, etc.

[528] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1681.

[529] _Précis histor. de la marine_, etc., p. 108.

[530] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_; cote 7, pièce 44.

[531] Arch. de la mar., _Extrait des despesches et ordres du Roy

concernant la marine sous le ministère de M. Colbert depuis l'année 1767

jusques et y compris l'année 1683_. 1 vol. in-fol., p. 573.--La pièce

originale est à la Bibliothèque royale; Mss. _Colbert et Seignelay_;

Cote 3e, pièce 25.--Au sujet de l'inexpérience de la plupart des

officiers de marine à cette époque, Colbert écrivait, le 19 décembre

1669, à M. de Pomponne, ambassadeur en Hollande: «Comme notre marine est

à présent plus puissante en nombre de vaisseaux qu'en expérience de nos

capitaines, en ce qui regarde les grandes manoeuvres, il faudrait voir si

l'on pourrait tirer de Ruyter ou de quelqu'un des principaux officiers

des armées navales, pendant la guerre avec les Anglais, tous les ordres

de bataille qui ont été observés, avec les figures et les noms des

vaisseaux.» La même recommandation fut faite à l'ambassadeur en

Angleterre. (Biblioth. roy., Mss. _Registre des despesches_, nº 204.)

[532] Arch. de la mar., _Extraits des despesches_, etc., etc.

[533] _Précis histor. de la marine_, etc.--_Histoire de la marine_. M.

Eugène Sue pense qu'en effet le comte d'Estrées avait ordre d'exposer

ses vaisseaux le moins possible, afin que les marines anglaise et

hollandaise fissent seules les frais de la journée, et il publie

quelques pièces qui semblent justifier ces opinions. Malgré ses

dénégations, la lettre de Colbert lui-même laisse du doute dans

l'esprit. Cette lettre de Colbert est aussi inédite. (Arch. de la mar.

_Registre des despesches_, etc., année 1672, p. 198 et 199.) A travers

le vague de certaines expressions on croit voir que le comte d'Estrées

avait reçu de ces ordres _qu'on n'écrit pas_, et que l'ambassadeur

ignorait sans doute, par le même motif qu'on avait eu à lui cacher

l'alliance secrète négociée par Madame entre Louis XIV et Charles II.

[534] _Précis Histor. de la marine_, etc., p. 103.--Arch. de la mar.,

_Extraits des despesches_, etc., etc., p. 138. Cette lettre est inédite.

[535] Biblioth. roy., Mss. _Colbert et Seignelay_, t. IV, cote 11e,

pièces 9 & 10.

[536] _Ibidem_., cote 1re, pièces 5 et 10, sans date.

[537a] Arch. de la mar. _Extrait des despesches_, etc., p. 613.

[537b] _Commentaire sur l'ordonnance du mois d'août 1681_, par Valin;

nouvelle édition avec des notes, par Bécane, t. I, p. XII et

XIII.--_Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle_,

par M. Pardessus, t. IV, chap. XXVI, p. 245 et 246.

[538] Arch. de la mar. _Registres des despesches_, etc., année 1671, t.

I, p. 15 et suiv.--Enfin, dans un Mémoire original de Colbert sur la

marine, mémoire non daté, mais qui doit être des derniers mois de 1670,

ce ministre proposait au roi «de commettre le sieur d'Herbigny pour

faire la visite de tous les ports, et de nommer trois avocats, les

sieurs de Gamont, Billain et Foucault, qui s'assembleraient toutes les

semaines afin de conférer sur les rapports de M. d'Herbigny, et former

ensuite un corps d'ordonnances de marine.» (Biblioth. roy. _Colbert et

Seignelay_, cote 1re, pièce 10.)--Il y a, en outre, dans les

_Registres des despesches_ de 1671 et 1672 un grand nombre de lettres de

Colbert à M. d'Herbigny, et dans le nombre on en trouve quelques-unes de

très-sévères, desquelles il résulte que M. d'Herbigny avait outre passé

ses pouvoirs et mal compris les intentions de Colbert, qui le menaçait

de le rappeler s'il ne se pénétrait mieux du sens de ses instructions.

[539] _Instruction à mon fils_, etc. Voir aux pièces justificatives;

pièce numéro XII.

[540] _Commentaires de Valin_, etc., p. VIII et suiv.

[541] Ce qui suit est extrait des _Principes de M. Colbert sur la

marine_. Biblioth. roy., Mss. Ce manuscrit a été publié par M. Eugène

Sue. Il se trouve également aux Archives de la marine. L'exemplaire de

la Bibliothèque royale a appartenu à Mme de Pompadour, dont les

armoiries ont été découpées sur la reliure, à l'époque de la Révolution.

Les _Principes de M. Colbert sur la marine_ ont été résumés d'une

manière très-intelligente d'après l'_Extrait des despesches et ordres du

Roy concernant la marine sous le ministère de M. Colbert_, 1 vol.

in-fol., extrait fait aussi avec beaucoup de soin par un marin, et qui

renvoie, pour chaque assertion, aux registres spéciaux dont toutes les

dépêches sont tirées, le même travail a été fait pour l'administration

du marquis de Seignelay.

[542] On voit dans le _Registre des despesches_ de l'année 1670, que

Colbert accorda 4 livres et jusqu'à 6 livres d'indemnité par tonneau, à

plusieurs armateurs de Marseille, La Rochelle, Bordeaux, Saint-Malo,

Nantes, _pour navires construits à leurs frais_.--La même année, Colbert

donna une indemnité d'un écu par baril de boeuf transporté dans les îles.

[543] _Précis histor. de la marine_, etc.

[544] _OEuvres_, t. V. _Notice sur Colbert_.

[545] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., 1671.

[546] _Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV_, par l'abbé de

Choisy, liv. II.

[547] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., années 1670 et

1671.--M. de Silvecane était sans doute un des commis que Colbert avait

établis dans toutes les villes manufacturières pour surveiller

l'exécution de ses règlements et juger les contestations auxquelles ils

donnaient lieu. Dans sa lettre du 9 janvier, Colbert lui mande en outre

«qu'il est bien aise d'apprendre que l'_archevêque de Lyon_ se soit

chargé de commencer les manufactures des organsins dans sa terre de

Neufville.»--J'ai cherché à la Bibliothèque royale, dans la collection

des _Lettres adressées à Colbert_, celle par laquelle son commis de Lyon

lui fit connaître la peine prononcée contre les deux manufacturiers si

arbitrairement arrêtés et jugés; elle ne s'y trouva pas; mais tout fait

supposer que les instructions qu'il avait reçues portèrent leurs fruits,

et que ces fabricants, coupables d'avoir conçu l'espoir de gagner plus

d'argent à Florence qu'à Lyon, où ils se ruinaient peut-être, furent

sévèrement punis.

[548] _Lettres et négociations_, etc., t. II, lettre du 8 mai 1661.

[549] Arch. du roy., E, 3336; _Registres du secrétariat_, année

1670.--En 1675, un libraire de Rouen, le sieur Gonet, qui avait publié

un pamphlet intitulé: _L'Évêque de Cour_, fut condamné à faire amende

honorable devant le principal portail de l'église cathédrale de cette

ville «tenant à la main une torche ardente du poids de trois livres, et

là, demander pardon à Dieu, au Roy et à justice, ce faict, les livres

estre brûlez par l'exécuteur des sentences criminelles, et ensuite estre

banny pour l'espace de neuf ans, hors de l'Isle-de-France et province de

Normandie, enjoint de garder son ban à peine de la vie.» (Biblioth.

roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année 1675.)--Quelque temps

après, un libraire d'Auxerre, le sieur Gamin, fut condamné à la même

peine pour avoir imprimé un autre pamphlet intitulé: _La Liberté de

l'Église, suite de l'Évêque de Cour_.

[550] Arch. du roy., _Registres du secrétariat_, année 1670, p.

236,--C'était là, dira-t-on, l'esprit du temps; sans doute: mais c'était

aussi le devoir du ministre d'examiner si ces exigences étaient justes,

et de ne pas suivre aveuglement les précédents. A la vérité, on avait

fait pis encore; le 6 novembre 1660, avant l'administration de Colbert.

A cette époque, il fut question d'achever le Louvre, et le roi publia un

édit faisant défense à toutes personnes de Paris _d'élever aucun

bâtiment sans sa permission expresse, sous peine de 10,000 livres

d'amende, et à tous ouvriers de s'y employer, sous peine de prison pour

la première fois et des galères pour la seconde_. (_Histoire de Paris_,

par Félibien, t. II, 473.)

[551] _Mémoires de Charles Perrault_, liv. IV.

[552] _Mémoires de Charles Perrault_, liv. IV.

[553] _Vie de J.-B. Colbert_.

[554] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1671.

[555] Biblioth. roy., Mss. _Lettres adressées à Colbert_, année 1672.

[556] _Mémoires de Gourville_.--Dans les dernières années de la vie de

Colbert, Gourville était devenu de ses amis et il le voyait sur le pied

d'une assez grande intimité. On se rappelle ce qu'il en a dit: «J'ai

toujours pensé qu'il n'y avait que lui au monde qui eût pu mettre un si

grand ordre dans le gouvernement des finances en si peu de temps.»

[557] _Paradisus Londinensis_, par Salisbury, botaniste anglais, t. II;

cité par Lemontey.

[558] Arch. de la mar., _Registre des despesches_, etc., année 1672.

[559] _Documents inédits sur l'histoire de France_, par M.

Champollion-Figeac, t. III.--On trouve dans une lettre de Colbert, du 31

décembre 1672, à son frère ambassadeur à Londres, quelques détails

pleins d'intérêt sur la famille du ministre. J'en extrais ce qui suit:

«Je ne puis m'empescher de vous dire que je ne suis pas tout à fait

content de ma belle-soeur, veu qu'il me semble qu'elle doibt estre

persuadée que les consultations que je ferois faire ici seroient aussi

bonnes pour le moins que celles qui passent par d'autres canaux.

J'espère qu'elle aura un peu plus de confiance en l'advenir aux soins

que je pourrois prendre de faire les consultations moy-mesme de votre

mal, soit de les faire faire par mon lieutenant, c'est-à-dire par ma

femme qui en prendroit autant de soin que moy.» Arch. de la mar.,

_Registre des despesches_, etc., année 1672.

[560] _Documents inédits_, etc.

[561] _Documents inédits_, etc.

[562] _Mémoires_, etc., t. XIV.

[563] _Soupirs de la France esclave_, etc. XIe mémoire.

[564] _OEuvres de Louis XIV_, passim t. III, p. 412.--On comprend après

cela que Louis XIV ait pu dire le mot célèbre qui lui a été si souvent

reproché: _l'État, c'est moi_. Voici, au surplus, sur cette

personnification absolue, exclusive, de l'État dans la Royauté, à cette

époque, un nouveau et très-curieux passage des _Soupirs de la France

esclave_; «Autrefois l'État entroit partout; on ne parloit que des

intérêts de l'_État_, de la conservation de l'_État_, du service de

l'_État_. Aujourd'huy parler ainsi seroit au pied de la lettre un crime

de lèze-majesté. Le Roi a pris la place de l'État. C'est le service du

_Roi_, c'est l'intérêt du _Roi_. C'est la conservation des provinces et

des biens du _Roi_. Et ce ne sont pas seulement des paroles et des

termes, ce sont des réalitez. On ne connoist plus à la cour de France

d'autre intérêt que l'intérêt personnel du Roi, c'est-à-dire, sa

grandeur et sa gloire. C'est l'idole à laquelle on sacrifie les princes,

les grands, les petits, les maisons, les provinces, les villes, les

finances et généralement tout. Ce n'est donc pas pour le bien de l'État

que se font ces horribles exactions, car d'_État_ il n'y en a plus. Ce

n'est pas non plus pour les besoins de l'_État_. Car jamais la France

n'en a eu moins excepté depuis quelques mois. _Depuis trente ans, elle

n'a eu d'ennemis que ceux qu'elle s'est faits de gayeté de coeur_ (XIe

_Mémoire_).

[565] _Ibidem_.

[566] _Mémoires de Charles Perrault_, liv. IV.

[567] On me permettra de rappeler ces vers du sonnet que le poëte

Hénault lui avait adressé après la condamnation de Fouquet:

Sa chute quelque jour te peut être commune;

Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune;

_Nul ne tombe innocent d'où l'on te voit monté_...

[568] _OEuvres de Lemontey_, t. V: _Notice sur Colbert_. Lemontey est le

seul auteur qui parle de ce plan, et il n'indique pas son autorité.

[569] Arch. de la mar. _Registre des despesches_, etc., année 1772.

[570] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1680.--La Fontaine, _poëme sur

le quinquina_.

[571] M. Montyon donne pour preuve de cette sévérité de Louvois la

lettre suivante que ce ministre écrivit à M. de Ménars, beau-frère de

Colbert et intendant de Paris: «Je Vois, par votre dernière lettre, que

les fusils de la milice ont coûté 18 francs; faites mettre en prison

celui qui les a vendus, car ils n'en valent que 15.» (_Particularités

sur les ministres des finances_, etc.) Cette lettre dénote en effet un

administrateur intègre et sévère; mais n'y avait-il pas là-dessous

quelque rancune contre Colbert?

[572] _Particularités sur les ministres_, etc., article _Colbert_. Il

est vraiment fâcheux que M. Montyon n'ait pas indiqué à quelle source il

avait recueilli ces curieux détails, ainsi que ceux qui suivent, sur les

derniers moments de Colbert.

[573] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1683.

[574] Biblioth. roy., Mss. _Inventaire fait après le décedz de

monseigneur Colbert_.

[575] _Lettres de Mme de Maintenon_, t. II, p. 388.--De toutes les

charges de son père, le marquis de Seignelay n'eut que la marine, dont

la survivance lui avait été donnée dès 1672, et c'était assez. Louvois

obtint la surintendance des bâtiments, et Le Pelletier fut nammé

contrôleur général des finances.

[576] _Vie de J.-B. Colbert_, etc., année 1669.--_Testament politique de

M. Colbert_, etc., chap. iv.

[577] L'exaspération du peuple de Paris contre les restes de Colbert est

constatée dans la note d'une épitaphe de ce ministre, insérée au

_Recueil Maurepas_. (Voir, plus loin, p. 411, note I.)

[578] _Mémoires_, etc., par l'abbé de Choisy, etc., liv. II.

[579] Ce libelle, de 65 pages in-32, est probablement fort rare. Il

appartient à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il a pour second titre: _le

Catéchisme des partisans, composé par M. Colbert, ministre de France,

avec des vers sur la mort du mesme ministre_; à Cologne, chez Pierre du

Marteau.--Il ne porte ni date ni nom d'auteur, et ne paraît pas avoir

été imprimé à Cologne; il est plus probable qu'il sortit d'une

imprimerie clandestine de Paris. Au _Catéchisme_ succède le _Pater

noster de M. Colbert_. Les deux versets suivants en donneront une idée:

«Grand Dieu, je confesse mon crime,

Je sçais qu'il faut le condamner,

Qu'il mérite le noir abysme

Et je n'ose plus vous nommer

_Pater noster_...

«Et quoique le bien des provinces

Remplissait tous mes coffres d'or,

Jamais je ne voyois mon prince

Sans dire: il me faudrait encor

_Regnum tuun...»

On a vu, au chapitre 1er, p. 78, note 2, la description d'une

caricature ornée de quatrains et représentant Colbert occupé à compter

_ses thrésors_. Enfin, si l'on était, par hasard, bien aise de connaître

la plupart des épigrammes qui ont été faites contre ce ministre, on les

trouverait réunies dans un recueil d'anecdotes ayant pour titre:

_Nouveau Siècle de Louis XIV_, par Sautreau de Marsy, 4 vol. in-8º,

article _Colbert_. Il existe un autre ouvrage en apparence relatif à

Colbert et intitulé: _Entretiens de M. Colbert, ministre secrétaire

d'Estat, avec Bouin, fameux partisan, sur plusieurs affaires curieuses,

entr'autres sur le partage de la succession d'Espagne, fait par le roy

d'Angleterre et les Hollandois_. 1 vol. in-8º, Cologne, 1701, chez

Pierre Marteau. Je n'y ai absolument rien trouvé concernant

l'administration de Colbert.

[580] Colbert possédait à Sceaux une maison de campagne où il eut

l'honneur de recevoir louis XIV.

[581] On trouve aussi plusieurs épitaphes de Colbert dans le _Recueil de

chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autres vers

satiriques et historiques, avec des remarques curieuses, depuis 1589

jusqu'en 1747_; 35 vol. in-4º. Biblioth. roy., Mss.--Ce recueil,

histoire galante de la cour de France pendant près de quatre siècles, ne

comporte nullement l'impression; mais il renferme, sur la plupart des

anciennes familles, une foule de particularités quelquefois

très-piquantes. Il est désigné habituellement sous le titre de _Recueil

de Maurepas_, du nom de l'ancien ministre de Louis XV et de Louis XVI,

qui en eut l'idée, le fit copier à grands frais, et se chargea sans

doute lui-même des notes explicatives et rectificatives jointes à

chacune des pièces qui le composent.--Je citerai l'épitaphe suivante de

Colbert, à cause des notes qui l'accompagnent.

Histoire de la vie et de l'administration de Colbert · 第 188 / 189 题