à Tours[642].
Le Sr Brillon, marchand de Paris, estant prez de tomber et le Roy
voulant toujours donner secours aux marchands en qui il paroist de la
bonne foy, j'ai fait assembler ses créanciers de Paris par ordre de Sa
Majesté qui ont en conséquence passé un contract duquel je vous envoye
copie, mais comme ses créanciers ne montent qu'à 148m et qu'il doit
580m dans la ville de Tours, Sa Majesté n'a pas voulu jusques à
présent homologuer son contract pour estre exécuté à l'esgard de tous
les autres créanciers parce que pour donner ce secours aux marchands,
elle a toujours observé qu'il se trouve deux choses, c'est-à-dire de la
bonne foy et que les trois quarts des créanciers consentent aux arrests
de surséance, mais Sa Majesté m'a ordonné en même temps de vous escrire
qu'elle veut que vous fassiez assembler tous ceux qui composent en la
ville de Tours les 580m liv. qu'il y doibt à la diligence de celui
qui vous portera cette lettre et que vous leur fassiez connoistre _que
tous ses livres ayant esté examinez par ordre du Roy et trouvés en bonne
forme et que le deffaut de payement de ses debtes_ ne provenant que des
désordres d'Angre, il seroit de l'intérest de tous les créanciers de
consentir à l'homologation du contract, parce que si les procédures de
justice commencent à se mettre dans toutes leurs affaires, ils causeront
bien la ruine du Sr Brillon, mais aussy leurs debtes courreront
beaucoup plus de risques.
En cas que vous ne soyez point à Tours et que vous ne puissiez exécuter
vous-même cette affaire, je vous prie d'en addresser vos ordres à un
officier qui soit bien intentionné pour la faire réussir.
Je suis, Monsieur,
Votre très-humble et très-affectionné
serviteur,