_Part proportionnelle de chaque saison dans le total annuel des suicides
de chaque pays._
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+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
| |DANEMARK|BELGIQUE| FRANCE| SAXE |BAVIÈRE|AUTRICHE|PRUSSE |
| |1858-65 |1841-49 |1835-43|1847-58|1858-65|1858-59 |1869-72|
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
| Été | 312 | 301 | 306 | 307 | 308 | 315 | 290 |
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
|Printemps| 284 | 275 | 283 | 281 | 282 | 281 | 284 |
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
| Automne | 227 | 229 | 210 | 217 | 218 | 219 | 227 |
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
| Hiver | 177 | 195 | 201 | 195 | 192 | 185 | 199 |
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
| | 1.000 | 1.000 | 1.000 | 1.000 | 1.000 | 1.000 | 1.000 |
+---------+--------+--------+-------+-------+-------+--------+-------+
*/
De ces faits incontestables Ferri et Morselli ont conclu que la
température avait sur la tendance au suicide une influence directe; que
la chaleur, par l'action mécanique qu'elle exerce sur les fonctions
cérébrales, entraînait l'homme à se tuer. Ferri a même essayé
d'expliquer de quelle manière elle produisait cet effet. D'une part,
dit-il, la chaleur augmente l'excitabilité du système nerveux; de
l'autre, comme, avec la saison chaude, l'organisme n'a pas besoin de
consommer autant de matériaux pour entretenir sa propre température au
degré voulu, il en résulte une accumulation de forces disponibles qui
tendent naturellement à trouver leur emploi. Pour cette double raison,
il y a, pendant l'été, un surcroît d'activité, une pléthore de vie qui
demande à se dépenser et ne peut guère se manifester que sous forme
d'actes violents. Le suicide est une de ces manifestations, l'homicide
en est une autre, et voilà pourquoi les morts volontaires se multiplient
pendant cette saison en même temps que les crimes de sang. D'ailleurs,
l'aliénation mentale, sous toutes ses formes, passe pour se développer à
cette époque; il est donc naturel, a-t-on dit, que le suicide, par suite
des rapports qu'il soutient avec la folie, évolue de la même manière.
Cette théorie, séduisante par sa simplicité, paraît, au premier abord,
concorder avec les faits. Il semble même qu'elle n'en soit que
l'expression immédiate. En réalité, elle est loin d'en rendre compte.