Le suicide et les facteurs cosmiques[84].
Mais si, à elles seules, les prédispositions individuelles ne sont pas
des causes déterminantes du suicide, elles ont peut-être plus d'action
quand elles se combinent avec certains facteurs cosmiques. De même que
le milieu matériel fait parfois éclore des maladies qui, sans lui,
resteraient à l'état de germe, il pourrait se faire qu'il eût le pouvoir
de faire passer à l'acte les aptitudes générales et purement virtuelles
dont certains individus seraient naturellement doués pour le suicide.
Dans ce cas, il n'y aurait pas lieu de voir dans le taux des suicides un
phénomène social; dû au concours de certaines causes physiques et d'un
état organico-psychique, il relèverait tout entier ou principalement de
la psychologie morbide. Peut-être, il est vrai, aurait-on du mal à
expliquer comment, dans ces conditions, il peut être si étroitement
personnel à chaque groupe social: car, d'un pays à l'autre, le milieu
cosmique ne diffère pas très sensiblement. Pourtant, un fait important
ne laisserait pas d'être acquis: c'est qu'on pourrait rendre compte de
certaines, tout au moins, des variations que présente ce phénomène, sans
faire intervenir de causes sociales.
Parmi les facteurs de cette espèce, il en est deux seulement auxquels on
a attribué une influence suicidogène; c'est le climat et la température
saisonnière.