CHAPITRE II

Le suicide et les états psychologiques normaux. La race. L'hérédité.

Mais il pourrait se faire que le penchant au suicide fût fondé dans la

constitution de l'individu, sans dépendre spécialement des états

anormaux que nous venons de passer en revue. Il pourrait consister en

phénomènes purement psychiques, sans être nécessairement lié à quelque

perversion du système nerveux. Pourquoi n'y aurait-il pas chez les

hommes une tendance à se défaire de l'existence qui ne serait ni une

monomanie, ni une forme de l'aliénation mentale ou de la neurasthénie?

La proposition pourrait même être regardée comme établie, si, comme

l'ont admis plusieurs suicidographes[54], chaque race avait un taux de

suicides qui lui fût propre. Car une race ne se définit et ne se

différencie des autres que par des caractères organico-psychiques. Si

donc le suicide variait réellement avec les races, il faudrait

reconnaître qu'il y a quelque disposition organique dont il est

étroitement solidaire.

Mais ce rapport existe-t-il?

Le Suicide: Etude de Sociologie · 第 29 / 163 题