Le suicide et les états psychologiques normaux. La race. L'hérédité.
Mais il pourrait se faire que le penchant au suicide fût fondé dans la
constitution de l'individu, sans dépendre spécialement des états
anormaux que nous venons de passer en revue. Il pourrait consister en
phénomènes purement psychiques, sans être nécessairement lié à quelque
perversion du système nerveux. Pourquoi n'y aurait-il pas chez les
hommes une tendance à se défaire de l'existence qui ne serait ni une
monomanie, ni une forme de l'aliénation mentale ou de la neurasthénie?
La proposition pourrait même être regardée comme établie, si, comme
l'ont admis plusieurs suicidographes[54], chaque race avait un taux de
suicides qui lui fût propre. Car une race ne se définit et ne se
différencie des autres que par des caractères organico-psychiques. Si
donc le suicide variait réellement avec les races, il faudrait
reconnaître qu'il y a quelque disposition organique dont il est
étroitement solidaire.
Mais ce rapport existe-t-il?