_P.-S._--D'une lettre que vous venez d'adresser à Jean Ajalbert à propos
de la généreuse campagne qu'il mène dans l'_Humanité_ en faveur du
«Droit de l'Artiste sur l'OEuvre d'Art» je ne puis me retenir de
détacher ces lignes, non moins révélatrices de votre état d'esprit que
celles dont vous avez honoré le directeur des _Arts de la Vie_.
«Les préoccupations intellectuelles de nos
contemporains--dites-vous--m'intéressent passionnément, vous n'en doutez
pas, mais elles m'apparaissent comme si étrangères et même si contraires
à l'art, que je les exècre! Sans cesse entendre parler des droits de
l'homme à ceci ou à cela, est un peu irritant pour l'homme qui sait que
le seul droit dont il ait pleinement joui, c'est de souffrir, en
attendant la mort. Le vague de tous les petits remèdes proposés à la
douleur ou au malaise contemporains, n'est égalé que par la naïveté et
l'orgueil de ceux qui les offrent.»
Je crois enfin vous comprendre... et je n'ai plus envie de rire. Vous
êtes, Blanche,--comme votre maître Degas que j'entendais naguère prêcher
le même évangile de résignation et de découragement--vous êtes un homme
de l'An Mil, ressuscité à l'aube du vingtième siècle. Alors, si le seul
droit de l'homme est, hélas! «de souffrir en attendant la mort», ne
peignez ni, surtout, n'écrivez plus, Blanche, et couvrez-vous de
cendres. Vanité des vanités, etc.[16]