NOTE DE 1912 (_Études et Portraits_).--Je puis déjà, cinq ans après la
publication de ce portrait, ajouter à la liste des oeuvres citées plus
haut, une série de belles et précieuses «eaux-fortes» que Forain exécute
en ce moment. Le dessin s'élargit encore, le métier de la pointe-sèche
est parfaitement admirable, faisant penser à Rembrandt et à Goya. Le
Christ et les Apôtres, le Calvaire, le Dernier Repas: tels sont les
sujets auxquels revient ce Catholique. Forain s'est apaisé; son visage
rose et gras décèle une paix intérieure et un accommodement aux choses
actuelles. Son esprit lui a concilié ses ennemis, qui semblent avoir
passé l'éponge sur le _P'sst...!_ Il ne fume plus, il est végétarien et
indulgent.
NOTE DE 1916.--Depuis la guerre de 1914, Forain a retrouvé une nouvelle
jeunesse. Mobilisé malgré son âge--il a plus de soixante ans--décoré de
la Croix de guerre, il rend des services éminents dans le corps des
camoufleurs, qu'il organisa. Il ne quitte plus son uniforme; on l'a vu
dans Paris coiffé de la bourguignotte. Il a donné, dans l'_Opinion_ puis
le _Figaro_, des dessins, les plus beaux qu'on connaisse de lui. Je me
plais à lui offrir ce nouveau tribut de mon admiration, quoique, à la
suite de l'article qui précède, il ne me tienne plus pour un ami...