_Une déconvenue de Richelieu.--L’attentat de Damiens: c’est le
Maréchal qui fait arrêter l’assassin.--Démarche adroite de Richelieu
auprès de Mme de Pompadour.--Son intervention, inutile, mais désirée
par le roi, auprès de l’archevêque de Paris.--Réconciliation publique
de la Marquise avec Richelieu.--Elle vaut au Maréchal de remplacer, à
l’armée de Westphalie, le comte d’Estrées, le vainqueur d’Hastembeck._
L’année 1757 s’était ouverte pour le Maréchal sur une pénible
impression. Quoique légèrement estomaqué par une réception répondant
mal à son espoir d’une rentrée triomphale, l’adroit et ambitieux
courtisan n’avait point abdiqué ses prétentions au poste de premier
ministre, prétentions qu’il croyait plus justifiées que jamais, sans
toutefois les avouer trop hautement. Aussi, quelle ne dut pas être
sa déception, quand il vit ses espérances, sinon anéanties, du moins
ajournées par une nomination imprévue! Les _Mémoires_ de Bernis nous
tracent, le 2 janvier, un amusant croquis de la scène:
«Le Maréchal de Richelieu qui remplissait cette année la charge de
premier gentilhomme de la Chambre, me dit, un quart d’heure avant que
le roi lui ordonnât de m’appeler pour me faire asseoir au Conseil:
--«Mais, pourquoi, ayant tant d’affaires à traiter avec le roi et ses
ministres, ne demandez-vous pas les entrées de la Chambre? Si vous
voulez, je me chargerais d’en faire la proposition au roi. Je lui
répondis, en riant, que j’acceptais volontiers ses offices. Il fut
fort étonné, un instant après, d’entendre le roi me dire:
--«L’abbé de Bernis, prenez place au Conseil[483].»
[483] _Mémoires et Lettres du cardinal de Bernis_ (édition
Frédéric Masson), 2 vol., 1878, t. I, p. 312. Bernis ne fut
secrétaire d’État aux affaires étrangères que le 27 juin
1757.--Richelieu, dans ses _Mémoires authentiques_, consacre
une notice des plus curieuses à Bernis, qu’il appelle une
«comète qui avait bien une queue très longue, mais à qui il
manquait une tête» capable de tenir dignement sa place dans
le Conseil. Richelieu signale les origines du ministre, ses
liaisons féminines, surtout avec Mme de Pompadour, dont il
était, à l’occasion, le _teinturier_.
Le protégé de Mme de Pompadour, que Louis XV voulait déjà nommer
ministre d’État, dans les derniers jours de décembre 1756, aurait pu
écrire _stupéfié_, pour ne pas dire _indigné_. Eh quoi! ce prestolet
d’abbé, parce qu’il avait su plaire à la favorite, entrait tout droit
au Conseil, alors que lui, duc de Richelieu, Maréchal de France,
illustre par sa naissance et par ses victoires, restait une fois de
plus dans l’antichambre ministérielle!
Trois jours après, un coup de théâtre, autrement inattendu, devait
surprendre et bouleverser la Cour de Versailles. Le 5 janvier, à la
tombée du crépuscule, Louis XV allait quitter le palais pour se rendre
à Trianon. Son carrosse l’attendait sous la voûte; et le prince, assez
mal éclairé par la lueur incertaine de deux flambeaux, atteignait déjà
la dernière marche, quand il s’écria:
--«Duc d’Ayen, on vient de me donner un coup de poing.» Grand émoi. Le
Maréchal de Richelieu, qui était derrière le roi, s’écrie à son tour:
--Qu’est-ce que c’est que cet homme avec son chapeau? Le roi tourne la
tête, il porte la main à son côté, la retire pleine de sang et dit:
--Je suis blessé: qu’on l’arrête et qu’on ne le tue pas.»
Damiens, qui avait frappé Louis XV, «était rentré si vivement par la
trouée qu’il avait faite que personne n’avait vu le coup[484]».
[484] _Journal_ du duc DE CROŸ (édit. de Grouchy et Cottin,
1906), t. I, p. 365. Les relations de l’attentat de Damiens
sont fort nombreuses, et, sauf quelques variantes sans intérêt,
concordent assez bien dans tous leurs détails. Nous avons
choisi de préférence celle de Croÿ qui met plus directement en
scène Richelieu.--Le Maréchal ne put témoigner au procès; il
était parti pour l’armée.
Mais lui seul était resté couvert; et ce fut la remarque de Richelieu
qui le fit arrêter aussitôt par un valet de pied et par un garde du
corps.
Avec une présence d’esprit qui ne l’abandonnait pas dans les
circonstances les plus critiques, le Maréchal, malgré son dépit et ses
rancœurs, comprit tout le parti qu’il pouvait tirer de la situation;
et, comme s’il eût été, par destination, le conseil et l’appui des
favorites dans l’embarras, il s’échappa du chevet du roi pour aller
trouver Mme de Pompadour qu’on avait éloignée et lui offrir, avec ses
consolations, le réconfort d’un absolu dévouement[485].
[485] FAUR: _Vie privée_, t. II, p. 173.--D’après SOULAVIE
(_Mémoires de Richelieu_, t. IX, p. 159), Mme de Pompadour se
serait plainte, au contraire, que, dans cette période critique,
le Maréchal n’avait pas eu pour elle «tous les égards qui lui
étaient dûs».
La blessure du roi était insignifiante. Et l’amant revint à sa
maîtresse, comme il était déjà revenu à Mme de Châteauroux.
La Marquise, plus que jamais en crédit, obtint l’exil de
d’Argenson[486] aux Ormes et de Machault, qui l’avait trahie, dans sa
terre d’Arnouville.
[486] _Les Mémoires authentiques_ contiennent de très piquants
détails sur la disgrâce de ce ministre, qui «se croyait sûr de
faire chasser Mme de Pompadour, parce que, pensait-il, le roi
ne le renverrait jamais»; tel ce dialogue entre Richelieu et
Maillebois, neveu de d’Argenson: _Maillebois_, d’un ton joyeux:
«Le Machault vient de partir.--_Richelieu_: Et votre oncle
aussi.»
Mais le plus difficile restait à faire.
La situation intérieure de la France était singulièrement troublée
depuis cinq ans. Les querelles religieuses l’emportaient, par moments,
sur les conflits politiques, quand elles ne les déterminaient pas.
Le jansénisme, en majorité au Parlement, luttait contre le haut
clergé, qui, depuis les premières années du XVIIIe siècle, entendait
imposer à tous les fidèles, d’accord avec le Gouvernement, une
adhésion sans réserves à la _Constitution Unigenitus_, œuvre de la
diplomatie Vaticane. La résistance s’était surtout accentuée en
1752. Pour la vaincre, les évêques avaient interdit aux curés de
donner les sacrements aux jansénistes. Versailles avait pris parti
pour l’épiscopat. Et cependant nombre de courtisans--Richelieu tout
le premier--étaient plutôt imbus de l’esprit philosophique, en
opposition avec l’intolérance cléricale. Mais il fallait sauvegarder
quand même le principe d’autorité, partant la religion officielle,
puisque le Gouvernement approuvait la campagne des évêques. Or, le
Parlement la combattit et bientôt, devant le refus du roi d’accueillir
ses remontrances, cessa de rendre la justice (5 mars 1753). Les
conseillers, exilés à Pontoise, ne furent rappelés qu’en 1754, mais
ils n’avaient pas désarmé; et quand la guerre éclata en 1756, ils
se défendirent d’enregistrer les nouveaux impôts réclamés par le
ministère. Il fallut recourir à de nombreux expédients pour trouver les
ressources qu’exigeaient les circonstances. Mais, après l’attentat de
Damiens, le Gouvernement dut passer par de nouvelles épreuves.
Beaumont, l’archevêque de Paris, voulait alors faire d’une pierre
deux coups. Devant l’effroi du monarque qui s’était cru, sur l’heure,
mortellement frappé, il s’était demandé s’il ne pouvait recommencer
l’éviction de Metz; et d’autre part il n’avait pas craint de dire que
«le crime avait été commis par trahison et de dessein prémédité dans le
Palais». Le Parlement n’aurait su être mieux visé[487].
[487] _Mémoires historiques et anecdotes de la Cour de France_,
par SOULAVIE, 1802, p. 335.
Mme de Pompadour, qui se sentait atteinte, obtint du roi l’exil de
l’archevêque. Mais Louis XV, avant de le faire signifier au prélat,
avait envoyé auprès de lui Richelieu en négociateur. C’était déjà,
en cette qualité, qu’il avait été accrédité par le roi auprès du
premier président, lors de l’exil des parlementaires à Pontoise. Et
cette mission, qui réussit, n’avait pas laissé que d’être laborieuse.
Les procureurs généraux, que le Maréchal avait choisis comme
intermédiaires, répétaient à l’envi que le roi s’était compromis par
son coup d’autorité.
Richelieu fut moins heureux avec Beaumont. Il le pria, au nom du
prince, de se montrer plus conciliant, de donner la paix à l’Église et
de ne plus insister sur la production des billets de confession qu’on
exigeait des agonisants; il lui promit, en échange, de réprimer les
écarts du Parlement.
--«Qu’on dresse un échafaud au milieu de ma cour, répliqua fièrement le
prélat, et j’y monterai pour soutenir mes droits... car ma conscience
ne me permet aucun accommodement.»
Richelieu riposta à l’archevêque que sa conscience était une lanterne
sourde qui n’éclairait que lui.--Et Louis XV «abandonna Beaumont à son
conseil[488]».
[488] _Mémoires historiques et anecdotes de la Cour de France_,
par SOULAVIE, 1802, p. 335.--SOULAVIE: _Mémoires de Richelieu_,
t. VIII, pp. 306 et suiv.
La Marquise eût donc été mal venue à maintenir d’anciens griefs contre
un galant homme qui paraissait avoir oublié tous les siens[489],
puisqu’il venait de servir avec un tel désintéressement la cause et les
intérêts de Mme de Pompadour si violemment attaquée par de puissants
ennemis. Ne devait-elle pas, au contraire, le payer de retour? Et
l’occasion s’en présentait, personne n’ignorant que Richelieu brûlait
d’aller conquérir de nouveaux lauriers au-delà du Rhin. On prétendait
que la duchesse de Lauraguais cabalait, sans relâche, en faveur de
son amant, furieux[490] de la nomination du Maréchal comte d’Estrées,
comme généralissime des troupes françaises en Allemagne; mais une
influence, autrement prépondérante, était acquise à Richelieu[491],
celle du fournisseur des armées, Pâris-Duverney. Ce «général des
farines», ainsi que l’avait appelé le Maréchal de Noailles, était très
écouté dans les Conseils du roi, d’autant qu’il était grand ami de
Mme de Pompadour[492]. Il se piquait de connaissances militaires que
faisait valoir une éloquence ardente et persuasive; c’était son plan
dans l’expédition de Minorque qui, paraît-il, avait été adopté; et,
naturellement, il en proposait un autre pour la guerre contre la Prusse
et ses alliés, auquel Richelieu accordait ses préférences, et qu’il
suivrait, sans nul doute, s’il remplaçait d’Estrées.
[489] Le seul reproche qu’il lui faisait, c’était «d’avoir
été trop faible pour ce monstre de d’Argenson.» (SOULAVIE:
_Mémoires de Richelieu_, t. IX, p. 162.)
[490] _Mémoires et Lettres du cardinal de Bernis_ (édit.
Frédéric Masson), t. I, p. 391.
[491] _Mémoires et Lettres du cardinal de Bernis_ (édit.
Frédéric Masson), t. I, p. 392. «Pâris-Duverney, depuis la mort
des Maréchaux de Saxe et de Löwendahl, et la prise de Minorque,
s’était mis en tête que le Maréchal de Richelieu était aussi
homme de guerre qu’homme de cour et d’intrigue.»
[492] «L’homme de confiance», dit Mme DU HAUSSET (_Mémoires_,
p. 126).
Mais, pour que le projet aboutît, il fallait, de toute nécessité, une
réconciliation publique, partant éclatante, entre la Marquise et son
ancien adversaire.
Le... cérémonial en fut réglé, de manière à ménager l’amour-propre des
deux parties:
«Il fut convenu qu’à Choisy le moment où le roi serait debout,
environné de sa Cour, pendant le café, serait celui du raccommodement.
Le Maréchal de Richelieu, debout et dans le cercle, se présenterait
alors vis-à-vis de Mme de Pompadour. Stainville (le futur duc de
Choiseul) irait causer une minute avec elle et viendrait prendre par la
main M. le Maréchal de Richelieu.
«Ce qui fut fait avec toute l’authenticité convenable[493]...» Soulavie
ajoute que la Marquise montra «beaucoup d’embarras...», le Maréchal
ayant désiré la publicité de cette réconciliation, «pour qu’il ne fût
pas douteux que c’était Mme de Pompadour elle-même qui avait demandé le
raccommodement».
[493] _Mémoires de Richelieu_ (édition Soulavie), t. IX, pp.
162-163.
Nous nous en tenons à notre version première: tous deux avaient trop
d’intérêt à ce rapprochement, pour en avoir subordonné la sanction aux
exigences de l’étiquette ou aux satisfactions d’une vanité puérile.
D’autre part, s’il faut en croire Faur, Mme de Pompadour avait de
profondes rancunes contre le Maréchal d’Estrées[494] qui aurait
fait pendre un «vivrier» protégé de la Marquise, convaincu de
prévarication[495]. Mais, elle-même, n’était-elle pas accusée, depuis
longtemps[496], par l’opinion publique, de s’être effrontément enrichie
par des gains illicites sur les fournitures de l’armée et par la vente
de tous emplois au plus offrant et dernier enchérisseur? Et, par la
nomination de Richelieu, ne s’assurait-elle pas, pour de futures
opérations du même genre, la complicité du silence, chez un homme si
peu scrupuleux, lui aussi, en pareille matière[497]?
[494] D’Estrées aurait eu de graves démêlés avec le prince de
Soubise, favori de la Marquise (_Journal_ de BARBIER, t. VI, p.
551).
[495] FAUR: _Vie privée_, t. II, p. 175.
[496] A la fin de 1751, la voix publique s’était élevée, si
menaçante, contre de tels agissements, que la police reçut
l’ordre de rechercher l’origine et la source de ces imputations
scandaleuses. L’enquête fut confiée à cet intelligent et
adroit inspecteur que nous avons déjà signalé, Meusnier; et
son rapport conclut, comme bien on pense, au mal fondé de
toutes ces récriminations, mais il faut savoir lire entre les
lignes de ce document, chef-d’œuvre de diplomatie policière,
qui débute ainsi: «Il serait assez difficile de dissuader tout
Paris que la plupart des grâces, qui s’obtiennent, soit à la
Cour, soit dans la finance, par le crédit de Mme la Marquise,
ne soient _conditionnelles_, c’est-à-dire que tel qui n’a pas
d’offres à faire pour exprimer sa reconnaissance, est sûr
d’échouer.» (_Nouvelle Revue rétrospective_ de M. Paul Cottin
du 10 oct. 1892.)--BIBL. DE L’ARSENAL, mss. 10251.
[497] Le duc de Richelieu récompensa le service que lui rendit
Mme de Pompadour «en fermant ses yeux sur l’irrégularité du
trafic qu’elle faisait de toutes les places dans la partie des
fourrages. Elle nommait intendants, commis, etc., ceux qui
avaient donné le plus». (Mlle DE FAUQUES: _Histoire de Mme la
Marquise_, p. 110.)
Quelle que fût la cause qui détermina le rappel du comte d’Estrées,
celui-ci ignorait sa disgrâce, alors qu’il battait à plate couture,
près d’Hastembeck[498], le duc de Cumberland, fils du roi d’Angleterre,
commandant en chef des alliés de Frédéric. La nomination de Richelieu,
qu’il apprit presque aussitôt, était tenue encore secrète, que les
équipages du Maréchal étaient en route pour Strasbourg. Mais cette
désignation était, en quelque sorte, pressentie par Voltaire, qui, dans
sa correspondance avec son héros, l’appelait de tous ses vœux:
[498] Grâce au concours de Bréhan et de Chevert, et sur les
instances de Belle-Isle, ami du Maréchal d’Estrées, «qui avait
pénétré les intrigues secrètes de Pâris-Duverney, Richelieu et
Mme de Pompadour», écrit Duclos (_Mémoires_, t. II, p. 285),
heureux de trouver cette nouvelle occasion de déverser sa bile
sur Richelieu, sa bête noire.--«La plate bataille soit dit
entre nous», (lettre de Bernis à Stainville, du 1er août 1757).
«Vous n’aviez pas déplu à la mère (ce fut un des romans de son
ambassade à Vienne), vous serez le vengeur de la fille (8 décembre
1756)...[499]»
[499] Faut-il rappeler que, dans la campagne d’ineptes et
abominables calomnies, poursuivie contre Marie-Antoinette,
on racontait, en 1784, qu’elle était la fille du Maréchal de
Richelieu... ou du roi de Prusse? (_Bibliothèque Nationale_,
mss. 10364, de LEFEBVRE DE BEAUVRAY).
Si Voltaire ne craignait «une balle vandale pour l’estomac de
Richelieu», il voudrait voir «la _furia francese_ des soldats» du
Maréchal, «contre le pas de mesure et la grave discipline» des
Prussiens, (3 janvier 1757)...» «Je vous attends toujours dans le
Conseil, dit-il, ou à la tête d’une armée (19 février)...»
Et lorsque, enfin, Richelieu est parvenu à son but, Voltaire, après
lui avoir rappelé la fameuse machine de guerre, combinée par Florian,
le père du fabuliste et par Montigny de l’Académie des Sciences, ces
«chars romains», ou «assyriens», qui, avec 600 hommes et 600 chevaux,
doivent faucher en plaine une armée de 10.000 combattants, Voltaire
s’écrie, le 19 juillet: «Je souhaite que vous preniez prisonnier
Frédéric.»
Le 25 août, il affirme encore plus énergiquement son espoir:
«Vous ne traiterez pas mollement cette affaire-là; et, soit que vous
ayiez en tête le duc de Cumberland, soit que vous vous adressiez au roi
de Prusse, il est certain que vous agirez avec la plus grande vigueur.»
Le 5 août, Richelieu, à la tête de troupes fraîches, avait rejoint
l’armée de Westphalie, à Oldenbourg, où Valfons signale, avec
enthousiasme, son arrivée et son aménité «caressante pour tout le
monde». Son dialogue avec le jeune officier qu’il a reconnu, donne la
note de cette entrée en scène:
--«C’est moi qui le premier vous ai mis dans le chemin de la gloire...
A présent nous vivrons souvent ensemble.
--«Je le désire, Monsieur le Maréchal, mais à la façon dont je fais mon
métier, on n’est pas toujours sûr de la durée de ce bonheur-là[500].»
[500] Marquis DE VALFONS: _Souvenirs_ (2me édition Émile-Paul),
p. 282.
D’après les _Souvenirs_ de Mme de Beauvau (p. 60), Richelieu
avait consulté son ancien compagnon d’armes à Minorque sur
la conduite à tenir en Allemagne, pour faire observer la
discipline dans les rangs de l’armée. Il présenta au roi
des Mémoires de Beauvau qui concluaient au ravitaillement
régulier et complet des troupes privées de vivres et de ce fait
indisciplinées. Le Maréchal de Belle-Isle, bientôt ministre de
la guerre, ordonna aussitôt d’augmenter la ration des troupes.