»Nous le répétons, nous soutenons hardiment que cette divination

_stupéfiante_, faite contre toute vraisemblance, contre toute

probabilité, et antérieure à l'événement de plus de douze ans, est

sortie de l'enfer, qu'elle n'a pu sortir que de l'enfer... Elle est

d'une engeance d'hommes et de femmes exécrables, en commerce avec les

démons, avec des esprits habitans un autre monde, ou des âmes séparées

des corps. C'est là cet art détestable de la nécromancie, art connu dès

les premiers siècles, et qui a été exercé, mais proscrit chez toutes les

nations. C'est par cet art que Charles VI fut ensorcelé par Valentine de

Milan; Henri II, par Diane de Poitiers; l'épouse de Louis XIII, par la

maréchale d'Ancre; le régent, par le cardinal Dubois; et Louis XVI, par

les démonolâtres du dix-huitième siècle. La révolution pareillement a

été combinée dans les antres infernaux; et, qui pis est, elle en est

sortie..., etc.[301]»

[301] La France trompée par les magiciens du 18e siècle. Lettres sur

la Magie, etc.

Grâces soient d'abord rendues à l'abbé Fiard! Quand des sots

reprocheront à la nation française les crimes de la dernière révolution,

on pourra dire à ces sots, comme abbé le Nôtre: _La révolution a été

combinée dans les antres de l'enfer, et elle en est sortie._ Ainsi, ne

nous en parlez donc plus.

Quant à _la prophétie Turgotine_, la France n'était pas du tout paisible

lorsqu'elle parut. Les systèmes de Turgot avaient occasionné de grandes

commotions dans la tranquillité publique. Les économistes (c'est le nom

qu'on donnait aux partisans de ces systèmes) formaient de grands

projets, dont l'exécution était alarmante pour les dévots, puisqu'elle

sapait une foule de principes, respectés en religion et en morale; et,

nous le répétons, la chanson du chevalier De Lisle ne fut que la satire

des plans de M. Turgot, qui promettait de ramener _l'âge d'or_ en

France.

--En l'année 1543, une dame de noble lignée enfanta, dans la Belgique,

un gros garçon qui avait la tête d'un Diable (selon le jugement des

experts), une trompe d'éléphant au milieu du visage, des pates d'oie au

bout des bras et des jambes, des yeux de chat au-dessous du ventre, une

tête de chien à chaque coude et à chaque genou, deux visages de singe en

relief sur l'estomac, une queue de scorpion proprement retroussée, et

longue d'une aune et demie; ce qui devait faire un petit enfant bien

gentil.

Comme personne ne voulait se charger de cette paternité, les théologiens

et les parens de la dame accusèrent charitablement le Diable d'avoir

fait ce garçon-là. Mais la mère soutint qu'il était de son mari; et les

gens sensés la crurent, puisqu'elle devait le savoir mieux que personne.

Quoi qu'il en soit, le petit monstre ne vécut que quatre heures; et, en

mourant, il s'écria à haute et intelligible voix, par les deux gueules

de chien qu'il avait aux genoux: _Veillez et priez, car le jugement

dernier est tout proche!_... Malgré cela, le jugement dernier n'est pas

encore venu[302].

[302] _Cornel. Gemmæ cosmocriticæ_, liv. I, chap. 8.--_Ruffius de

partu port._ chap. 2.

--Le comte de Foulques, qui était, comme on sait ou comme on ne sait

pas, le protecteur obstiné des hérétiques, avait contracté la vicieuse

habitude de se livrer à des emportemens et de blasphémer à la journée.

Notre saint père le pape, dans le dessein d'arrondir ses domaines du

comtat d'Avignon, s'était emparé d'une terre et d'un château qui

appartenaient au comte de Foulques. Celui-ci, qui n'aurait pas dû

s'opposer aux volontés infaillibles du vicaire de Jésus-Christ, n'eut

pas plutôt appris qu'il allait perdre un bien (considérable à la vérité,

mais superflu), qu'il monta à cheval, et dit en jurant vilainement:--«Je

me moque du pape, de ses moines et de ses prêtres; je jouirai de mes

terres et de mon château, ou je brûlerai le comtat d'Avignon...» A peine

le comte de Foulques eut-il prononcé cet horrible blasphême, que le

Diable le prit par les pieds, le jeta à bas de son cheval et l'assomma.

On pense bien que le Diable avait des ordres pour agir ainsi. Mais ce

qu'il y a de plus affreux, c'est que l'hérétique mourut, en proférant de

nouveaux blasphêmes... Jérémie Drexélius termine cette histoire

édifiante par la citation de ce vers de Virgile, qui vient bien à

propos:

_Discite justitiam moniti et non temnere divos._

--On a souvent accusé le Diable d'avoir perdu les gens par de mauvais

conseils. Nous allons citer, entre cent mille, un seul exemple qui

ferait crier bien haut, si le Diable était le héros de l'histoire.

Achillée et Nérée étaient eunuques et valets de chambre de Flavie, nièce

de l'empereur Domitien. Après qu'ils eurent reçu le baptême, ils

songèrent qu'il était de leur devoir de convertir leur maîtresse, si la

chose était possible; mais pendant qu'ils prenaient cette sage

résolution, Domitien maria Flavie au jeune Aurélien.

Comme il n'y avait plus de temps à perdre, tout en l'habillant pour la

noce, et en disposant les bijoux dans sa parure, les deux eunuques

prêchèrent la foi à leur maîtresse, et lui firent, dans la même séance,

un bel éloge de la virginité.

--La virginité, disait le premier eunuque, est celle de toutes les

vertus qui nous élève plus particulièrement à Dieu, et qui nous rend

semblables aux anges. D'ailleurs nous naissons tous vierges[303]... Et

puis une femme mariée est exposée aux coups de poing et aux coups de

pied de son mari. Elle a de vilains enfans. Une mère gronde doucement;

on le supporte avec peine. Quand on a un mari, c'est tous les jours

nouvelles querelles, nouvelles injures...

[303] _Virginitatem esse Deo proximam, angelis Germanam, hominibus

innatam._ Pour traduire littéralement cette phrase, il aurait fallu

dire que _la virginité est parente de Dieu, cousine des anges, et

naturelle aux humains_. Mais le bon sens se révolte trop contre ces

trois blasphêmes, pour qu'on ne cherche pas à en adoucir le

ridicule. Il n'y a jamais eu que les Valésiens qui aient prêché le

célibat général et la castration, pour amener la fin du monde, tant

de fois prédite sans succès. Dieu a dit dans la Sainte Bible:

_Crescite et multiplicamini_, croissez et multipliez. (_Genèse_,

chap. 1.) Et Jésus-Christ, dans l'évangile:--Dieu a fait l'homme et

la femme pour vivre ensemble; on ne doit point séparer ce qu'il a

réuni. (_St. Mathieu_, chap. 19) L'homme quittera ses parens, pour

s'attacher à sa femme; et ils ne feront tous deux qu'une seule

chair. (_S. Marc_, chap. 10). Enfin, dans l'esprit de la religion

chrétienne, que l'on comprend si mal, la virginité n'est une vertu

que dans la jeunesse, et le mariage est un grand sacrement.

_Sacramentum hoc magnum est._ (_Ephes._ chap. 5.)

--A propos, interrompit Flavie, je me souviens que mon père était un

homme jaloux, qui accablait tous les jours ma pauvre mère de reproches,

de mots durs, et lui faisait un vacarme épouvantable. Est-ce que mon

mari fera de même?--Il fera bien pis, répondit l'autre eunuque. Tant que

les hommes ne sont qu'amans, ils vous paraissent benins, doux,

maniables; dès qu'ils deviennent maris, ils veulent dominer avec

tyrannie; et quelquefois malheureusement, ils traitent mieux leurs

servantes que leurs femmes...

Soit que Flavie n'aimât point son époux, soit qu'elle fût un peu niaise,

elle crut tout ce qu'on lui contait, et refusa au jeune Aurélien les

caresses conjugales. Enfin, elle s'arrangea si bien, qu'elle mourut

quelque temps après, en dansant devant son mari, qui voulait la prendre

par la fatigue, et qui la vit expirer après avoir sauté pendant deux

jours. Les deux eunuques furent décapités[304].

[304] _Legenda aurea._ Ces deux hommes sont martyrs, selon Jac. de

Voragine, _leg. 70_.

--Un saint homme, connu dans les légendes sous le nom de Pierre-le-Neuf,

venait de mourir, et son tombeau faisait des miracles. Euphémie de

Corrionge, grande dame milanaise, se trouvant depuis sept années

possédée de plusieurs démons, fut conduite au sépulcre susdit. Là, on

commanda aux démons de vider la place; ils plaidèrent leur cause de leur

mieux; mais il fallut détaler; et ils le firent, en criant, on ne sait

pas pourquoi:--Ah! Mariette! Mariette!... Ah! Pierrot! Pierrot[305]!...

[305] _Mariola, Mariola, Petrine, Petrine..._ (_Legenda aurea, Jacob.

de Voragine_, lég. 61.)

--Le révérend père Gaspar, de la compagnie de Jésus, raconte, dans une

de ses lettres, que les femmes de l'île d'Ormus, poussées par le démon

de la luxure, attentèrent plusieurs fois à sa chasteté, et l'engagèrent,

par toutes sortes de moyens, à forniquer avec elles, parce qu'elles

comptaient bien que, si elles pouvaient avoir des enfans d'un jésuite,

ces enfans seraient de petits saints tout faits. Était-ce encore le

Diable qui leur avait donné cette dernière idée? Le père Gaspar, qui

avait été soldat avant d'être missionnaire, ne dit pas s'il fut faible

avec les Indiennes; mais il ajoute: Voyez pourtant quelles sont les

ruses et les finesses du Diable! Ses piéges sont quelquefois si

séduisans, qu'il y ferait tomber les anges même[306]...

[306] _Epistola Gaspari Belgæ, ad fratres soc. Jesu. Ormutii. 1549. in

epist. Indicis._

--Saint Bernard, abbé de Clairvaux, s'était un jour enfermé dans sa

cellule, pour graisser ses souliers. Le Diable, témoin de cette

humilité, prit sur-le-champ la figure d'un voyageur, et entra dans la

cellule de Bernard, en demandant à parler à l'abbé.--C'est moi, dit

Bernard, en levant les yeux sur le voyageur.--Pouah! quel abbé! s'écria

le Diable... Ne vaudrait-il pas mieux recevoir les étrangers, que

graisser vos chausses?... Ces paroles d'orgueil décelaient le Diable.

Bernard se remit donc humblement à la besogne, et le malin s'en

alla[307].

[307] _Cæsarii Heisterbach. illust. miracul._, liv. IV. ch. 7.

--Le célèbre musicien Handel, se trouvant en 1700 à Venise, dans le

temps du carnaval, joua de la harpe dans une mascarade. Il n'avait alors

que seize ans; mais ses talens dans la musique étaient déjà très-connus.

Dominique Scarlati, le plus habile musicien d'alors sur cet instrument,

l'entendit et s'écria: _Il n'y a que le saxon Handel, ou le Diable, qui

puisse jouer ainsi!_...

--Les Européens représentent ordinairement le Diable, avec un teint noir

et brûlé. Les nègres soutiennent, au contraire, que le Diable a la peau

blanche. Un officier français se trouvant, au dix-septième siècle, dans

le royaume d'Ardra, en Afrique, alla faire une visite au chef des

prêtres du pays. Il aperçut, dans la chambre du pontife, une grande

poupée blanche, et demanda ce qu'elle représentait? On lui répondit que

c'était le Diable.--«Vous vous trompez, dit bonnement le Français; le

Diable est noir.--C'est vous qui êtes dans l'erreur, répliqua le vieux

prêtre; vous ne pouvez pas savoir aussi-bien que moi quelle est la

couleur du Diable. _Je le vois tous les jours_, et je vous assure qu'il

est blanc comme vous[308].»

[308] Anecdotes africaines,--de la côte des esclaves, page 37.

--C'est sans doute ici le lieu de rapporter le _portrait du Diable_,

attribué à Piron, quoique ce morceau soit généralement connu. Le Diable

n'y est pas flatté:

«Il a la peau d'un rot qui brûle,

»Le front cornu,

»Le nez fait comme une virgule,

»Le pied crochu,

»Le _fuseau_, dont filait Hercule[309],

»Noir et tortu,

»Et pour comble de ridicule,

»La Queue au cu.»

[309] La plupart des théologiens de l'antiquité disent qu'Hercule,

auprès d'Omphale, s'amusait à filer du lin. Mais il y en a qui

prétendent qu'il filait autre chose.

--Un soir que saint Augustin était plongé dans ses méditations, il vit

passer devant lui un démon qui portait un grand livre sur ses épaules.

Il l'arrêta, et lui demanda à voir ce que contenait son livre.--C'est le

registre de tous les péchés des hommes, répondit le démon; je les

ramasse où je les trouve, et je les écris à leur place, pour savoir plus

aisément ce que chacun me doit.--Montre-moi, dit l'évêque d'Hippone,

quels péchés j'ai faits depuis ma conversion?...

Le démon ouvrit son livre, et chercha l'article de saint Augustin, où il

ne se trouva que cette petite note: _Il a oublié de dire les Complies._

Le saint évêque ordonna au Diable de l'attendre un moment; il se rendit

aussitôt à l'église, récita les Complies, avec d'autres prières, et

revint trouver le démon, à qui il demanda de lire une seconde fois sa

note. Elle se trouva effacée.--Ah! vous m'avez trompé, s'écria le

Diable; et voilà le prix de mes complaisances!... Mais on ne m'y

reprendra plus... En disant ces mots, il s'en alla, comme on s'en va

quand on n'est pas content[310].

[310] _Legenda aurea Jac. de Voragine, aucta à Claudio à Rotâ._ Leg.

119.

--Un jour que saint Martin (évêque de Tours, comme chacun sait) disait

la messe en grande pompe, le Diable entra dans l'église et avisa aux

moyens de le distraire. Il s'était placé parmi les enfans de choeur, qui

ne le voyaient point; mais il savait bien que Martin le découvrirait dès

qu'il jetterait les yeux de son côté, et qu'il faudrait alors déguerpir.

C'est pourquoi il se tint bien sur ses gardes; et lorsque le saint

évêque se tourna vers le peuple, pour dire le _Dominus vobiscum_, le

Diable se heurta le front contre un pilier, regarda Martin, et fit une

grimace si singulière, que le saint ne put s'empêcher de rire; et il

perdit ainsi le mérite du sacrifice de la messe.--C'était tout ce que

voulait l'esprit malin; il disparut, aussitôt après cette escapade, sans

attendre que l'évêque prît la peine de le chasser[311].

[311] Cette aventure était représentée dans une église de Brest.

Grosnet trouva le trait si joli, qu'il le mit en vers, mais dans un

autre sens.--Le Diable était, selon cet ancien poëte, dans un coin

de l'église, écrivant, sur un parchemin, les caquets des femmes, et

les propos inconvenans qu'on tenait à ses oreilles, pendant les

saints offices. Or, quand sa feuille fut remplie, comme il avait

encore bien des notes à prendre, il mit le parchemin entre ses

dents, et le tira de toutes ses forces, pour l'allonger. Mais la

feuille se déchira, et la tête du Diable alla frapper contre un

pilier, qui se trouvait derrière lui. Saint Martin, qui se

retournait alors pour le _Dominus vobiscum_, se mit à rire de la

grimace du Diable, et perdit le mérite de sa messe; ce qui ne lui

serait point advenu, s'il eût eu les yeux baissés, comme dit

Philippe d'Alcrippe.

--Un avare, qui était devenu extrêmement riche à force d'usure, se

sentant à l'article de la mort, pria sa femme de lui apporter sa bourse,

afin qu'il pût la voir encore une fois avant de mourir. Quand il la

tint, il la serra tendrement sur son sein et ordonna qu'on l'enterrât

avec lui, parce qu'il trouvait l'idée de s'en séparer tout-à-fait

déchirante. On ne lui promit rien précisément; et il mourut en

contemplant ses pièces d'or.

Alors on lui arracha la bourse des mains; ce qui ne se fit pas sans

peine. Mais quelle fut la surprise de la famille assemblée, lorsqu'en

ouvrant le sac, on y trouva, non plus des pièces d'or, mais deux énormes

crapauds... Le Diable était venu, et, en emportant l'âme de l'usurier,

il avait emporté son or, comme deux choses inséparables et qui n'en

faisaient qu'une[312].

[312] _Cæsarii Heist. de morientibus_, cap. 39, _mirac._ lib. XI.

Il y aura sans doute des gens qui n'approuveront pas la conduite du

Diable, parce qu'il frustrait la famille du défunt d'une bonne bourse

bien grasse. On leur répondra que l'or qu'elle contenait était le fruit

de l'usure et de la rapine; qu'un bien mal acquis ne doit pas profiter;

que ce n'était sans doute pas toute la fortune du vieux ladre; et que le

Diable exécutait là les dernières volontés du défunt, ce que les

héritiers n'eussent pas fait.

Quant aux deux crapauds qu'il eut la malice de laisser dans la bourse,

ce fait est plus grave. Mais si on ne peut l'excuser, on peut du moins

le rendre respectable, en quelque sorte, puisque les saints même ont

fait des choses de ce genre.--Un dévot envoya à saint Benoît deux

flacons de plusieurs pintes, pleins de bon vin vieux. Le commissionnaire

qui les portait s'avisa, chemin faisant, de garder le plus petit pour

lui, et de ne porter que le plus gros à Benoît. C'était modeste. Il

cache donc son flacon dans un fossé écarté, et continue sa route.

Saint Benoît reçut le gros flacon de vin vieux, avec actions de grâces;

mais comme il avait de la perspicacité, il dit au commissionnaire: «Ayez

soin de ne pas boire le vin du flacon que vous avez gardé; renversez-le

avec précaution; vous verrez ce qu'il y a dedans.» Le saint se retira en

disant ces paroles; et le commissionnaire s'en retourna tout honteux.

Lorsqu'il arriva à sa cachette, il prit son flacon, le renversa

doucement, et en vit sortir une grande couleuvre[313]...

[313] _Jacobi de Voragine_, lég. 48.

Ces deux traits se valent bien. Si on les regarde comme des

espiègleries, le Diable n'a pas si grand tort. Si on les traite de

méchancetés, on manque de respect à saint Benoît, qui était un homme

d'assez bon tempérament.

--Un chartreux[314], sur son lit de mort, se trouvant seul dans sa

cellule, vit entrer un démon chargé d'un grand _in-folio_, où il avait

écrit, en manière d'histoire suivie, toutes les fautes et tous les

péchés du mourant. Le chartreux se nommait Favier.--Favier, lui dit le

Diable, en riant avec quelque malice, je te vais lire la chronique de ta

vie... En même temps il fit la lecture de son gros livre.

[314] _Ex Mathæi Tympii triumpho virtut. de integr. conf. 62._

Le moine, stupéfait d'avoir commis tant de péchés, répondit au

démon:--Tout ce que tu me reproches, et que tu as si bien noté, je l'ai

dit à confesse, j'en ai fait pénitence, et j'en ai reçu l'absolution.

Ainsi, tu peux brûler ton livre.--Un instant, repartit le Diable, toutes

tes confessions n'ont pas été bonnes; il y a certaines fautes ici, dont

tu n'as pas bien expliqué les circonstances; conséquemment tu viendras

nous voir...

Le malade allait se désoler, quand la sainte Vierge parut dans la

cellule, entourée d'une lumière éblouissante, et tenant dans ses bras un

enfant d'une beauté extraordinaire.--Cesse de craindre, dit-elle au

moribond, ce bel enfant t'a pardonné toutes tes fautes, et le ciel est

ouvert pour toi... Le démon, tout confus d'avoir mal jugé un saint

homme, s'esquiva en entendant ces paroles. La sainte Vierge se retira

aussi; et Favier, se retrouvant seul, chanta les litanies des saints.

Lorsqu'il prononça ces paroles: _Omnes sancti et sanctæ Dei, intercedite

pro nobis_, il aperçut le haut de sa cellule entr'ouvert; des choeurs

innombrables de saints et de saintes venaient chercher son âme; il

mourut, et monta au ciel en bonne compagnie.--Puisse-t-il nous en

arriver autant!--Ainsi soit-il.

FIN.

TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CET OUVRAGE.

A ma femme. (_Épître dédicatoire_) pag. v

Avertissement vij

Introduction, _ou entrevue de l'auteur avec le Diable_ xv

Chapitre premier. _Histoire des démons_ 1

Chap. II. _Formes et métamorphoses._--Démons en bouc, en tronc

d'arbre, en crapauds, en chats noirs, en ours, en pourceaux,

en singes, en dogues, en rats, en nègres, en dragon, en homme,

en cheval, en moine, en âne, en guêpe, en jeune fille, en

merle noir, en chien, en queue de veau, en oeil, en laitue, en

demi-septier de vin, en grenouille, en vautour, en marmottes,

en blaireaux, en femmes, en monstre, en grand prince, etc. etc. 14

Chap. III. _Le bon Diable.--Petit roman_ 28

Chap. IV. _Services rendus par les démons._--La vigne gardée par

le Diable. Trajan sauvé par un démon. Le Diable veille sur la

vertu d'Agnès du Mont-Politien. Histoire d'un démon qui

fréquenta la maison d'un évêque d'Hildesheim. Le démon de

Cassius de Parme. Aldon et Granson sauvés par le Diable.

Aventure d'un jeune Espagnol et d'un démon. Le Diable empêche

le pèlerinage nocturne d'un prêtre et d'une dame 33

Chapitre V. _Espiègleries de quelques démons._--Cadulus et le

Diable. Le Diable et Pierre-le-Prêcheur. Un curé de Bonn et le

Diable. Le Diable et les passans. Un baladin et son démon. Le

Diable perruquier. Le lutin de M. Santois. Les démons et les

pèlerins du Japon, etc. 45

Chap. VI. _L'heureux valet.--Conte noir_ 52

Chap. VII. _Honnêtes actions du Diable._--La vache volée et son

cinquième descendant. Une fille de Nivelle et le Diable. Le

Diable et un enfant altéré. Un moine repris par le Diable. Le

Diable punit un gourmand. Bienveillance du Diable pour un

religieux sobre. Le Diable convertit un novice, qui voulait

retourner dans le monde. Conduite désintéressée du Diable avec

saint Vitus. Sentimens semblables avec saint Cyriaque 60

Chap. VIII. _Malices de quelques démons._--Le Diable prend la

figure de Moïse, et noie les juifs de l'île de Crète. Tempête

excitée à Louvain par le Diable. Orage de Malines. Désastre de

Quimper-Corentin. Un Démon montagnard tord le cou à un mineur,

sans le tuer. Le Diable prend la figure d'une femme, tracasse

saint Hyppolite, etc. Mauvaise conduite d'un démon, avec la

jeune Ida de Louvain. Malices exercées contre le bienheureux

Gilles. Aventures d'Alexandre _ab Alexandro_. Les diables du

château de Vauvert. La vache possédée du Diable 73

Chap. IX. _Le Diable et St. Dominique.--Conte bleu_ 86

Chap. X. _Mésaventures et faiblesses des démons._--Élizabeth

d'Hoven soufflète le Diable, etc. Saint Grégoire le

Thaumaturge mène le Diable comme il veut. Le Diable cité

devant le tribunal de Dieu. Saint Loup enferme le Diable dans

un verre d'eau. Démon dans un pot à beurre. Caradoc et le

Diable. Le Diable et saint Dorothée. Luther et le Diable. Le

Diable et saint Antoine. Sainte Julienne et le Diable. Le

Diable et saint Wulfran 92

Chapitre XI. _Petites leçons et châtimens divers, infligés par

le Diable._--Le convers impudique, et le Diable déguisé en

nonne. Deux voyageuses et le Diable. Joueur emporté par le

Diable. Caresses conjugales hors de saison punies par le

Diable. Le Diable et l'usurier défunt. Le Diable emporte la

langue d'un avocat vénal. Il effraie un paysan de mauvaise

foi. Voyage aux enfers d'un meunier usurier et impie. Avis à

ceux qui chantent vaniteusement, et ne veulent pas psalmodier.

Le prédicateur orgueilleux. Le Diable se moque d'un moine

paresseux. Il visite un moine qui dormait au choeur. Danger de

l'invoquer 107

Chap. XII. _La mort de Rodrigue.--Histoire tragique_ 123

Chap. XIII. _De ceux qui ont le cou tordu par le Diable; de ceux

que les démons ont emportés._--Cham, fils de Noé. Gabrielle

d'Estrées. Un chanoine fornicateur. Ulrich Schroter. Un comte

de Mâcon. Une Allemande. Un plaideur. Cagliostro. Valens.

Dagobert. Le soldat Étienne. Carlostad. Amalaric. Ébroïn 128

Chap. XIV. _La mort de Julien l'apostat.--Histoire tragique_ 145

Chap. XV. _Le démon bienfaisant--Petit roman_ 152

Chap. XVI. _Le conseil infernal.--Conte noir_ 156

Chapitre XVII. _De ceux qui nous ont rapporté des nouvelles de

l'enfer._--Histoire d'un religieux anglais, qui va aux enfers,

sous la conduite de saint Nicolas. Voyage de Bertholde dans un

coin de l'enfer. Agneïus visite le trou de saint Patrice.

Vétin va aux enfers. Un clerc se fait porter par le Diable à

la porte des enfers. Un saint homme visite l'infirmerie des

démons. Tondal est conduit aux enfers par un ange, etc. 161

Chap. XVIII. _Aventures d'un écolier.--Conte noir_ 179

Chap. XIX. _De l'estime qu'on a eue pour les démons, des grands

hommes qui leur ont dû leur mérite, etc._--Modes du douzième

siècle. Beau mot de Thomas Morus. Goyon de Matignon. Socrate.

Apulée. Agrippa. Cardan. Scaliger. Mesmer. Cagliostro.

Averroès. Chicus-OEsculanus. Copernic. Jean-Faust. Roger

Bacon. Pierre d'Apone. Jeanne d'Arc. Les Templiers. Le pont du

Diable. La muraille du Diable 184

Chap. XX. _Des amours des démons avec les mortels._--Amours

d'une religieuse et d'un démon. Amours du Diable pour une

nonne chaste. Amours d'un démon et de la fille d'un prêtre.

Amours de Victorin et d'une diablesse, etc. Enfans du Diable:

Zoroastre. Romulus. Numa-Pompilius. Servius-Tullius. Auguste.

Simon le Magicien. Luther. Merlin. Apollonius de Thyane. Les

comtes de Clèves. Mélusine. etc. 195

Chap. XXI. _Le Diable pris par le nez.--Conte bleu_ 207

Chap. XXII. _Des démons qui ont cité l'Écriture-Sainte,

etc._--Un démon récite le pater. Le Diable cite un passage de

saint Paul, en réclamant une âme devant le tribunal suprême.

Un démon apprend à saint Bernard sept versets qui mènent au

ciel, etc. page 213

Chapitre XXIII. _Le magicien amoureux.--Conte noir_ 225

Chap. XXIV. _Contre ceux qui ne veulent pas croire aux

diables.--Histoire édifiante_ 232

Chap. XXV. _Contre ceux qui voient le Diable partout.--Pieuse

facétie_ 238

Chap. XXVI. _La fausse princesse.--Mélodrame à mettre en scène_ 243

Le diable peint par lui-même · 第 16 / 17 段