Il se trouve, chère Madame, que cette représentation est avancée d'un
jour.
Je n'entends pas grand'chose aux billets. Cependant ceux-ci ne me
paraissent pas mauvais. Si vous jugez à propos de vous en servir, je,
m'arrangerai pour aller là-bas de mon côté; si vous jugez bon que
j'aille chercher Mosselmann chez vous, j'irai, à l'heure que vous
voudrez bien m'indiquer.
Ayez l'obligeance de me répondre par le commissionnaire, car je ne
rentrerai chez moi que tard.
Tout à vous.
_Dimanche_, 13 _Septembre_ 1857.
Chère Madame,
Je serai obligé, ce soir, de me priver du plaisir de dîner chez vous.
Je suis accablé d'affaires empiétant même sur le dimanche soir. De
plus, quelques mésaventures, que je n'ai pas méritées, m'ont mis assez
de noir dans l'esprit pour faire de moi un piteux convive,--plus piteux
que d'ordinaire,--n'étant jamais bien gai.
Cependant, je saurai aller vous souhaiter un petit bonsoir, ainsi qu'à
nos excellents amis.--Je vous supplie de ne pas mal interpréter mes
très humbles excuses.
Présentez mes amitiés à tout le monde.
_Vendredi_, 25 _Septembre_ 1857.
Très chère amie,
J'ai commis hier une énorme sottise. Sachant que vous aimiez les
vieilleries et les bibelots, j'avais avisé depuis longtemps un encrier
qui pouvait vous plaire. Mais je n'osais pas vous l'envoyer. Un de mes
amis a montré l'intention de s'en emparer, et cela m'a décidé. Mais
jugez de mon désappointement quand j'ai trouvé un objet usé, écorné,
éraillé, qui avait l'air si joli, derrière la vitre.
Quant à la grosse sottise, la voici: je n'ai laissé au marchand ni ma
carte, ni un mot pour vous, de façon que l'objet a dû tomber chez vous,
comme un mystère: c'est moi, le coupable. Ne soupçonnez donc personne.
Je n'ai réfléchi à ma sottise que ce soir.
Croyez aux affectueux sentiments de votre bien dévoué ami et serviteur.