ASSEMBLÉE DU 2 SEPTEMBRE 1792

L'an 4e de la liberté, le premier de l'égalité, vulgairement mil sept

cent quatre-vingt-douze, le deux septembre, en l'Assemblée générale de

la section du Contrat-social, ci-devant des Postes;

L'Assemblée a reçu le don d'un bonnet, d'épaulettes de grenadiers

et d'un sabre.

L'Assemblée a nommé MM. Boudin, Métitot, Langlois et Deschamps pour

recevoir les émoluments et dons patriotiques et les invite à rendre

d'heure en heure compte de leurs opérations.

Arrêté que l'on instruirait tous les citoyens, avec 4 tambours et

six fusiliers qui battraient un rappel général, qu'ils sont invités

à venir s'enrôler pour voler à la défense de la Patrie et que ceux

qui ne pourraient s'y dévouer personnellement sont invités à fournir

aux besoins de ceux qui courent avec tant d'ardeur à la défense de la

liberté et de l'égalité; qu'on instruirait en même temps les citoyens

que la nation entière et la section en particulier s'engageaient à

prendre soin des femmes et des enfants des défenseurs de la patrie.

Une députation de la section du Finistère a été admise et a invité, au

nom de la section, celle du Contrat-Social à nommer deux commissaires

pour se rendre à la Commune, à l'effet de la prier de faire murer les

petites barrières, et de demander qu'il n'y ait que les fonctionnaires

publics et approvisionneurs qui puissent librement entrer et sortir[689].

En outre, arrêté que, vu le danger imminent de la patrie, tout citoyen

quel qu'il fût tirerait au sort pour voler aux frontières.

L'Assemblée, instruite que MM. Chignard et Laurent, citoyens de la

section, sont actuellement détenus pour forme de simple correction

à raison d'une difficulté qui s'était élevée entre eux et l'un des

commissaires de la section, et considérant que ces deux citoyens, qui

par leur civisme ont toujours bien mérité de la patrie, sont exposés

en ce moment à se trouver enveloppés quoiqu'innocents dans le sort

qu'éprouvent les autres prisonniers s'ils ne sont promptement réclamés

par leurs concitoyens, a nommé quatre commissaires pour aller faire à

l'instant cette réclamation à l'Abbaye[690] et ramener dans son sein

lesdits sieurs Chignard et Laurent.

Il a été fait lecture de différentes lettres.

Monsieur l'adjudant a lu l'ordre[691].

Sur la proposition de demander que la ci-devant noblesse et autres

sangsues du peuple fussent mis (_sic_) en tête de l'armée qui marchera

à Verdun, l'Assemblée a ajourné un projet de décret, qui avait été

présenté, jusqu'après la détermination de l'Assemblée nationale.

L'Assemblée a nommé les commissaires pour se rendre, en vertu d'un

arrêté de la Commune, chez les armuriers, à l'effet de faire la

vérification des armes qui seront chez eux trouvées[692].

Lesdits commissaires s'étant transportés chez M. Detilly ont dressé

un procès-verbal des armes qu'ils ont trouvées chez lui, consistant en

plusieurs fusils de munition.

Un citoyen a déclaré que, dans le cours de la journée, il s'était

présenté chez le sieur Detilly auquel il avait demandé un fusil à

acheter, et que le sieur Detilly lui avait déclaré n'en point avoir.

M. Thévenet a offert d'acheter un fusil dudit sieur Detilly au prix de

l'évaluation par lui faite sur ledit procès-verbal.

L'Assemblée a renvoyé M. Detilly par devant le Conseil général de la

Commune pour s'expliquer sur les faits constatés par ledit procès-verbal.

Les commissaires envoyés à l'Abbaye pour réclamer MM. Chignard et

Laurent étant de retour, l'Assemblée a appris avec douleur qu'ils

n'avaient pu pénétrer jusque dans les prisons.

Présumant qu'une seconde tentative pourrait être plus heureuse, il a été

nommé une seconde députation à laquelle l'Assemblée dans sa sollicitude

a donné la mission et les recommandations les plus pressantes.

M. Boudinot l'aîné, citoyen de la section, offre deux de ses chevaux

pour traîner l'artillerie, et son corps pour la défense de la patrie.

L'Assemblée a reçu avec transport cette offre généreuse.

M. Julliot, chef de légion, donne un habillement complet pour un citoyen

volontaire.

Il a été lu un arrêté de la section de la Maison Commune par lequel on

demande que tous les citoyens qui ont professé des principes opposés au

bonheur public soient contraints de marcher à l'ennemi entre deux bons

citoyens et à manœuvrer contre leurs intentions[693].

L'Assemblée a adopté cet arrêté dans tout son contenu.

L'Assemblée a vu avec une nouvelle douleur que la seconde

députation envoyée à l'Abbaye n'avait pas eu plus de succès que la

première, n'ayant pu non plus pénétrer dans l'Abbaye.

Alors un citoyen de la section, se dévouant avec autant d'empressement

que de courage, a demandé qu'on envoyât une troisième députation plus

nombreuse, offrant de se mettre à la tête de ceux des citoyens qui

seraient nommés avec lui et de braver tous les dangers pour arracher

deux citoyens estimables au sort qu'ils n'avaient point mérité.

Sur quoi, l'Assemblée, partageant les sentiments de ce généreux

citoyen, s'est empressée d'accueillir sa proposition à l'unanimité, et a

nommé pour l'accompagner dans cette mission difficile une députation de

douze membres qu'elle a chargée de réclamer MM. Chignard et Laurent pour

les ramener dans le sein de l'Assemblée, à leur poste de citoyens.

Les commissaires nommés pour cet enrôlement (_sic_) ont fait leur

rapport selon l'arrêté de l'Assemblée.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 313 / 357 题