L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le vingt-six août, l'an 4e de la
liberté et le 1er de l'égalité;
La lecture du procès-verbal de la veille a été remise à demain; un
des membres du Comité de surveillance a fait lecture d'une liste de
plusieurs citoyens de la section qui ont signé la pétition qui s'est
trouvée chez les notaires[653].
Un autre membre est monté à la tribune pour certifier son âge en
présentant son extrait baptistaire; [il] s'est justifié sur le reproche
qu'on lui avait fait la veille d'avoir insulté quelques membres de
l'Assemblée.
M. Bachelard a demandé que la liste des citoyens qui ont été au club de
la Sainte-Chapelle, ou qui ont signé les pétitions des 8 ou 20 mille fût
apportée sur le bureau à chaque séance, qu'elle fût affichée au Comité
et au corps de garde, et lue pendant 4 séances dans l'Assemblée. La
proposition a été mise aux voix et adoptée.
Sur la lecture de la liste des pétitionnaires sur la journée du 20 juin,
l'Assemblée ayant observé que M. Payen dit Deslauriers (_sic_) s'étant
trouvé l'un des signataires de cette pétition, l'un des commissaires
de la section, membre actuel de la Municipalité, était à l'instant de
garde chez le Roi (_sic_)[654], et considérant qu'il serait dangereux
qu'un citoyen devenu suspect restât à un poste aussi important, a arrêté
qu'elle nommerait deux commissaires, qui iraient à l'instant vers
les représentants de la Commune pour leur faire savoir qu'elle rappelle
sur-le-champ à sa section M. Payen des Lauriers et qu'elle invite la
Municipalité à le faire remplacer à l'instant[655]. Les commissaires
nommés ont été MM. Balardel et Gérard.
L'Assemblée a arrêté, par une seconde observation, que les mêmes
commissaires sont pareillement chargés de dénoncer M. Laurent, juge
conciliateur au 2e tribunal de conciliation, et plusieurs autres encore
qui ont aussi signé la même pétition, tels que MM. Fagot, Mory, Jouquet
(_sic_), etc...
A arrêté ensuite qu'on inviterait MM. Gorsas, Audouin, auteurs de la
_Sentinelle_, et autres[656], à faire part à l'Assemblée de toutes les
découvertes qu'ils voudraient bien continuer de faire.
M. Basty, commandant en chef de la section armée du Contrat-social, a
apporté sur le bureau ses épaulettes de capitaine et sa dragonne en or,
pour faire des piques; l'Assemblée a applaudi à son patriotisme et a
demandé qu'il en fût fait mention honorable dans le procès-verbal.
La séance a été levée à 2 heures et demie et ajournée à demain.
L'Assemblée, suivant l'arrêté du 26 août, a nommé MM. Pierron,
L'héritier fils, Magdelaine (_sic_), Le Roux (_sic_), pour la garde
auprès du roi.