_Sur l'établissement du Tribunal pour juger les conspirateurs._
Citoyens,
On a voulu vous désunir et allumer entre vous la guerre civile:
vous avez été lâchement et traîtreusement assassinés. Votre
sagesse a déjoué les premiers complots; vous êtes restés unis:
votre courage a vaincu vos ennemis et vous vous êtes rendus
maîtres du champ de bataille. Vous avez eu la générosité de ne
pas vouloir souiller vos mains du sang impur de vos assassins
désarmés, vous avez abandonné votre vengeance à la loi; votre
juste impatience ne sera point trompée: citoyens, la loi est
rendue; les _Jurys_ d'accusation et de jugement nommés par vous,
sont réunis; déjà ils ont commencé l'instruction des délits
attentatoires à votre souveraineté. Il ne nous manquait plus
qu'un tribunal également populaire et digne de votre confiance;
l'Assemblée nationale vient de vous l'accorder et vous allez
vous-mêmes le former sur-le-champ. Continuez donc, citoyens, à
conserver la dignité qui convient à un peuple libre. Enfin vos
jurés, vos juges ne tromperont point votre attente, et le glaive
de la loi va frapper les têtes coupables.
Léonard BOURDON, _président_.
TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
Pour extrait conforme à la minute déposée au secrétariat de
la Municipalité, le 17 août 1792, l'an 4e de la liberté et le
premier de l'égalité.
TALLIEN, _secrétaire-greffier_.
2º P. imp., aff. in-fol. plano: Bib. nat., fonds français, nouv.
acq., carton 2648, fol. 34; autres exemplaires: Bib. de la Ville
de Paris, coll. d'aff. 10569 A portef. 3, p. non numérotée; Bib.
de la Ch. des Dép., coll. d'aff. X147, portef. 9, liasse 18,
pièce 9.