_Extrait fidèle d'une lettre qui circule dans l'armée que
Lafayette (sic) commande._
«Soldats citoyens, il n'est plus rien à vous dissimuler; la
Constitution que vous avez juré de maintenir n'est plus; les
Marseillais et une troupe de factieux ont assiégé le château des
Thuileries (_sic_). La garde nationale et les gardes suisses ont
fait une vigoureuse résistance; mais, manquant de munitions, elles
ont été obligées de se rendre. M. d'Affry, ses aides de camp et
toute sa famille ont été massacrés.
«Le roi, la reine et toute la famille royale se sont sauvés à
l'Assemblée nationale. Les factieux s'y sont portés, tenant d'une
main le fer et de l'autre la flamme, et l'ont forcée de décréter
la suspension du roi, ce qu'elle a fait pour lui sauver la vie.
«Citoyens, vous n'avez plus de représentants; l'Assemblée
nationale est esclave, vos armées sont sans chefs. Pétion
règne; le farouche Danton et ses satellites sont maîtres...
Ainsi, soldats, choisissez si vous voulez rétablir sur le trône
l'héritier de la couronne, ou si vous voulez Pétion pour roi.»
Par un canonnier de l'armée du Centre à un citoyen de la Ville
de Paris.
N.-B. L'extrait ci-dessus et la lettre de son envoi, en date du
13 août, au Camp de Vaux, sont entre les mains de P. P. Borville,
citoyen de la section du Théâtre-Français et de Marseille, rue de
l'Hirondelle, hôtel de Rheims (_sic_).
[591] Cet arrêté figure au procès-verbal de la séance du 18 août
du Conseil général révolutionnaire édité par Berville et Barrière
(BARRIÈRE, _op. cit._, p. 151). Voici le texte de l'imprimé
à part (aff. in-fol. plano, Bib. nat., dép. des man., fonds
français, nouv. acq., carton 2648, fol. 33); autre exemplaire:
Bib. de la Ville de Paris, coll. d'aff. 10569 A, portef. 2, 1re
partie, p. 53: