ASSEMBLÉE DU 17 AOUT 1792

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté et

le premier de l'égalité;

La lecture du procès-verbal de la séance d'hier faite, il a été

adopté; sur l'observation d'un membre, il a été arrêté qu'il serait fait

dans l'arrondissement de la section la proclamation de l'article deux

de l'acte du Corps législatif du 11 août, relatif à l'admission des

citoyens dans les Assemblées primaires, et qu'invitation sera faite aux

citoyens de se présenter au Comité où les commissaires déjà nommés à cet

effet leur délivreront des billets d'entrées aux dites Assemblées après

les avoir enregistrés, le tout suivant ledit art. 2 du Corps législatif,

conçu en ces termes:

«La distinction[564] de français et citoyen actif, et non actif, sera

supprimée, et, pour être admis aux Assemblées primaires, il suffira

d'être français, âgé de vingt-un ans (_sic_), domicilié depuis un an,

vivant de son revenu ou du produit de son travail, et n'étant point en

état de domesticité.»

Il a été fait lecture d'une lettre de M. Manuel par laquelle il

recommande la fabrication des piques[565].

Il a été pris un arrêté à l'instant, suivant lequel MM. La Grange et

Favreau ont été nommés commissaires auprès du Procureur de la Commune,

pour l'inviter à solliciter de la Municipalité de[566] remplir le

vœu des décrets de l'Assemblée nationale, relatif à la fabrication

des piques[567], et d'en faire faire la proclamation afin d'inviter les

taillandiers et autres ouvriers en ce genre de se présenter au Comité

de leur section, à l'effet d'y faire leur soumission, et de s'occuper

de cette fabrication le plus tôt possible, comme aussi de nommer des

commissaires dans chaque section pour surveiller les entrepreneurs, et

hâter la célérité de la fabrication.

MM. les commissaires, à leur retour, ont exposé que le vœu de cet

arrêté avait été adopté par le Procureur de la Commune, et qu'il

invitait la section à faire annoncer au son du tambour que les artistes

en ce genre seraient invités de se présenter au Comité pour y faire leur

soumission; l'Assemblée, en adoptant cette mesure, a nommé MM. La Grange

et Favreau, commissaires pour surveiller la prompte expédition des

piques.

M. Landrieux a rendu compte de sa mission au Comité de correspondance,

et s'est plaint de l'avoir trouvé fermé.

Il a été fait lecture d'une lettre de M. Joly ci-devant

secrétaire-greffier, en réponse à celle qui lui avait été écrite par M.

le Président au nom de l'Assemblée [et] par laquelle il était invité à

répondre par écrit s'il voulait bien se charger, ou non, de transcrire

les procès-verbaux arriérés; il répond que, comme, aux termes de la

loi, il n'est point assujetti à faire cette transcription, il prie

l'Assemblée de nommer quelqu'un pour remplir cet objet.

La souscription ayant été ouverte pour nos frères blessés dans

l'événement arrivé dans la journée du dix,

Plusieurs citoyens ayant à l'instant manifesté un empressement à

concourir à venir à leur secours,

L'Assemblée, toujours animée du sentiment de reconnaissance qu'elle

doit au civisme, a arrêté que mention honorable serait faite de l'offre

généreuse de 63 l., le seul numéraire qui lui reste en espèces d'argent,

que M. Prêtre, l'un des vicaires de cette paroisse, a remis sur le

bureau pour subvenir à nos frères blessés dans cet événement.

M. Le Roux, qui a remis 9 l., en espèces, et M. Rostent 6 l., aussi en

espèces, malgré la modestie qu'ils ont eue de ne point vouloir être

connus, n'ont pu échapper à la reconnaissance de l'Assemblée et à

l'hommage qu'elle leur a rendu.

La collecte faite à l'instant, y compris les 75 l. en espèces, s'est

montée à 168 l. 45 s., qui ont été destinés être remises à M. le curé.

M. le Président a fait un rapport, au nom de M. le curé, suivant lequel

il a déjà reçu à ce sujet 418 l.

L'Assemblée ayant arrêté qu'il serait prêté le serment civique,

M. le Président a prêté le serment en présence de l'Assemblée de

maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir en les défendant[568].

Il a répété le même serment pour les membres de l'Assemblée, et tous les

citoyens ont prononcé le mot: _je le jure_.

Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté qu'on ne délivrerait

de certificats du serment civique qu'autant que ce serment serait

prononcé à l'instant.

Il a été fait lecture d'un arrêté de la Municipalité, du 17 août,

relatif au décret de l'Assemblée nationale concernant un[569] nouveau

tribunal criminel, la nomination d'un électeur, ainsi que la lecture de

ce décret en date du 17 août[570].

Il a été de suite procédé à la nomination d'un électeur pour la section

des Postes.

MM. Légier, Dumoutier (_sic_) et Le Bœuf ont été nommés scrutateurs,

et M. Le Bœuf, ayant obtenu la pluralité relative des suffrages, a

été nommé; il lui a été à l'instant délivré extrait du procès-verbal de

sa nomination.

Un membre de l'Assemblée s'étant comporté dans son sein de manière à

mériter sa censure,

L'Assemblée a arrêté que M. Montpellier serait rappelé par M. le

Président au respect que tout citoyen doit porter à une Assemblée

légalement constituée.

Et, attendu que l'égarement du membre lui avait fait perdre la confiance

que l'Assemblée lui avait accordée, il a été arrêté qu'il était déchu

des fonctions de commissaire dont il avait été revêtu[571].

M. Grainville, ayant fixé l'attention de l'Assemblée, a été nommé pour

remplacer M. Montpellier au Comité.

On a fait lecture d'une adresse de la section des Innocents[572], ainsi

que de plusieurs arrêtés qu'elle contient; l'Assemblée a ajourné pour

s'occuper desdits articles.

Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté que le Comité serait

chargé de faire parvenir à la Municipalité l'arrêté déjà pris par la

section relatif au changement du nom de la rue _Comtesse d'Artois_[573].

Il a été aussi arrêté que l'Assemblée s'occuperait incessamment du

recrutement des citoyens de la section.

Relativement à l'arrêté de la section du Ponceau, l'Assemblée a

nommé M. Bailly pour commissaire à l'effet de la représenter à la

section de Saint-Germain-l'Auxerrois [section du Louvre], pour se

joindre aux autres commissaires des sections, afin de vérifier les

souterrains du Louvre et des Tuileries[574].

Enfin il a été lu [un arrêté] du Corps municipal (_sic_)[575], du 15,

relatif à la nomination du juge de paix, du secrétaire-greffier, des

seize commissaires et des six assesseurs.

L'Assemblée a arrêté quelle s'occuperait demain de cette nomination[576].

La séance a été levée à 1 heure du matin.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 259 / 357 题