L'Assemblée générale des Postes, légalement convoquée en vertu de la
loi du vingt-huit juillet dernier[515], a été ouverte par la lecture du
procès-verbal de la séance de la veille qui a été adopté.
M. Gibbon, l'un des commissaires à la Maison commune, a fait un
rapport des différents objets qui avaient été traités dans le courant
de la journée, et a observé que, ses occupations personnelles ne lui
permettant [pas] de pouvoir se livrer entièrement aux objets qui s'y
traitaient, il lui était impossible de continuer la mission dont il
avait été chargé, et a offert sa démission.
Différentes observations et propositions ont été faites; on est passé
sur tout à l'ordre du jour. Il a été fait lecture d'une adresse de
l'Assemblée nationale aux Français[516], du décret du dix août relatif
aux citoyens admis à voter dans les Assemblées primaires, d'un acte du
Corps législatif du jour, relatif au camp formé sous les murs de Paris,
d'un décret du même jour relatif aux Suisses[517], et enfin d'un
arrêté de la Municipalité, du onze août, relatif à la liberté [accordée]
aux citoyens d'ouvrir leurs boutiques[518].
M. Jams (_sic_) a fait un rapport relatif à la transitation (_sic_)
des Suisses[519], des Feuillants[520] où ils étaient, à l'endroit que
l'Assemblée nationale leur avait destiné[521]; le détail où il est
entré, pour manifester le respect du peuple à la loi et sa pleine
confiance en ses représentants, a été couvert d'applaudissements
universels.
Une députation de la section du Palais-Royal a été admise, et a lu un
arrêté par lequel elle demande à l'Assemblée nationale que le Roi soit
logé à la Maison commune[522].
Sur l'observation faite que la porte de l'église du centre seulement
ouverte[523], privait[524] l'Assemblée de la présence du public, il a
été arrêté que la porte latérale du côté de la rue Trainée[525] serait
uniquement ouverte pour le public.
L'Assemblée a également arrêté que M. Payen (_sic_) serait invité
de remettre les trois livres douze sols restant de la dernière collecte,
à M. Desvieux pour être joints à celle qu'il a entre ses mains, destinée
aux fédérés, et qu'il l'inviterait d'en faire l'offre le plus tôt
possible, suivant le vœu de la section, aux fédérés des départements
et d'en rendre compte à l'Assemblée.
L'Assemblée, ayant pris en très grande considération la proposition
faite par un de ses membres de s'occuper des moyens de pourvoir aux
besoins de ses frères de la section, qui avaient été blessés dans
l'événement du dix de ce mois,
L'Assemblée a arrêté qu'une souscription provisoire serait à l'instant
faite à cet effet, qu'elle chargeait M. le curé d'aviser aux moyens
nécessaires de procurer à tous leurs frères, tant du bataillon de
Saint-Eustache que de la Jussienne, les secours les plus prompts; que
M. Visinet, aumônier du bataillon de Saint-Eustache[526], et MM.
Allan et Brunser seraient adjoints à M. le curé; qu'il serait fait une
collecte dans l'arrondissement de la section, et que les commissaires
que l'Assemblée avait nommés pour la collecte des fédérés, la feraient
seulement au nom des citoyens des deux bataillons que leur dévouement
à la chose publique aurait rendus victimes de leur patriotisme; elle
a enfin arrêté que les cent huit livres, montant de la collecte de la
séance, seraient remises à M. le curé, ainsi que celle qui serait faite
par les commissaires, et que du tout il lui serait rendu compte.
La séance a été levée à une heure après minuit.