M. Blondel, président;

La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la veille qui

a été adopté.

L'un des commissaires chargés par l'Assemblée d'inviter M. le curé

de (_sic_) vouloir bien aviser au moyen de faire suspendre au milieu

de la nef un candélabre, ayant fait part de leur mission et déclaré

qu'indépendamment de ce que M. le curé s'était, à l'instant, occupé des

moyens de remplir le vœu de l'Assemblée, il avait fait l'offre de

fournir à ses frais, tant que dureraient les séances permanentes,

le luminaire nécessaire au candélabre qu'il avait fait poser;

L'Assemblée a arrêté que les mêmes commissaires qu'elle avait nommés

auprès de M. le curé pour lui communiquer son vœu, seraient chargés

par elle de lui témoigner toute sa reconnaissance des offres généreuses

qu'il lui faisait.

Sur l'observation faite que les séances prolongées avaient déjà

occasionné, à la faveur de la nuit, des délits qui pourraient se

répéter, il a été arrêté que l'officier du poste du bataillon de

Saint-Eustache sera averti par M. le Président de vouloir bien,

pendant la tenue des séances permanentes, placer deux sentinelles de

surveillance dans l'église à compter de dix heures du soir jusqu'à la

fin.

MM. les commissaires nommés par le procès-verbal du six août[481], ont

rendu compte de la mission dont ils avaient été chargés.

M. Boussaroque a dit qu'il n'y avait point eu de procès-verbal relatif

au recensement des vœux des sections de Paris, pour la réduction

des soixante bataillons à 48, sur la convocation faite par la

Municipalité pour le 24 juin dernier; mais qu'ayant pris communication

des procès-verbaux des sections, il avait remarqué que dix sections

seulement avaient manifesté le vœu de la réduction des 60 bataillons

à 48.

M. James a dit que, n'étant point parvenu à se procurer de la

Municipalité le décret par elle invoqué dans son arrêté du trente-un

(_sic_) juillet dernier, article 3[482], il avait déclaré aux

commissaires recenseurs que la section des Postes retirait l'article 3

de son arrêté[483], pour être de nouveau soumis à la discussion et être

par elle manifesté un vœu à ce sujet.

La discussion ayant été aussitôt ouverte sur l'art. 3 du dit arrêté

de la Municipalité relatif à la réduction des soixante bataillons en

quarante-huit.

L'Assemblée, considérant que, dans les circonstances actuelles, tout

changement qui ne serait pas nécessaire dans l'organisation de la force

publique peut entraîner les plus grands inconvénients, et que son

arrêté du quatre août, qu'elle révoque en ce qui concerne l'article

3, avait[484] été retiré par le commissaire qu'elle avait nommé au

recensement de la Maison Commune, a arrêté qu'il n'y a pas lieu à

délibérer quant à présent sur la réduction des 60 bataillons à 48,

persistant à cet égard dans son arrêté du 24 juin.

M. Bachelard a été nommé commissaire pour remettre le présent arrêté au

Corps municipal.

Une députation de la section des Quinze-Vingts a été admise; elle a

mis sur le bureau deux arrêtés en date des quatre et sept août présent

mois[485].

Lecture en ayant été faite, l'Assemblée a arrêté qu'elle invitait

les frères de la section des Quinze-Vingts à attendre, sur la grande

question relative à la déchéance du Roi[486], la décision de l'Assemblée

nationale avec le calme et la fermeté qui conviennent à des

hommes libres; à se borner, dans la pétition proposée, à demander à

l'Assemblée nationale qu'elle veuille bien prononcer sur cette affaire

sans interruption, tout objet cessant; enfin que, quelle que soit

cette décision, loin de manifester le désordre et répandre l'alarme,

tous les citoyens se resserrent plus que jamais et avisent aux moyens,

uniformément discutés et arrêtés dans toutes les sections, qu'il sera

possible de prendre pour sauver la patrie.

Une autre députation de la section des Gravilliers a été admise; elle

a mis sur le bureau un arrêté de cette section portant invitation

d'envoyer des commissaires au bureau de police[487] pour les

inviter[488] à procurer de la force armée pour garder les barrières

sur-le-champ.

L'Assemblée a arrêté qu'elle y adhérait; elle a nommé à l'instant à cet

effet, MM. Tricot et Gentil, commissaires pour se rendre à la mairie.

La discussion a été ouverte sur l'objet relatif aux Marseillais, après

que la discussion a été fermée.

L'Assemblée a arrêté: 1º qu'il serait fait une adresse à l'Assemblée

nationale pour lui demander sous quels ordres doivent servir les fédérés

qui ne sont point inscrits pour les frontières, et qu'elle veuille

bien ordonner que les fédérés soient autorisés à s'inscrire sur le

registre de la garde nationale pour partager avec elle le service de la

capitale[489].

2º Que cette adresse, ainsi que le présent arrêté, seraient communiqués

aux quarante-sept autres sections par la voie du Comité central[490]

et qu'elle serait rédigée par le sieur Légier et par lui présentée à

l'Assemblée nationale accompagné de MM. Desvieux, Payen (_sic_), Gentil

(_sic_), Jams (_sic_), Gibbon[491], Perronnard, Montpellier, Lindet, La

Motte, Bachelard, Giffet, Fagot, Madeleine, David et Stabel.

A arrêté en outre qu'il serait fait dans la section une souscription

volontaire qui ne serait pas seulement personnelle aux Marseillais,

mais bien à tous les fédérés des départements, que cette souscription

continuerait d'avoir lieu séance tenante, et qu'elle serait faite

par MM. les Commissaires nommés à la députation de l'Assemblée

nationale[492], dans l'arrondissement de la section, où elle serait

publiée et affichée;

Que le résultat de la recette serait envoyé au point central connu

de tous les fédérés[493], et que, le cas arrivant où les secours

qu'attendent les fédérés de leur département leur suffiraient,

l'Assemblée se réserve de prendre une détermination sur l'emploi qu'elle

fera des fonds qui lui auront été versés par cette souscription.

La recette faite dans le cours de la séance s'est montée à

quatre-vingt-quatre livres dix sols; M. Desvieux a bien voulu s'en

charger.

La séance a été levée à minuit.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 230 / 357 题