MM. Blondel, président, et Desvieux, vice-président;

La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la séance

d'hier qui a été adopté.

L'ordre du jour était l'objet relatif aux Marseillais. La discussion

ayant été ouverte, plusieurs membres ont été entendus, et, la question

préalable invoquée et mise aux voix, il a été arrêté qu'il n'y avait pas

lieu à délibérer.

Un membre a mis sur le bureau un arrêté de la Municipalité du deux

août[463] relatif à la convocation des quarante-huit sections, ainsi

que la loi du 20 juillet dernier relative à la nouvelle élection

des officiers des états-majors des bataillons et légion de la garde

nationale[464], et a observé qu'il paraissait exister une erreur

dans le troisième article de l'arrêté de la Municipalité[465] qui se

trouvait en opposition à l'article deux de la loi du vingt juillet

dernier[466], en ce que par cet arrêté il était dit que le décret

avait implicitement prononcé que les citoyens de chaque section se

réuniraient pour nommer leurs officiers, tandis que l'article deux de la

loi du vingt juillet portait précisément que les citoyens composant les

bataillons se réuniraient par bataillon pour procéder à l'élection des

officiers de l'état-major des bataillons et de ceux des légions.

La discussion ouverte à ce sujet et sur les différentes demandes qui ont

été présentées et adoptées;

Il a été arrêté: 1º que MM. Boussaroque et Allan, commissaires nommés

par le procès-verbal du vingt-sept juin dernier[467], seront chargés

de prendre communication à la Municipalité de tous les procès-verbaux

des sections relatifs à la réduction des soixante bataillons à

quarante-huit, ainsi que de prendre note des dates des procès-verbaux

qui étaient arrivés à cette époque, et le (_sic_) recensement du

vœu des sections qui avaient adhéré à cette demande; et que lesdits

commissaires seraient tenus d'en rendre compte dans la séance de demain.

2º Que les commissaires nommés par le procès-verbal du quatre

août[468], relativement à la convocation de la Commune par l'arrêté

de la Municipalité du trente-un (_sic_) juillet dernier seraient

chargés de prendre communication du décret invoqué par l'article trois

de l'arrêté de la Municipalité et de ne prendre aucune détermination sur

ledit article avant d'avoir justifié à l'Assemblée de ce décret.

3º Que la demande faite à l'Assemblée du rapport de son procès-verbal

du quatre août[469], serait ajournée, jusqu'à ce que l'Assemblée ait

entendu les commissaires nommés par les procès-verbaux des vingt-quatre

juin et quatre août derniers.

Le second objet à l'ordre du jour était la discussion sur un arrêté

du Département ainsi que sur la proposition faite de nommer des

commissaires pour rendre compte à l'Assemblée des décrets relatifs aux

Corps administratifs et aux Assemblées primaires[470] et de soumettre à

l'Assemblée un travail sur cet objet.

Remettre sous les yeux de l'Assemblée, qui chérit une Constitution

qu'elle a juré de maintenir, des lois qui en sont la base et qu'elle

maintiendra au péril de la vie, était sans doute remplir son vœu;

aussi sans discussion a-t-elle arrêté que MM. Boussaroque, Jams (_sic_),

Desvieux et Légier, qu'elle nommait commissaires, seraient chargés de

lui présenter incessamment toutes les lois relatives aux Assemblées

primaires et aux Corps administratifs, ainsi qu'un travail sur cet objet.

M. le Président a fait part à l'Assemblée d'une lettre écrite par M. le

Maire aux citoyens de la section[471].

La lecture d'une lettre adressée par un magistrat sans cesse occupé

de tout ce qui peut contribuer au bien et à la tranquillité publiques

était bien faite pour fixer l'attention de l'Assemblée. Elle y a reconnu

en effet les mesures sages et prudentes qu'elle devait attendre de

la pureté de ses principes; en adoptant le contenu de cette lettre,

l'Assemblé a arrêté, l'unanimité conforme (_sic_)[472] par des

applaudissements souvent répétés par un public nombreux présent à la

séance, qu'il serait fait une adresse à M. le Maire par la section

des Postes où elle lui exprimerait sa reconnaissance du courage

qu'il manifeste dans des circonstances où, ses jours étant sans cesse

exposés, il ne s'occupe que des intérêts et de la sûreté des citoyens

d'une capitale, dont par son dévouement inexprimable il est reconnu le

père, que[473] tous les citoyens partageant ses dangers lui serviront de

rempart, et lui assurer[474], au nom de la section, qu'il ne pourra être

atteint qu'autant que leurs forces seront entièrement épuisées.

L'Assemblée a également arrêté qu'en adoptant les intentions contenues

en la lettre de M. le Maire, elle émettait son vœu [pour] que tous

les citoyens enregistrés dans la garde nationale [conservent] la garde

dans tel poste que ce puisse être, en uniforme ou en habits bourgeois.

Il a été arrêté en outre que la même adresse contiendrait différentes

dénonciations relatives aux objets de sa demande. Entr'autres, le fait

relatif à l'ordre, donné à M. Reignier, d'ôter, la nuit, la sentinelle

qui était de garde à l'Œil-de-Bœuf, ce qu'il a refusé.

2º Du fait dénoncé par MM. Bachelard, Perronnard, et Diacre, que, du

jardin de M. Demontbarey, on passe au moyen d'une échelle dans le jardin

de l'Arsenal.

3º Et que, dans la journée de dimanche dernier, il a été reconnu, au

château des Tuileries, des ci-devants gardes du Roi, sous l'uniforme des

gardes suisses[475].

Enfin il a été arrêté que cette adresse serait rédigée par M. Desvieux,

qu'elle serait par lui lue en la séance de demain, et qu'elle serait

présentée à M. le Maire par MM. Desvieux, Reignier, Bachelard,

Perronnard, Diacre et Mercier, que l'Assemblée a nommés commissaires à

cet effet, et qu'extrait du présent procès-verbal serait remis à M. le

Maire et communiqué aux quarante-sept autres sections par la voie du

bureau central.

La séance a été levée à minuit.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 222 / 357 题