2 AOUT 1792

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le quatrième de la liberté,

et le deux du mois d'août, l'Assemblée générale de la section des

Postes, légalement convoquée en vertu de l'arrêté du Corps municipal du

trente-un (_sic_) juillet dernier[444] la séance a été ouverte par M.

Bellet, président du Comité.

Il a été proposé de nommer un président et un secrétaire. L'Assemblée a

nommé par acclamation pour son président, M. Le Bœuf qui s'est placé

au bureau. Il a ensuite été proposé plusieurs citoyens pour faire les

fonctions de secrétaire; M. David ayant été désigné, l'Assemblée l'a

autorisé à remplir provisoirement cette place.

Un membre ayant demandé et obtenu la parole, a proposé de nommer un

président et un secrétaire au scrutin; la question préalable a été

invoquée, et cette proposition a été rejetée.

On a demandé qu'il fût fait lecture du procès-verbal de la séance de la

veille; ce procès-verbal étant encore imparfait en ce que les derniers

objets agités dans la fin de la séance n'étaient notés que sur un

plumitif, plusieurs membres ont demandé la parole pour discuter sur la

rédaction; mais elle a été interrompue par une députation de la section

de Mauconseil qui a été introduite; après lecture de leurs pouvoirs,

MM. les commissaires députés ont fait part à l'Assemblée de l'objet de

leur mission, qui consistait dans la communication d'un arrêté de cette

section, du trente-un (_sic_) juillet dernier, et d'une adresse à tous

les citoyens du département de Paris, par laquelle elle déclare que

le Roi a perdu sa confiance[445].

La lecture de ces pièces a occasionné de grands débats, et les

commissaires députés se sont retirés après que M. le Président leur

a répondu que l'Assemblée prendrait en considération l'objet qu'ils

venaient de communiquer.

Les débats ont été prolongés sur plusieurs motions incidentes qui n'ont

pas eu de suite, et sur lesquelles l'ordre du jour étant réclamé a été

adopté par l'Assemblée.

Un membre ayant demandé et obtenu la parole pour une motion d'ordre

a dit: qu'attendu qu'il existait dans l'Assemblée un citoyen qui

n'était[446] pas domicilié sur la section quoique entré dans le

bataillon de Saint-Eustache, en sortant des ci-devant chasseurs

soldés, comme étant le bataillon dans lequel il avait servi depuis la

Révolution, [ce citoyen] fût invité à ne pas venir dans les Assemblées

de la section, puisque la loi lui prescrit d'aller exercer ses droits

de citoyen dans la section sur l'arrondissement de laquelle il est

domicilié.

Cette proposition a donné lieu à une discussion. Le citoyen désigné,

nommé M. Guerrier, a rendu compte des motifs qui l'avaient déterminé à

revenir au milieu de ses premiers frères d'armes dans la Révolution, et

qui étaient son estime et son dévouement pour ses anciens camarades;

il a observé que, puisque la loi l'excluait des Assemblées de la

section, il se retirait, et qu'il donnait en même temps sa démission

du service militaire qu'il s'était soumis à faire dans le bataillon de

Saint-Eustache. M. le Président au nom de l'Assemblée lui a témoigné

les regrets qu'elle avait de perdre un citoyen estimable qui s'était

toujours bien comporté.

La discussion de la proposition ci-dessus a été reprise, et ayant été

observé qu'elle donnait lieu à l'examen de trois objets: sur le premier

consistant à ce que l'Assemblée arrêtât qu'aucun citoyen n'entrât dans

l'Assemblée qu'avec sa carte de citoyen actif;

La question préalable a été réclamée et adoptée, attendu que la loi

s'expliquant formellement à cet égard, rien ne devait en arrêter ou

empêcher l'exécution.

Sur le second point consistant à ce que les citoyens qui auraient pu

avoir perdu leur carte pussent être admis dans l'Assemblée, en

représentant leur billet de garde, l'Assemblée a rejeté la proposition

et arrêté qu'à l'avenir et chaque jour d'Assemblée, il y aurait un

membre du Comité de service au Comité pour délivrer à tout citoyen qui

aurait perdu sa carte, un duplicata de billet de citoyen actif, après

avoir fait la vérification, sur le registre d'inscription des citoyens,

pour savoir si le réclamant a été effectivement inscrit.

Sur le troisième point[447], l'Assemblée a passé à l'ordre du jour.

L'ordre du jour ayant été invoqué, le secrétaire a observé qu'il avait

été reçu au bureau plusieurs lettres de M. le Procureur de la Commune,

et a demandé que l'Assemblée décidât à quoi elle accordait la priorité:

ou à la lecture de cette correspondance, ou à l'examen des questions

proposées dans l'arrêté du Corps municipal, qui étaient l'objet de

la convocation; l'Assemblée a arrêté que la correspondance de M. le

Procureur de la Commune serait lue avant de s'occuper d'autres objets.

Lecture a été faite d'une lettre de M. Manuel, procureur syndic de la

Commune, qui invitait la section à faire réunir à la Maison commune les

commissaires qu'elle avait dû nommer, sur la convocation faite à l'effet

de délibérer sur la demande formée par la section des Lombards pour la

formation d'un camp[448], afin que le vœu de la section à cet égard

pût être recensé.

L'Assemblée, persistant dans son arrêté de samedi dernier, lequel

contient les vues exprimées pour la formation de camps dans les

départements du royaume[449], a arrêté qu'expédition du procès-verbal

dudit jour samedi dernier serait adressée par le secrétaire-greffier de

la section à M. le Procureur de la Commune, en ce qui concerne l'opinion

de la section sur la formation des camps.

Il a été pareillement fait lecture d'une seconde lettre relative à un

certificat de présence; l'Assemblée a renvoyé cet objet au Comité de la

section.

Enfin il a été lu un imprimé, suivi d'un arrêté, du Conseil municipal

(_sic_), qui annonce la formation d'un bureau central de correspondance

pour toutes les sections à la Maison commune[450] à l'effet

d'instruire promptement toutes les Assemblées de ce qui pourrait être

utile et intéressant dans les circonstances présentes, et l'invitation

de nommer des commissaires à cet effet.

L'Assemblée, adhérant à cette proposition, a nommé sur-le-champ pour ses

commissaires, MM. Thomas et Bachelard, pour se rendre pendant huit jours

audit bureau, et y prendre connaissance de ce qui s'y passerait

pour en faire leur rapport, se réservant de nommer d'autres commissaires

pour les remplacer à l'expiration de la huitaine.

Un membre a ensuite fait la motion tendant à ce que l'Assemblée fut

ouverte chaque jour à quatre heures précises d'après midi et fermée à

dix heures du soir.

Cette proposition a été rejetée, attendu qu'une pareille fixation

empêcherait de délibérer, passé la dernière heure, dans un cas urgent.

Il a été ensuite fait lecture de l'arrêté du Corps municipal du

trente-un (_sic_) juillet dernier, qui convoque les quarante-huit

sections à l'effet de délibérer sur les quatre propositions y

contenues[451].

La matière allait être discutée, lorsque plusieurs membres se sont

aperçus qu'il existait dans l'Assemblée des citoyens qui, n'étant pas de

la section, n'avaient pas le droit de délibérer; cette observation ayant

causé du trouble et du tumulte, M. le Président a proposé l'ajournement

à demain, qui a été adopté, et la séance a été levée à dix heures du

soir.

Fait en l'Assemblée générale les jour et an que dessus.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 213 / 357 题