NOTES:

[412] En face du procès-verbal de la présente séance se trouve

collé, dans le registre, un petit papier qui porte textuellement

ceci: «Le citoyen AUBIN, rue Coquéron et Coquillière, nº 16. Sa

nomination de commissaire et sa sençure, et son serment, le tout

en Assemblée».

[413] LE BŒUF, Nicolas, maître ès arts, 55 ans, rue des

Prouvaires, 30; devint électeur de la section des Postes après le

10 août.

[414] (Voyez ci-dessus, p. 134) La cause de cette décision de la

section des Postes doit être évidemment cherchée dans la réunion

des commissaires des différentes sections pour la rédaction de

l'adresse à l'Assemblée nationale: la veille même, 26 juillet,

ceux-ci avaient tenu leur première séance et échangé leurs

premières impressions; ils avaient dû se mettre d'accord tout

de suite sur le principe de la déchéance qui fut effectivement

voté, quelques jours plus tard, par toutes les sections, sauf une

seule, la section du Temple. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10

août 1792_, p. 144.)

[415] (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 107 et

n. 7.) Voici ce texte du placard dont il est question dans le

présent procès-verbal:

HOMMAGES

RENDUS A LA VERTU ET AU CIVISME PAR LES PARISIENS

_Frères et Concitoyens_,

La Justice a prévalu, les suggestions de la haine et de la

perfidie sont anéanties, Pétion nous est rendu. Déjà vous avez

témoigné à ce digne magistrat combien, en méprisant ses ennemis,

il vous était cher. Ce n'est pas seulement par des paroles qu'il

faut persuader à votre ami tout ce qu'il vous fait éprouver; il

est nécessaire de lui donner un gage de votre amour, en conservant

cependant la dignité d'un peuple libre.

La section des Quatre-Nations et celle des Quinze-Vingts réunies

vous offrent le moyen de perpétuer à jamais le souvenir d'une

conduite qui a mérité vos éloges, votre reconnaissance et celle de

la patrie.

C'est une fête dont la simplicité sera imposante et dont la

fraternité fera le charme.

Un citoyen[F] fait hommage aux 48 sections de la capitale, d'un

modèle de vaisseau de 7 pieds de proportion, lequel représente

la ville de Paris. Ce vaisseau sera donné à Pétion au nom des

sections qui enverront des commissaires _ad hoc_.

[F] Le sieur Mahé Santerre, armurier, rue de Bussi.

Pour l'exécution de ce projet, la section des Quatre-Nations

s'est réunie avec celle des Quinze-Vingts, dont un membre[G]

contribue particulièrement à la perfection du vaisseau.

[G] Le sieur Santerre, brasseur, rue du Faubourg

Saint-Antoine.

D'après cette réunion, la section des Quatre-Nations, désirant

faire participer à cette fête le plus de citoyens qu'il sera

possible et parcourir un grand espace dans la capitale, a fait

transporter le vaisseau chez ses braves frères, les habitants du

faubourg Saint-Antoine: c'est de la place de la Bastille qu'il

partira.

_Camarades et Frères d'armes fédérés_,

Les citoyens des deux sections réunies, jaloux de partager avec

vous l'avantage précieux d'être auprès de Pétion l'organe des

habitants de cette ville, espèrent que, vous unissant à eux, vous

vous empresserez de vous joindre à vos frères de Paris; cette

réunion nous sera chère, puisqu'elle cimentera davantage les

nœuds qui nous lient avec tous nos frères des départements.

_Marche._

Comme cette fête est une réunion de citoyens paisibles, aucune

arme, pas même les cannes n'y seront admises:

1º Groupe, 12 tambours.

2º Les Droits de l'homme portés par des citoyens.

3º Des citoyens soldats fédérés.

4º Des citoyens et des citoyennes au milieu desquels sera

portée une bannière surmontée du bonnet de la liberté; sur la

bannière seront inscrits ces mots:

_Pétion à l'assemblée constituante a constamment défendu

les droits du peuple; ses vertus l'ont fait maire de Paris._

5º Les fédérés au milieu desquels sera portée par 12 hommes la

figure de la Liberté.

6º 12 tambours.

7º Groupe de peuple de tout sexe et de tout âge, au milieu

duquel sera portée une bannière où seront inscrits ces mots:

_Le 20 juin 1792, Pétion a respecté le sang de ses concitoyens

et a sauvé de la guerre civile Paris et tout l'Empire._

8º La presse de la liberté imprimant pendant la marche les

motifs du don fait par les citoyens de Paris, suivie des gens de

lettres, journalistes et imprimeurs.

9º 12 tambours.

10º Bannière entourée de deux commissaires de chaque section,

sur laquelle on lira ces mots:

_Députés des sections de Paris._

11º Huit citoyens supporteront le vaisseau qui pour lors sera

privé de son gouvernail; au haut de ce vaisseau seront inscrits

ces mots: _Tranquille au milieu des orages_.

Messieurs Santerre suivront.

12º Musique.

13º Une femme représentant la Ville de Paris sera portée

par 12 hommes; elle aura auprès d'elle deux enfants de l'un et

l'autre sexe dont l'un portera le gouvernail sur lequel sera

cette inscription: _Le gouvernail entre les mains, le vaisseau ne

peut périr_; l'autre une couronne civique sur laquelle sera cette

inscription: _Reçois des mains de l'innocence le prix de la vertu_.

De chaque côté des deux enfants, les mères, dont l'une est

d'adoption, porteront deux petites bannières sur lesquelles seront

répétées les deux dernières inscriptions.

14º 12 tambours.

15º Le pied qui servira de support au vaisseau lorsqu'il sera

chez Pétion, porté par huit citoyens; sur ce pied sera un faisceau

surmonté des trophées naturels d'abondance; on y lira cette

inscription:

_L'Union ramène l'abondance._

16º Le peuple qui suivra formera ce dernier groupe.

Le cortège, arrivé chez Pétion, se rangera des deux côtés dans

la cour et dans la rue en face; la Ville de Paris personnifiée

présentera les deux enfants qui remettront à Pétion le gouvernail

et la couronne; les commissaires des sections, précédés de

Messieurs Santerre donneront, au nom des citoyens, le vaisseau.

Le cortège ira ensuite à la Maison commune où 48 commissaires

iront faire part au Conseil général de l'hommage que les citoyens

de Paris viennent de rendre à Pétion, maire; Ils demanderont

qu'il en soit fait mention au procès-verbal, comme un témoignage

authentique de la justice du peuple.

NOTA. Le jour de cette fête civique sera indiqué par

les papiers publics, ainsi que la marche du cortège.

_Signé_: GERBET, MAHÉ-SANTERRE, JURIS, BOURGAIN, MATHIS,

SANTERRE, Alexandre ROGER, JEANSON et LECOMTE, commissaires.

NOTA. Différents artistes se sont réunis aux commissaires pour

l'exécution de la fête civique.

[416] Ici le texte porte le mot «... et...» dont la suppression

s'impose.

[417] Pétion fut du même avis que la section des Postes, et,

tout en remerciant ses admirateurs, il les engagea à renoncer à

leur projet. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_,

pp. 107-108.) Voici le texte de la lettre que Pétion écrivit à

ce sujet à la section Poissonnière, d'après le procès-verbal

manuscrit de cette section. (Archives de la Préfecture de police,

carton C nº 100, liasse 14, pièce 199.)

_Paris, le 25 juillet 1792._

Frères et amis. Je viens de lire un placard ayant pour

titre: _Hommage rendu (sic) à la vertu et au civisme par les

Parisien_.—Le sentiment qui vous a inspiré cette idée me touche,

m'honore, mais permettez-moi de vous faire quelques réflexions

que je dois à la vérité, que je dois à votre patriotisme.—Je ne

dirai pas que vous armez contre moi l'envie, que vous éveillez

les soupçons, que vous redoublez la rage de mes ennemis: cela

ne me serait que personnel et je dédaignerai toujours les

persécutions de ce genre.—Mais on ne peut pas se dissimuler

que l'encouragement civique que vous me destinez exciterait des

divisions, des trames contre les citoyens, qu'il deviendrait

peut-être l'occasion d'événements fâcheux, dans un moment où

tout prend un caractère de parti, où le calme énergique de la

raison est si souvent troublé par les orages des passions.—Rien

d'ailleurs ne doit distraire un seul instant un regard des

grandes circonstances où nous sommes et une fête particulièrement

ferait non seulement diversion, mais formerait un contraste

affligeant avec le deuil universel de la nation.—Enfin, et vous

ne résisterez pas à cette considération, c'est que jamais on ne

doit être idolâtre des hommes, c'est qu'il faut attendre la fin

de leur carrière pour leur rendre des hommages durables et qui ne

soient pas inconsidérés; c'est que des hommes libres ne doivent

avoir qu'un culte, celui de la liberté.—Je vous prie donc, je

vous supplie, au nom de l'amitié que vous avez pour moi, au nom

du bien public, de vous refuser à l'exécution de votre projet.

De toutes les preuves de votre estime, ce sera la plus chère que

vous pourrez me donner, ce sera celle dont je serai éternellement

reconnaissant.

Je suis avec fraternité votre concitoyen,

_Signé_: PÉTION.

[418] Voici le texte de ce placard qui est un arrêté du Corps

municipal, en date du 20 juillet, d'après l'imprimé à part:

affiche in-folio plano, Bib. nat., recueil factice Lb{40} 1*,

pièce non numérotée (TOURNEUX, nº 14347). Autre exemplaire: Bib.

de la Chambre des Députés, X147, portefeuille nº 5, liasse 17,

pièce 1.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 196 / 357 题