SECTION DE LA FONTAINE-DE-GRENELLE

_Extrait du registre des délibérations des Assemblées générales

de la section de la Fontaine-de-Grenelle, du 18 juillet 1792,

l'an 4e de la Liberté._

L'Assemblée générale, légalement convoquée sur la pétition

de plus de 50 citoyens pour délibérer sur les moyens que peut

employer la Commune de Paris pour remédier, autant qu'il est

possible, au danger de la Patrie, danger déclaré par l'Assemblée

nationale.

L'Assemblée générale, constituée aux termes de la loi, s'est

ajournée au lendemain.

_Du 19 du dit mois de juillet._

L'Assemblée générale, légalement convoquée en vertu de

l'ajournement arrêté à la séance d'hier et composée de cent vingt

citoyens actifs;—Considérant que le but de tout parti social

est la conservation de la société; qu'au moment où la patrie est

en danger il serait absurde d'user de vains ménagements avec les

traîtres, quels qu'ils soient, qui la mettent en péril;—Que,

placés par les circonstances auprès du centre commun où viennent

aboutir toutes les conjurations partielles, les citoyens de

Paris doivent à la confiance que leur ont témoignée d'une

manière si affectueuse en tant d'occasions leurs frères des

quatre-vingt-deux autres départements, de les éclairer sur les

manœuvres que le despotisme et l'intrigue osent mettre en

usage, même sous les yeux des vainqueurs de la Bastille, pour

pervertir l'esprit public;—L'Assemblée générale arrête qu'elle

invitera ses frères des quarante-sept autres sections à nommer

dans le plus court délai des commissaires qui, réunis à ceux

nommés par elle, rédigeront, en commun et au nom de la Commune

de Paris, une adresse à l'Assemblée nationale pour la prier de

ne consulter, dans les grandes mesures qu'elle doit prendre pour

mettre un terme aux dangers de la Patrie, que la suprême loi du

salut du peuple;—Et qui rédigeront pareillement une adresse aux

quatre-vingt-trois départements, dans laquelle la Commune de Paris

fera entendre à tous les Français des vérités que l'éloignement et

l'intrigue ont peut-être empêché d'arriver jusqu'à eux;—Arrête,

que le présent arrêté sera porté aux quarante-sept autres sections

et à la Municipalité qui sera priée de convoquer la Commune avant

l'émission du vœu de huit sections, attendu l'urgence;—Et a

nommé commissaires: MM. Rivaillier et Dubois.

Pour extrait conforme à l'original, _signé à l'original_:

MAGENDIE, président, LAUGIER, secrétaire.

LAUGIER, _Secrétaire-greffier_.

[408] C'est la deuxième fois que l'Assemblée générale de la

section des Postes décidait de passer par-dessus les questions de

forme pour discuter de suite une affaire politique dans un sens

hostile au gouvernement de Louis XVI (cf. ci-dessus, p. 131 et n.

405).

[409] Le texte original porte: «du».

[410] Ce plan d'adresse au Corps législatif reproduit les grandes

lignes du projet d'adresse aux quatre-vingt-trois départements,

adopté, le même jour, dans d'autres sections et dont un Jacobin

fit part à la société le lendemain. (Voyez F. BRAESCH, _La

Commune de 10 août 1792_, pp. 143-144.)

[411] Ainsi, après avoir arrêté la publicité de ses séances,

le 3 juillet (voyez ci-dessus, p. 123), la section des Postes

s'acheminait vers la permanence dont elle avait pourtant repoussé

l'idée à sa séance du 9 juillet (voyez ci-dessus, p. 126). Si

elle ne la décidait pas cette fois, c'est qu'il fallait un

décret spécial pour cela, décret qui avait déjà été réclamé par

plusieurs sections avant elle. (Voyez F. BRAESCH, _La Commune du

10 août 1792_, pp. 90-92 et 128-129.)

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 194 / 357 题