CINQUANTIÈME ASSEMBLÉE.—DU 24 JUILLET 1792

_Assemblée générale des citoyens de la section des Postes du 24 juillet

1792, l'an 4e de la liberté._

L'an 1792 et le 4e de la liberté, l'Assemblée générale de la section

des Postes légalement convoquée en vertu de l'arrêté du Corps

municipal du 20 du présent mois, de l'objet de la convocation (_sic_);

Il a été en conséquence fait lecture dudit arrêté portant convocation

des 48 sections de Paris à l'effet de délibérer sur l'arrêté de la

section de la Fontaine Grenelle (_sic_), qui propose de nommer des

commissaires pour rédiger deux adresses, l'une aux quatre-vingt-trois

départements sur les dangers de la Patrie, l'autre au Corps législatif

sur les moyens d'y remédier[406].

M. Bellet a invité l'Assemblée à se nommer un président et un

secrétaire, et elle a nommé par acclamation M. Féry pour président, et

M. Laurent pour secrétaire.

Il a été lu le procès-verbal de l'Assemblée, du 17 juillet présent mois,

que l'Assemblée a adopté.

Il a été ensuite fait lecture de la délibération de l'Assemblée générale

de la section de la Fontaine Grenelle, en date du dix-huit juillet

1792[407], suivant laquelle l'Assemblée a arrêté qu'elle inviterait

ses frères des quarante-sept autres sections à nommer, dans le plus

court délai, des commissaires qui, réunis à ceux nommés par elle,

rédigeraient en commun, au nom de la Commune de Paris, une adresse à

l'Assemblée nationale, pour la prier de ne consulter, dans les grandes

mesures qu'elle doit prendre pour mettre un terme aux dangers de la

patrie, que la suprême loi du salut du peuple;

Et qui rédigeront pareillement une adresse aux quatre-vingt-trois

départements, dans laquelle la Commune de Paris fera entendre à tous les

Français des vérités que l'éloignement et l'intrigue a peut-être empêché

d'arriver jusqu'à eux.

La discussion s'est ouverte sur l'objet de ladite convocation. Il a été

agité que la convocation du Corps municipal, n'étant faite que d'après

le vœu d'une seule section au lieu du vœu de huit sections, ne

paraissait point légale aux termes de la loi; la question préalable

ayant été invoquée et mise aux voix, il a été arrêté qu'il y avait lieu

à délibérer sur l'objet de ladite convocation[408]; la discussion a été

continuée, et, après que plusieurs membres ont été entendus, il a été

arrêté: 1º qu'il sera fait deux adresses, l'une aux quatre-vingt-trois

départements sur les dangers de la patrie, l'autre au Corps législatif

sur les moyens d'y remédier, et que, pour l'adresse au Corps législatif,

les commissaires ci-après nommés prendront pour base la demande de la

permanence des sections; 2º la suspension du pouvoir exécutif

pendant le temps de la guerre; 3º la convocation des Assemblées

primaires dans tout le royaume; 4º la suppression des états-majors de

l'armée; 5º la diminution de la liste civile; 6º le renouvellement des

Directoires de[409] Département; 7º la demande de formation de camps

dans les départements, et que ces camps soient occupés par des levées

faites dans les villes du septième homme en état de porter les armes,

que tout citoyen sans distinction, qui sera en état de porter les armes,

soit autorisé à s'armer en se faisant enregistrer à sa Municipalité, que

dans chaque Municipalité il y ait toujours une force armée de garde,

du vingtième de la population, qui veillera nuit et jour[410]; et,

pour l'exécution du présent arrêté, l'Assemblée a nommé à l'unanimité

MM. Desvieux, Légier et James, pour ses commissaires, qu'elle charge

de se retirer à la Maison commune pour y travailler à la rédaction

desdites adresses avec les commissaires des autres sections nommés _ad

hoc_. L'Assemblée autorise en outre ses dits commissaires à demander la

convocation de l'Assemblée de la section, pour lui rendre compte de ce

travail, s'ajournant à cet effet.

Il a été enfin arrêté qu'attendu le danger de la patrie, l'Assemblée

s'ajourne aux mardi, vendredi et dimanche de chaque semaine jusqu'à ce

que l'Assemblée nationale en ait autrement ordonné, auquel effet le

présent arrêté sera notifié à la Municipalité et annoncé aux autres

sections[411]; en conséquence l'Assemblée charge son président de faire

annoncer par toutes les voies ordinaires le présent article dans tout

l'arrondissement de la section.

Fait, clos et lu, assemblée tenante, laquelle a adopté la rédaction du

présent procès-verbal en tout son contenu; et la séance a été levée à

minuit passé.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 190 / 357 题