_Assemblée générale de la section des Postes du lundi vingt-trois avril
mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
Les citoyens de la section des Postes convoqués en la manière accoutumée
d'après l'ajournement fixé en l'Assemblée du 16 de ce mois pour entendre
le rapport des commissaires nommés pour l'examen du travail fait par les
commissaires recenseurs, relativement à la réintégration des ci-devant
gardes françaises[367].
M. Boussaroque, président du Comité a été nommé président, et M. Barré
le jeune, secrétaire.
M. le Président s'étant assuré par la liste d'enregistrement que le
nombre des citoyens présents était de cent quinze, la séance a été
ouverte par la lecture du procès-verbal de la dernière séance, qui a été
adopté.
M. le Président a ensuite fait lecture d'une lettre, à lui adressée
par M. Maréchal (_sic_) portant sa démission de la place de
secrétaire-greffier de la section.
L'Assemblée en acceptant la démission de M. Mareschal lui a voté des
remerciements, a arrêté qu'il en serait fait mention honorable dans le
procès-verbal, dont il lui serait délivré extrait[368].
L'Assemblée passant ensuite à l'ordre du jour MM. les commissaires
nommés en la séance du 10 de ce mois, ont fait lecture de leur rapport,
par lequel ils concluent à ce qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur le
plan d'organisation et sur le projet de pétition projetés par les
commissaires recenseurs[369].
L'Assemblée après avoir entendu la lecture du rapport, et plusieurs
citoyens qui avaient obtenu la parole, ainsi que l'observation
faite par l'un des commissaires rapporteurs, que vérification
faite des délibérations des vingt-neuf sections, nommées en l'art.
13 du procès-verbal des commissaires recenseurs[370], un grand nombre
desdites délibérations ne contiennent aucun pouvoir de dresser un plan
d'organisation, ni pétition; considérant que le plan d'organisation, et
la pétition rédigés par les commissaires qui avaient été nommés pour
constater le résultat des délibérations concernant les anciens gardes
françaises, tendent évidemment à désorganiser la gendarmerie nationale
à pied et les trois régiments de ligne précieux, créés par l'Assemblée
nationale; convaincue d'ailleurs de l'inexactitude de l'énonciation de
l'art. 13 du procès-verbal desdits commissaires;
A adopté presqu'à l'unanimité l'avis de ses commissaires recenseurs;
en conséquence, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu à délibérer sur le
plan d'organisation et sur la pétition projetés par les commissaires
recenseurs;
A arrêté que la délibération du 13 mars dernier par laquelle elle
avait émis son vœu pour la formation de nouvelles compagnies serait
rapportée et regardée comme non-avenue;
A déclaré qu'elle improuve la conduite des commissaires recenseurs,
notamment la conduite des commissaires par elle nommés[371];
A arrêté en outre que le rapport des six commissaires et la présente
délibération seraient imprimés et remis au Département, à la
Municipalité et aux quarante-sept autres sections[372].
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la Section des Postes les jour
et an susdits.