NOTES:

[331] Le régiment suisse de Châteauvieux s'était révolté contre

ses chefs, au mois d'août 1790 à Nancy, et la répression de cette

insurrection par l'armée de Bouillé, le 31 de ce mois, avait

entraîné une véritable bataille dans les rues de la ville. Le

conseil de guerre réuni à la suite de cette grave rébellion avait

condamné 9 soldats à être fusillés, et 40 autres à 30 ans de

galères. Les premiers furent exécutés immédiatement, les seconds

envoyés à Brest pour accomplir leur peine. Mais le 14 septembre

1791, à la suite de l'acceptation de la Constitution par le roi,

une amnistie générale ayant été accordée pour tous les faits

relatifs à la Révolution, la question se posa de savoir si les

40 Suisses de Châteauvieux emprisonnés à Brest y avaient droit.

Bien que les cantons suisses eussent formellement demandé le

maintien aux galères de leurs nationaux, la Législative décréta,

le 31 décembre 1791, que les 40 Suisses de Châteauvieux seraient

compris dans l'amnistie. Ce décret fut sanctionné par le roi le

12 février 1792. Aussitôt on ouvrit à Paris une souscription pour

subvenir aux premiers besoins des prisonniers dès qu'ils seraient

libérés. La famille royale elle-même se fit inscrire. La liste

des souscripteurs fut transmise, le 4 mars, aux Jacobins. Mais, à

ce moment, Collot d'Herbois prépara un projet de fête patriotique

en l'honneur du retour des Suisses de Châteauvieux, en donnant

à ce projet un caractère politique marqué: ainsi, il devait y

avoir des bas-reliefs représentant «les événements où le sang

des patriotes avait coulé: Nancy, Vincennes, La Chapelle et le

Champ-de-Mars». La publication de ce _Projet d'ordre et marche

de l'entrée triomphale des martyrs de la liberté du régiment de

Châteauvieux dans la ville de Paris_ indigna les royalistes qui

ne voulurent plus de la fête. Pendant ce temps ses organisateurs

invitaient les représentants de la Commune à y assister, et,

le 24 mars, le Conseil général décidait de se rendre à ladite

invitation (voyez ci-dessous).

[332] Le régiment de Châteauvieux était à Paris en 1789 avant

d'être envoyé à Nancy; c'est sa résistance aux ordres donnés de

tirer sur le peuple, ainsi que celle des gardes-françaises, qui

rendit possibles les premiers succès de la Révolution.

[333] Voici ces deux pièces, d'après l'_Auditeur national_ du 29

mars 1792, p. 6:

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 140 / 357 题