_Assemblée générale de la section des Postes du mardi treize mars mil
sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté._
Les citoyens actifs de la section des Postes régulièrement convoqués
en la manière accoutumée et assemblés au lieu ordinaire des séances
de la section, en vertu de l'arrêté de la Commune du cinq
de ce mois[327], à l'effet de délibérer sur le sort des anciens
gardes-françaises et autres ci-devant gardes nationaux soldés de
la ville de Paris; il a été fait lecture de l'arrêté de la Commune
ci-dessus relaté.
M. Boussaroque, président du Comité de la section, a été unanimement
proclamé président de l'Assemblée. M. Mareschal, secrétaire-greffier, a
été également proclamé secrétaire de ladite Assemblée.
Un citoyen[328] ayant demandé que les Assemblées de la section fussent
publiques, et qu'à cet effet elles fussent dorénavant tenues dans la
chapelle [de] la Vierge, l'Assemblée consultée sur cette demande, il a
été décidé à la majorité, que l'on passerait à l'ordre du jour[329].
M. le Président s'étant assuré que l'Assemblée était composée de plus
de cent citoyens actifs, il a été fait lecture du procès-verbal de la
séance du 1er février dernier, lequel a reçu la sanction.
Il a ensuite été fait lecture de la délibération de la section du
Palais-Royal du 31 janvier dernier[330] relatif (_sic_) à l'ordre du
jour.
Plusieurs citoyens ayant demandé et obtenu la parole et après la
discussion la plus mûre, il a été arrêté à la majorité: 1º Que les
ci-devant gardes-françaises et tous autres soldats de divers corps
qui ont si bien servi la chose publique depuis le commencement de la
Révolution, et qui étaient répartis dans les soixante bataillons de
la garde nationale, seraient rappelés dans le sein de la capitale;
2º Que ces braves défenseurs, nos frères d'armes, seraient de nouveau
répartis en soixante compagnies de cinquante hommes, dont une serait
attachée à chaque bataillon de la garde nationale, et feraient leur
service, avec les marques distinctives que la ville de Paris leur a
accordées, conjointement avec les soldats volontaires, sous les ordres
des commandants de bataillon, et des officiers qui leur seraient nommés
parmi les citoyens, et que, dans le cas où le nombre de ces braves
défenseurs ne serait pas suffisant pour former les soixante compagnies
demandées, il en fût au moins composé dix qui seraient placées à la tête
de chaque légion;
3º Enfin, que l'Assemblée nationale législative serait priée, décrétant
les articles ci-dessus, de décréter en même temps qu'il leur sera
accordé par le trésor national une solde suffisante et proportionnée aux
signalés services par eux rendus.
M. Desvieux a été unanimement nommé pour porter à la Municipalité
l'extrait de la présente délibération.
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section les jour et an
susdits.