_Assemblée générale de la section des Postes du mercredi vingt-huit
septembre mil sept cent quatre-vingt-onze[244]._
La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et aux termes
de la loi, d'après l'arrêté du Corps municipal du vingt-un (_sic_) de ce
mois.
M. Deslauriers, commissaire de la section, a été prié de présider en
l'absence de M. Pichard, président [du Comité] de la section.
Les citoyens, assemblés au nombre de plus de cent, ainsi qu'il est
constaté par la liste d'enregistrement annexée au présent et le
certificat de M. le président ensuite[245].
Il a été fait lecture du procès-verbal de la dernière séance, lequel,
s'étant trouvé conforme a reçu la sanction.
Il a été fait lecture ensuite: 1º de l'arrêté du Corps municipal, du
vingt-un (_sic_) de ce mois[246], portant que la Commune de Paris sera
convoquée dans ses quarante-huit sections pour mercredi, vingt-huit du
présent mois, quatre heures de relevée, à l'effet de délibérer sur les
subsistances;
2º Du recueil des arrêtés du Corps municipal des 5, 8, 9, 10,
11, 12, 13, 14, 19, 20 et 21 septembre présent mois, ensemble des
rapports dressés les 11, 12 et 13 du même mois par les commissaires du
Département de Paris, d'après les résultats des chimistes et boulangers
experts nommés à cet effet[247], lesquels portent, en substance, que
les farines n{os} 3 et 4, dans le prix de 26 et 28 livres, ne doivent
plus être employées par les boulangers pour faire du pain, et qu'elles
doivent être vendues aux amidonniers avec les précautions nécessaires;
que la farine nº 2, dans le prix de 38 livres, doit être mélangée
avec de la farine de blé nouveau, et enfin que celle nº 1 n'est pas
d'un goût désagréable, qu'elle ne peut être employée seule, et est
susceptible d'y ajouter (_sic_) une portion quelconque de farine de
première qualité;
3º D'un arrêté du Corps municipal, du vingt-sept du mois (_sic_)[248],
portant que les farines du prix de 26, 28 et même trente-huit livres,
seront retirées de chez les boulangers qui peuvent en avoir acquis sur
le carreau de la Halle; que l'administration de police[249] prendra les
mesures convenables pour s'assurer de la qualité du pain mis en vente
par les boulangers; qu'en outre[250] perquisition sera faite chez ceux
d'entre eux qui en auront débité de mauvaise qualité, et [qu']elle
livrera aux amidonniers les farines insalubres qui s'y trouveront;
4º Du rapport des administrateurs au Département des subsistances, fait
par M. Filleul dans la séance du Corps municipal du 24 septembre 1791,
et dont l'impression a été ordonnée par son arrêté du même jour[251].
Avant que de passer à la discussion d'une matière[252] aussi
intéressante que celle qui a provoqué l'Assemblée de la Commune en ses
quarante-huit sections[253], l'Assemblée a été consultée pour savoir
si, pour son instruction et pour la mettre à même de délibérer avec
connaissance de cause, elle désirait qu'il lui fût donné lecture de
divers imprimés adressés à la section, lesdits papiers ayant tous
rapport à l'ordre du jour.
L'Assemblée a décidé à la majorité que lesdits imprimés seraient lus.
En conséquence, il a été fait lecture: 1º d'une opinion sur le commerce
des blés et farines[254], signée Montchanin, le 21 présent mois[255].
2º D'un imprimé portant observations réglementaires sur l'accaparement
des blés, signé Pel, citoyen de la section de Beaubourg[256], du 25
septembre présent mois[257].
3º Enfin, d'un autre imprimé, intitulé: «Vues générales et réflexions
à soumettre aux quarante-huit sections réunies, d'après l'arrêté de la
Municipalité qui ordonne la convocation de la Commune pour délibérer
sur les subsistances[258].» Ledit imprimé revêtu de quatre-vingt-treize
signatures de divers citoyens commissaires nommés par les sections des
Lombards, de l'Oratoire, des Postes, du Palais-Royal, des Gravilliers,
de la Bibliothèque, du Ponceau, de Notre-Dame, de Sainte-Geneviève,
de la Halle-aux-Blés, de Henri-Quatre, de la Croix-Rouge, de la
Place-Royale, du Louvre, de Bonne-Nouvelle, des Quinze-Vingts, du
Théâtre-Français, et des Thermes de Julien[259].
Ces lectures terminées, M. Desvieux, l'un des commissaires de la
section, a fait rapport de la mission dont il avait été chargé avec les
commissaires des autres sections réunies à celle des Lombards.
La matière ensuite a été livrée à la discussion, après laquelle la
section a unanimement arrêté que MM. Santerre, Desvieux et Dragon,
commissaires nommés par la délibération de la section du neuf de ce
mois et confirmés par celle du dix-neuf du même mois[260], seront priés
de continuer à se joindre aux commissaires des autres sections, pour
suivre l'effet desdites délibérations; et l'Assemblée, ajoutant aux
pouvoirs qu'elle leur a donnés par les susdites délibérations, les
charge, conjointement avec leurs autres collègues, de prendre tous les
renseignements nécessaires pour justifier pleinement la véracité du
rapport fait au Corps municipal, le vingt-quatre de ce mois, par M.
Filleul, administrateur au département des subsistances[261], et, dans
le cas, où, par suite de leurs recherches et informations, il y
aurait lieu à inculpation contre quelque individu que ce puisse être,
l'Assemblée engage lesdits commissaires, de la manière la plus formelle,
à se procurer des titres authentiques et probants qui attestent
les manœuvres des délinquants; lesquelles pièces devront être à
l'appui du rapport qu'ils feront à l'Assemblée générale de la section,
qui demeure ajournée pour cet objet, jusqu'à ce que lesdits sieurs
commissaires aient prévenu le Président du Comité de la section qu'ils
sont en état de faire leur rapport, et alors M. le Président convoquera
incontinent l'Assemblée générale de la section.
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
jour et an susdits.