_Assemblée générale de la section des Postes en la chapelle de la
Jussienne, rue Montmartre, du mercredi vingt avril, mil sept cent
quatre-vingt-onze._
La section des Postes convoquée en la manière accoutumée et assemblée en
la chapelle de la Jussienne, rue Montmartre, sur la pétition de plus de
cinquante citoyens. L'Assemblée composée de plus de cent, il a été fait
lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée qui a été approuvé.
M. le Président a dit que le Comité de la section ayant reçu le chanteau
du pain bénit, pour le rendre le jour de Pâques prochain au nom de la
section[156], et le Comité s'étant assemblé à l'effet de délibérer sur
ce qui serait convenable de faire, [le Comité] a cru devoir proposer à
la décision de l'Assemblée générale ce qu'elle jugerait devoir prescrire.
La matière mise en délibération, il a été décidé: 1º que le pain bénit
serait rendu en pain ordinaire à couronne par M. le Président et le Juge
de paix de la section; 2º qu'au lieu du faste de cérémonie pratiqué
jusqu'à présent, la dépense qu'il occasionnerait, serait employée à
délivrer des prisonniers pour mois de nourrice, et de préférence des
citoyens de la section et pères de familles; 3º que, pour réunir des
aumônes volontaires par lesquelles on peut opérer cette délivrance,
chaque citoyen présent déposerait sur le bureau ce qu'il voudrait donner.
Ladite contribution volontaire ayant été faite a produit cent dix livres
neuf sols, qui ont été remis à M. le Président qui a été autorisé à
recevoir des autres citoyens ce qu'ils voudraient donner pour cette
bonne œuvre, et [il a été décidé] que le Comité nommerait des
commissaires dans ses membres pour en faire l'emploi et délivrer lesdits
prisonniers; il a été décidé en outre que les prisonniers délivrés ne
seraient pas obligés de se présenter à l'offrande du pain bénit,
mais auraient la liberté du choix à cet égard.
Il a été introduit ensuite dans l'Assemblée, un député de la section
de l'Oratoire, chargé de donner les éclaircissements demandés par
l'Assemblée sur le plan de la caisse municipale; ledit député ayant été
entendu, l'Assemblée a persisté dans son précédent arrêté[157].
M. Regnault[158], membre de la Municipalité, a demandé la parole pour
faire part à l'Assemblée d'un objet qui l'intéresse personnellement; il
a dit qu'il avait été dénoncé. L'Assemblée a décidé de passer à l'ordre
du jour.
Un membre a demandé la parole et a fait part à l'Assemblée que le Comité
de la section ayant reçu avis de la Municipalité pour la nomination à
une place de chef des travaux publics[159], qu'il sera choisi par chaque
section, le Comité avait cru devoir déférer à l'Assemblée, à l'effet
de connaître ses intentions. L'Assemblée a décidé que la nomination
de l'individu qui occuperait cette place serait faite à l'Assemblée
générale au scrutin[160] et ce à la pluralité absolue; cette nomination
a été fixée à vendredi prochain.
Un autre membre a demandé la parole et a proposé qu'il fût fait une
adresse à la Municipalité tendant à ce qu'elle nomme à toutes les
places généralement quelconques dépendant du Département, bureaux, et
administration de la Municipalité, et qu'elles ne soient accordées
qu'à des citoyens domiciliés à Paris, qui ont servi la patrie dans
la Révolution, ont éprouvé des pertes et qui rapporteront des
certificats qu'ils font (_sic_) personnellement dans leurs sections
respectives le service de garde national. Qu'il fût également fait une
adresse à l'Assemblée nationale, tendant à la supplier de décréter
constitutionnellement, qu'aucun citoyen ne pourra occuper une place
ou dignité quelconque à laquelle il aurait été promu par les Assemblées
primaires ou électorales, qu'après avoir justifié de son service
personnel comme garde national, à moins qu'il ne s'en trouvât dispensé
par l'âge fixé ou par quelqu'autre cause très légitime.
L'Assemblée a adopté cette proposition et a arrêté que lesdites deux
adresses seraient faites.
Elle a ensuite pris en considération les éclaircissements fournis
verbalement à l'Assemblée par le député de la section de l'Oratoire et
après la discussion l'Assemblée a persisté dans son précédent arrêté.
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
et an susdits.