NOTES:

[122] L'arrêté du Directoire du Département de Paris, ordonnant

aux sections de faire désormais le relevé des membres présents

à chaque Assemblée générale, arrêté daté du 1er avril 1791, est

donné par le _Moniteur_ du 5 avril (réimp., t. VIII, p. 34). Ce

texte a été réédité par Mellié, _Les Sections de Paris pendant la

Révolution française_, pp. 96-97. Comme le fait remarquer MELLIÉ

(pp. 97-98 et 98 n. 359) désormais le registre de la section des

Postes porte toujours le nombre des présents, ce qui n'avait pas

lieu auparavant.

[123] Voici le texte de cette délibération, d'après l'imprimé à

part. (P. imp. in-4º de 2 p., Bib. nat., Lb{40} 1871.—TOURNEUX,

nº 8228.)

_EXTRAIT des registres des délibérations de la section de la

Halle-aux-Bleds, ci-devant district Saint-Honoré. Du jeudi 30

décembre 1790._

L'Assemblée générale, convoquée sur la demande de plus de

cinquante citoyens, après avoir entendu la lecture du vœu

des gardes-nationales d'Auxerre, des membres de la Société de

la Constitution à Rennes, et des bataillons des Carmélites, des

Filles-Saint-Thomas, et de Saint-Martin-des-Champs;

Pénétrée de respect et de reconnaissance pour les augustes

représentants de la Nation, dont les premiers et les plus

honorables travaux sont d'avoir gravé sur un airain indestructible

les Droits de l'Homme et du Citoyen; convaincue que l'hommage le

plus pur qui puisse être adressé à l'Assemblée nationale, est une

soumission non aveugle, mais sentie et raisonnée, aux loix émanées

de sa sagesse; persuadée encore, d'après une heureuse expérience,

que des représentations, quand elles sont respectueuses et justes,

sont accueillies avec empressement de nos législateurs; convaincue

enfin que la base de notre Constitution est de faire de chaque

français un citoyen et un soldat tout ensemble, et que tout ce

qui tendrait à altérer ce germe sacré de notre union, doit être

proscrit par les pères de la Constitution;

A unanimement arrêté que son vœu était qu'il fût rédigé,

par des Commissaires nommés par les quarante-huit sections, une

pétition à l'Assemblée nationale, dont l'objet serait de la

supplier de peser dans toute sa sagesse l'importance des services

rendus à la Nation par ses enfants soldats, et de la consacrer

par une loi créatrice qui, les maintenant dans le pénible mais

honorable exercice de leurs fonctions primitives, apprenne à tous

les peuples de l'univers, combien est fort, combien est puissant

un empire qui, à tous les avantages de son territoire, ajoute

celui de voir, dans chacun des individus qui le composent, un

homme libre et un citoyen armé;

Que, sur le pareil vœu de huit sections, le Corps municipal

serait invité de convoquer la Commune entière dans ses

quarante-huit sections, dans le plus court délai, à l'effet de

délibérer sur le vœu ci-dessus exprimé.

Arrête en outre que le présent serait imprimé et envoyé aux

quarante-sept autres sections, avec invitation à chacune d'elles

d'y adhérer.

_Signé_: MONTAMANT, _président_.

BLIGNY, _secrétaire-greffier_.

[124] Depuis cet endroit jusqu'à l'alinéa: «Il a été fait lecture

d'une délibération de la section des Thermes-de-Julien...», le

présent passage du procès-verbal de la section des Postes a déjà

été édité par LACROIX, 2e série, III, 469, qui modifie ainsi le

début de ce passage: «Lecture faite d'une délibération...»

[125] Les mots: «présent mois» ont été supprimés par LACROIX,

III, 469.

[126] Le 28 février 1791, une foule de trois mille à quatre

mille personnes s'était portée au château de Vincennes, en

manifestant l'intention de démolir cette ancienne prison d'Etat

qu'un décret de la Constituante, sanctionné par le roi, avait

décidé d'adjoindre aux prisons de la capitale. La Fayette ayant

donné l'ordre à la garde nationale de disperser les manifestants,

quelques chasseurs du bataillon de Traisnel (ou bataillon de la

section de Popincourt) poussèrent le cri de: _A bas La Fayette!_

ce qui n'empêcha pas l'arrestation d'une soixantaine d'individus,

déjà occupés à la démolition du donjon et qui furent conduits

par la garde nationale à la Conciergerie. Pendant le trajet il

fallut disperser des rassemblements qui essayaient de délivrer

les prisonniers (_Moniteur_ des 1er et 2 mars 1791, réimp. t.

VII, pp. 504 et 511-512). Le Corps municipal, qui était resté

en séance tout l'après-midi et avait été tenu au courant des

événements de Vincennes (voyez LACROIX, 2e série, II, 765-767),

se réunit à nouveau le soir et entendit le rapport que vint

lui faire le commandant général sur les faits de la journée.

La Fayette, tout en donnant des éloges à la conduite de la

majeure partie de la garde nationale, se plaignit vivement

d'un détachement du bataillon des Enfants-Trouvés (faubourg

Saint-Antoine) commandé par Santerre, et le Corps municipal prit

un arrêté félicitant la force armée de Paris, à l'exception

du susdit détachement (LACROIX, II, 770-771). Santerre, ainsi

dénoncé et, de plus, stigmatisé par un Ordre du commandant

général, du 1er mars (LACROIX, II, 792), par un nouvel arrêté

du Corps municipal du 2 mars (LACROIX, III, 11), par un écrit

de l'aide de camp de La Fayette, le sieur Desmottes (_ibid._,

793), par les différents journaux royalistes et par une lettre

qui lui fut adressée par sept de ses neuf collègues, commandant

les autres bataillons de sa division (LACROIX, III, 59), Santerre

répondit par un _Rapport_ public sur l'affaire de Vincennes

(LACROIX, II, 793-794) et intenta à La Fayette et à Desmottes un

procès en diffamation à l'occasion duquel l'avocat, ou défenseur

officieux, Buirette-Verrières, rédigea un _Plaidoyer pour le

sieur Santerre_ (LACROIX, III, 58 et 62-69).

Tandis que Santerre poursuivait La Fayette devant les tribunaux,

le Corps municipal délibérait sur la suite à donner, au point de

vue disciplinaire, aux événements du 28 février. Après s'être

occupé de cette affaire, le 2 mars (LACROIX, III, 9-11) et, à

deux reprises différentes, le 17 mars (LACROIX, III, 187 et 189),

le Corps municipal prenait, le lendemain 18, un nouvel arrêté:

pour remplacer un Comité de surveillance militaire de division

institué, dès le 6 mars, par la VIe division pour enquêter sur

les faits du 28 février (sur ce conseil de surveillance de

la division, voy. LACROIX, III, 253-255), le Corps municipal

décidait que le commandant général de la garde nationale

ferait «tenir sans délai, un Comité de surveillance _de toute

l'armée parisienne_ pour prendre connaissance de tous les faits

contraires au bon ordre et aux règles du service militaire

seulement, qui ont pu avoir lieu dans les différents détachements

de l'armée qui se sont portés à Vincennes, le 28 février, pour,

sur le résultat et l'avis du Comité de surveillance, être par

qui de droit décidé s'il y a ou s'il n'y a pas lieu à la tenue

d'un conseil de guerre.» (LACROIX, III, 199).—Le 23 mars, La

Fayette faisait présenter au Corps municipal, par son aide-major

général, un projet pour la formation de ce Comité de surveillance

de l'armée parisienne (_ibid._, 248-249). Mais alors différentes

sections de Paris intervinrent contre ce projet de création

d'un Comité de surveillance _de toute l'armée_, organe non

prévu au règlement de la garde nationale (voyez LACROIX, III,

254 et 256). Le 30 mars, la section des Champs-Elysées refusait

nettement de coopérer «en aucune manière aux décisions du dit

Comité», vu que sa formation était annoncée «d'une manière vague

et inconstitutionnelle» et qu'au surplus la garde nationale ne

constituait pas un corps militaire. (On trouvera le texte de cet

arrêté, d'après un imprimé du British Museum, dans l'ouvrage de

LACROIX, III, 455-456.) Le lendemain, 31 mars, la section de

Mauconseil s'opposait à son tour à la formation du Comité de

surveillance (voyez le texte de cet arrêté dans LACROIX, III,

456-457). Le 1er avril, la section de la Fontaine-de-Grenelle

prenait un arrêté analogue, dont nous possédons encore le texte

(reproduit par LACROIX, III, 467-469). Le 2 avril, d'après

le présent procès-verbal de la section des Postes et d'après

le compte rendu de la séance des Jacobins, du 8 avril (voyez

AULARD, _La Société des Jacobins_, t. II, p. 303), la section du

Palais-Royal manifestait dans le même sens. Le 3 avril, c'était

le tour de la section du Théâtre-Français (d'après le compte

rendu de la séance, du 5 avril, du Conseil général, LACROIX, III,

452). Enfin la section du Luxembourg agissait de même (d'après

la séance des Jacobins du 8 avril, AULARD, _La Société des

Jacobins_, t. III, p. 303). Quelques-unes de ces protestations

(Champs-Elysées, Mauconseil, Théâtre-Français) furent adressées,

le 5 avril, au Conseil général qui, en donnant acte à ces

sections de la remise de leurs arrêtés, les invita à s'adresser

au Département (LACROIX, III, 452). Le lendemain, 6 avril,

le Corps municipal, s'occupant à son tour de cette campagne,

décidait de présenter de son côté, au Directoire du Département,

un exposé de la question (LACROIX, III, 461), décision qui

fut renouvelée, le 14 avril, à la suite d'une démarche du

Département (LACROIX, III, 566). Le même jour, 14 avril, la

section de l'Oratoire, apprenant que la Municipalité n'avait pas

renoncé à son projet de constituer un Comité de surveillance

militaire, bien que «l'opinion publique» se fût «généralement

manifestée» contre ce projet, s'empressait de dénoncer la

Municipalité à l'Assemblée nationale (texte de l'arrêté dans

LACROIX, III, 469-470, et voyez le résultat de la démarche de la

section, _ibid._, 470-471). Enfin vers le 22 avril, la section

des Gravilliers décidait de ne prendre aucun parti dans cette

affaire (voyez LACROIX, III, 471). En dépit de l'opposition

que rencontra, parmi les sections de Paris, la création d'un

Comité de surveillance de toute l'armée parisienne, celui-ci

n'en fut pas moins formé et Santerre comparut devant lui, tout

en déclinant sa compétence. Le Comité termina du reste l'affaire

en mettant hors de cause Santerre et aussi probablement les

manifestants du 28 février. On ignore la date de cette décision,

qui est certainement antérieure au 11 juin (LACROIX, III, 259).

[127] LACROIX, III, 469: «... des bataillons...».

[128] Cet arrêté, présenté à la Société des Jacobins, le 20 mars

1791, fut imprimé par les ordres de cette Société. On le trouvera

en un in-octavo de 4 pages, à la Bib. nat., Lb{40} 516 (TOURNEUX,

nº 8963). Ce texte a été réimprimé par M. AULARD, _La Société des

Jacobins_, t. II, pp. 213-215.

[129] C'est-à-dire employé des fermes générales. On trouvera de

même un VANIER, des fermes, à la page 42.

[130] La Constituante avait rendu un décret sur les patentes, un

mois environ auparavant, le 2 mars 1791.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 47 / 357 题