TROISIÈME ASSEMBLÉE.—DU 4 JANVIER 1791

_Assemblée du mardi quatre janvier mil sept cent quatre-vingt-onze._

La section des Postes convoquée en la manière accoutumée, sur la demande

de cinquante citoyens, il a été fait lecture du procès-verbal de la

précédente Assemblée. Le secrétaire-greffier de la section étant absent

et retenu pour (_sic_) ses fonctions près de M. le commissaire de

police, l'Assemblée a, par acclamation, engagé M. Barré, citoyen de la

section et membre du Comité[62], à remplir momentanément les fonctions

de secrétaire.

Il a ensuite été fait lecture[63] par M. le Président de la pétition

signée de cinquante citoyens, formant le sujet[64] de la présente

Assemblée et qui avait pour sujet[65] une protestation contre la

nomination des marguilliers, faite le 26 décembre dernier, au mépris des

arrêtés pris les 4 et 22 du même mois, en l'Assemblée générale de la

section et de la paroisse[66].

La matière mise en délibération, après lecture faite de la délibération

du Corps municipal du 23 décembre dernier[67], relativement à

l'administration des fabriques, et pleinement discutée par plusieurs

membres de l'Assemblée, la section a pris l'arrêté suivant:

«Une partie des citoyens de Saint-Eustache, convoquée[68] dans l'église

paroissiale dans la forme prescrite par les décrets, a déclaré

qu'elle protestait de nullité de (_sic_)[69] l'Assemblée clandestinement

et illégalement tenue par MM. les marguilliers de Saint-Eustache, le

26 décembre dernier, au mépris d'une Assemblée générale de tous les

paroissiens de Saint-Eustache tenue en la dite église, le 22 du dit mois

de décembre, par MM. les curé et marguilliers, laquelle avait été remise

au dix janvier présent mois; en conséquence, elle a arrêté qu'il serait

fait une députation à MM. les curé et marguilliers pour les inviter,

au nom des dits[70] paroissiens, de (_sic_) convoquer de nouveau,

conformément aux règlements et en exécution du décret du trois septembre

dernier[71], qui a dit _qu'il ne serait rien innové au régime des

paroisses_, et en vertu de la délibération prise en l'Assemblée générale

du 22 décembre dernier, une Assemblée générale de la dite paroisse pour

le 10 du présent mois de janvier, à l'effet d'y délibérer et prendre

les arrêtés qu'ils jugeront nécessaires sur les objets qui avaient été

agités dans les précédentes assemblées; déclarant que, dans le cas où

MM. les marguilliers se refuseraient de faire ladite convocation, les

citoyens les rendront responsables et garants de tout ce qui serait fait

de contraire à leurs droits, et qu'ils se pourvoiraient par toutes voies

légales pour les y contraindre; a arrêté que la présente délibération

serait notifiée tant à M. Boulanger, nommé marguillier, qu'à M. Dumoutié

(_sic_)[72], nommé commissaire des pauvres, à l'effet de les inviter de

ne pas s'immiscer dans leurs fonctions.

»L'Assemblée a aussi arrêté que, pour être admis dans l'Assemblée

générale des paroissiens qui sera convoquée le dix du présent mois, les

citoyens seront tenus de présenter à la porte de l'entrée[73], soit

leur carte de citoyen actif, soit leur quittance de capitation ou leur

avertissement ou leur quittance des pauvres[74]; comme aussi que copie

de la présente délibération serait envoyée à toutes les sections

dont partie des citoyens dépendent de la paroisse, à l'effet de [la]

leur faire connaître.

»Et, à l'instant, le présent arrêté a été signé par quarante-six membres

de l'Assemblée, laquelle a nommé par acclamation pour commissaires, pour

porter le dit arrêté, MM. Légier[75], Gromort, Gautier et Larsonnier[76].

M. Millet de Gravelle, citoyen de la section, l'un des assesseurs du

juge de paix et nommé en l'Assemblée générale des électeurs un des juges

suppléants des tribunaux de l'arrondissement de Paris[77], après

avoir développé les sentiments du plus pur civisme, a donné sa démission

de la place d'assesseur de juge de paix; l'Assemblée à son grand regret

l'a acceptée et a décidé qu'il serait différé, jusqu'à l'organisation

des tribunaux, à la nomination d'un nouveau membre pour le remplacer.

M. le Président a rendu compte de la lettre qu'il avait été chargé

d'écrire, le 17 décembre dernier, à M. le procureur syndic relativement

aux armoiries et à l'encens que l'on offre dans les églises[78], et

de la réponse que M. Cahier, substitut du procureur syndic, lui avait

adressée, le 23 décembre dernier.

MM. Lebon, commandant du bataillon, Seiart, aide-major, et Tachérat,

capitaine de la compagnie d'artillerie, députés de l'Assemblée générale

de bataillon, ayant fait part à l'Assemblée générale de la section du

sujet de leur mission, et ayant fait lecture des arrêtés pris par la

compagnie d'artilleurs, et l'Assemblée générale du bataillon, des 21 et

30 décembre dernier, par lesquels ils demandent à être autorisés à faire

conduire aux ateliers de MM. Périer[79] frères, à Chaillot, toutes les

matières de bronze inutiles et qui sont déposées dans les magasins du

ci-devant district de Saint-Eustache, à l'effet de les faire fondre et

du produit en faire couler deux pièces de campagne de 4 de balle.

L'Assemblée, sur cette demande aussi juste que nécessaire, a adhéré

unanimement aux dits arrêtés et à la demande de la députation, et en

conséquence a arrêté: 1º que, pour l'exécution des dites refontes, MM.

les officiers du bataillon se retireraient par devers la Commune pour

avoir son autorisation; 2º qu'ensuite examen et vérification seraient

faits des pièces inutiles et vicieuses pour être conduites aux ateliers

de MM. Périer à Chaillot; 3º que parmi les membres du Comité il serait

nommé deux commissaires, pour, conjointement avec ceux qui seraient

nommés par le bataillon, assister aux opérations de pesées et fontes de

matières; 4º enfin, que du tout il serait dressé procès-verbal par le

secrétaire greffier de la section.

M. le Président a fait lecture de deux lettres à lui adressées par M. le

curé de Saint-Eustache portant annonce des secours que la Reine avait

accordés pour les pauvres de la section tant en pain, qu'en bois et

hardes; l'Assemblée, pénétrée des bontés de la Reine pour les pauvres,

a invité M. le Président de porter son vœu à M. le curé pour qu'il

veuille bien faire connaître à la Reine, combien ils sont sensibles et

reconnaissants de ses bontés.

Le sieur Audrieu (_sic_)[80], citoyen de la section, ayant remis à M.

le Président deux imprimés d'un projet de ponts flottants proposés

par MM. Grobert et Cie, l'Assemblée, en adhérant au dit projet, a

arrêté qu'elle en appuierait l'exécution auprès de la Municipalité et a

autorisé le secrétaire-greffier à délivrer au sieur Audrieu copie de la

présente délibération.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 27 / 357 题