Un cliché, des détails nouveaux, que nous recevons touchant la remise
des décorations du 14 juillet aux blessés de l'hôpital de Fez, nous
donnent l'occasion de revenir sur cette émouvante cérémonie, dont ils
complètent la physionomie.
Au nombre des officiers décorés se trouvait le lieutenant de Villiers,
du 2e spahis, fils du général de Villiers. Le général, qui, lui-même,
alors qu'il était sous-lieutenant, fut blessé, à Froeschwiller, dans la
fameuse charge, d'une balle à la poitrine, avait tenu à venir embrasser
son fils, atteint, au combat du 13 juin, comme lui-même l'avait été
autrefois, en pleine poitrine, et il assistait, à Fez à la solennité de
l'hôpital Auvert. Par un sentiment infiniment délicat, le général
Gouraud tint à réserver à cet heureux père la joie de décorer lui-même
son fils, et, ayant donné au lieutenant de Villiers l'accolade,
accompagnée des paroles traditionnelles, il remit au général de
Villiers, pour qu'il l'épinglât lui-même sur la jeune poitrine, le ruban
rouge auquel pendait l'étoile des braves.
[Illustration: Carte de la région où se dessine le mouvement de l'aile
droite de l'armée allemande à travers le Luxembourg et la Belgique.]