LE BASSIN LAITIER DE PARIS.

Le public parisien, qui avait cru prudent de faire des provisions un peu

excessives de denrées alimentaires, s'est vite ressaisi; il a compris

qu'aussitôt la mobilisation achevée, le service des approvisionnements

de Paris redeviendrait sensiblement normal par rapport au nombre des

bouches à nourrir.

[Illustration: Carte schématique des arrivages de lait à Paris en temps

ordinaire.]

Dès le premier jour, du reste, malgré l'affectation des chemins de fer

aux mouvements militaires, un certain nombre de trains ont été réservés

au transport des denrées essentielles, notamment de la viande, du lait,

des pommes de terre, ainsi que de la farine nécessaire à la fabrication

du pain.

Pour le lait, des dispositions spéciales ont été prises en vue d'assurer

un tour de préférence aux enfants et aux malades.

En temps ordinaire, il est vendu chaque jour à Paris et dans les

communes du département de la Seine un peu plus d'un million de litres

de lait. A peine 100.000 litres proviennent des étables du département,

le reste est fourni par des laiteries en gros qui possèdent, dans un

rayon de 200 kilomètres autour de la capitale, des dépôts «de ramassage»

où sont centralisés les laits vendus par les cultivateurs des communes

environnantes.

On compte environ 250 dépôts de ramassage, répartis dans 19 départements

et recevant en moyenne 4.000 litres de lait par jour. L'importance de

production des diverses régions est figurée dans la carte ci-contre,

dressée par M. Guichard, commissaire de police spécial des Halles, chef

du service d'inspection de la Répression des fraudes de Paris. Cette

carte nous montre qu'une très minime partie du lait expédié à Paris

vient des départements situés à l'Est de la capitale.

L'Illustration, No. 3728, 8 Août 1914 · 第 14 / 17 题