Celui qui veut gravir le rocher abrupt prend une corde à nœuds. Il en
a l’habitude et c’est ainsi qu’il parvient au sommet.
Le voleur aussi prend une corde à nœuds pour atteindre les vêtements
et les objets suspendus aux parois de la case.
Pour arriver jusqu’à sa case l’aveugle prend une corde à nœuds.
Le guerrier se sert d’une corde à nœuds; c’est son arc et ses flèches.
Les hommes suivent ses pas.
Celui qui a été dépossédé de ses biens et chassé de ses terres se sert
d’une corde à nœuds pour les recouvrer. Ce sont les cochons, les
étoffes du pays, les pirogues, les plumes rouges qu’il offre au roi et
aux notables (_hui-raatiraa_). Voilà le pont sur lequel il passe pour
rentrer chez lui.
Mais celui qui a été chassé et qui se présente sans un cadeau n’a
point de corde à nœuds. Comment peut-il espérer rentrer chez lui? S’il
avait apporté quelque chose, fût-ce la queue d’un cochon, il aurait pu
se voir rendre ses biens.